DECODER LE LANGAGE DE NOS DENTS POUR MIEUX LES SOIGNER

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S’il est une partie du corps que nous répugnons à faire soigner, ce sont nos dents. Prompts à les accuser de nous pourrir la vie, nous les livrons par nécessité au dentiste, après avoir tenté de reculer l’échéance fatale par force calmants et antibiotiques.

DECODER LE LANGAGE DE NOS DENTS POUR MIEUX LES SOIGNER

Hasard, fatalité, hérédité ou simplement malchance : de nombreuses personnes expliquent ainsi leurs maux de dents. Et si nos problèmes dentaires avaient un sens ? Et si, à travers les nombreux problèmes qui les affectent (carie, déchaussement, etc.), nos dents lançaient une sorte d’appel au secours, tentaient de traduire à leur manière le mal-être intérieur que nous ne voulons pas voir, l’émotion bloquée que nous n’osons pas exprimer ? Cette vision nous ouvre de nouveaux horizons. Quelle que soit sa nature (carie, déchaussement, malposition, etc.) l’atteinte est une information que le corps envoie, un message à décoder pour mieux se comprendre et se soigner. Ainsi, comprendre le langage de ses dents devient le premier acte de guérison que le patient peut poser, en parallèle avec le soin réalisé par le dentiste.
developpement personnel

En matière de problèmes dentaires, s’il est évident que le sucre joue un rôle, il n’explique pas tout. Premier facteur nécessaire à la genèse d’une carie, il n’est pourtant pas le seul. Il n’y a pas de lien mathématique entre la quantité de sucre qu’une personne ingère, son hygiène et la quantité de caries qu’elle développe. Certains gardent une denture indemne en dépit d’une hygiène médiocre ou inexistante et des quantités de sucreries consommées. D’autres à l’inverse, pourtant attentifs à leur hygiène dentaire et alimentaire, voient leurs dents s’abîmer inexorablement au fil du temps. De nombreuses études, chez l’animal comme chez l’homme, ont démontré qu’un lien existe entre stress et caries. Par exemple, une surpopulation induite artificiellement chez le rat augmente de 14% le taux de ses caries. Toute forme de stress (confinement, contrainte, bruit strident) augmente le taux de caries. Une recherche portant sur 311 recrues de la marine a montré que plus une personne est anxieuse et introvertie, plus son taux de caries est élevé. L’observation clinique montre que les caries surviennent à des périodes clés de la vie, en écho à des stress professionnels ou personnels (perte d’emploi, deuil, divorce, etc.).
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Si la dent est un résonateur puissant de notre vie psychique, c’est qu’elle entretient un lien très étroit avec le cerveau. Le lien est embryologique : un tissu commun (le cerveau primitif) est à l’origine de l’encéphale et des dents qui se développent à partir de cellules ayant migré depuis l’ébauche cérébrale. Il existe aussi un lien anatomique : un tronc nerveux d’importance majeure, le nerf trijumeau (cinquième paire de nerfs crâniens) relie directement dents et cerveau. La dent est une extension du cerveau, vis à vis duquel elle joue le rôle de capteur. Ce capteur un peu particulier, capable de percevoir des différences de pression de l’ordre du dixième de millimètre, informe le cerveau sur la position de la mandibule par rapport à la pesanteur. Il en découle pour un individu la capacité de se situer dans l’espace. Des études ont montré que des personnes édentées perdent prématurément leur mémoire spatiale et sont davantage exposées à la démence sénile. Véritable antenne sensible, la dent est un capteur qui fonctionne dans les deux sens : en réception (de la périphérie vers le cerveau) et en émission (du cerveau vers l’extérieur). Ainsi la dent est le baromètre de notre vie psychique. Ses atteintes résonnent avec nos stress, traduisent nos non-dits, nos émotions non exprimées.
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La dent atteinte nous interpelle : “qu’est-ce que je n’exprime pas, qu’est-ce qui coince en ce moment dans ma vie, quelle émotion suis-je en train de ravaler ?”. La dent qui s’abîme désigne la facette de la personnalité qui est la cible du stress. Chaque dent porte un sens particulier. Chaque dent est une partie de soi, représente un domaine de la vie personnelle, professionnelle, relationnelle, etc. Par exemple, les incisives du haut représentent la vie relationnelle sur le plan social. Les incisives centrales portent l’identité, l’image : “qui suis-je et qu’est-ce que je montre de moi ?”. Leur atteinte évoque un problème de dévalorisation. La canine évoque le pouvoir et la puissance personnelle. Les avoir longues et fortes est signe d’ambition (ce n’est pas un hasard si certaines personnalités médiatiques se les font limer). Leur atteinte témoigne du sentiment d’avoir perdu le contrôle et la maîtrise de sa vie. Chaque dent matérialise une qualité : en haut, les incisives centrales du haut représentent le rayonnement, la canine la volonté, etc.
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Se poser la question de la dent qui s’abîme (pourquoi cette dent s’abîme-t-elle à ce moment de ma vie ?) peut éviter bien des déboires. Tout message non compris tend à se répéter. De plombage en dévitalisation et de soin en couronne, la dent s’abîme de plus en plus, parfois jusqu’à devoir être extraite. Ainsi Valérie retourne consulte régulièrement son dentiste, toujours pour la même dent. La première molaire, en bas à gauche, se détériore inexorablement, malgré les soins prodigués. Fatalité, malchance ? En faisant le lien entre les épisodes de sa vie et les périodes où la dent s’abîme, Valérie finit par comprendre le sens du message que pendant des années elle n’a pas vu. La première molaire en bas à gauche représente la sécurité matérielle et affective donnée par la mère nourricière ou maman. Or Valérie a perdu sa maman à l’âge de six ans, moment où la dent justement fait son éruption. La dent, qui traduit la fragilité et le manque inscrits par le décès, s’abîme à chaque fois que Valérie est confrontée à un changement qui la place dans une situation d’insécurité : changement d’école, de travail, déménagement, séparation, etc. Certes, comprendre ne fait pas repousser la dent mais permet d’enrayer l’inexorable engrenage. Une dent véritablement soignée (c’est à dire sur tous les plans) le reste.

Décoder le langage des dents permet de comprendre qu’il n’y a pas de fatalité, juste des messages non compris. Perdre ses dents n’est pas inéluctable. Il ne tient qu’à nous de les garder. Il suffit pour cela de leur prêter un peu d’attention en écoutant leur message.

Estelle Vereeck

Auteur
Docteur en chirurgie dentaire

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