Le mystère du cerveau d’Einstein

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Einstein, déjà adulé de son vivant, est devenu aujourd’hui une sorte de mythe universel : le génie physicien et philosophe par excellence. On le retrouve, langue tirée et cheveux en l’air, sur les T-shirts, sur les tasses à café, voire pire. Ses citations, d’une sagesse qu’il faut bien dire on a rarement retrouvée chez ses autres collègues scientifiques, s’affichent un peu partout et sont étudiées presque comme du Platon.

Le mystère du cerveau d’Einstein


Ludovic Génin
La Grande Époque

Ironie du sort, cet homme à qui on donnerait sans ciller la place de 5 autres au Panthéon a vu son cerveau minutieusement découpé en 245 tranches et soigneusement conservé dans de la paraffine depuis plus de 50 ans.

D’abord jalousement gardé par le pathologiste Thomas Harvey à l’hôpital de Princeton, le cerveau d’Einstein a finalement pu être étudié par quelques chercheurs. Le premier fait curieux à son sujet a été publié dans la revue scientifique Neuroscience Letters, en 1996. Cet article se place à contre-pied de tous ceux qui voient en Einstein l’archétype de la « grosse tête » : son cerveau est en fait de 200 grammes plus léger que la moyenne.
Pire, Einstein souffrait également d’une malformation de l’aire temporale gauche (comme le dit le nom, région du cerveau situé au niveau des tempes). Une anomalie chez le Maître de la physique moderne !

Et ce n’est pas tout : les chercheurs se sont intéressés, toujours du côté gauche du cerveau d’Einstein, à son aire pariétale (siège du langage et de la perception du corps et de l’espace) ainsi qu’à son aire préfrontale (siège de la planification du comportement et de l’attention). En 2004, un article publié par Thomas Harvey a ainsi révélé que la concentration d’astrocytes, cellules protectrices des neurones qui eux transmettent les informations dans le cerveau, est beaucoup plus élevée que la moyenne chez Einstein.

Est-ce là la clé pour saisir le génie d’Einstein ? Et bien non. Tous les experts restent à noter des singularités sans qu’aucune puisse expliquer ce qui faisait d’Einstein quelqu’un de différent. Que ce soit la légèreté du cerveau, l’anomalie de l’aire temporale ou le nombre élevé d’astrocytes, tout cela pourrait être rencontré chez n’importe qui sans faire de cette personne un génie.

Le mystère d’Einstein reste donc – et restera probablement – irrésolu. On pourra au moins se consoler que l’anatomie ne le résolve pas en écoutant Einstein nous parler lui-même de la beauté du mystère :
« Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. […] J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l’art et la science ».

Copyright 2005 - 2006 La Grande Époque/Epoch Times

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