La particule de Dieu, la plus grande expérience scientifique de tous les temps

Par Jean-Didier Vincent, publié le 05/11/2009 18:45 - mis à jour le 06/11/2009 09:27

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Le redémarrage du Large Hadron Collider (LHC), prévu pour le mois de novembre, sera beaucoup plus discret que sa première mise en fonctionnement, en 2008, interrompue en raison de la surchauffe de quelques-uns des 9 300 aimants constituant cet engin pharaonique.

La particule de Dieu

La plus grande expérience scientifique de tous les temps va-t-elle, enfin, avoir lieu ?

L’expérience vise à recréer les conditions physiques des premiers milliardièmes de seconde après la naissance de l’Univers et de révéler ses secrets : de quoi est faite la matière noire ? Où est passée l’antimatière présente dans l’Univers primordial ? Comment concilier le modèle standard de la physique des particules avec la gravitation et l’accorder avec la physique quantique ? Le LHC est constitué d’un anneau de 27 kilomètres de circonférence, creusé à 100 mètres de profondeur de part et d’autre de la frontière franco-suisse. Deux faisceaux de protons tournant en sens inverse se percutent frontalement en dégageant des gerbes de particules, captées par des détecteurs. Les chercheurs pourront-ils enfin observer le mythique boson de Higgs, imaginé en 1960 par Peter Higgs pour expliquer l’origine de la masse de toutes les particules de l’Univers, et désigné par certains comme le « boson de Dieu » ?

L’appellation témoigne de l’inévitable collusion entre physique et métaphysique et réveille la vieille question philosophique : pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien ? Le drame qui se joue dans l’histoire de l’Univers, et dont le LHC promet de nous dévoiler les ressorts, renvoie à celui de l’homme, dont le destin navigue entre deux néants, celui qui précède la naissance et celui qui suit la mort. L’angoisse métaphysique est peut-être la raison du désintérêt du public pour la troisième et peut-être la dernière grande aventure des temps modernes, après la découverte du Nouveau Monde et le programme Apollo. Dans les trois cas, il s’agit de satisfaire au besoin de connaissance qui anime l’homme dans sa quête irrépressible de l’inconnu. Si l’expérience échoue, ce sera une fuite en avant dans la technologie, où la science risque de perdre son âme ; si elle réussit, alors nous serons, à coup sûr, au commencement d’une nouvelle ère pour l’humanité.

l’Express.FR

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