« Prévenir et bien vieillir »

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Le vieillissement en bonne santé est source d’interrogation pour les 300 000 membres de la Fédération nationale des associations de retraités (FNAR) qui se réunissent en congrès‚ ce 10 mai au Cap Agde (Hérault). Ils se sont assurés le concours de neuf éminents médecins et chercheurs pour traiter de « Prévenir et bien vieillir »‚ un sujet que l’amélioration de l’espérance de vie annonce crucial. En effet‚ le « bien vieillir »- santé‚ préoccupation individuelle - ne dépend pas seulement de la prévention mais de l’état de santé (économique‚ politique... ) de la société‚ en son ensemble.

« Prévenir et bien vieillir »

Neuf professeurs au chevet de la FNAR pour son congrès

L’historien de la démographie‚ Patrice Bourdelais‚ (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) redoute que les aléas de l’économie du XXI° siècle ne favorisent pas la même amélioration de l’espérance de vie pour tous. Le développement des contrats à durée déterminée‚ des emplois précaires‚ du chômage de longue durée‚ de la marginalité sociale sont des facteurs de restriction de l’accès aux soins pour certaines catégories de population‚ avec pour résultat‚ une santé dégradée.

Ses travaux sur de longues durée montrent que la prospérité est facteur de développement de la qualité de la santé‚ mais qu’une récession aura souvent l’effet inverse.

La situation‚ relativement favorable des retraités - des plus jeunes surtout - pourrait se dégrader avec l’aggravation prévisible des déficits de l’assurance maladie‚ la diminution du rapport cotisants/bénéficiaires des pensions‚ et la stagnation des revenus des contrats de prévoyance individuels.

Cette perspective socio-économique pessimiste n’est pas celle de la Fédération nationale des retraités qui réunit ses adhérents en Congrès au Cap d’Agde‚ le 10 mai‚ pour un Congrès-forum qui leur permettra de recevoir les conseils des meilleurs spécialistes médicaux afin de préserver leur capital santé.

Le professeur Françoise Forette‚ directrice de la Fondation nationale de gérontologie et conseiller de la Secrétaire d’Etat aux personnes âgées‚ ouvrira les débats en évoquant « la situation des personnes âgées en France ».

« L’espérance de vie en bonne santé » sera définie par le Pr Jean-Marie Robine‚ directeur de recherches à l’Inserm. Le professeur Jean-François Dartigues (Bordeaux)‚ qui a mené d’importantes études sur le vieillissement et la santé‚ évoquera « Occupations et mémoire : un devoir de tous les instants ».

La suite du programme consiste en une série de conseils ciblés sur les diverses problématiques liées au maintien de l’autonomie de la personne : « Protéger sa vision » (Pr Yves Pouliquen‚ Académie de médecine)‚ « Locomotion‚ balance‚ équilibre et ostéoporose »‚ (Pr Claude Jeandel‚ secrétariat d’Etat aux personnes âgées)‚ « Préserver son cœur et ses vaisseaux »‚ (Pr Avignon‚ CHU-CHR Montpellier)‚ « Bien vieillir-Nutrition et activité physique (Dr Gilles Lecoq‚ secrétariat d’Etat aux personnes âgées)‚ »Bilan de santé et activité physique« (Dr J.-P. Giordanella (CNAM)‚ »Prévoir et prévenir‚ c’est bien vieillir"(Pr San Marco‚ directeur de l’INPES‚ Paris).

Le professeur Françoise Forette clôturera cette journée d’information qui devrait permettre à chaque congressiste de savoir comment gérer au mieux son capital-santé.

La FNAR‚ forte de 2500 associations et de 300 000 membres
Reste que le bien vieillir n’est pas seulement affaire de santé individuelle mais de vision d’ensemble d’un débat de société dans lequel les associations de retraités peuvent peser.

Une fin de carrière perturbée (mise au placard‚ harcèlement au travail‚ chômage‚ déqualification... ) est souvent facteur de prise de retraite dans de mauvaises conditions et donc d’un coût social et financier en terme de santé.

Par ailleurs‚ la catastrophe de l’été 2003 et ses 15 000 morts ont permis d’observer que la santé de la personne âgée est intimement liée au maintien de son réseau relationnel et d’un sentiment d’utilité sociale.

Des mesures simples‚ reposant notamment sur la solidarité associative ou de proximité‚ ont ainsi permis de sauver des vies‚ lors d’épisodes caniculaires survenus à Marseille en 1983 et à Chicago en 1995.
Cette même canicule 2003 a souligné que l’importance des budgets alloués aux soins des aînés témoignait de l’intérêt que la société leur portait. La présence de 0‚4 professionnel par lit en moyenne dans les maisons de retraite françaises‚ contre deux ou trois fois plus dans les établissements allemands ou suisses‚ est une indication forte. Le cas français représente un « traitement industriel » du vieillissement‚ impliquant une brutalité de fait‚ néfaste à la bonne santé‚ au vieillissement serein de la personne.

Ce « traitement industriel » est‚ en revanche‚ propice au développement de la dépression que‚ déjà‚ favorise l’isolement qui caractérise souvent l’avancée en âge.

Riches perspectives d’interrogations et d’actions pour les associations de retraités qui peuvent ainsi rappeler la société aux devoirs qu’elle a vis-à-vis de ses aînés.

Ainsi‚ la FNAR est forte de 2500 associations et de 300 000 membres‚ soit un effectif supérieur à ceux de syndicats tels que la CFTC‚ ou la CFE-CGC‚ supérieur encore à la moitié des effectifs globaux d’autres centrales‚ telles que l’UNSA ou CGT-FO ! La FNAR dispose donc du réseau nécessaire à la défense des retraites‚ au combat pour la santé et pour la reconnaissance des retraités qui figurent parmi ses principaux objectifs.

« La France compte 13 millions de retraités‚ bientôt quinze‚ et cette population‚ en passe d’être majoritaire dans le pays‚ n’a pratiquement jamais le droit élémentaire de faire valoir son point de vue au sein des instances officielles qui débattent de sujets les concernant. C’est un des objectifs prioritaires de la FNAR qui estime que l’utilité sociale de l’individu ne s’arrête pas avec son activité professionnelle‚ que de lutter pour la dignité et la reconnaissance du retraité. »
Cette proclamation émise à la veille du congrès 2005 rappelle l’altruisme de motivations qui a présidé à la création de la FNAR dans le sillage humaniste du mensuel Notre Temps‚ le pionnier‚ dès 1968‚ de la reconnaissance du statut du retraité et de son rôle dans le maintien du lien social intergénérationnel.

Restituer une utilité sociale à l’individu retraité‚ c’est‚ pour les associations‚ ouvrir un immense chantier de réflexion et d’actions qui l’aideront à se maintenir en bonne santé‚ tout autant que l’attention qu’il se portera à lui-même et à sa condition.

Les études des gérontologues sur les populations très âgées de l’archipel japonais d’Okinawa ont parfaitement montré que l’attention témoignée aux autres‚ le maintien de l’activité‚ l’appartenance à un réseau de relations sont‚ tout autant que la médecine et la diététique‚ d’excellents facteurs pour « vieillir en bonne santé. »

Jean-Yves Ruaux

Contact presse :
Guy Deluchey

Tel. : 01 40 58 15 00 (Fnar) - 01.34.27.62.95 (personnel)
E-mail : fnar.asso chez wanadoo.fr - guy.deluchey chez cegetel.net

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