Deux études font un lien entre lait, cancer et mortalité précoce

, par  Amessi , popularité : 3%

Tout va bien avec le lait… voilà du moins l’affirmation qui ponctue les publicités télévisées des Producteurs de lait du Québec diffusées ces jours-ci. Depuis des décennies, médecins et nutritionnistes recommandent de consommer du lait parce qu’il procure du calcium et aide à garder des os solides.

Pourtant, depuis le début des années 2 000, les opinions sont partagées. Le débat entre les bénéfices et les inconvénients de ce liquide biologique a été lancé avec la publication de plusieurs études qui liaient le lait à plusieurs cancers et à une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires.

Cette controverse vient d’être relancée par deux études suédoises distinctes qui mettent sérieusement en cause la consommation de lait par rapport à la prévalence de certains cancers. De plus, elles suggèrent qu’une consommation quotidienne pourrait doubler le risque de décès prématurés… sans même avoir d’effets positifs sur la solidité des os !

 Moins de lait, moins de cancers

Publiés par le British Journal of Cancer, les résultats de la première étude indiquent que les personnes intolérantes au lactose qui ne consomment pas de produits laitiers courent moins de risque de développer des cancers du poumon ou des ovaires que la moyenne de la population.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs suédois ont étudié le développement du cancer chez 22 788 personnes intolérantes au lactose. Croisés avec le registre national suédois des cancers, les résultats démontrent que les personnes intolérantes au lactose qui ne consomment pas de lactose voient leurs risques de développer un cancer diminuer de :
• 45 % pour le cancer du poumon ;
• 39 % pour le cancer des ovaires ;
• 21 % pour le cancer du sein.

L’étude précise que les membres de la famille des personnes suivies n’étaient pas intolérants au lactose et que leurs antécédents ne révélaient pas qu’ils étaient « moins à risque » de développer un cancer, ce qui aurait pu fausser les résultats. Les chercheurs ont donc pu conclure que leurs risques de développer un cancer diminuent surtout grâce à leur alimentation exempte de produits laitiers.

 Le galactose, coupable possible

La deuxième étude a suivi 61 000 femmes pendant 20 ans et 45 000 hommes pendant 11 ans. Publiés sur le site du British Medical Journal, les résultats indiquent que le taux de mortalité a été plus élevé chez les femmes et les hommes qui consommaient quotidiennement au moins trois verres de lait ou plus (680 ml ou plus) que ceux qui buvaient un verre ou moins (environ 60 ml). Le risque de fracture était également plus important pour les femmes qui buvaient davantage de lait.

Fait important : les résultats de cette étude n’ont pas été observés avec la consommation élevée de produits laitiers fermentés comme le fromage et le yogourt, qui contiennent moins de lactose que le lait.

Les chercheurs suggèrent que le coupable pourrait être le galactose, un sucre simple contenu dans le lactose du lait, au même titre que le glucose. Absorbé en grande quantité, ce sucre pourrait augmenter les niveaux de stress oxydatif et d’inflammation dans le corps, ce qui peut favoriser les fractures et une mortalité plus importante.

 Études d’observation

Les deux recherches suédoises sont des études d’observation, c’est-à-dire qu’elles dressent un constat, analysent des données, mais n’explorent pas les causes des faits observés. Les chercheurs invitent donc à une « interprétation prudente des résultats » et ne recommandent pas d’arrêter de boire du lait ou de consommer des produits laitiers. Les auteurs de la deuxième étude estiment d’ailleurs que leurs résultats « méritent d’autres études indépendantes avant qu’ils puissent être utilisés pour des recommandations diététiques ».

 L’intolérance au lactose, c’est quoi ?

Les personnes intolérantes au lactose ne produisent pas, ou pas suffisamment, de lactase, une enzyme digestive. Le lactose arrive donc dans leur intestin sans avoir été correctement digéré, ce qui provoque des douleurs abdominales, de la diarrhée, des flatulences ou des ballonnements. Entre 2 et 15 % des Nord-Américains seraient touchés par cette intolérance, à ne pas confondre avec l’allergie au lait, une réaction du système immunitaire qui peut s’avérer grave, voire mortelle.

source :http://m.protegez-vous.ca/

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