Minutes du procès de Le Ribault

Minutes du procès de Le Ribault

le 5 février 2004 à 13h30

dans la 4e chambre correctionnelle

du nouveau TGI de Bordeaux rue des Frères Bonie

  • Greffière : Le tribunal.
  • Présidente Françoise Martres [ses assesseurs sont Solange Bullier et Isabelle Delaquys] : Je vais vous demander de vous taire, vous pouvez vous asseoir.

Il y a des personnes debout. Pour des raisons de sécurité, ce n’est pas possible. Les personnes debout doivent sortir de la salle. Si vous voulez bien sortir de la salle, s’il vous plaît, sans discuter. Est-ce qu’il est possible de fermer la porte ?

Alors j’indique donc que nous avons...

Je propose le renvoi d’un certain nombre d’affaires.

Handisport... Je pense qu’il faut prévoir 2 h pour cette affaire... le 27 mai.

Le dossier Le Ribault Loïc

Tancogne Xavier

Le Conseil des pharmaciens, le Conseil départemental des médecins.

  • Avocat : Je représente le Conseil départemental des médecins.

[Applaudissements à l’arrivée de Le Ribault]

  • Présidente : Alors qu’il soit très clair, on n’est pas au théâtre, tout mouvement de ce type entraînera l’expulsion de la salle du public. Je rappelle nous sommes dans une enceinte de justice.

Nous avons Loïc Le Ribault, né le 18 avril 1947 à Vanne. Votre adresse ?

  • Le Ribault : En Irlande [...]
  • Présidente : Vous avez l’objet d’un mandat d’arrêt le 21[?] août 2003. Vous avez été extradé[?] hier, avant hier. Est-ce que vous acceptez d’être jugé aujourd’hui ?
  • Le Ribault : Oui.
  • Présidente : Bargigli né le 25 octobre 1945, habite à Marseille.

accepte d’être joué aujourd’hui.

M. Xavier Tancogne, né en 1953 a Villeneuve sur Lot.

M. Patrick Seraine est donc absent.

En ce qui concerne les parties civiles, le Conseil départemental de l’Ordre des médecins, le Conseil de l’Ordre des pharmaciens.

Y a-t-il d’autres parties civiles ?

Est-ce qu’il y a des représentations des administrations concernées, la Répression des fraudes et la DRASS ?

Est reproché à M. Le Ribault, depuis 1991, d’avoir distribué des produits de santé [?], d’avoir à partir de 89 [?] ; à partir de 94 d’avoir distribue des produits silanol ; [?] silanol SLDI [?] ; à partir de 94 à Biganos [?] ; avoir réalisé, d’avoir à partir de 94 trompé ou tente de tromper le public en vendant du silanol.

À M. Iznar pour avoir a La Teste le 6 janvier 96 trompé ou tente de tromper [?]

À Robert Bargigli pour avoir à Mirabeau à partir de janvier 96 [?] ; en vendant du silanol et du silagel n’ayant pas les formules [?].

À Lambron [...]

Mme Lesieur le 1er décembre 95 sur un produit nommé silanol.

Enquête de la DRASS à la suite d’un article dans Sud-Ouest le 8 octobre 95.

arthrose, psoriasis, migraine, séropositivité, sida, cancer...

Médicament n’ayant pas d’autorisation de mise sur le marché.

Exercice illégal de la médecine

À la suite de cette plainte, de ce rapport, fin 95, il y a cet article dans Sud-Ouest. Il l’a provoqué.

Il y a un procès verbal : les gens affluent à Biganos pour avoir ce produit présenté comme un produit miracle.

Il y a des plaintes, escroquerie.

M. Iznar et M. Bargigli ont eu des licences et ont distribué le produit. Vos chemins vont diverger car ils n’ont pas l’exclusivité de la licence ; vous dites qu’ils vous ont pillé.

Vous irez à... Antigua, vous revenez en décembre 96.

Vous allez être libéré en février 97, avec un contrôle judiciaire clair. Vous allez disparaître...

  • Le Ribault : En Belgique
  • Présidente : Un mandat d’arrêt va être diffusé, ce qui va permettre de vous arrêter en Suisse, et de vous entendre.

Il est clair qu’on a un secteur de production dans le sud-ouest.

Chacun va finir par revendiquer son produit qui n’est pas le vôtre.

Nous n’avons pas d’expertise judiciaire de ce produit.

Silicium de Rhône-Poulenc, rodroxyl, produit exclusivement à usage de bâtiments ; dangereux à manipuler.

La DRASS dit à partir des produits comparés, tous les produits contiennent de l’eau a 96 à 99 %

Il est interdit de prescrire un produit caustique sur la peau ou en injection.

Le silanol est un nom générique.

On peut s’interroger sur la reproductibilité des produits susceptibles de présenter un danger pour la santé.

Selon la DRASS des Bouches-du-Rhône, les silanols sont produits à partir de scythe, produit corrosif pour l’étanchéité des bâtiments.

Quelles sont les infractions qui vous sont reprochées :

Avoir commercialisé un produit, médicament

Par opposition des cosmétiques, qu’invoquent certains, les DRASS disent que nous avons affaire à un médicament par présentation. Il devait bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché.

M. Le Ribault, je vais vous demander de vous lever. Les choses partent de cet article de Sud-Ouest.

Vous dites que vous débutez vos recherches en 94.

  • Le Ribault : Non. En 85, il y a eu un article dans Sud-Ouest. J’ai reçu six lettres.

On a commence à en parler beaucoup en 95. Ça a intéressé un journaliste qui m’a suivi pendant 4 mois. Au bout de 4 mois, il a présenté cet article à sa direction qui l’a publié le 8 octobre 95.

  • Présidente : Vous avez fait cet article pour faire un choc. C’est présente comme un produit miracle
  • Le Ribault : On a été deux à s’intéresser à ce produit, en 57 Norbert Duffaut, il y a eu des applications, un prix Lévy Bricker décerné par l’Académie de médecine.

De 57 à 82, il y a eu plusieurs générations de silicium organiques, avec des tests, des publications scientifiques.

Je faisais des recherches par [?]

J’ai monté le premier labo à La Teste.

J’ai fait mes premiers travaux sur le quartz qui est de la silice en 1970.

L’oxygène permet l’assimilation par l’organisme du silicium (herpès, [?]).

J’ai rencontré Duffaut en 82 à une manifestation scientifique à Bordeaux.

En 84, 85 on a mis au point un troisième produit.

En 93, il s’est suicidé écœuré.

On demandait des tests.

En 87, j’ai écrit par accusé de réception à M. Valade, ministre de la Recherche, qui avait inauguré en avril 87 mon laboratoire. Je n’ai toujours pas de réponse.

J’ai voulu faire bouger les choses.

J’ai été dépasse par la demande.

  • Pte : vous avez récolté deux millions de francs. [?] herpès, zona, psoriasis, cirrhose du foie, asthme, hématome, blessures diverses, cancer, sida, séropositivité, cancer.
  • Le Ribault : Médicament, je ne sais pas. Des applications thérapeutiques, oui.
  • Pte : Vous parlez de vos patients, qu’est-ce qui vous y autorise ?
  • Le Ribault : Des témoignages des patients.
  • Pte : Où sont les tests, les analyses ? Quels sont les tests sur l’intérêt pour la séropositivité ?
  • Le Ribault : De nombreux tests de toxicité.
  • Pte : Où sont les tests ?
  • Le Ribault : Il y a une analyse publiée le 16 décembre 96.
  • Pte : Mais on est en 95. [...]

Il n’y a rien dans le dossier qui dit que quelqu’un a été malade d’avoir ingéré dans le dossier, c’est vrai.

  • Le Ribault : Il y a plusieurs tests de toxicité, dont certains ont été saisis. Les tests coûtent une fortune.
  • Pte : Pourquoi l’administration aurait fait ces tests ?
  • Le Ribault : Parce que j’en aurais fait cadeau.
  • Pte : On est d’accord qu’en 95, il n’y a pas d’essai clinique.

Vous attendez la plainte vous la souhaitez.

  • Le Ribault : Tout à fait.

Naïvement, je croyais que l’Ordre des médecins, des pharmaciens, déposant une plainte, allaient être obligés de faire les tests. Je n’ai pas 100 millions.

  • Pte : Pourquoi ils ne se sont pas intéressés ?
  • Le Ribault : En juin 95, un grand labo est venu me voir avec 10 millions de francs pour acheter la molécule et la taire.

Il y a 10.000 médecins qui ont travaillé avec mes produits.

  • Pte : Vous avez les tests, les dossiers ? On demande les preuves ?

En 97, vous avez continué parce que c’était plus simple à l’étranger.

Les témoignages ne sont pas des preuves scientifique.

  • Le Ribault : Il y a des analyses de sang, des radios.
  • Pte : Il y a des procédures légales, des protocoles
  • Le Ribault : Pas en accord avec la procédure française. Il faut 100 millions de francs.

C’est une molécule qui restructure le système immunitaire de l’organisme, ça ne guérit pas.

  • Pte : Suite à l’article de 95, à une lettre d’un séropositif, vous dites que ça peut lui apporter quelque chose.
  • Le Ribault : Ça donne à l’organisme la force de lutter contre les virus.

Le 15 octobre 95, j’écris à M. le directeur de l’Agence du médicament : « Je vous propose cette molécule ».

Il y avait un dossier joint.

  • Pte : L’Agence du médicament vous renvoie un dossier. La preuve scientifique n’est pas expliquée.
  • Le Ribault : On n’a pas arrêté. Duffaut en a fait vingt peut-être.
  • Pte : Avec votre curriculum vitae, comment pouvez-vous parler de vos patients ? Licence de lettres, [...] doctorat d’État es sciences.
  • Le Ribault : Ce n’est pas une découverte médicale, c’est une découverte en biologie.

Depuis toujours on cherche à renforcer le système immunitaire.

On est à la jonction entre géologie et biologie.

  • Pte : Ce n’est pas vos patients en géologie ou en biologie.

Vous avez choisi de vous associer avec M. Iznar et Bargigli.

Est-ce que vous vous dissociez d’eux ?

  • Le Ribault : Complètement.

Je pensais qu’à partir du moment où il y avait plainte, je pensais qu’il y aurait recherche.

J’ai arrêté la commercialisation, quitté l’hôtel en décembre 95, janvier 96.

Une société était chargée de diffuser à ma place le silicium organique, SLVI, dans laquelle j’avais 25% des parts.

À cause de la plainte des ordres, Bernard Bori porte mes actions, et j’ai été exclu de la société.

Ça devait être la G5, mise au point en 91, et qui devait être buvable.

la G4 est pas buvable, il n’y a que la G5 qui est buvable

  • Pte : Vous vous désolidarisez de ce que fait Bargigli.
  • Le Ribault : Complètement, c’est du G4, l’hyposulfite de sodium, ce n’est pas buvable. Mis au point en 84.

Il n’y a pas de brevet sur le G5.

  • Le Ribault : Les présentations en 96 sont identiques. à priori ; ils commercialisent les mêmes produits ; les formulations sont identiques.

Aujourd’hui, rien qu’en France, il y a 70 sociétés qui utilisent mon nom, ma photo, mes documents.

  • Pte : Vous avez écrit : « C’est un médicament mais pas reconnu comme tel ».
  • Le Ribault : J’ai rédigé cela en janvier 95.

J’ai donné les chèques à la société SLVI.

Je n’ai touché aucun de ces cheques.

J’ai touché des chèques au début.

  • Pte : Qui fabriquait ces produits jusqu’en octobre 95 ?
  • Le Ribault : C’est moi.
  • Pte : Le produit de revient d’un litre est de 10 francs, c’est commercialisé 200F ?

Vous dites j’ai été dépouillé, mais vous prenez un risque extraordinaire.

  • Le Ribault : Oui ; c’est toute ma vie ; j’ai aussi été dépouillé par la gendarmerie.
  • Pte : Je ne vous suivrai pas sur ce terrain. [...]
  • Le Ribault : Je vais rester 9 mois à Antigua. [...]

Deux sages. [...] On me dit qu’on m’attend à Antigua. Je pars avec 4.000F.

Personne ne m’attend. je me retrouve sur le sable, c’est le cas de le dire.

Je rencontre quelqu’un du ministère de la Santé qui est intéressé.

j’avais apporté quelques bouteilles.

En juin 96, j’obtiens les agréments du Premier ministre d’Antigua et du Premier ministre de Dominique.

J’envisage de déménager.

Je reviens en France prendre mes affaires, en novembre 96, et je suis arrêté le 12 décembre.

[...]

Je ne respecte pas le contrôle judiciaire car j’ai été traumatisé par ces neuf semaines à Gradignan.

Le juge me disait que j’allais être libéré avant Noël.

je n’ai vu les juges que deux fois une demi-heure.

  • Pte : Vous avez déposé votre passeport. comment êtes-vous parti à l’étranger ?
  • Le Ribault : Je suis parti avec mon permis de conduire, en Belgique, puis à Londres, à Jersey, et avec ma carte de crédit qui fait carte d’identité là-bas.

J’ai obtenu un passeport il y a trois ans à l’ambassade à Dublin, une carte d’électeur.

J’ai voyagé dans le monde entier, avec mon passeport, sous mon nom, fait des conférences.

  • Pte : Comment ça marche, la commercialisation ?
  • Le Ribault : Ça marche par l’Irlande, par le bouche à oreille.
  • Pte : Le 13 août 97, courrier à la famille de Flers.

Vous avez des différends avec tout le monde, il vaut mieux que vous travaillez seul, effectivement.

  • Le Ribault : Unité opérationnelle en septembre. [...]

Il est vrai que personne n’a caché mes lettres dans un coffre de voiture

Je n’ai jamais fait de publicité.

Je n’ai pas un seul agent.

je ne suis pas tout seul.

J’ai un laboratoire de 26 personnes.

Je vends 5.800 litres par mois.

Je revends 200 F [?] frais d’expédition compris. J’ai baissé à chaque fois.

Ça fait pas longtemps par internet, deux ans.

En Europe essentiellement.

  • Pte : Quels chefs d’inculpation reconnaissez-vous ?
  • Le Ribault : Médecine et pharmacie, je reconnais.

Publicité, non, je n’en ai jamais fait.

  • Pte : L’article sur vous a été reproduit.
  • Le Ribault : Pas par moi. ma photo a été traitée.
  • Pte : Ce n’est pas un médicament parce qu’aucune autorité ne vous en a donné l’autorisation.
  • Le Ribault : Dans ces pays, Irlande, etc., les dossiers médicaux ont une valeur pour l’autorisation.

J’ai été roulé. Je ne tiens pas à m’associer à des labos

  • Pte : On peut se poser la question si vous ne surfez pas sur la vague de la commercialisation.
  • Le Ribault : On peut le penser, mais ce n’est pas le cas.

J’ai un salaire

Le chiffre d’affaires a eu près 8 millions de francs

Un salaire de 60.000f

On prend de l’acide chlorhydrique et de la soude, deux produits dangereux, et on obtient de l’eau salée ; mais c’est dangereux de faire la manipulation.

  • Pte : Yvan Costes-Manière dit avoir travaillé avec vous depuis 2 ans ; que vous aviez un problème de stabilisation.
  • Le Ribault : Non. J’ai travaillé 20 ans sur ce dossier.
  • Pte : Je n’ai pas dit que ces produits sont toxiques. Les matières premières sont toxiques.
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  • Bargigli : Nous sommes allés chez M. Le Ribault à Arcachon.

Nous sommes restés amis.

Il m’a rappelé qu’il avait es problèmes financiers.

Je suis arrivé, j’ai payé les huissiers.

Il m’a parlé de ce produit qui allait sortir.

L’ingénieur chimiste qu’est M. Costes, par qui j’ai connu Le Ribault [...].

Je suis chargé de transporter ce produit, et je vois que ce produit fonctionne.

Je rencontre à Aix en Provence

Il me propose 50% ; je constitue une société, pour le gel.

Le silagel m’appartient, c’est moi qui le sort.

Je fais analyser le produit par le labo Biotox.

Dans le cadre de commercialisation de cosmétiques

  • Pte : Les labos étaient désaffectés. M. Roubier ne peut pas donner les noms des personnes qui ont fait les tests.

M. Costes-Manière a des parts dans votre société ?

  • Bargigli : Non.
  • Pte : Jusqu’à quand vous avez été associés à M. Le Ribault ?
  • Bargigli : Ça a été de courte durée, 5 ou 6 mois.
  • Pte : Vous ne pouvez pas revendiquer la notion de produit naturel, car il y a des produits de synthèse dedans.

M. Montano, votre beau-frère, qui s’est occupé de la partie technique, reconnaît les difficultés,

Vous réalisez un chiffre d’affaires de 200.000 à 1 million de francs en 5 mois.

Sont parues des publicités comme médicament, contre l’arthrose...

  • Bargigli : notre association se termine le jour u il part de l’hôtel de Biganos.
  • Le Ribault : J’ai fait fabriquer le produit.

Costes-Manière fabriquait le produit et M. le livrait.

J’ai arrêté de le voir début janvier.

J’ai travaillé avec lui trois, quatre mois.

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  • Iznar : je vais à l’hôtel des Doyens, je rencontre M. Le Ribault, qui désire commercialiser un produit qui a des vertus cosmétologiques et thérapeutiques, en toute légalité.

Pour un médicament, il faut l’AMM. Le silicium est utilisé en cosmétologie, par oral par exemple.

Je fais fabriquer un produit cosmétique.

Nous, SLDI, n’avons jamais utilisé ces documents.

Il y a un moyen rémunérateur sur la cosmétique en restant dans la légalité.

Il y a une société, X..? qui utilise ce produit en cosmétique.

J’arrête parce que la licence a été vendue à d’autres.

Le silanol, Je l’appelle Triactif.

  • Pte : [...] « le silicium permet de compenser la perte de l’organisme en silicium avec le vieillissement » [...]
  • Le Ribault : La DRASS me dit de ne pas parler de jambes lourdes, mais de légèreté des jambes. La barrière est très légère.

C’est le même produit, puisque M. Le Ribault a récupéré le nom à juste titre ; j’ai changé le nom.

  • Le Ribault : Je ne connais pas le silicium triactif. D’un point de vue chimique, je ne vois pas ce que ça peut être.

Après le 15 janvier 96, je n’ai pas eu de contact.

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  • Pte : M. Tancogne est pharmacien.
  • Tancogne : On a demandé à la DRASS si ce produit pouvait rentrer dans la composition d’un produit cosmétique.
  • Pte : Du coté des parties civiles, des questions ?
  • Procureure Maud Vignau : Au juge d’instruction, vous avez dit que la publicité est très imprudente.

C’est vrai

  • Procureure : Il y a eu un changement de conservateur alimentaire pour un moins dangereux, donc c’était pour boire
  • Iznar : Non ; c’est parce que d’autres produits étaient buvables, et il y avait un risque que des personnes boivent.
  • Procureure : On parle dans les publicités du Dr Loïc Le Ribault, pas Dr en biologie.
  • Le Ribault : Depuis napoléon III, ce ne sont pas les médecins, mais seuls les docteurs d’état qui ont droit au titre de docteur.
  • Raymond Blet, avocat de Le Ribault : Sur les documents de Le Ribault, il y a marqué docteur es sciences.
  • Procureure : On a les lettres à des clients. Il se compare à Pasteur.

En 96 il annonce l’ouverture dans quelques semaines d’un site minitel et internet.

La seule société agréée est LSDI à La Teste.

  • Le Ribault : En avril 96 j’étais à Antigua. J’ai ouvert le site il y a 2 ou 3 ans.
  • Procureure : Depuis combien de temps vous connaissez M. Bargigli ?
  • Le Ribault : Le printemps 95.
  • Procureure& pte : Bargigli, vous avez situé quatre ans avant.
  • Avocat d’Iznar : Ribault a dit que les contrats portaient l’un sur le G4, l’autre sur le G5. Les brevets sont les mêmes pour les deux contrats. Iznar c’était le G5.

Pièce D-189, la licence est pour exploiter le G4 cosmétologique.

  • Le Ribault : il n’a jamais été question de commercialiser l’hyposulfite de sodium.
  • Pte : Il est écrit sur une déposition que vous avez développé le G4 en solution buvable.
  • Le Ribault : Ce n’est pas possible.

Le G1, c’est Duffaut avec comme stabilisant de l’acide [stabicilique ??]

Il causait des allergies, Duffaut a remplacé comme stabilisant l’acide citrique avec le G2.

Moi avec les grains de sable, le G3.

Le G4 : ensemble avec l’hyposulfite de sodium.

Le G5 plus pur [...]

  • Pte : Sur l’année vous vendez combien de litres
  • Le Ribault : 2/3 en liquide... 4000 litres.
  • Pte : Le 28 septembre 93 vous avez été condamnés pour abus de confiance. [...]

Bargigli pour escroquerie. [...]

  • Tancogne : Je suis actionnaire dans la société Continental, qui fabrique des cosmétiques. Je suis marié, un enfant.
  • Iznar : Je suis gérant

Le chiffre d’affaires : 4 millions.

Je suis salarié 2.500 € par mois.

Casier néant.

Concubin, deux enfants.

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Plaidoiries :

  • Me François Jambin, avocat du Conseil de l’Ordre des pharmaciens : Les protocoles sont extrêmement onéreux ; en France et ailleurs, ce sont les laboratoires privés et non la recherche publique qui peuvent se permettre de les faire.

Vous avez ici à juger un système parallèle, un système occulte jusqu’à ce qu’il y ait une publicité tapageuse par la presse.

Sur la définition de médicament par fonction, il est difficile au tribunal de statuer ; mais le tribunal peut statuer qu’il s’agit d’un médicament par fonction, ayant des effets thérapeutiques, et pas légal, pas par présentation.

S’il s’agit de produits cosmétiques, ce que je ne crois as, il faut choisir la qualification la plus protectrice pour le consommateur, c’est-à-dire de médicament.

M. Le Ribault n’a pas les qualifications pour vendre ces produits.

Mme la Pte vous avez cité un inventaire à la Prévert puisqu’il va de la lettre A à la lettre Z.

Des gens atteints de maladies extrêmement graves, se détournent de thérapies classiques, pour aller vers le silanol.

Aucun malade ou famille n’a déposé de plainte, sinon pour escroquerie, les produits étant extrêmement chers.

M. Le Ribault nous a expliqués que dans une sorte de complot concerné, personne ne voudrait commercialiser son produit.

De nombreux produits avec silanol ont été retirés du marché car sans intérêt thérapeutique.

M. Iznar a continué à vendre un produit comme médicament par présentation après avoir contacté l’Agence du médicament.

M. Bargigli nous a parlé de l’intérêt financier du produit.

M. Xavier Tancogne a reconnu devant les enquêteurs que la présentation pouvait être sujette à caution.

Il faut en Europe que les sociétés aient une autorisation de mise sur le marché.

Un arrêt récent de la cassation sur l’intention, [...] élément moral [...]

amende [...]

Je sollicite une mesure de publication, deux insertions dans deux quotidiens nationaux.

  • Avocat de l’Ordre départemental des médecins : Le Ribault et Bargigli seuls en cause.

L’intérêt des médecins, de la médecine est l’intérêt des patients.

Exerce illégalement la médecine toute personne qui prend part à l’établissement d’un diagnostic ou d’un traitement, si la personne n’est pas habilitée, c’est-à-dire n’a pas ses diplômes.

M. Le Ribault a reçu des centaines de patients, suivi de son journaliste.

Il a traité des maladies.

C’est un médicament, il a pour but de soigner.

la trithérapie du sida soigne, traite, ne guérit pas.

Le rêve de M. Le Ribault, c’est un centre de soins, un centre médical.

L’exercice illégal peut se faire même si le patient est envoyé par un médecin.

Vous détournez ces personnes de la médecine.

C’est vrai que ce médicament, il n’a pas été établi qu’il était toxique.

La DRASS conclut que certains éléments sont nocifs, qu’il y a contamination bactérienne.

À long terme, on connaît les effets.

Je ne crois pas qu’un produit soigne l’asthme et le sida.

Même s’il a été reconnu médicament, Le Ribault n’aura pas le droit de le prescrire.

Je suis à l’origine de la plainte en janvier 96, à la suite de coups de fil de médecins.

Pour certains, Le Ribault est le chevalier blanc en proie à l’industrie.

C’est vrai qu’il faut passer par les laboratoires car c’est un coût extrême.

J’ai déclenché la réaction du conseil de l’Ordre. Oui, on n’était pas les premiers, la DRASS était avant.

Le Ribault va partir à Antigua, en Dominique, pour prendre des affaires. Il s’enfuit après.

C’est un homme, M. Bargigli, visiblement intéressé par l’argent, il dévoile son vrai visage.

Le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de gironde ne peut accepter cela.

Je sollicite une condamnation conjointe de Le Ribault et Bargigli de 8.000 € et 2.000 €.

  • Procureure : Avant d’arriver à l’audience, c’était un dossier qui prêtait à sourire, car c’est un charlatan des temps modernes, comme le Dr Loxé.

C’est des faits apparemment anciens, on peut avoir des éléments sur le contexte, on peut changer.

Il s’agit de faits sur un produit anodin, 96% d’eau. C’est du sable, un grain de sable, et de l’eau.

La cotte D-200 et D-190 sont très précises dans ce domaine.

Le principe actif, même s’il est en quantité extrêmement faible, de Rhône-Poulenc, le Rodoxil, est vendu pour un usage caustique, est très toxique.

On ne le retrouve pas car il a été dilué.

il n’y a aucun élément montrant que le produit est autre chose que ce qu’il y a dans le dossier.

Le Ribault se compare à Pasteur, Lavoisier.

Il dit sa molécule révolutionnaire, se dit inventeur.

Le silicium organique a été découvert il y a plus de 30 ans, est dans le domaine public.

Mais on ne le trouve jamais en tant que médicament, mais en tant que complément alimentaire.

C’est une réalité que la médecine traditionnelle n’a pas de solution pour le mal de dos, les maladies de peau, le psoriasis ;

On sait que les guérisseurs, la placebothérapie, ça existe.

Ça révèle d’un domaine psychique, la douleur existe (sciatique, mal de dos).

Si les gens réussissent à faire passer leurs maux dos avec un complément alimentaire, parfait.

C’est un produit qu’on peut trouver partout dans les magasins diététiques, deux sont en pharmacie en compléments alimentaires.

En 95, 96 le Ribault va inventer le silanol, sans lui trouver un vrai nom.

Pourquoi en 95, pourquoi pas avant ?

Duffaut, ça fait longtemps qu’il a déposé ses brevets, en 71 le premier.

Si c’était important, cette molécule, ça serait utilisé.

En 93, Duffaut est mort.

M. Le Ribault tombe en liquidation.

M. Le Ribault, avec sa personnalité, M. Le Ribault a réussi à berner le ministère de la Justice, la gendarmerie.

Après avoir invente l’expert des experts, M. Le Ribault qui ne doute de rien va s’intéresser au domaine de la santé.

C’est quelqu’un de fascinant.

Je regrette qu’on n’ait pas fait des expertises qui nous révèlent la personnalité de le Ribault.

Duffaut est mort ; il a d’énormes problèmes d’argent.

Il a le sable et sa personnalité passionnante.

À l’origine, c’est un scientifique, il en jouera. Dr en géologie.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’homme. »

Pour un scientifique de son niveau, avec tous les honneurs. j’ai parcouru son site, Chaban-Dalmas ; on fait parler les morts.

On peut publier dans une revue scientifique ; il choisit Sud-Ouest ; avec M. Costes comme concepteur du produit.

En 85 il y avait un premier article qui n’avait pas défrayé la chronique.

Je cite le dossier ; le numéro de la préfecture ayant été donné à la place de celui de Le Ribault, son standard a explosé.

Il y a eu au moins deux millions de francs reçus.

Le Dr Le Ribault renvoie aux deux sociétés Solicil et SLDI

C’est dans les premières pièces, c’est le D-2.

Il y en a qui sont très contents, d’autres qui écrivent au procureur.

Le 2 mai 96, Le Ribault écrit que le milieu marseillais s’est mis sur les rangs, investit l’hôtel sous les noms de la société /Solicil[?]

Je ne critique pas la thalassothérapie, la balnéothérapie. Si c’était ça, nous ne serions pas là. Plus on y croit, mieux c’est.

Il reconnaît que c’est un médicament sans autorisation, il reconnaît l’exercice illégal de la médecine. Il ne reconnaît pas qu’un fait : l’escroquerie, la tromperie.

Toutes les infractions sont d’un an maximum, 4500 €.

En revanche, le fait de tromper les victimes sur les qualités de la chose vendue entraîne des peines d’une autre nature : deux ans et 37.500 €, au lieu de 3.000.

Il est manifeste qu’il a trompé l’ensemble des gens dans ce dossier sur les qualités substantielles de la chose.

C’est également une tromperie susceptible de présenter un danger sur la toxicité.

Il reconnaît : le silagel, ça pas plus toxique que l’eau. et pour cause.

Il prétend guérir le sida, le cancer, avec la panacée universelle, c’est dangereux, particulièrement grave.

Sur son site internet, il n’est pas plus précis.

Les gens qui ont accès à ce site se disent c’est un docteur ès sciences en géologie c’est quelqu’un qui dit qu’il a été reconnu par la DST, la police ; il a été expert auprès de la cour de cassation.

Ils se disent c’est un produit sérieux.

Je sollicite une peine qui ne saurait être inférieure à 2 ans d’emprisonnement, [...] et de prononcer l’interdiction liée aux infractions qui lui sont reprochées.

Bargigli, celui qui fait partie de la mafia marseillaise.

Avant le mois d’octobre 95, Le Ribault avait déjà pris contact avec Bargigli.

Quand il envoie ses mailings au nom du Dr Le Ribault, il indique les deux sociétés.

Bargigli reconnaît avoir payé la plupart des factures à l’hôtel, avoir présenté la secrétaire comme secrétaire médicale et Le Ribault comme médecin.

Si Iznar a été prudent, Bargigli pas du tout : la panacée universelle, on y va.

On fait des publicités dans un journal de consommateurs ; on a dit, j’ai pas vérifié, dans une revue de mutuelle.

Par voie de condamnation, je sollicite 15 mois d’emprisonnement, une partie ferme, une partie de sursis, et 20.000 €.

Iznar ne connaissait pas Le Ribault ; c’est l’article qui lui fait penser que c’est intéressant.

Il est fasciné par Le Ribault, crée une société le 8 janvier 96.

Il s’agit de la vente de produits pharmaceutiques.

Iznar s’adresse à un laboratoire et à un pharmacien, car il veut exploiter ce produit à titre thérapeutique, et il veut les agréments. Il est pas trop regardant, ils vont finir par arriver.

Pour le produit à forme liquide, il modifie le conservant alimentaire.

Il a reconnu sa culpabilité.

Je sollicite de prononcer une condamnation, assortie si vous voulez d’un sursis, et 20.000 € d’amende.

Pour Tancogne, un sursis, une amende de [?].

  • - - - - - - - - - -
  • Avocat de Bargigli : En situation d’infériorité géographique, car il vient de Marseille, et à l’est de Marseille, tout est trouble.

Vous avez deux dossiers : l’affaire principale, M. Le Ribault, et l’affaire dans l’affaire, les autres prévenus.

Il se trouve qu’un de ses meilleurs amis, handicapé, connaît M. Le Ribault.

Il n’est pas alléché par l’article qu’il ne reçoit pas à Marseille.

Le Ribault est sans doute un scientifique, je ne dis pas que ce n’est pas efficace.

Il lui dit qu’il a un produit efficace, mirifique.

C’est le premier produit, le silanol.

M. Bargigli ne va jamais le fabriquer, ni le vendre, mais le porter de Marseille.

Il n’est pas un mafieux désargenté. Il est thanatopracteur, il gagne 10.000 F par mois à nettoyer les macchabées.

En octobre 95, il croira qu’il signera un contrat qu’il croit exclusif et qu’il paie 300.000 F.

Il se fâche en janvier 96 à cause de la non-exclusivité.

En avril 96, le silanol disparaît et une autre invention si j’ose dire, car personne n’a rien inventé, le silagel.

J’ai eu deux tomes à lire ce matin en quelques minutes.

8 ans de procédure M. Bargigli est entendu une fois.

Et on vient vous réclamer une peine d’emprisonnement.

Quand un dossier est vide, on va charger la mule.

M. Bargigli n’a pas beaucoup de chance, il va tout récolter.

  • Le médicament : on lui reproche une commercialisation du silanol à Marseille, et il n’y a aucun document sur ça à Marseille.

Sur le silagel : soulager les maux, ce n’est pas guérir, c’est bien un produit cosmétique, comme ceux qui ont une barbe dure, pour soulager la peau.

Un rôle bienfaisant : ce n’est pas un domaine pharmaceutique mais cosmétique.

À l’INPI, c’est un gel apaisant la douleur.

  • Exercice illégal de la médecine : il n’a rien prescrit.

Il faut charger la mule, mais éventuellement pas trop. Il faut juger sur ce qu’il commis.

Il faut juger l’élément intentionnel, qui est considérable dans les affaires pénales.

Il va initier la plainte, le 27 janvier 96. S’il est complice, il va porter plainte ?

M. Bargigli se trouve en état de faiblesse économique, de faiblesse intellectuelle, en tout cas scientifique.

D’après les rumeurs qu’on a entendues, Le Ribault a du soutien, des gens qui se trouvent bien du produit.

Il n’y a pas écrit dans les documents qu’il ne faut prendre que ces produits.

Ce n’est pas comme ce marabout jugé ici qui prétendait guérir avec son sperme magique.

Il n’y a pas tromperie puisqu’il n’y a que de l’eau et du sable.

Un produit largement diffusé dans des pays, près de dix ans après les faits, il ne faut pas considérer qu’il faut le mettre en prison.

Celui-ci gagne 10.000 F par mois, thanatopracteur, métier pénible, un enfant à charge, des condamnations pour escroquerie en 91.

Je plaide sa relaxe.

  • - - - - -
  • Avocat de Iznar : Je plaide la relaxe, car la culpabilité n’a pas été rétablie.

M. Iznar habite La Teste. Je suis plus ancien que mon confrère, mais je me rappelle qu’on faisait appel à M. Le Ribault avec le CARME. À La Teste, M. Le Ribault a une réputation extrêmement prestigieuse.

M. Le Ribault cherche en réalité à faire financer son projet.

M. Le Ribault, fascinant, est très diplômé.

M. Le Ribault n’est pas un Pr Tournesol inconscient des réalités juridiques.

Le Ribault va se porter comme l’inventeur exclusif du silanol.

Le Ribault veut un partenaire financier

M. Iznar avait du mal à approcher Le Ribault tellement il y avait de monde ; les gendarmes avaient du mal à filtrer.

Il va découvrir que M. Bargigli commercialise le même produit, avec une licence d’exclusivité signée avant le 8 janvier 1996.

Il y a un marché de dupes avec ce double contrat d’exclusivité.

Ce silanol n’a rien d’un produit extraordinaire ; ce n’est pas un produit miracle.

M. Iznar va faire des recherches sur les brevets d’invention ; le brevet de 85.

On remonte à 73 : Duffaut et Guen.

Le premier brevet, c’est Guen, en 1971, qui le diffuse à Monaco.

Le brevet est vendu sur un produit vendu déjà par de nombreux labos.

Il n’y a même pas deux mois de relations entre M. Iznar et M. Le Ribault

Il ne peut y avoir de complicité avant cette relation.

Sur la fabrication du silanol :

« Je suis néophyte, moi je n’y connais rien, je vais m’adresser à un pharmacien. »

Sur la partie scientifique et technique, il va déléguer à M. Tancogne et son labo.

Il est question de commercialiser uniquement un cosmétique.

M. Tancogne écrit gel dermique, à usage externe

Tancogne va faire valider ce cosmétique : test antipoison, Rhône-Poulenc ; fiches de sécurité.

Dans son deuxième interrogatoire, Le Ribault dit qu’il s’agit de commercialiser le G4 à usage externe, car pour la solution buvable, il faut l’AMM.

Cette première étape aurait permis de financer l’AMM pour la solution buvable.

La pièce D-2 sert à l’accusation. Confectionnée le 28 octobre 95, avant que M. Iznar arrive dans cette histoire.

Ce document apparaîtra dans le dossier avec le tampon LSDI, le « I » barré. « Il a été reproduit à mon insu ».

Certains dentifrices sont considérés comme médicaments vendus en pharmacie (comme le Fluocaryl), d’autres comme cosmétiques vendus en pharmacie.

Il n’y aucune expertise judiciaire dans ce dossier, on peut le regretter.

Bien qu’ayant fabriqué, il n’est pas accusé d’exercice illégal et de la pharmacie, mais de complicité ; il n’est pas [?].

La bonne-foi me semble établie [?], ou une peine de principe non inscrite, car il est gérant de société, loin de cette affaire.

  • - - - - -
  • Avocat de Tancogne : Ce dossier est une ambulance médiatique qui a commis beaucoup d’excès de vitesse.

Ça me semble être une caravane publicitaire.

Il y avait une évidence dans le dossier : ramasser large pour qu’il y ait beaucoup de prévenus.

Mon confrère de l’Ordre des médecins citait Prévert. Il disait aussi que ce qui tombe sous l’évidence[?] rebondit ailleurs.

Il est établi que Xavier Tancogne a travaillé sur un produit cosmétique, qu’il n’a eu aucun contact avec les autres prévenus hormis M. Iznar.

Le mode de présentation du produit :

C’est le seul solvable dans cette audience.

Si M. Tancogne, le laboratoire Aroli qui faisait la fabrication devrait aussi être inculpé.

Les étiquettes sont incontestables : « gel apaisant ».

Rhône-Poulenc a fourni la totalité des produits.

Il a été au courant quand les produits ont été saisis.

Les experts de Montpellier ont établi la qualité des produits.

Ces délits reprochés sont terribles, car c’est un hydre à 5 têtes

Premier délit : tromper ses clients sur les qualités du produit ? Il a vendu à M. Iznar qui n’a jamais prétendu être trompé.

Deuxième délit : il n’a pas escroqué M. Iznar.

Les trois suivants tombent de même.

  • Il s’est assuré que l’étiquette correspondait au produit.
  • Il n’y a pas exercice illégal de la pharmacie comme il s’agit de cosmétologie pour lui.
  • M. Tancogne a fait une présentation comme produit cosmétique.

Personne ne prétend que M. Tancogne a rédigé les fiches, ni M. Iznar, ni M. Le Ribault qui n’a eu aucun lien contractuel avec M. Tancogne.

Godot : nous naissons tous fous et certains y demeurent. M. Tancogne n’est pas fou.

Lorsqu’il avait 20 ans et j’avais 16 ans, il avait un quart d’heure d’avance aux courses de bateau avec moi ; peut-être que ça changera.

Le fait que M. Tancogne ait lu ou non l’article [?], mais l’article pourrait être poursuivi.

Et aujourd’hui dans Le Monde, c’est pareil.

Quand les cannibales veulent la peau des sens, ils copient la langue des savants.

Roidor[?] et l’inspecteur de la DRASS disent que les cosmétiques, c’est moins sévère ; il ne s’agit pas de poursuivre le silanol, mais de le faire passer pour un médicament.

Je me demande pourquoi ce qui a été écrit manuscritement et qui disculpe la société Aroli n’a pas été retenu par l’accusation ; peut-être les agents de la Répression des fraudes écrivent mal.

Le produit ne traverse pas la peau, ça donne une réponse sur son efficacité.

Ce dossier a été sauvagement médiatisé.

Souchon dit : « J’aime les hommes qui sont ce qu’ils peuvent. »

Il a parlé avec un calme olympien.

Il n’a aucune relation contractuelle avec M. Le Ribault.

Je crois que le corps humain est composé de 80% d’eau ; ça ne porte pas atteinte aux qualités de Mme le procureur.

Tancogne s’est aperçu que lorsqu’il téléphonait à une société à Monaco, on lui donnait une liste de 40 noms.

Je ne sais pas si c’est le fait de comporter de 1% de silice ou silicium le rende dangereux.

La Répression des fraudes reconnaît la qualité des sociétés Aroli et Continental ; le dosage est peut être important, et c’est terrible.

On n’aura pas de solution scientifique ici.

Vous êtes dans une situation [...]

On a fait un procès terrible à ce journaliste qui a reçu ce journaliste, Meyssans, qui a prétendu qu’il n’y a pas eu de Boeing sur le Pentagone le 11 septembre.

L’avocat du Conseil des pharmaciens reproche à Tancogne de ne pas avoir arrêté la publicité.

Les associations de consommateurs sont pléthores pour aller à la barre ; il n’y en a aucune ici.

Avec l’absence d’expertise scientifique, le délibéré sera sociologique.

Les clients sont en sucre d’orge ; ils y croient encore.

Les associés sont en caramel : ils se sont faits rouler.

Si le silanol est si terrible, pourquoi n’est-il pas interdit, ce n’est pas dans le réquisitoire du procureur.

Resieur[?] acheté un tableau à New-York, Picasso lui dit que c’est un faux ; il en achète un autre, Picasso lui dit c’est un faux ; « mais je vous ai vu le peindre sous mes yeux » ; « Je peins souvent des faux ».

  • - - - - -
  • Avocat de Le Ribault : Le parquet statue en 2004 sur des faits de 96.

Il ne faut pas traîner dans la boue quand on a encensé M. le Ribault pendant des années, l’avoir porté aux nues.

Vous en avez ici, des gens qui sont en trithérapie. Ils travaillent avec leurs médecins ; c’est leur médecin qui leur prescrit le G5. Ces gens ne sont pas des gogos.

Cette affaire est médiatisée. Le Ribault n’y est pour rien.

Il y a la liberté de la presse, il y avait ce problème, il y est toujours.

Venir parler de 99 % d’eau et d’un grain de sable, en parlant de Le Ribault c’est bien triste ; en parlant de M. Duffaut, c’est un scandale.

J’ai demandé à M. Arex, Dr en chimie, de m’éclaircir. C’est comme de dire que les centrales nucléaires, c’est à la portée de tout le monde.

Il y a des paroles qui tuent. Les paroles sont souvent beaucoup plus graves que les actes.

Vous êtes obligés de reconnaître que si c’est un placebo, [...] car dans la médecine, on n’explique pas tout.

Ce sont là des discutions de bar.

Pendant votre réquisitoire, j’ai regretté une chose, c’est de l’avoir convaincu de revenir en France.

Il m’a dit : je préfère rester en prison en Suisse que revenir en France.

Après avoir entendu charlatan et autre, on peut s’attendre à ce qu’il a vécu en 96. Il a été victime de menaces de mort car il était avec des codétenus qui étaient en prison à cause des dossiers qu’il a établi en tant qu’expert.

Après ce qu’il a vécu, la cavale, c’est bien, pendant huit ans.

La procédure :

Vous avez des pièces concernant les uns et les autres.

Des silanols, on en achète où on veut, en pharmacie. Il faut être plus précis sur le plan scientifique. On doit se fier à ceux qui sont dans ce domaine.

Dans l’article de Sud-Ouest, il dit : « J’ai une découverte ; je pense qu’elle est bénéfique ; je ne vois que la provocation de l’Ordre des médecins et l’Ordre des pharmaciens. »

M. Le Ribault n’a pas fait la moindre publicité ; juste la notice. On peut dire que c’est exceptionnel.

Vous avez une lettre du 15 janvier 96 : « ses vertus sont reconnues depuis 20 ans ; je n’ai pas vu d’autre solution qu’une vente sauvage. »

Aucune plainte au dossier : « Vous trouverez ci-joint le chèque que je vous retourne. »

Il ne faut pas s’étonner de ne pas trouver la même composition : ce ne sont pas ses échantillons, et ça prouve que ce n’est pas un grain de sable dans l’eau.

En Irlande, il suffit de dire que ce n’est pas un médicament.

En France, c’est compliqué, il y a médicament par présentation, par destination

En recherchant sur internet, on a des milliers de pages sur le silanol. Discrimination : on s’acharne sur Le Ribault.

S’il n’y avait pas cet article dans Sud-Ouest, on ne ferait rien contre lui.

Peut-être veut-on brûler ce qu’on a adore.

M. Le Ribault n’est pas contre les médecins.

Il conseille le G5 après des diagnostics de médecins.

La majorité des gens ne parlent pas de miracle, de guérison, mais d’un soulagement, un bien-être, un mieux-vivre.

Mais Le Ribault a-t-il dit que le G5 guérit du sida ? Jamais.

La notice n’est peut-être pas adroite.

À propos du cancer, ça aide en cas de radiothérapie.

M. Lévrier [...], Roudoul de la Faculté des sciences [...] ; quatrième symposium des maladies non cancéreuses du sein.

Les scientifique n’écartent pas à priori les bienfaits du silanol dans le cas du traitement.

Le sida : il n’y a pas à espérer de guérison, mais les analyses sur le taux de [?] avant et après absorption. Le médecin ne comprenait pas.

J’ai entendu parler de la poudre de perlimpinpin de Lucky Luke.

Dans tout corps humain il y a du silicium.

On a sept grammes de silicium organique, à comparer avec le grain de sable.

Il diminue avec l’âge, malgré l’apport en silicium minéral dans la nourriture.

C’est un chercheur qui parle, sans relation avec Le Ribault, et qui le replace à sa place.

Le découvreur, c’est Norbert Duffaut. Il travaille avec le Dr Rager, qui teste le DNR, qui publie dans des revues scientifiques ; pourquoi il n’a pas publié dans Sud-Ouest ?

Il y a des symposiums ; s’ils le font, c’est qu’il y a un intérêt.

Cette collaboration a donné un médicament, le Conjonctyl, commercialisé de 94 à 98, qui a eu l’autorisation de mise sur le marché.

Ce que ne va pas réussir à découvrir Duffaut, c’est la silice organique naturelle.

L’apport de Le Ribault est fondamental.

À partir de sa spécialité, qui n’est pas la médecine, mais l’analyse des sables ; il s’est aperçu qu’il y avait formation de silice organique, travaillée par des micro-organismes.

Il va obtenir une silice organique naturelle.

C’est le silanol lui-même, la silice naturelle ; c’est pour ça que je vous dis que ce n’est pas des produits Le Ribault.

Les autres, pour stabiliser, ont utilisé du détergent.

Le Ribault est tellement persuadé de sa découverte, il y croit tellement qu’il imagine qu’en provoquant les spécialistes, il va les amener à faire les protocoles.

Il y a eu des démarches de laboratoire, pour neutraliser la découverte.

Le silanol qui avait l’AMM s’est éteint en 98 ; il serait intéressant de savoir pourquoi.

Avec Bargigli, ça s’arrête en janvier 96 et avec Iznar, ça commence en janvier 96.

Bargigli, qui disait n’avoir pas un sou, n’a rien versé à Le Ribault.

Le Ribault, qu’on dit si vénal, accorde une licence pour 1.000 F par an. Iznar, qui avait la licence du G3, ne pouvait en faire qu’un cosmétique. Je vous renvoie au dossier.

pour Iznar, ce sont trois brevets qui sont cédés

Iznar dit qu’il s’est aperçu que le silanol était tombé dans le domaine public, je le renvoie aux brevets.

On le considère comme un coucou qui prend dans le nid des autres.

Dans les brevets, il cite ses prédécesseurs Duffaut, Guen.

Il y a des tests sur les animaux et des témoignages d’humains.

Il rend les chèques quand il ne peut pas livrer.

il n’y a aucune plainte.

L’escroquerie a été retirée du dossier.

Les seules plaintes que vous avez sont celles de gens qui n’ont pas pu avoir de G5, et qui se tournent vers la gendarmerie.

Quand sur 1.200 lettres il n’y a pas eu une lettre de reproche ; on peut s’interroger.

Il est mis en examen par lettre recommandée le 14 juin, elle ne le touche pas le 16 juin ; il est à l’étranger depuis mars, car en France on ne l’aide pas, il va à Antigua.

Les législations sont différentes : plus de facilité en Irlande, en Suisse.

Quand il va revenir en décembre 1996, sa propre mère décède, je ne parle pas des réquisitions chez sa pauvre mère.

On l’accuse de tromperie, ce qui permet le mandat de dépôt.

La chambre d’accusation le met en liberté, elle ne pouvait pas faire autrement.

la DRASS a donné la jurisprudence où le condamné a été condamné à 10.000f, réduit à 5000f en appel, confirmé en cassation, avec sursis.

Le juge lui explique que c’est son intérêt d’être poursuivi pour montrer les vertus du silanol ; il va obtenir ce qu’il voulait par voie judiciaire.

Rien ne le retient ; les choses sont avancées à Antigua.

Jusqu’en 2002, il n’y a rien, aucune convocation.

Certains prévenus avaient été entendus comme témoins, d’autres même pas.

Le juge instructeur fait l’objet d’une promotion, et s’en va.

Le nouveau juge d’instruction fait face à des problèmes de détention, et chaque acte d’instruction fait l’objet d’une prescription de trois ans.

Les autres ont été mis en examen en novembre 99, et depuis, rien dans le dossier. On ne va pas dire que c’est lui qui est la cause du fait qu’il n’y avait rien.

On ne savait pas où il était ? Il a demande un passeport à l’ambassade.

On l’a trouvé comme expert à Reims pour l’affaire Chanal. Pourquoi on ne le trouverait pas à Bordeaux ?

La personnalité de M. Le Ribault :

M. Le Ribault a été porté aux nues, nous savons ce que la justice, la police et la gendarmerie doivent à M. Le Ribault.

Et porter le discrédit dans ce cadre, et lui chercher des casseroles, et en particulier dans l’affaire Chanal, c’est lui qui a confondu Chanal, et les analyses de la police ont eu pour objet de couler Le Ribault.

Les stagiaires allaient visiter les locaux de M. Le Ribault.

Alors dire que c’est un scientifique sans rigueur, un charlatan, non.

Dire qu’il a une personnalité qui braque certains, on ne peut pas lui reprocher un manque de rigueur.

Il dit : « Moi, j’estime que c’est un médicament. »

Si un médicament est par fonction ou présentation, il apporte un bien-être, c’est un médicament.

L’Ordre des médecins, qui n’est pas national, l’Ordre des pharmaciens, national, demandent des sommes faramineuses, il ne faut pas être hypocrite, comment il paierait sans vendre son médicament.

La tromperie nécessite un élément intentionnel. A-t-il voulu tromper qui que ce soit ? Non. Ce serait indirectement, il détournerait les clients de soins conventionnels. La réponse a été apportée. Tous ces gens disent : « Nous ne sommes pas des gogos. ».

Le serment d’Hippocrate dit de soigner par tous les moyens son patient. Est-ce qu’on va lui reprocher de faire appel à des thérapies parallèles, qui sont l’ignorance de la médecine officielle : l’acupuncture, l’homéopathie.

Et il y a beaucoup de médecins : le Dr Sotro de Caen ; le Dr Godin.

La bonne-foi des uns et des autres ne peut pas être contestée

Paul Garre, conseiller honoraire de la Cour d’appel d’Aix : « Utilisateur du G5 avec ma femme, nous n’en ressentons que des bienfaits. ».

Pourquoi le G5 apporte ces soulagements, car il en apporte ?

Le Ribault explique qu’en apportant ce silicium organique qui manque à l’organisme, il s’y substitue et renforce les défenses.

Mme le procureur, vous dites que c’est un placebo.

L’Agence du médicament, en 96 dit la non-toxicité, analyse publiée dans Sud-Ouest.

Il comparaît devant vous volontairement, car il a obtenu de comparaître aujourd’hui, et de ne pas être trois mois à Gradignan, il a mis fin à sa demande d’asile politique.

Je vous remets à la confiance de M. Le Ribault, les juges libres, du siège.

Vous avez la lettre comme quoi le 15 janvier 96 il ne fournissait pas le silanol.

  • Pte : Merci Maître.
  • Me François Blet : S’il y a un délibéré, il faut statuer de la libération de Le Ribault.
  • Pte : [La présidente / Le tribunal ?] en a conscience.

Alors le tribunal met le délibéré cette affaire, le 12 février à 14h.

Il reste détenu jusqu’au délibéré ; ce qui vous permet de demander une mise en libération. Il est sous l’effet du mandat d’arrêt.

Le tribunal a été au fond.

  • Me François Blet : Les conséquences sont gravissimes.
  • Pte : On va suspendre quelques instants.
  • - - - - - - -
  • Pte : Le tribunal met en délibéré. Il maintient sa date de délibéré, le jeudi 12 février. Le tribunal allait statuer jusqu’à jeudi prochain sur le mandat d’arrêt.
  • Procureure : J’avais la même analyse que vous.

[...]

  • Pte : Non, le tribunal a statué sur les faits.
  • Procureure : Depuis 96, on n’a pas réussi à entendre Le Ribault. Je souhaite qu’il reste.

Il y a un autre point, le renouvellement de l’infraction, à Bergerac des produits ont été saisis.

  • Me François Blet : Depuis 96 il n’a fait l’objet d’aucune convocation de la part d’un juge.

Sur Bergerac, nous n’avons aucune information, il n’y a aucune mise en examen.

Il a comparu volontairement devant vous. Il a juste exigé de ne pas aller à Gradignan.

Il n’a pas cherché à échapper à la justice.

  • Pte : Le tribunal se retire.
  • - - - - - - - - - - - -
  • Greffière : Le tribunal.
  • Pte : Le tribunal maintient le mandat d’arrêt jusqu’à jeudi prochain, s’il vous plaît, sans commentaire !

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