Le traitement de la ménopause protège-t-il le coeur des femmes !

Autrefois considéré comme protecteur pour le cœur et les vaisseaux, il augmenterait finalement le risque d’accidents cardiovasculaires

Le traitement de la ménopause protège-t-il le cœur des femmes

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En
France, entre 30 et 50 % des femmes âgées de 48 à 64 ans reçoivent un traitement
hormonal substitutif (THS), soit 1,5 à 2,7 millions de femmes. Autrefois
considéré comme protecteur pour le cœur et les vaisseaux, il augmenterait
finalement le risque d’accidents cardiovasculaires.

Jusqu’à ce
jour, le discours médical semblait quasi-unanime, le traitement médicamenteux de
la ménopause protégeait le cœur des femmes ayant une maladie coronaire connue
(ce traitement à base d’hormones féminines - estrogène et progestérone -
s’appelle traitement hormonal substitutif de la ménopause ou THS).

Des études
de qualité différente


align="right" width="135" height="160">Des études sur de faibles échantillons ou
ne permettant pas de distinguer aisément le seul rôle du THS avaient laissé
supposer que cette substitution hormonale permettait de réduire le risque
cardiovasculaire. Ainsi, (trop) rapidement, on a pu penser que la très grande
majorité des femmes pouvait en bénéficier, sauf contre-indications connues
(antécédents de cancer du sein ou de l’endomètre ou tout autre cancer
hormono-dépendant, de phlébite, d’embolie ou d’un accident vasculaire ou
artériel). Ainsi aux premières indications (bouffées de chaleur et autres
symptômes caractéristiques de la chute brutale des estrogènes),
l’hormonothérapie a été prescrite pour diminuer le risque d’accident
cardiovasculaire, qui croît brutalement à partir de la ménopause.

Mais
rapidement, le doute s’installe et les preuves manquent. En 2001, la seule
enquête réalisée sur un large échantillon de 2 700 américaines souffrant
d’insuffisance cardiaque (Heart Estrogen Replacement Study) n’a pas constaté de
différence de mortalité entre les deux groupes. Et enfin, des études de large
ampleur enfoncent le clou.

Plus de
maladies cardiovasculaires, de cancers du sein et de démences

Devant se
clore en 2004, la vaste étude Women Health Initiative donne finalement ces
résultats dès 2003 pour ne pas nuire aux 40 000 femmes participant à l’essai.
Cette interruption brutale de ce large suivi épidémiologique est motivée par une
augmentation du risque cardiovasculaire et de cancer du sein des femmes sous THS.

Sur 10 000
femmes traitées pendant 5 ans, on a noté par rapport aux femmes non traitées un
excès de 7 accidents cardiaques d’origine
href="javascript:void(0)">coronarienne, 8 accidents vasculaires cérébraux et
18 accidents
href="javascript:void(0)">thromboemboliques et 8 cas de cancer du sein.
L’effet protecteur est toutefois confirmé vis-à-vis des fractures du col du
fémur et du cancer du côlon.

Quelques
mois plus tard, un autre volet de la même étude basé sur les aspects cognitifs
prend là encore le contre-pied des idées reçues. Le THS augmenterait le nombre
de démences et de troubles des fonctions cognitives, dont le principal reste la
maladie d’Alzheimer. Ramenée à 10 000 femmes traitées pendant 5 ans,
l’augmentation du nombre de cas serait de 23 par rapport aux femmes non
traitées.

Mais cette
étude est-elle transposable aux traitements hormonaux substitutifs disponibles
en Europe ? Non, car les dosages sont différents. Néanmoins une étude anglaise
menée sur plus d’un million de femmes âgées de 50 à 64 ans montre, au terme d’un
suivi de 5 ans, que les risques de cancer du sein et de décès suite à cette
maladie sont plus importants chez les femmes traitées

Doit-on
arrêter son THS ?

Face à ces
données, l’Afssaps procèdera à une actualisation des recommandations et à la
réévaluation de la balance bénéfices/risques du THS avec les autorités
réglementaires européennes. Par ailleurs, elle recommande une prescription
personnalisée :

  • Chez la femme
    ménopausée présentant des troubles fonctionnels très handicapants liés à la
    carence oestrogénique, un THS peut être instauré si la patiente le souhaite,
    à la dose minimale efficace ;
  • Avant d’initier ou de
    réinstaurer un THS, un examen clinique et gynécologique complet (y compris
    recueil des antécédents familiaux) et un contrôle régulier des seins doivent
    être effectués ;
  • Le bénéfice/risque du
    THS doit être établi au cas par cas et réévalué régulièrement, au moins une
    fois par an, compte tenu des risques identifiés. Les femmes doivent être
    informées des risques et des effets secondaires de ces traitements ;
  • L’arrêt éventuel du
    traitement doit intervenir en concertation avec le médecin traitant. Les
    femmes qui le souhaitent sont invitées à en parler à leur médecin traitant
    lors de leur prochaine consultation

Si vous
êtes actuellement sous THS, n’interrompez pas seule votre traitement ! Le THS
est toujours une indication pour le traitement des bouffées de chaleur très
handicapantes. Néanmoins en cas de prise en charge hormonale, la prescription
devra se faire à la dose minimale efficace, pour une durée la plus courte
possible. Discutez avec votre médecin de l’intérêt de la poursuite de votre
traitement. Il lui appartient de réévaluer périodiquement une telle indication.

David Bême

http://www.doctissimo.fr/

 

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