Attention aux accès de colère : le cœur n’aime pas !

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Le stress aigu, comme la survenue brutale d’accès de colère, est un facteur déclenchant bien connu de risque d’infarctus du myocarde. * La colère de même que l’émotion intense entraînent une augmentation des battements cardiaques, de la pression artérielle, de la coagulation du sang, et un rétrécissement des artères coronaires. * Chez des personnes présentant des plaques d’athérome coronaire instables, cela peut entraîner une rupture de cette plaque avec comme conséquence possible un infarctus du myocarde, voire une mort subite.

Docteur Hervé Gallois, Cardiologue, Conseiller scientifique de la Fédération Française de Cardiologie (FFC)

Une étude américaine s’est intéressée à la relation entre accès de colère et risque d’infarctus du myocarde :

[fond fuchia]un violent accès de colère multiplie par près de 2,5 le risque de faire un infarctus dans les 2 heures[/fond fuchia].

Comment un stress aigu tel qu’un accès de colère peut-il entraîner un infarctus ?

L’exercice physique brutal et violent, comme les émotions tant négatives que positives, ainsi que les accès de colère sont des circonstances bien connues déclenchantes d’infarctus du myocarde.

« La colère augmente brutalement la fréquence cardiaque (par le biais du sympathique et des catécholamines), la pression artérielle et la coagulation du sang et entraîne un rétrécissement des artères coronaires : on parle de vasoconstriction. »

Chez des patients ayant des plaques d’athérome instables, cela peut entraîner une rupture de ces plaques avec comme conséquence un infarctus du myocarde, voire une mort subite.

Il a été montré que des patients dits « hostiles » (tendance à la méfiance et au ressentiment), râleurs permanents, sujets aux colères, étaient particulièrement à risque de maladie coronaire.
On ne sait pas s’il existe une relation entre l’intensité, le nombre d’accès de colère et le risque d’infarctus du myocarde. D’autre part, on ne sait pas si des traitements peuvent réduire ce risque.

Une étude américaine s’est intéressée aux facteurs favorisant un infarctus du myocarde tels que les accès de colère :

L’étude MIOS — pour Myocardial Infarction Onset Study — est une cohorte de 3886 personnes ayant fait un infarctus du myocarde entre 1989 et 1996. Lors de leur hospitalisation initiale, ces patients ont été interrogés pour savoir s’ils avaient éprouvé des accès de colère (en précisant le nombre et l’intensité) dans l’année qui a précédé l’infarctus et deux heures avant les symptômes.

1484 personnes, soit 38 % des patients, ont présenté des épisodes de colère dans l’année précédant l’infarctus, et 110 personnes, soit 3,2 %, ont signalé cet accès de colère deux heures avant l’infarctus. Les raisons de ces colères étaient familiales (38 %) et professionnelles (25 %).

Les résultats de cette étude montrent une relation forte entre accès de colère et risque d’infarctus

L’accès de colère multiplie par 2,43 le risque de faire un infarctus du myocarde dans les deux heures qui suivent cet épisode émotionnel.

Il existe aussi un lien significatif entre l’intensité de l’épisode colérique et le risque d’infarctus :

Plus violent est l’accès de colère, plus le risque d’infarctus est important.

Cette étude montre aussi que les patients qui étaient traités par des bêta-bloquants (médicaments qui ralentissent le cœur en inhibant le sympathique et les catécholamines) étaient moins susceptibles de faire un infarctus déclenché par la colère par rapport à ceux qui n’avaient pas ce type de traitement.

Ainsi d’après cette étude, les accès de colère, et particulièrement les plus violents, augmentent d’un facteur 2,43 le risque de faire un infarctus du myocarde dans les deux heures.

Les personnes colériques qui sont sous bêta-bloquants auraient moins de risque d’infarctus déclenché par cette décharge émotionnelle.

Pour en savoir plus sur le lien entre accès de colère et risque d’infarctus du myocarde, consulter l’article :

Relation of Outbursts of Anger and Risk of Acute Myocardial Infarction de l’American journal of cardiology.

Docteur Hervé Gallois , Cardiologue, Conseiller scientifique de la Fédération Française de Cardiologie (FFC) - Rédacteur d’articles scientifiques dans « Le cardiologue », « Le journal faxé du cardiologue » et « Le journal faxé du pneumologue » (depuis 2005)
Rédacteur en chef du « Journal faxé du cardiologue » et des « French Meeting Lunch » des congrès américains de cardiologie de l’American Heart Association et de l’American College of Cardiology (1988-2005)

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