L’importance du microbiote dans la dépression

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Sur le site Psychiatry Advisor, la journaliste scientifique Linda Peckel rapporte des développements récents dans les connaissances sur les liens entre le microbiote et la dépression.

L’axe intestin-cerveau est un système de communication bidirectionnel permettant aux microbes intestinaux de communiquer avec le cerveau et à ce dernier d’envoyer des signaux à l’intestin.

Des études récentes ont mis en évidence une voie spécifique via le nerf vague et des mécanismes de communication entre l’intestin et le cerveau qui contribuent à la dépression. (Influence de l’intestin sur la motivation et les émotions via le nerf vague)

(Dépression résistante aux antidépresseurs : efficacité de la stimulation du nerf vague)

Dans une revue de la littérature scientifique en 2018, des chercheurs ont notamment rapporté qu’il existe une forte corrélation entre les symptômes mentaux liés au stress (tels que l’anxiété) et le syndrome du côlon irritable (SCI). Cette corrélation a incité à étudier l’importance de l’axe intestin-cerveau. Plus de 50 % des personnes atteintes du SCI souffrent de dépression ou d’anxiété. «  Ces résultats suggèrent que l’axe intestin-cerveau pourrait fournir de nouvelles cibles essentielles pour la prévention et le traitement de la dépression et d’autres troubles neuropsychiatriques.  »

Rôle du microbiome intestinal dans la dépression

La dépression est associée à un déséquilibre de l’axe hypothalamo-pituitaire-adrénalien (HPA) (ou hypothalamo-hypophyso-surrénalien), qui relie le système nerveux central et le système endocrinien et qui contrôle les réponses au stress. L’activation par des cytokines (les messagers immunitaires interleukines 1 et 6) déclenche la libération de cortisol, une puissante hormone de stress. Plusieurs études d’observation montrent un lien bidirectionnel entre la dépression et le microbiote intestinal, lié à une dysrégulation de l’axe HPA. Inversement, l’amélioration des symptômes de la dépression a été corrélée au rétablissement de la stabilité de l’activité de l’axe HPA.

L’homéostasie de l’intestin, déterminée par sa communauté bactérienne, pourrait donc être essentielle au maintien de la stabilité de l’humeur. Une étude de Brittany L. Mason menée en 2017 sur les liens entre l’alimentation et les conditions psychiatriques montrait notamment que certaines réponses immunitaires suggéraient que l’augmentation de la perméabilité intestinale est un facteur de la dépression.

Les habitudes alimentaires

à long terme influencent fortement la composition du microbiote intestinal, ainsi que les facteurs de stress physiques, psychologiques et environnementaux.

De plus en plus de données suggèrent que la modulation du microbiote intestinal pourrait être la cible de nouvelles interventions pour la dépression et l’anxiété. Il a été démontré que les probiotiques contenant des espèces de bifidobactéries réduisent les réponses du cortisol impliquées dans l’anxiété et on pense qu’ils peuvent également réduire les symptômes de la dépression.

Le régime méditerranéen

a des effets bénéfiques sur les troubles de l’humeur, a indiqué le Dr Ted Dinan, professeur de psychiatrie à l’University College Corka (Irlande), en entrevue à «  Psychiatry Advisor  ». «  Il ne fait aucun doute qu’un régime méditerranéen comprenant des aliments fermentés a un impact positif sur la santé mentale des personnes souffrant de dépression  », a-t-il déclaré, ajoutant que «  l’exercice, qui a également une puissante activité antidépressive et favorise une plus grande diversité du microbiote, devrait être encouragé chez toutes les personnes souffrant de dépression  ».

5 façons d’améliorer la santé de votre microbiote

Le microbiote intestinal, qui est l’ensemble des microorganismes (bactéries, microchampignons, virus…), vivant dans l’intestin, joue un rôle important dans plusieurs fonctions du corps et la santé.

Connie Rogers et Darrell Cockburn, professeurs en science nutritionnelle à l’Université d’État de la Pennsylvanie présentent, sur le site The Conversation, cinq façons d’améliorer la santé du microbiote.

Manger des fruits et légumes

Bien que les différents aliments qui composent l’alimentation puissent influencer le microbiote intestinal, ce sont surtout les fibres - les glucides de l’alimentation que nous ne pouvons pas décomposer nous-mêmes mais que les bactéries de l’intestin peuvent utiliser, qui favorisent la formation d’un microbiote en santé.

Consommer une sélection variée et abondante de fruits et de légumes est une excellente façon de nourrir certaines des bactéries les plus bénéfiques pour la santé.

Ajouter des amidons résistants

La majeure partie de l’amidon de l’alimentation - comme le pain blanc et les pâtes - est rapidement décomposée et absorbée. Mais une fraction de cet amidon résiste à la digestion et agit davantage comme une fibre, en nourrissant les bactéries de l’intestin. L’amidon résistant a été identifié comme particulièrement bénéfique pour soutenir les fonctions saines du microbiote intestinal.

Des sources d’amidon résistant sont les pommes de terre et les légumineuses. Toutes les sources d’amidon peuvent également devenir plus résistantes après la cuisson et le refroidissement au réfrigérateur. Ainsi, les restes de pommes de terre et de pâtes, froides ou réchauffées, peuvent exercer un effet microbien supplémentaire.

Expérimenter différentes fibres

Tous les microbiotes intestinaux ne sont pas identiques et toutes les fibres ne sont pas identiques. Certaines fibres et certains microbiotes se combinent mieux. Cela signifie que vous devez faire quelques expériences pour voir quelles fibres vous font sentir le mieux. Différentes catégories de sources de fibres sont notamment les grains entiers, les légumineuses ou les légumes crucifères comme le brocoli. Donnez à votre microbiote quelques semaines pour s’ajuster à chaque source de fibres afin de voir comment il réagit.

Faire de l’exercice

Des études ont récemment montré qu’une partie du lactate produit pendant l’exercice peut avoir un impact sur certains microbes intestinaux - bien que nous ne sachions pas encore comment et pourquoi.

Ajouter des aliments probiotiques à l’alimentation

Les aliments probiotiques contiennent des microorganismes qui ont un effet bénéfique sur la santé. Il existe plusieurs types de microorganismes utiles qui sont ajoutés aux aliments comme le yaourt, ou qui se trouvent naturellement dans d’autres aliments fermentés - comme la choucroute ou le kimchi - et qui leur confèrent des effets bénéfiques pour la santé.

Le microbiote influence la perte de poids

Les bactéries intestinales peuvent jouer un rôle dans la perte de poids, selon une étude publiée dans le numéro d’août de la revue Mayo Clinic Proceedings.

« Chez certaines personnes, des bactéries intestinales spécifiques peuvent être responsables de leur incapacité à perdre du poids, malgré le respect d’un régime alimentaire strict et des exercices réguliers. »

« Nous savons que certaines personnes ne perdent pas de poids aussi efficacement que d’autres, malgré la réduction de la consommation calorique et l’augmentation de l’activité physique », souligne Purna Kashyap, gastro-entérologue à la Clinique Mayo et coauteur.

« Les bactéries intestinales ont la capacité de décomposer des particules alimentaires complexes, ce qui fournit de l’énergie supplémentaire. Et c’est normalement bénéfique », explique Vandana Nehra, gastro-entérologue de la Clinique Mayo, également coauteure.

« Cependant, pour certaines personnes essayant de perdre du poids, ce processus peut devenir un obstacle. »

Les Drs Kashyap et Nehra ont, avec leurs collègues, recueilli et analysé des échantillons de bactéries intestinales d’un groupe de 26 participants à un programme de traitement de l’obésité. Les bactéries intestinales chez ceux qui n’ont pas perdu de poids étaient différentes de ceux en ayant perdu.

En particulier, la bactérie Phascolarctobacterium était associée au succès de la perte de poids, tandis que la bactérie Dialister était associée à l’échec. La capacité accrue d’utiliser certains glucides était associée à l’incapacité de perdre autant de poids.

Il s’agit d’une conclusion préliminaire d’une petite étude et d’autres recherches sont nécessaires pour confirmer le rôle des bactéries intestinales dans la perte de poids, souligne le Dr Kashyap.

Qu’est-ce que les probiotiques et les prébiotiques ? Dans quels aliments se trouvent-ils ?

Les probiotiques et prébiotiques, qui se trouvent dans de nombreux aliments, permettent de restaurer la flore intestinale (microbiote).

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) bénéfiques pour la santé. Une fois dans le côlon, ils se multiplient et contribuent à maintenir un équilibre entre les bonnes et mauvaises bactéries.

Ils se trouvent dans des aliments fermentés tels que :

les produits laitiers fermentés : yaourts (yogourts), kéfir (lait fermenté légèrement pétillant), babeurre… ;

les légumes fermentés : choucroute (chou), kimchi (chou chinois et autres légumes), pickles (cornichons)... ; à peu près tous les légumes peuvent être mis à fermenter (il s’agit d’une méthode de conservation ancestrale, beaucoup plus facile et moins risquée que la traditionnelle stérilisation et mise en conserve) ;

le soja fermenté : miso, tempeh

le thé fermenté : kombucha.

Les prébiotiques

Les prébiotiques sont des fibres constituées de glucides complexes non digestibles qui servent de « nourriture » aux probiotiques. Ils contribuent à leur prolifération et leur maintien dans l’appareil digestif. (Mais les glucides non digestibles ne sont pas tous des prébiotiques.)

Des prébiotiques courants sont :

Les fructo-oligosaccharides (FOS) ou fructosanes dont l’inuline est le plus courant et se trouve dans :

des légumes : artichauts, asperges, bananes, ail, poireaux, oignons, tomates… ;

des grains : orge, seigle, grains entiers ;

des racines : chicorée, pissenlit, aunée.

Les galacto-oligosaccharides (GOS) qui sont naturellement présents dans :

des produits laitiers fermentés comme le yogourt, le babeurre et le kéfir.

source : http://www.psychomedia.qc.ca

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