Nous sommes ce que nous mangeons !

Le monde est de plus en plus gagné par la MALBOUFFE !!

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Nous consommons trop de viandes et de graisses animales et pas assez de céréales et de légumes secs. Et les repas dans l’ensemble sont trop salés. On pratique également le grignotage devant la télévision au détriment des repas traditionnels d’autrefois... La « malbouffe », terme dont José Bové est l’inventeur, nous attire vers la standardisation de l’alimentation et à l’uniformisation du goût.

Plus précisément, il s’agit d’une stratégie des différentes industries agroalimentaires qui vise à banaliser le goût pour ne pas heurter les consommateurs et, ainsi, en attirer davantage. Pour exemple, en France, les steaks hachés sont produits à Orléans, les frites à Lille, les salades à Perpignan et le pain en région parisienne. La nourriture est de ce fait complètement standardisée avec les mêmes compositions partout.

Le monde est de plus en plus gagné par la « malbouffe » :

Ces normes sont parfois contournées au profit de la rapidité et de la rentabilité. La viande servie a été recomposée, à partir des plus bas morceaux des vaches. On a rajouté du gras dans la viande pour faire en sorte que le pourcentage de gras et de maigre soit identique dans chaque hamburger vendu. La texture est donc la même en tout lieux de la planète... Du point de vue du consommateur, il y a évidemment eu perte et appauvrissement de la qualité des produits alimentaires. Que cela soit les hamburgers, les fromages industriels, les plats surgelés... etc.

S’il existe un symbole de ce mode de consommation alimentaire, ce sont bien-sûr les fast-food. Ronald Mc Donald, le clown empoisonneur apparaît comme le symbole de la malbouffe ; son credo est : « vite et mal ». Uniformisation du goût donc et même, perte de la relation au goût. L’industrie alimentaire ne considère comme importantes que les techniques de fabrication afin d’amoindrir ses coûts et de maximaliser ses profits. Tout est conditionné dans un même sens, au détriment du goût et de l’identité culturelle des terroirs. Le résultat en est la disparition progressive de tout ce qui touche la cuisine, l’art de se nourrir, et aussi, au fait de se retrouver quotidiennement ensemble autour d’une table.

• Les risques alimentaires

1) Les hormones de croissance

Leurs utilisations ont pour but d’obtenir un rendement maximum sur les animaux sans se préoccuper des conséquences. C’est le productivisme agricole qui s’éloigne des méthodes respectueuses des rythmes et cycles naturels des animaux.

2) Les activateurs de croissance (autres que les hormones de croissance) à travers le cas des antibiotiques

L’origine de leur utilisation, toujours liée au productivisme, provient de deux phénomènes. Face à une plus grande concentration des élevages sur un même lieu, il y a une hostilité microbienne plus importante et, pour neutraliser ces microbes, on utilise des antibiotiques, croyant tout éviter, d’une part.

D’autre part, les défenses immunitaires des animaux s’affaiblissent, du fait de l’intensification des performances des élevages. Le problème est que cette supplémentation médicamenteuse se fait sans contrôle vétérinaire sur le choix des antibiotiques et leurs dosages. En conséquence, ces animaux livrés à la consommation risquent de contenir, dans leur viande, des produits de traitement plus ou moins actifs, selon leur stade de dégradation.

Une question est particulièrement préoccupante, celle de la résistance aux antibiotiques du corps humain, constatée depuis une trentaine d’années. Elle est due à la tendance généralisée à se surmédicaliser et aussi, à l’usage abusif des antibiotiques dans les élevages. On a récemment constaté le cas d’une personne morte au Danemark du fait de sa résistance aux traitements antibiotiques dont elle avait besoin. Les médecins ont remarqué qu’elle était victime d’associations d’antibiotiques contenues dans la viande qu’elle consommait.

3) Les farines animales

Ces farines ont été utilisées dans les élevages, dans le but évident de toujours intensifier les différentes productions. Pour augmenter les performances chez les animaux, on leur apporte de la nourriture plus concentrée et toujours plus riche. Le maïs, riche en glucides et amidons, a remplacé l’herbe des pâturages, puis on a importé du soja des Etats-Unis, plus riche en protéines, et enfin, on a utilisé les farines animales, encore plus riches et coûtant moins cher que le soja, car issues des déchets d’abattoirs ou d’installations de traitement et de transformation des produits animaux. Leur utilisation est contre nature et dangereuse puisque l’on a donné, sans le savoir, des déchets de viande non chauffés à des herbivores.

4) Les OGM (Organismes génétiquement modifiés)

Avec les techniques génétiques, on arrive à intervenir sur le génome de toute plante (et même de l’animal), c’est-à-dire sur chaque gène qui caractérise la plante. Ces gènes sont portés par des chromosomes. Les manipulations génétiques consistent à fixer sur les chromosomes des gènes étrangers à la plante et dont on espère qu’ils vont nos fournir une nouvelle plante avec des propriétés intéressantes. Dans la pratique, 98 % de ces OGM sont des plantes à pesticides.

L’illusion est de croire que ces OGM, en améliorant génétiquement les espèces végétales, allaient permettre de produire davantage et moins cher, avec moins de substances chimiques. On a fait croire qu’on allait résoudre la faim dans le monde. En réalité, il y a mensonge car on se rend déjà compte, dans la pratique, qu’il y a des défauts de rentabilité, des coûts plus élevés en semences et des dépenses équivalentes en traitement, et ce par rapport aux cultures traditionnelles. De plus, la fiabilité des OGM n’est pas établie et les techniques de fabrication sont de l’ordre du bricolage. En conclusion, on peut dire que les OGM n’apportent pas réellement d’améliorations. Par contre, leur utilisation induit de très graves conséquences.

• À qui cela profite ?

Les années se succèdent et le système agro-alimentaire semble être de plus en plus bousculé. Les voix s’élèvent de plus en plus fortes, de plus en plus médiatisées. Ce n’est pas sans raison. Les scandales sont connus du grand public. Poulets et œufs dioxinés, vaches « folles », boues des stations d’épurations dans les nourritures animales, vins et bières plus chimiques que naturels, empoisonnements par listériose, bétail nourri à partir des cadavres décomposés d’autres animaux. On en passe et des meilleures...

Mais c’est le marché qui commande et le prix le plus bas est le seul aspect qui compte pour un produit. Les géants de l’agro-alimentaire, les chaînes de distribution, les supermarchés ou les petits commerçants en passant par les night-shops sont autant de responsables évidents de l’offre de cette « malbouffe ».

La malbouffe est le problème d’un modèle de société. Société qui considère les hommes comme des consommateurs identiques et sans racines (L’Homo Consumans), des marchandises interchangeables. Les conséquences sont énormes aux niveaux environnemental, social, économique, culturel.

• Pour conclure ?

Qu’en est-il à Madagascar ? La majorité des Malgaches n’est pas concernée par la malbouffe. Beaucoup ont à peine à manger tous les jours... Mais cela ne veut pas dire que nous sommes à l’abri de ce fléau. Pour en finir, nous nous adressons à toutes personnes fréquentant les grandes surfaces. Je vous dis : attention !

Nous sommes ce que nous mangeons.

N’acheter et ne manger plus sans vous poser de questions. Et ne soyez plus aveuglé devant l’illusion marketing ! D’autant plus que chez nous manger bio, un grand privilège, reste possible... Encore pour quelques années en tous les cas

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Artinah - http://www.madagascar-tribune.com

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