Le ver « immortel » qui pourrait nous protéger des bactéries

, par  Amessi , popularité : 3%

Le planaire, un petit ver plat aquatique, a permis d’identifier une nouvelle voie de défense contre les bactéries du type tuberculose ou staphylocoque doré.

 « Un ver plat ’immortel’ ouvre une voie inédite contre les bactéries », affirme le CNRS dans un communiqué du 10 septembre.

Le planaire, un petit ver plat aquatique à l’air inoffensif, a permis d’identifier une nouvelle voie de défense possible contre les bactéries du type tuberculose ou staphylocoque doré chez l’Homme.

 Nous devons cette découverte, qui permettrait de lutter contre des maladies dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques, à des chercheurs français.

 « Nous sommes les premiers en France et au monde à avoir utilisé ce ver plat, le planaire Dugesia japonica, pour rechercher une réponse immunitaire », a déclaré mercredi à l’AFP le chercheur Eric Ghigo, directeur de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique),

à la tête de l’équipe « Infection, Genre et Grossesse » à l’origine de cette découverte publiée mercredi dans la revue Cell Host and Microbe.

« Le planaire n’est utilisé habituellement que dans les études sur la reconstitution des tissus car cet organisme est immortel. Si vous le coupez en 10 fragments cela vous donne 10 nouveaux vers », indique le chercheur qui a mobilisé plusieurs équipes françaises et internationales, notamment italienne et néo-zélandaise, autour de son projet.

 Eric Ghigo explique qu’il cherchait « un modèle d’organisme nouveau » pour changer des modèles animaux habituels, la mouche, la souris ou les poissons avec lesquels « on arrivait au bout des choses », dit-il.

 Des essais cliniques sur l’homme d’ici « 10 à 15 ans »

 L’idée originale : tester 17 bactéries sur le planaire, notamment celles responsables de la légionellose, la salmonellose, la tuberculose ou la listériose.

Une idée payante puisque le ver immortel s’est montré résistant à ces bactéries « pathogènes voire mortelles pour l’homme ».

Grâce au séquençage de l’ADN réalisé par une équipe néo-zélandaise spécialisée « sur le séquençage de modèles bizarres », les chercheurs ont découvert que l’incroyable résistance du planaire à ces agents pathogènes était due à un gène, le MORN2, également présent dans le génome humain mais non actif.

Il ne restait plus aux chercheurs qu’« à surexprimer » ce gène dans des cultures de globules blancs humains« , afin qu’elles puissent détruire les agents pathogènes. »Cette découverte ouvre une nouvelle piste d’action, contre M. Tuberculosis la bactérie à l’origine de la tuberculose, dont les souches résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus répandues", s’est félicité le CNRS dans un communiqué.

 Selon Eric Ghigo, cette avancée pourrait conduire à des essais cliniques sur l’homme d’ici « 10 à 15 ans ».

source : AMESSI
Sur le web : Édito Dominique LEGLU - Sciences et Avenir Septembre 2014

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