Histoire de la maladie coeliaque Et si ce n’était pas un effet de mode

, par  Glutons , popularité : 13%

Encore peu connue il y a 20 ans, on parle de plus en plus de la maladie coeliaque, ou intolérance au gluten. Est-ce vraiment une maladie nouvelle ?

Qu’est-ce que la maladie coeliaque

La maladie cœliaque est le nom de la maladie auto-immune qui interdit aux malades de consommer du gluten. On la désigne souvent à tord par intolérance au gluten, mais il s’agit dans les faits d’une affection du système immunitaire qui réagit en présence de gluten.

Le gluten est une protéine contenue dans le blé, l’avoine, le seigle et l’orge, ainsi que dans leurs dérivés : épeautre, kamut, triticale...
Les céréales qui n’en contiennent pas sont très nombreuses : riz, maïs, quinoa, teff...

On trouve le gluten dans le pain, les gâteaux, les pâtes, les pizzas et galettes de blé, mais aussi dans des aliments préparés industriels, ainsi que dans les sauces et plats cuisinés.

Les personnes atteintes de maladie cœliaque sont contrainte à un régime sans gluten à vie.

Quand a-t-elle été découverte ?

La première référence à un humain atteint de la maladie coeliaque date du 1er siècle après JC.
Découvert en 2008, le corps d’une jeune femme d’une vingtaine d’année souffrant de malnutrition, de retards de croissance et porteuse du gène HLA-DQ2.5, (typique de la maladie cœliaque) est le plus vieil exemple de maladie coeliaque à ce jour.

Le nom de la maladie coeliaque vient du grec ancien koeliakos. Ce mot désignait l’abdomen. On doit ce nom à un médecin grec du Ier siècle après Jésus Christ, Arétéé de Cappadoce. Il l’identifie comme une maladie chronique, qui ne permet pas de digérer la nourriture, ni d’absorber les nutriments à l’intérieur. Le lien avec la consommation de gluten n’est pas encore fait, et la plupart des malades ne survivent pas.

Re-découverte moderne

Au XVIIIe siècle, le médecin et pédiatre Mathew Bailli décrit de nouveau la maladie cœliaque. Contrairement à son prédécesseur grec, il propose un traitement, basé sur un régime alimentaire strict, presque uniquement composé de riz. Le riz ne contenant pas de gluten, un tel régime devait donc en effet soigner les malades.

Les travaux de ce scientifique en se font pas remarquer et c’est seulement en 1807 que le médecin Samuel Gee décrit la maladie cœliaque telle que nous la connaissons.
Il fait en effet référence à tous les symptômes alors connus de la maladie cœliaque : les diarrhées, la faiblesse musculaire, le gonflement du ventre, et le caractère chronique de la maladie.

Lien avec le gluten

Après l’identification des symptômes et des céréales en cause, il a fallu plusieurs dizaines d’années avant d’identifier précisément le coupable.

C’est seulement en 1950 que le médecin néerlandais Wim Dick réussi à mettre en cause 3 céréales : le blé, l’avoine et le seigle. Voici la légende associée à cette découverte.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à cause des pénuries, on avait éliminé le blé, l’avoine et le seigle du gruau servi aux enfants de l’hôpital où il travaillait. Ceux-ci se sont alors remis de leur maladie cœliaque, avant de replonger durement à la fin de la guerre, dès que le blé a été réintroduit dans leur alimentation.

Il fallu ensuite plusieurs années pour identifier précisément la molécule de gluten de ces céréales.

La cause des symptômes fut identifiée encore plus tard, lorsque des examens poussés permirent d’inspecter l’intestin des malades alors qu’ils étaient encore vivants. Les examen montre alors des lésions dans la partie supérieure de l’intestin grêle, aujourd’hui le signe que cherchent les médecin pour diagnostiquer la maladie.

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