La vitamine C pour les malades de Charcot !

, par  Grainede Ble , popularité : 6%

Des chercheurs français ont montré que l’administration d’acide ascorbique (la vitamine C) pouvait améliorer l’état de santé de souris modèles de la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Cette affection, qui apparaît en général chez les personnes atteintes à l’âge de 20/30 ans, se caractérise par une dégénérescence de la gaine de myéline des nerfs qui se traduit par une atrophie musculaire progressive.

La forme la plus fréquente de la maladie (la CMT-1A) est le résultat d’une duplication d’une région du chromosome 17 et de mutations du gène PMP22

Édith Passage, de la Faculté de médecine de la Timone à Marseille, et ses collègues ont soupçonné l’intérêt de l’acide ascorbique en partant de deux constats.

Tout d’abord, cet acide est nécessaire pour induire la myélinisation des cellules nerveuses in vitro. Ensuite, les neuropathies, observées dans les cas de scorbut notamment, sont associées à une carence de vitamine C.

Afin de tester l’effet thérapeutique de la molécule, les chercheurs ont
utilisé des souris, âgées de 2 à 4 mois, du modèle murin qu’ils avaient mis
au point et les ont séparés en deux groupes.

A l’un des groupes, ils ont administré deux fois par semaine des doses équivalentes à celles maximales autorisées chez l’homme ; à l’autre, ils ont simplement donné un placebo.

Alors que le second groupe a vu ses capacités motrices (puissance
musculaire, marche en ligne droite ou sur une poutre) diminuer, le premier
groupe en revanche a présenté des performances améliorées et cela durant toute la durée du traitement.

Son espérance de vie a d’ailleurs grimpé, passant de 6 à 19,7 mois, un chiffre proche de la normale. En analysant les nerfs sciatiques des animaux, l’équipe a observé que seuls 25% des axones étaient myélinisés chez les animaux ayant reçu un placebo contre 70% chez ceux traités, la moyenne normale étant de 95%.

Par ailleurs elle a pu constaté qu’in vitro, le gène PMP22 était inhibé par l’acide ascorbique.

Grâce à ces résultats encourageants, les chercheurs espèrent pouvoir lancer chez l’homme des essais cliniques.

(Inserm/AFM)

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