Vaccin de Merck contre le sida : davantage de contaminés parmi les vaccinés

, par  Amessi , popularité : 1%

Vaccin de Merck contre le sida : davantage de contaminés parmi les vaccinés

WASHINGTON - Le vaccin contre le sida testé par le laboratoire Merck et dont les essais viennent d’être arrêtés, était non seulement inefficace, mais les personnes vaccinées ont été plus nombreuses à contracter le virus que celles traitées avec un placebo, selon des résultats publiés mercredi.

Le laboratoire pharmaceutique américain avait annoncé le 22 septembre avoir mis fin à ses essais d’un vaccin contre le sida, le V520, qui avait été décrit comme très prometteur, après qu’une étude eut montré qu’il n’était pas efficace.

Or, un compte-rendu plus approfondi du test clinique, publié par Merck mercredi, montre que les volontaires non contaminés par le virus VIH/sida au début des tests ont été plus nombreux à le contracter par la suite que ceux ayant reçu un placebo.

Le vaccin a été fabriqué en utilisant une réplique affaiblie d’un des virus du rhume les plus communs, l’adenovirus de type 5 (Ad5), utilisé comme vecteur pour trois gènes du virus VIH produits synthétiquement.

Les tests ont été menés sur quelque 3.000 volontaires de 18 à 45 ans, présentant des risques variés de contamination par le virus du VIH/sida en fonction de leur mode de vie, dans différentes parties du monde.

Dans un échantillon de volontaires négatifs au VIH/sida au début du test, et présentant une faible immunité au virus Ad5, 24 cas d’infections par le virus VIH ont été observés parmi les 741 volontaires ayant reçu au moins une dose de vaccin, contre 21 parmi les 762 participants qui avaient reçu le placebo.

Dans un sous-groupe de cet échantillon, qui avait reçu au moins deux doses et dont les membres étaient négatifs au VIH/sida pendant au moins 12 semaines, 19 cas d’infection par le VIH ont été observés parmi les 672 volontaires ayant reçu le vaccin, contre 11 parmi les 691 volontaires qui ont reçu le placebo.

Merck précise que l’administration du vaccin ne peut pas transmettre directement le virus du VIH/sida. Mais le laboratoire indique que les volontaires ayant été vaccinés sont informés du fait que les risques qu’ils soient contaminés par le VIH sont potentiellement plus importants pour eux, s’ils y sont exposés.

Ces données « sont remarquablement complexes », a commenté Keith Gottesdiener, vice-président des laboratoires Merck et responsable de la division de la recherche clinique sur les vaccins et les maladies infectieuses.

« Nous sommes en train d’analyser ces données pour tenter de déterminer si ces résultats sont dus à des réponses immunitaires provoquées par le vaccin, des différences dans les populations étudiées, ou à un autre phénomène biologique que nous ne comprenons pas, ou encore au hasard ».

« Il va falloir un peu de temps avant que nous comprenions pourquoi le vaccin n’a pas fonctionné et pourquoi il y a eu une tendance à ce que les cas d’infection soient plus nombreux parmi les volontaires qui ont reçu le vaccin », a-t-il ajouté.

AFP / 07 novembre 2007 22h33)

Navigation