Pesticides, la contamination des aliments par les pesticides

l’enquête Européenne sur les résidus de pesticides dans l’alimentation d’origine végétale en Europe montre une situation inquiétante !

Pendant que la France se prélassait au soleil en ce mois d’Aout 2001, le MDRGF a mis à profit l’été pour rendre publics en exclusivité les résultats d’une enquête de la Direction Générale « Santé Consommation » de la Commission Européenne sur les résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale en Europe. Le MDRGF a fait connaître le contenu de ce rapport en deux fois. En effet le rapport contient deux types d’informations distinctes :

Une révélation explosive du MDRGF :

  • la première partie est consacrée à une étude statistique de l’état de la contamination des aliments végétaux par les pesticides dans l’UE
  • la deuxième partie met en évidence la présence de certains pesticides dans des aliments particuliers à des doses qui, pour les plus gros consommateurs de ces aliments, dépassent le seuil de toxicité aiguë.

Ces révélations ont permis de mettre en avant pour la première fois en France la réalité de la contamination de notre nourriture par les pesticides. L’impact sur l’opinion publique a été important. Ce fut un événement de la plus haute importance pour le MDRGF.

Les résultats de l’enquête de la DG SANCO : extrait du 1° communiqué de presse du MDRGF du vendredi 03 Août 2001.

Une évaluation de la commission européenne révèle que près de 50 % des fruits, légumes et céréales consommés en France contiennent des résidus de pesticides. De plus, plus de 8 % de ces aliments contiennent des résidus de pesticides à des doses supérieures aux limites européennes maximales de résidus admises. L’association écologiste MDRGF dénonce cette situation. La direction de la santé et de la protection des consommateurs de la commission européenne ( DG SANCO ) vient de publier les résultats des 17 évaluations nationales de 1999 en matière de résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale ( fruits, légumes et céréales) pour les pays de l’ UE, la Norvège et l’Islande.

Ces résultats montrent la présence moyenne de résidus de pesticides au dessous des Limites Maximales de Résidus ( LMR) dans ce type d’aliments consommés en Europe dans environ 32 % des échantillons. En moyenne en Europe ces Limites Maximales de Résidus pour ces aliments sont dépassées dans 4,3% des échantillons. Bien que les comparaisons entre les résultats des différents pays de l’UE ne soient pas toujours pertinentes ( différences dans les méthodes utilisées, différences dans les pesticides recherchés, différences des capacités d’analyses des laboratoires selon les pays....) la France se distingue dans cette enquête par des résultats particulièrement mauvais. En effet ce sont près de 50 % des échantillons testés en France qui contiennent des résidus de pesticides et plus de 8 % des échantillons présentent des résidus de pesticides à des teneurs supérieures aux Limites Maximales de Résidus. De plus, en moyenne au niveau de l’UE, 14 % des échantillons fournis aux niveau de cette enquête présentent des résidus de plusieurs pesticides .

Dans l’évaluation française ce sont 22,7 % des échantillons qui contiennent des résidus de plusieurs pesticides ! Les principaux pesticides trouvés dans les échantillons français sont : le dithiocarbamates, l’ipriodione, le thiabendazole, le procymidone, l’imazalil, le vinclozolin, le phosalone, le chlorpropham, le benomyl, l’oxadixyl. Selon la DG SANCO la présence de résidus de pesticides supérieurs aux LMR indique le non respect des bonnes pratiques agricoles......


Le 2° volet de l’enquête de la DG SANCO : extrait du 2° communiqué de presse du MDRGF du 27 Août 2001.

Selon la 2° partie de l’enquête de l’UE (DG SANCO) une étude portant seulement sur 4 aliments et 20 pesticides montre que pour 2 de ces pesticides (l’endosulfan et le methamidofos) la consommation des populations les plus exposées dépasse la dose de référence pour la toxicité aiguë. Le rapport conclut « ... qu’il y avait des raisons de craindre qu’il y ait pu avoir un danger pour la santé... » Ce danger touche particulièrement les jeunes enfants .....

La recommandation n° 1999/333/EC de la commission a demandé que soient recherchés 20 pesticides dans 4 aliments ( choux fleurs, grains de blé, poivrons et melons) . Tous les états membres et la Norvège ont participé à cette enquête. Plus de 4700 échantillons ont été analysés. Certains pesticides ont été retrouvés dans un pourcentage très important des échantillons :

  • l’endosulfan dans 31,7% des poivrons, et 27,3% des melons
  • les pesticides du groupe du maneb dans 28,9% des choux fleurs.
  • Le methamidofos dans 20,7% des poivrons, les MRL étant excédés dans 18,7% de ces échantillons de poivrons...

Mais plus préoccupant est le passage de l’étude relatif au risque d’intoxication aiguë liée aux apports de ces pesticides par ces 4 aliments et particulièrement les poivrons. Le risque d’intoxication aiguë par ces pesticides a été évalué en utilisant le modèle d’exposition du consommateur du Royaume Uni qui étudie la consommation des 2,5% de la population la plus exposée à un polluant et la compare avec la dose de référence pour la toxicité aiguë pour cette substance (limite acceptable au delà de laquelle il y a risque de toxicité aiguë). Sont distingués les consommateurs adultes (70 kg) et jeunes enfants (14,5kg) Résultats :

  • Les apports d’Endosulfan par les seuls poivrons pour les 2,5% de la population de jeunes enfants les plus exposés équivalent à 181% de la dose de référence pour la toxicité aiguë (1,8 fois la dose limite)
  • le Méthamidofos : les apports par les seuls poivrons sont supérieurs à la dose de référence pour la toxicité aiguë tant pour les adultes que les enfants les plus exposés :
  • Pour les 2,5% des adultes les plus exposés les apports sont évalués entre 251% et 622% de la dose de référence pour la toxicité aiguë selon le mode de calcul.(donc de 2,5 à + de 6 fois la dose de référence)
  • Pour les 2,5% des jeunes enfants les plus exposés les apports sont évalués entre 681% et 1690% de la dose de référence pour la toxicité aiguë selon le mode de calcul.(donc de + de 6 fois à presque 17 fois la dose de référence)

Le rapport conclut en précisant »...les informations pour le méthamidofos sur les poivrons montrent qu’il y avait des raisons de craindre qu’il y ait pu avoir un danger pour la santé, notamment pour les groupes à risques, comme les jeunes enfants »

Le rapport s’en remet pour résoudre le problème soit à des interdictions de ce produit soit au respect des bonne pratiques agricoles...En janvier 2001 le méthamidofos était toujours autorisé dans 10 des Etats de l’UE, l’Endosulfan lui dans 12 ! .........

Les médias nationaux reprennent les révélations du MDRGF

Les médias nationaux ont largement repris les révélations du contenu de ce rapport faites par le MDRGF. Ce fut d’abord l’AFP qui, dès réception du 1° communiqué de presse , publia une dépêche. Dans le calme médiatique de ce mois d’Août l’info fit l’effet d’une petite bombe ! Des radios comme Europe 1 diffusèrent ensuite une interview , les plus grands journaux relayèrent l’information en citant le MDRGF. Parmi eux : le Monde, Libération, Le Figaro, France Soir....bref, un mois d’Août très agité !

Les représentant du MDRGF furent ensuite invités à participer à des émissions de radio/télévision pour expliquer leur position dans ces débats. Ainsi le mardi 4 septembre, François Veillerette en tant que Président du MDRGF et Georges Toutain en tant qu’expert agronome, furent invité sur le plateau de l’émission de M6 : On en parle. François Veillerette fut ensuite opposé à Bernard Charlot ( Président de l’UIPP, l’Union des Industries de la Protection des Plantes= les fabricants de pesticides) lors d’un débat organisé par la radio FM parisienne BFM.le 26 septembre.

Tous les articles pourront être lus dans la revue de presse publiée pour la prochaine AG du 1° décembre.

Ils ont permis d’accroître la notoriété de notre Mouvement qui est maintenant un interlocuteur connu et reconnu des médias, mais aussi de l’industrie et des pouvoirs publics sur ces questions de pollutions agricoles.


Inattendu : suite à ses révélations sur les résidus de pesticides dans les aliments les industriels fabricants de pesticides demandent à rencontrer le MDRGF.

Les industriels fabricants de pesticides en France, regroupés sous la bannière de l’UIPP ( voir plus haut) ont rapidement contacté le MDRGF après les révélations sur le contenu du rapport de la DG SANCO. Les représentant de l’UIPP ont en effet vécu cet épisode comme une véritable crise et ont voulu mieux connaître notre organisation et nos demandes. Ainsi a été organisée une première rencontre informelle le 10 octobre à Paris. Ce fut une prise de contact entre moi-même, Jacques My et Jean-Pierre Guillou, respectivement secrétaire général et directeur général de l’UIPP. Les représentants de l’UIPP mirent en avant leur volonté de dialoguer avec le MDRGF en tant qu’association spécialisée dans la question des pesticides et correspondant de PAN Europe en France ( voir article consacré à PAN Europe dans ce bulletin). Ils me demandèrent ensuite de critiquer publiquement leur 2° rapport environnement santé le 23 octobre à Paris au Muséum d’Histoire Naturelle ( ce fut une lecture très critique : le texte de mon intervention est disponible sur demande, 10 pages). Georges Toutain , quant à lui, est invité à participer à un diner-débat début novembre. Le Mouvement ne peut que se féliciter de ces contacts normaux avec l’industrie qui ne remettent en rien en cause notre approche critique de la politique agricole actuelle mais permettent au contraire d’amplifier l’impact de nos actions.

http://perso.wanadoo.fr/francois.veillerette/index.html

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Popularité
Cet article a une popularité absolue égale à 2, soit 3 % de 51