Le matière de l’esprit ou l’esprit de la matière

, par  Amessi , popularité : 3%

Le fait de vouloir déposséder l’esprit de sa matière est la plus grave erreur qu’engendrent ceux qui, par conviction religieuse et/ou passion sectaire, défendent les intérêts des institutions susceptibles de conduire l’Humanité vers les lumières

A les entendre parler, l’aveugle de naissance croirait qu’un corps luisant tient ses éclats des facteurs biologiques purs, exclusivement mécanistes et non subtils, qu’un psychopathe ne doit point consulter un médecin somatique. Il faut, disent-ils très savamment, faire la part des choses. Il est bien vrai que l’Homme est multiple dans ses phases opérationnelles. Il peut « sortir », observer comment son « corps » est cataleptique sur le lit et voyager avec son « esprit ». **Il est encore très vrai que ce dédoublement n’anéantit point les sensations et les impressions qui le déterminent. Cet « autre moi » est assez conscient qu’il y a tout au long du trajet, une cohorte de dangers à éviter.

Cette réflexion qui fait de ce voyageur dimensionnel un Etre prudent est un fruit de sa pensée. Convenons que l’exercice de la pensée ne se déroule pas ex nihilo. Il est inhérent à la force motrice des organes de sens. Si nous interrogeons le transitaire de circonstance pour connaître la nature des lieux qu’il visite ; Il respectera la loi du silence. Il fournira des efforts très remarquables afin de décrire la beauté pittoresque et inimaginable des mondes d’en Haut, les senteurs sublimes que dégage la flore transcendantale, l’air rafraîchissant et relaxant qu’il inhale. Il évoquera de façon relative, la brillance de tout son corps dont la fréquence vibratoire est proportionnelle à celle de la zone traversée. Bref, le voyageur vit et voit des choses truculentes que seuls, nos organes de sens captent et transmettent au cerveau pour les codifier, enregistrer, actualiser ou réactualiser ; ceci dans un état dont la vibration détermine la subtilité, la phase ultime de la matière vivante.

Oui ! L’esprit n’est que la manifestation de la matière vivante dans sa forme oméga. C’est un changement d’état qui justifie clairement la plus grande vertu des corps : transmuter, réaliser et rentabiliser leur partie subtile. Les maîtres initiateurs des grandes traditions sacrées et leurs disciples peuvent nous fournir des informations pertinentes sur de nombreuses expériences d’ordre eschatologique que renferment les annales du troisième type. Ceux qui ont franchi les portes de l’Au-delà nous ont souvent relaté qu’ils ont rencontré des parents défunts. Certains leur interdisaient de manger ; d’autres leur montraient, en soulevant le vêtement, des plaies graves et la tête bandée. Ces derniers, hospitalisés, précisaient avec assurance qu’ils sont en train de suivre des soins intensifs, qu’ils viendront traiter leur affaire judiciaire après leur guérison. Les présumés cartésiens croiront qu’il n’y a point d’acide pantothénique à l’état subtile et qu’il s’agit d’une affabulation. La grande prêtresse africaine Stéphanie Djedje déclarera très fièrement que « pour être un Homme spirituel, il faut aussi manger, boire, avoir les bases et les pieds sur Terre ».

L’opinion pense que la souffrance est liée à la matière et que la mort est synonyme de libération. Elle croit fermement à la fin du corps organique. Si l’univers des ancêtres présente des bâtiments hôteliers pour satisfaire les besoins alimentaires pantagruéliques, des structures et des patients spécifiques au service de la traumatologie et autre, est-il encore légitime d’affirmer que l’Esprit est différent du Corps ? Peut-on déposséder l’esprit de sa matière ?

Observons le vrai moi confessionnel dans les mondes oniriques. Les divers spectacles qu’il nous offre sont indénombrables et parfois inédits. Il réalise tout ce que le moi inférieur et extra mondain peut configurer ou objectiver. Nos amis cliniciens brandissent le justificatif des désirs latents pour rationaliser ces prouesses. Ils apprécient naturellement mieux la nature de la matière subtile dès qu’ils deviennent eux-mêmes acteurs et spectateurs d’un rêve émouvant. Nos hérauts de la spiritualité déploient des efforts louables afin de protéger et mieux bâtir l’Humanité. Ils trouveront un intérêt croissant en valorisant la matière subtile et/ou spirituelle, le fondement de la métabiologie.

La thèse selon laquelle « un vrai Homme spirituel ne s’intéresse pas à tout ce qui est matériel » incarne le plus grand obstacle épistémologique qui puisse exister. Il n’y a point d’Esprit sans Matière. Convenons que les vétérans de l’atomisme philosophique, Démocrite d’Abdère et les autres, ont défendu l’une des causes les plus nobles de l’histoire de l’Humanité.

Vinh Lu AKOUE pour WWW.AMESSI.ORG