La maladie d’Addison de John Fitzgerald Kennedy

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Notre sympathique colistier biologiste, Docteur Pierre Belujon entre dans l’Histoire par la grande porte. Bravo !

Il a été choisi par la revue Historia pour rédiger un article dans le numéro à venir du 17 Novembre.

John Fitzgerald Kennedy. Assassinat de John Fitzgerald Kennedy !, la Balle a bon dos.

- 29 Mai 1917 :

Fragile. Dès sa naissance, JFK est fragile et perdu d’avance.

Il attrape tout ce qui passe. Tout petit, comme un elfe, il passait, rétif, chétif et transparent...

1919 :

il nous fait une scarlatine (pas d’antibiotiques à l’époque), une coqueluche, une hépatite A, des grippes à répétition et comme tout enfant, ses poumons souffrent.

D’après le carnet de santé tenu par sa mère entre 1920 et 1928, le Docteur Reardon s’occupe de lui pour des problèmes d’audition.
Au cours d’un jeu avec son frère Joe, la course se termine par 28 points de suture pour Jack.

Angines et adénopathies le poursuivent.

A 13 ans (Mars 1931),

le Docteur John Wheeler lui prescrit des lunettes pour corriger sa presbytie. A son âge et à cette époque, la première cause de la presbytie chez l’enfant est la diphtérie. Il a subi un test de diagnostic (Schick Test) dont nous n’avons pas le résultat.

Et ce garçon grandit, malgré tout cela. Mais il grandit physiquement mal. Son dos le fait souffrir, ses jambes le font souffrir et lui ne pense qu’à une chose : les filles.

Les ambitions politiques que son père a mises en lui, et dans tous les membres de la famille Kennedy, Jack n’en a rien à faire. Indiscipliné, moqueur, usant de son charme, il rentre à l’Université de Choate. Dont il se fait virer. Son père le fait rentrer alors à Princeton. Mais sa maladie l’en tient éloigné pendant des semaines . Alors ce sera Harvard...

Toujours aussi désinvolte et chasseur invétéré de succès féminins.
Ses stages l’amènent à voyager. L’Allemagne d’Hitler, l’Italie de Mussolini, les réfugiés politiques victimes de la guerre d’Espagne. Il commence à apprendre.

Et sa carrière politique commence avec la deuxième guerre mondiale.
Par la volonté de son père, alors que sa santé ne le lui permet pas, il prend le commandement d’un PT109 en 1941.

Son navire est éperonné par un destroyer japonais au large de l’Australie.
Et il sauve les membres de son équipage en allant les chercher un par un , à la nage.

Absorbant du fuel et des toxiques coralliens. Il devient un héros national. Son père le propulse en 1946 comme membre du congrès dans le Massachusetts.

Un an plus tard, un médecin de Londres diagnostique une maladie d’Addison (Insuffisance cortico-surrénalienne), et lui laisse un an à vivre.

Cependant, il existe des indices qui attestent qu’il est traité par des stéroïdes depuis de nombreuses années.

([rouge]La maladie d’Addison touche les glandes surrénales qui, par leur sécrétion d’hormones, régulent le taux de sucre dans le sang, le sodium, le potassium et la réponse au stress. La réaction de l’organisme passe par la fatigue, des vomissements, des diarrhées et de l’hypotension.[/rouge])

  • Tellement malade, il reçoit l’extrême-onction pendant son voyage de retour vers les Etats-Unis.

Et il s’en sort. Mais la maladie continue ses ravages.
Les os cassent, son dos s’effrite, sa colonne vertébrale ne tient plus.
Et lui, il tient.

Il est élu Sénateur du Massachusetts le 4 novembre 1958.

Il est opéré 7 fois. On lui fixe des clous et des plaques de métal pour maintenir sa colonne vertébrale . Des abcès se déclarent, on lui pose des drains, la plaque de métal est retirée, et, une fois de plus, on ne lui laisse aucune chance de survie. Il cumule les infections urinaires. Et il s’en sort.

Il est hospitalisé à Boston pour des problèmes intestinaux, récurrents depuis son plus jeune âge.

La maladie progresse et Kennedy tient bon.

Le 8 Novembre 1960 il est élu à la Présidence des Etats-Unis.

  • Toujours bronzé (Maladie d’Addison oblige), il assume.

Son ostéoporose ne lui permet plus de mettre ses chaussettes lui-même ni de soulever ses enfants pour les prendre dans ses bras.

Ses douleurs dorsales sont telles qu’on lui injecte de la procaïne dans le dos, à longueur de journée, la nuit, et surtout avant ses conférences de presse.

- Cortisone en injection et par voie orale pour suppléer à son déficit hormonal cortico-surrénalien, pour ses diarrhées, du lomotil, de l’elixir parégorique (opium) et de la trasentine ( qui en plus est euphorisant), du phénobarbital (antidépresseur), un mélange d’amobarbital et secobarbital pour dormir, des hormones thyroïdiennes, de la méthadone (contre la douleur).

Et comme ce cocktail a plutôt tendance à carboniser l’intellect, on lui a rajouté des amphétamines !

Ce qui lui a permit de prononcer ’Ich bin ein Berliner !’, de gérer l’échec du débarquement dans la Baie des Cochons et de gagner le bras de fer contre Kroutchev dans l’affaire des missiles de Cuba.

Dans l’US Air Force, un officier prend un seul de ces médicaments, il est relevé de ses fonctions. Kennedy était le commandant en chef de l’US Air Force.

  • Malgré ses douleurs incessantes, malgré cette face qui reste en partie cachée, JFK a puisé on ne sait où, une énergie et un charisme hors du commun.

- Et un jour, un 22 Novembre, en 1963, il est assassiné à Dallas (Texas). D’une balle dans la tête.

Une première balle le touche à l’épaule. Tout le monde bouge. Et se protège.

Sa main droite reste sur la portière de la Lincoln. Il ne se penche pas.
Rigide.

Trois secondes après, sa tête éclate... La cible idéale, bloquée.

A ce moment là, il portait un corset qui le tenait droit, raide et le forçait à rester immobile.

- Alors, oui, la balle a bon dos.

Docteur Belujon, Biologiste

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