une protéine responsable de l’ouverture de l’ADN pour sa recopie

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Pour se développer et se reproduire, les organismes vivants doivent
copier l’information de leur génome et la transmettre fidèlement à leur
descendance. La molécule d’ADN doit alors s’ouvrir comme une fermeture
éclair pour que chacun des deux brins soit recopié. Dans un article
publié le 11 février dans la revue Cell, l’équipe de Marcel Méchali de
l’Institut de génétique humaine de Montpellier (CNRS) identifie l’une
des protéines clés chargées d’ouvrir l’ADN lors de sa réplication.
Appelée MCM8, elle serait également capable d’avertir les systèmes de
réparation de l’ADN si des erreurs surviennent pendant sa recopie. Elle
pourrait être impliquée dans de nombreuses maladies génétiques, dont
certains cancers.

une protéine responsable de l’ouverture de l’ADN pour sa recopie

En fait, c’est le gène codant pour cette protéine que les chercheurs
pistaient. Parmi les gènes pressentis, le gène MCM8 représentait un bon
candidat. Domenico Maiorano, chercheur Inserm appartenant à l’équipe, a
cloné ce gène, produit la protéine MCM8 et réalisé son analyse
biochimique et moléculaire. Il a ainsi montré que MCM8 présente toutes
les caractéristiques de l’hélicase réplicative. Sans elle, l’ouverture
de la double hélice se fait très mal et la réplication est extrêmement
ralentie. Les chercheurs ont également montré que MCM8 jouait un rôle
d’éclaireur en signalant à la cellule tout dommage ou obstruction sur
l’ADN qui pourrait entraîner des erreurs lors de la réplication. MCM8
pourrait donc être un gardien de l’intégrité du génome qui avertit les
systèmes de réparation cellulaire quand un problème se pose.

On sait depuis quelques années que de nombreuses maladies génétiques
humaines, dont certains cancers, sont dues à des déficiences ou des
mutations des hélicases. Le gène MCM8 a ainsi été trouvé muté dans les
cancers du foie. La protéine MCM8 semble être une hélicase cruciale dans
le contrôle de la réplication du génome et les chercheurs veulent
désormais savoir si elle est surexprimée ou abîmée dans les tumeurs. Si
c’est le cas, elle pourrait servir d’outil de diagnostic et même
inspirer la synthèse de nouveaux médicaments anti-cancéreux qui
corrigeraient ses défauts quand elle est mutée...

CNRS

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