Le « sérum de jouvence » cellulaire récompensé par le Nobel de Médecine 2012

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Le comité Nobel a choisi comme lauréats le Britannique John B. Gurdon et le Japonais Shinya Yamanaka pour leurs travaux sur les « cellules souches pluripotentes ».

Dès 2007, le Japonais Shinya Yamanaka a notamment déterminé le cocktail biologique - à base de protéines, d’enzymes, etc.- capable d’agir sur les cellules adultes et leurs potentialités de multiplication et de différenciation

Les explications de Sciences et Avenir.

Le « sérum de jouvence » cellulaire récompensé par le Nobel de Médecine 2012

Le Japonais Shinya Yamanaka est récompensé par le prix Nobel de médecine 2012 pour ses recherches sur la reprogrammation nucléaire.

Le Britannique John B. Gurdon et le Japonais Shinya Yamanaka sont récompensés pour leurs travaux sur les « cellules souches pluripotentes »

crédit photo : http://www.astrosurf.com/luxorion/b...

Quelle découverte se cache sous cette expression plutôt hermétique au commun des mortels ?

La cellule souche embryonnaire, à la base de toutes celles qui forment notre corps

Notre corps a une infinité de cellules :

Elles sont toutes différentes en fonction de leur localisation. Il y a les neurones, les cellules de peau, les cellules hépatiques, cardiaques, etc. Ces cellules aux propriétés différentes sont dites « différenciées ».

Pourtant, au départ, elles partent toutes de la même cellule - la cellule souche embryonnaire.

LE GRAAL DE la biologie moderne, c’est de maîtriser la différenciation des cellules souches embryonnaires.

Autrement dit déterminer les conditions et les mécanismes qui font que la cellule souche embryonnaire - par définition « pluripotente », c’est-à-dire pouvant exprimer un large éventail de potentialités - va plutôt choisir de devenir une cellule musculaire, ou cardiaque, ou hépatique...

Mais la recherche sur les cellules souches embryonnaires est complexe, notamment parce que ces cellules ne sont pas faciles d’accès. À la naissance d’un enfant, il est possible d’en récolter dans le cordon ombilical... mais cela pose d’épineux problèmes d’éthiques.

Une machine biologique à remonter le temps

Il existe une solution pour palier ces problèmes :

Prendre des cellules adultes pour leur faire littéralement remonter le temps, afin de les faire passer de leur stade présent à celui de cellule souche embryonnaire, qu’elles ont été à un moment. Les voilà, les fameuses « cellules pluripotente induites » (IPS en anglais) !

C’EST POUR AVOIR mis au point et perfectionné ce « sérum de jouvence » cellulaire que Gurdon et Yamanaka sont récompensés aujourd’hui.

Dès 2007, le Japonais a notamment déterminé le cocktail biologique - à base de protéines, d’enzymes, etc.- capable d’agir sur les cellules adultes et leurs potentialités de multiplication et de différenciation.

Aujourd’hui, les scientifiques savent, en laboratoire, faire remonter le temps à une cellule adulte. En revanche, la « recette » n’est pas assez sûre pour être employée en thérapeutique.

Les implications ? Elles sont énormes.

Particulièrement de renforcer l’espoir de la médecine régénératrice - celle qui permettrait, sur un patient avec une anomalie du muscle cardiaque, de lui prélever une cellule de peau pour faire en sorte qu’elle remonte le temps, provoquer sa différenciation en cellule cardiaque et finalement l’implanter sur organe endommagé qui va se réparer.

Os brisé, infertilité causé par carence en spermatozoïdes ou en ovules... Cette auto-greffe peut en principe fonctionner pour n’importe quel tissu.

Sciences et Avenir
08/10/12

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