La guerre du cholestérol

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Les géants américains qui fabriquent des médicaments anti-cholestérol se battent actuellement pour un énorme marché...

22 milliards d’euros, c’est aussi important que celui des traitements contre le cancer. Et, depuis le début de la semaine, il affronte un vrai choc. A l’occasion d’un congrès de cardiologie à Chicago, une étude spectaculaire a été publiée.

La guerre du cholestérol

Par Dominique Seux

Les géants américains qui fabriquent des médicaments anti-cholestérol se battent actuellement pour un énorme marché...

22 milliards d’euros, c’est aussi important que celui des traitements contre le cancer. Et, depuis le début de la semaine, il affronte un vrai choc. A l’occasion d’un congrès de cardiologie à Chicago, une étude spectaculaire a été publiée.

Elle démontre qu’un médicament vedette, le Vytorin, très connu et commercialisé en France sous la marque Inegy, n’est pas risqué, attention, mais qu’il est peu efficace contre certains risques cardio-vasculaires. En tous cas pas plus, voire moins, que la simvastatine, un produit générique proche ou que d’autres médicaments moins chers.

Le résultat a été immédiat :

A Wall Street, les cours de bourse des deux entreprises fabriquant le Vytorin, Merck et Schering-Plough, deux géants, a plongé, l’un de 14 %, l’autre de 28%. Ils ont plongé parce que ce médicament représente une part très coquette de leurs bénéfices.

Cette histoire est intéressante. D’abord, elle va améliorer les affaires des concurrents, le Tahor de Pfizer ou le Crestor du britannique AstraZeneca. Mais surtout, elle confirme une tendance de fond : la méfiance croissante de l’opinion et des responsables publics envers le secteur de la pharmacie. Le Congrès américain s’est penché sur l’affaire du Vytorin et les médias la suivent. Aux États-Unis, c’est normal : les Américains paient les médicaments de leur poche alors que nous, nous avons la sécurité sociale.

Cette histoire illustre aussi le changement de stratégie nécessaire des grands de la pharmacie.

Un vrai changement d’époque. Pendant longtemps, le modèle industriel était le suivant : mettre au point des médicaments de masse, contre le diabète, le cholestérol ou l’hypertension. En quelque sorte, des Blockbusters, comme au cinéma. Beaucoup d’argent était dépensé pour les commercialiser. Comme l’accès aux pharmacies était facile, il y avait moins d’exigence qu’aujourd’hui sur leur plus-value, leur efficacité. Aujourd’hui, tout a changé.

La pression, qui a commencé sur la sécurité des médicaments, se déplace sur leur efficacité. Les autorités spécialisées se sont multipliées - Pour l’anecdote, la Haute Autorité de santé, en France, avait émis un avis réservé sur le Vytorin.

Mais la pression est aussi celle des organismes de sécurité sociale et des assureurs sur les prix alors que les dépenses de santé explosent. En face, la recherche consomme de plus en plus de capitaux pour des résultats de plus en plus difficiles à attraper. Et voilà pourquoi le secteur de la pharmacie vit une concurrence féroce et va moins bien qu’autrefois. Et, surtout, doit réinventer son modèle.

lesechos.fr

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