La grippe, Une pandémie de grippe ou d’hystérie ?

, par  Amessi , popularité : 3%

On attendait une “pandémie” de grippe aviaire et c’est la grippe porcine qui est arrivée. Cette grippe a déclenché une véritable “pandémie”, non de grippe mais d’hystérie. Elle a subitement changé de nom et s’appelle à présent grippe A, car rien ne prouve que ce virus soit réellement d’origine animale, aucun animal n’étant atteint. Il s’agit d’un virus grippal de type A, un nouveau cocktail composé de différentes souches porcine, aviaire et humaine. La recombinaison a probablement eu lieu sur le continent américain. De toute manière, tous les virus grippaux du porc viennent de l’homme. C’est lui qui a infecté le porc.

Ce virus aurait pu être créé dans un laboratoire militaire américain

Il faut garder en mémoire que ce n’est pas la première fois que règne une telle panique. Ainsi, en 1976, la première épidémie de grippe porcine s’est produite à Fort Dix, dans le New Jersey, où 200 soldats ont été contaminés et quelques-uns en sont morts. Nombreux sont ceux qui pensent que ce virus a été créé dans un laboratoire militaire américain.

Le président Ford s’est alors fait vacciner à grand renfort de publicité devant les caméras de la télévision américaine, ce qui a entraîné la vaccination de 40 millions de personnes. Cependant, on dénombra très rapidement une centaine de morts et plus de 400 cas de paralysie de type Guillain-Barré, 1.300 réactions adverses telles que de sévères complications neurologiques, des maladies de Parkinson, des inflammations articulaires et de multiples scléroses. La campagne fut aussitôt suspendue et les Américains découvrirent le scandale.

 La grippe, Une pandémie de grippe ou d’hystérie ?

Or, les milieux officiels étaient parfaitement au courant de ces dangers autant que de l’inefficacité du vaccin. “Ils ont menti depuis le début en affirmant que le vaccin était efficace, alors qu’ils n’en avaient aucune preuve”, constatait le Dr Hermann dans le National Inquirer du 2 janvier 1977, qui relata toute l’affaire. Mais tout le monde a oublié ce scandale.

Baxter International aurait peut-être créé un virus pandémique

Les rares personnes qui s’en souviennent se demandent comment il se fait que l’épidémie actuelle apparaisse juste après que la compagnie pharmaceutique Baxter International a admis qu’un vaccin expérimental a été accidentellement contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire. Ce mélange de virus de la grippe humaine H3N2 et de virus de la grippe aviaire H5N1 qui n’étaient pas correctement identifiés a été envoyé à une firme autrichienne qui a expédié des portions du mélange à des sous-traitants en République tchèque, en Slovénie et en Allemagne.

C’est le sous-traitant tchèque qui s’est aperçu du danger lorsque des furets auxquels il avait injecté le mélange sont morts, ce qui n’était pas normal après une exposition au seul virus H3N2, et signifiait qu’ils avaient également reçu le virus actif du H5N1. Des spécialistes en biosécurité se sont montrés fort préoccupés par ce mélange de virus “qui aurait pu mener à des conséquences désastreuses et devrait être interdit”.

Si une personne exposée au mélange était infectée simultanément par le H5N1 et le H3N2, elle pourrait servir d’incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d’un humain à un autre. Ce mélange de souches, appelé réassortiment, est l’une des deux manières de créer un virus pandémique. Une étude, publiée l’été dernier par des scientifiques des CDC des Etats-Unis, indiquait que dans le laboratoire les virus du H5N1 et du H3N2 s’accouplaient facilement et qu’un certain nombre de rejetons de ces deux virus semblaient conserver au moins une partie du pouvoir mortel de leurs dangereux parents.

Les autorités américaines tentent de découvrir comment la compagnie Baxter International, qui est sur le point d’obtenir une licence européenne pour un vaccin contre le H5N1, a pu produire puis envoyer à une entreprise autrichienne du “matériel viral expérimental” basé sur une souche de la grippe humaine, mais contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire. Les autorités de quatre pays européens examinent l’incident, et leurs efforts sont suivis de près par l’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

Ce n’est pas la première fois qu’on laisse s’échapper des virus d’un laboratoire

En 2005, un fabricant américain de kits utilisés dans les laboratoires pour tester leurs capacités de détection avait associé des ampoules du virus H2N2 à des milliers de kits de test. Le virus H2N2, à l’origine de la pandémie de 1957, n’était plus en circulation depuis 1968 et il est actuellement considéré comme le principal candidat à l’origine de la prochaine pandémie. Cette “bévue”, découverte par le Laboratoire national de microbiologie du Canada, avait amené les autorités du monde entier à un branle-bas de combat pour récupérer et détruire les ampoules contenant le virus qui avaient été envoyées dans les laboratoires de 18 pays.

En 2006, il a été rapporté que des scientifiques créaient intentionnellement de nouveaux types d’influenzas en laboratoire, mêlant des virus aviaires aux virus porcins. Le résultat est là.

Ce nouveau virus rappelle celui qui est à l’origine d’une autre épidémie mondiale, connue sous le nom de la “grippe espagnole”, qui avait fait, selon les différentes estimations, entre 20 et 40 millions de morts en 1918. Comme lui, il était du sous-type H1N1, et, comme lui, il touchait des personnes jeunes et en bonne santé.

La grippe espagnole s’est déclarée aux USA après des campagnes de vaccination massives dans l’armée

Il faut savoir que la grippe espagnole, qui n’avait d’espagnol que le nom, s’est déclarée pour la première fois en 1918, dans le camp militaire de Fort Riley, au Kansas. Dans ce camp, avant leur départ pour l’Europe, les soldats furent massivement vaccinés contre des virus et des bactéries. Dans tous les camps militaires des Etats-Unis, les soldats cobayes furent inoculés contre la variole, la diphtérie, le tétanos, la rage et la typhoïde. Les médecins de l’époque notèrent qu’un grand nombre de soldats sont morts immédiatement après les vaccinations ou ont manifesté les symptômes des maladies dont ils étaient supposés être protégés.

On vaccina également la population civile et c’est après ces vaccinations de masse que l’épidémie dite de grippe espagnole s’est déclarée aux Etats-Unis, puis propagée à travers le monde, car des milliers de soldats dûment vaccinés traversèrent alors l’Atlantique.

En 2003, des scientifiques de l’armée des Etats-Unis ont recréé le virus de la “grippe espagnole” en laboratoire. Le Projet Sunshine (Sunshine Project) est une organisation non gouvernementale qui s’est fixée pour objectif de faire respecter les interdictions en matière de guerre biologique, en particulier les abus de la biotechnologie à usage militaire.

Ce groupe a déclaré à l’époque que “plusieurs gènes du virus extrêmement meurtrier de la grippe de 1918 ont été isolés et introduits dans des souches de grippe contemporaine. Ils se sont avérés mortels pour les souris, alors que le virus développé à partir de gènes d’un type de virus de la grippe actuelle n’avait aucun effet. Ces expériences peuvent facilement être détournées à des fins militaires, alors qu’elles fournissent peu d’avantages d’un point de vue médical ou de santé publique.”

Et d’après Sunshine : “Malgré la nature dangereuse du virus de 1918, les efforts visant à le reconstruire ont commencé au milieu des années 1990, lorsque le Dr Jeffrey Taubenberger de l’Institut de pathologie de l’armée des Etats-Unis à Washington a réussi à récupérer et à séquencer les fragments d’ARN viral à partir de tissus préservés de victimes de 1918.”

En effet, le génome du virus de la “grippe espagnole” de 1918 avait complètement disparu de la surface de la planète jusqu’à ce que l’armée américaine le ressuscite récemment à partir du cadavre congelé d’une personne morte de la grippe en 1918 en Alaska. En raison de cette résurrection, le virus aviaire, qui présente des similitudes avec le virus de la grippe espagnole, et son “vaccin” menacent maintenant la santé publique.

  Tamiflu et profits financiers

Loin de cette hystérie générale, certains gardent la tête froide et en tireront de très substantiels profits. Grâce à l’affolement planétaire, l’oseltamivir commercialisé sous le nom de Tamiflu®, un antiviral qui se vendait plutôt mal, suscite à présent l’envie du monde entier qui veut se le procurer à tout prix.

A la demande de l’OMS, le laboratoire Roche a annoncé que ses stocks d’urgence, destinés à faire échec à l’émergence d’une nouvelle souche virale H1N1 responsable de l’épidémie de grippe, seront affectés aux pays désignés par l’OMS. L’ensemble des stocks est constitué de 2 millions de traitements détenus par l’OMS et de 3 millions de traitements détenus par Roche. D’après David Reddy, chef de la Taskforce antipandémique chez Roche : “Le laboratoire met tout en œuvre pour venir en aide à l’OMS et aux gouvernements” afin de faire face à la demande croissante de ce médicament. Nous ne pouvons nous empêcher de croire qu’il vient surtout en aide à ses finances et à ses cotations boursières qui se portent très bien.

Cependant, l’OMS met actuellement un bémol aux propos qu’on lui prête. Son porte-parole, Dick Thomson, a déclaré à Genève : “Contrairement à une opinion trop répandue, nous n’avons jamais recommandé stricto sensu la constitution de stocks nationaux de Tamiflu. Nous avons simplement fait observer que le Tamiflu semblait doté, in vitro, d’une certaine efficacité contre le virus H5N1 et que les Etats membres se devaient d’étudier la question de la constitution de stocks de ce médicament en fonction de leurs ressources et de leur propre analyse quant au risque d’émergence d’une pandémie grippale meurtrière.” On pourrait en déduire qu’il tient à se dégager de toute responsabilité dans cette affaire.

Officiellement, les laboratoires Roche sont les fabricants du Tamiflu

Mais si l’on pousse l’enquête un peu plus loin, on apprend que le médicament a été découvert par Gilead Sciences, une compagnie pharmaceutique californienne, qui a cédé à Roche les droits de le fabriquer et de le vendre. Et si l’on cherche encore davantage, on découvre que Donald Rumsfeld, qui fut président de Gilead de 1988 jusqu’en 2001, lorsqu’il devint ministre de la Défense, détient toujours plusieurs millions de dollars d’actions.

Toutefois, comme dans les romans policiers où les gangsters se disputent au moment du partage du butin, en juin 2005, le laboratoire américain a publié un communiqué pour annoncer sa volonté de mettre un terme à l’accord de licence passé avec Roche sous le prétexte que “Roche n’a pas déployé les moyens qui auraient permis au médicament d’atteindre son plein potentiel sur le marché de la prévention de la grippe”. En outre, Gilead accuse le géant suisse de ne pas calculer correctement les royalties qu’il doit lui verser et de tricher sur le montant des sommes dues. Le différend est évalué à 18 millions de dollars. Roche a répondu qu’il a investi des sommes importantes pour financer les essais cliniques menés sur près de 4.000 personnes dans le monde, et avance également que ses efforts ont réduit les ventes du Relenza de GlaxoSmithKline, unique concurrent du Tamiflu, à 10 % du marché. Il est évident que les laboratoires Roche n’ont pas l’intention de partager un gâteau aussi lucratif avec quiconque, serait-ce l’inventeur du produit.

 L’efficacité du Tamiflu est loin d’être confirmée


Au moment où tous les gouvernements stockaient des antiviraux et des millions de doses de vaccins contre la grippe en anticipant l’éventualité d’une pandémie de grippe aviaire, deux études publiées par le Lancet ont établi que ces traitements sont bien moins efficaces qu’on ne le croyait et ont confirmé la progression, à l’échelle de la planète, de la résistance aux médicaments ou aux vaccins antigrippaux.

Dans l’une de ces études, qui concerne toutes les données mondiales de ces trente-sept dernières années, le Dr Tom Jefferson, qui a participé à Rome au projet international Cochrane sur les vaccins, a conclu que “la protection de 100 % clamée de toutes parts n’a jamais été entrevue”. Il a ainsi résumé la situation actuelle : “La meilleure stratégie consiste à se laver les mains.”

Les virus grippaux ont développé une forte résistance aux antiviraux

Dans la seconde publication, des chercheurs du CDC d’Atlanta signalent que les virus grippaux, particulièrement ceux de la grippe aviaire, ont développé une forte résistance aux antiviraux utilisés pour traiter les patients déjà malades. Cette résistance a beaucoup progressé depuis 2003, particulièrement en Asie. Durant la première partie de l’année 2005, 15 % des virus aux Etats-Unis résistaient contre 2 % l’année précédente. Et, d’après les chercheurs, tous les cas humains de grippe aviaire (H5N1) étaient résistants.

Pour sa part, Le Quotidien du médecin du 26 octobre 2005 a publié une interview du Pr Bruno Lina, du laboratoire de virologie de l’université Claude-Bernard à Lyon, qui déclarait prudemment : “Aujourd’hui, on ne dispose d’aucune preuve de l’effet protecteur des anticorps anti-N1 contre le virus H5N1. [...] L’hypothèse d’une protection par les anticorps anti-neuraminidase ne repose sur aucune preuve scientifique.”

Quant au Dr William Chui, maître de conférences à l’hôpital Queen Mary de Hong Kong, il a signalé l’émergence d’une résistance virale générale au Tamiflu au Japon, où les médecins prescrivent couramment ce médicament pour lutter contre la grippe humaine commune. Déjà en août 2005, une étude indépendante japonaise, menée par M. Yoshihiro Kawaoka, professeur de virologie, microbiologie et immunologie à l’université de Tokyo, émettait l’hypothèse d’une résistance des virus de la grippe au Tamiflu, résistance qui pourrait être plus répandue que prévu. De même, les quelques cas d’utilisation chez des personnes infectées par le virus H5N1 au Vietnam n’ont pas permis de prévenir le décès d’une majorité d’entre elles.

Une étude publiée dans The New England Journal of Medicine du 13 août 2005 évoque des taux de résistance notablement élevés, notamment chez l’enfant, où ils peuvent être compris entre 8,6 % et 18 %.

 Quoi qu’il en soit, non seulement le Tamiflu n’aurait pas les propriétés qu’on lui prête, mais il est dangereux

Nombre de virologistes ne cachent pas leur inquiétude face aux phénomènes de résistance qui pourraient apparaître dès que l’antiviral serait utilisé par des dizaines ou des centaines de millions de gens, et rien ne permet d’établir avec précision ce que pourrait être, en cas de pandémie, sa réelle efficacité.

Chez Roche, on rétorque que les victimes de la forme humaine de la grippe aviaire ont été soignées trop tardivement et que le recul dont on dispose —notamment la récente utilisation de masse au Japon— permet d’affirmer que les cas de résistance des virus grippaux au Tamiflu demeurent très limités : de l’ordre de 0,4 % chez les adultes et 4 % chez les enfants. Roche l’affirme, mais rien ne le prouve. Toutefois, les responsables sanitaires estiment indispensable de doubler les stocks nationaux de Tamiflu avec le seul produit concurrent, le Relenza, utilisé en inhalation pour traiter la grippe. En France, le ministre de la Santé est déjà en négociation avec la multinationale qui le fabrique, le groupe SmithKlineGlaxo. Selon le directeur général de la Santé Didier Houssin, la France posséderait un stock de 24 millions de doses de Tamiflu et 9 millions de Relenza.

Quoi qu’il en soit, non seulement le Tamiflu n’aurait pas les propriétés qu’on lui prête, mais il est dangereux.

Ainsi, le 14 novembre 2005, le groupe Chugaï, qui commercialise le Tamiflu au Japon, a rappelé la liste des effets secondaires connus et a signalé aux autorités des “troubles du comportement et des hallucinations” chez les utilisateurs. Plusieurs médias ont alors rapporté qu’un lycéen de 17 ans s’est précipité sous un camion en février 2004 après avoir consommé ce médicament et qu’un autre garçon sous traitement est tombé du neuvième étage de son immeuble.

Les effets indésirables liés au Tamiflu ne pèsent pas lourd face aux bénéfices engrangés

A son tour, The New England Journal of Medicine du 22 décembre 2005 signalait le cas de malades soignés par l’équipe vietnamienne du Dr Menno D. de Jong et traités par l’oseltamivir depuis leur admission, à la dose recommandée de 75 mg deux fois par jour. Parmi un groupe de huit patients atteints de la forme humaine de la grippe aviaire, quatre sont décédés. Chez trois des malades décédés, le virus était toujours détectable en fin de thérapeutique, et le quatrième malade décéda le second jour du traitement, avec une charge virale croissante.

Le ministre de la Santé et du Bien-Être japonais a demandé aux distributeurs du Tamiflu d’inclure dans leurs notices de ne pas le donner aux patients âgés de 10 à 19 ans, après l’annonce qu’au moins 18 enfants japonais avaient succombé après avoir manifesté un “comportement irrationnel”.

Toutefois, un porte-parole de l’Emea (Agence européenne du médicament) a déclaré qu’une telle mise en garde n’existait pas en Europe pour ce médicament. “Nous savons qu’il n’existe aucun lien entre le Tamiflu et ces évé­nements.” C’est évident !

D’autant que la quantité d’effets indésirables liés au Tamiflu ne pèse pas lourd par rapport aux bénéfices engrangés. Sur les trois premiers trimestres de l’année, le chiffre d’affaires annoncé pour cette seule molécule est d’environ 558 millions d’euros. Toutefois, aucune information précise n’a encore filtré sur les accords financiers passés entre Roche et les gouvernements concernés.

Sanofi-Aventis vient d’annoncer la signature d’un contrat avec les autorités mexicaines pour la construction d’une usine de production de vaccins contre la grippe !!!

Cet accord représente un investissement de 100 millions d’euros. L’annonce a été faite au cours d’une cérémonie en présence de Felipe Calderon, président du Mexique, et de Nicolas Sarkozy, président de la République française, en visite officielle au Mexique. Cette usine sera construite et exploitée par Sanofi-Pasteur, la division vaccins du groupe Sanofi-Aventis, qui va investir 100 millions d’euros dans l’affaire. Elle permettra au laboratoire de basculer aisément de la production de vaccin contre la grippe saisonnière à celle de vaccin contre la grippe pandémique. Ainsi, Sanofi-Pasteur sera certain de récupérer très largement sa mise, que le virus soit saisonnier ou pandémique.

Au pays d’Ubu

Alors que le monde entier ne parle que de cette grippe, et que la France a fait monter son niveau d’alerte au stade 5, il est risible d’apprendre que le petit Edgar Hernandez, qui a été le premier cas avéré de la fameuse “pandémie”, joue parmi les chiens et les chèvres errant dans les rues, vraisemblablement en ignorant que la grippe porcine qu’il a attrapée quelques semaines auparavant sème la terreur dans le monde.

La mère de ce garçon de cinq ans a déclaré au Times du 29 avril 2009 que son fils a eu mal à la tête et à la gorge, a eu de la fièvre pendant un bout de temps, mais qu’il se sent très bien, à présent. Il vit à La Gloria dans l’Etat de Veracruz, où se trouve la gigantesque usine américaine d’élevage porcin de Smithfield Foods qui abat quotidiennement 2 300 porcs et déverse annuellement les matières fécales et l’urine d’au moins 95.000 animaux. En outre, cette région compte de nombreux élevages intensifs de volailles. En septembre 2008, une épidémie de grippe aviaire a éclaté dans le plus grand élevage industriel de volailles du Mexique situé dans les environs, mais elle n’a pas été révélée parce qu’on en craignait les conséquences pour les exportations mexicaines. Les quelques habitants qui ont tenté de demander des sanctions ou le départ de l’entreprise ont été menacés et poursuivis pour diffamation. L’élevage a donc pu continuer à polluer en toute tranquillité grâce aux autorités de l’Etat de Veracruz.

Il ne faut donc pas être surpris par ce mélange de virus, aviaire et porcin, puisque l’alimentation industrielle des porcs comprend des “déchets de volaille”, c’est-à-dire des matières fécales et autres résidus.


L’effet boomerang

Nous assistons toujours au même scénario avec les modes d’élevage ignobles des poulets ou des porcs. La vache folle a été engendrée de la même manière, par un total irrespect des conditions de vie des animaux. Les très grandes concentrations animales favorisent les mutations virales, mais les leçons du passé ne profitent guère à nos pouvoirs et aux industriels, et tant que l’homme persistera à polluer la terre et ses habitants, il devra en subir les conséquences.

Cela s’appelle l’effet boomerang.

Certains “experts” osent encore affirmer à travers les médias que l’élevage industriel est plus sûr sur le plan sanitaire. Ils ont raison de persister dans ces mensonges puisque certains Français les croient encore.

Le président de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair, Michael O’Leary, a résumé la situation lors d’une confé­rence de presse à Madrid en déclarant : “Toute cette histoire de grippe porcine est un énorme tas d’absurdités que les politiciens adorent pour détourner l’attention des gens de la récession économique.”

Quelle que soit la vérité dans cette folie, nous pouvons être certains que la psychose qui risque de disparaître pendant les vacances d’été renaîtra par la grâce des laboratoires qui nous annonceront dès septembre que le vaccin nouveau contre la grippe est arrivé, qu’elle soit porcine, aviaire ou saisonnière.

Sylvie SIMON

S’organiser en défense !

Au vu des grandes manœuvres en préparation dans le camp des multinationales du médicament, nous allons être contraints de nous unir (en oubliant pour un temps nos “ego” surdimensionnés).

La campagne de propagande en faveur des vaccinations massives contre la grippe, prévues pour la rentrée de septembre, est tellement bien orchestrée que tout le monde attend le vaccin. En dehors du milieu très restreint des “alternatifs”, on n’entend aucune critique ni contestation des messages gouvernementaux diffusés actuellement à longueur de journée. Les agences de communication ont fait un travail admirable. La “com” devient propagande.

Il faut dire que les informations capitales révélées par Sylvie Simon dans ce numéro sont ignorées des grands médias.

Tout d’abord, elle nous révèle que Baxter International aurait créé un virus pandémique.

Ensuite, on découvre que Donald Rumsfeld, qui fut président de Gilead de 1988 jusqu’en 2001, lorsqu’il devint ministre de la Défense, détiendrait toujours plusieurs millions de dollars d’actions de l’un des laboratoires intervenant dans la fabrication du Tamiflu, médicament commandé par centaines de milliers de doses par les gouvernements en prévision d’une pandémie. De plus, non seulement le Tamiflu n’aurait pas les propriétés qu’on lui prête, mais il serait dangereux.

Comment ne pas s’étonner de la signature à Mexico, à l’occasion de la visite d’Etat du président Nicolas Sarkozy, d’un contrat portant sur la construction d’une usine de vaccin grippal. Cette usine sera construite et exploitée par Sanofi-Pasteur, la division vaccins du Groupe Sanofi-Aventis. Son but est de produire jusqu’à 25 millions de doses annuelles de vaccin contre la grippe saisonnière pour le marché mexicain d’ici à quatre ans.

Enfin, on apprend que cette grippe s’est développée dans un territoire où de nombreuses personnes sont malnutries. Au Mexique, comme dans d’autres pays, on meurt encore de ne pas manger à sa faim.

Après avoir lu l’article de Sylvie Simon, on n’a plus du tout envie de se faire vacciner. Mais, devant les mesures coercitives préparées par nos gouvernants, cela sera-t-il possible ? Comment faire face aux poursuites qui seront engagées contre les usagers et les professionnels de santé récalcitrants ?

Le temps n’est-il pas venu de s’organiser en vue de la création d’un vrai organe de défense. ?

 La grippe porcine, telle une grande peur

Notre mois d’avril a été submergé par une campagne médiatique irrésistible concernant les risques d’une pan­démie grippale due à un virus H1N1, en provenance du Mexique. Depuis, les affaires vont à l’apaisement devant le double constat évident : premièrement cette grippe n’est pas particulièrement dangereuse (rien à voir avec les grandes épidémies de la grippe espagnole par exemple en 1918-1919), et son caractère épidémique s’est retrouvé bien limité dans les faits puisqu’au lieu d’une croissance exponentielle, elle a pris l’allure d’une diffusion locorégionale peu étendue, à l’exception de quelques cas repérés dans différents pays, mais là aussi sans dissémination ni contagion.

A l’heure de faire le bilan de cette alerte, il est intéressant d’observer la manière dont les différents acteurs de ce grand spectacle médiatique ont fait converger leurs efforts pour nous persuader d’un danger imminent.

On peut en effet distinguer d’abord les organismes institutionnels nationaux et internationaux qui ont embouché leurs trompes d’alarme pour remuer les foules. L’Organisation mondiale de la santé, le ministère de la Santé, en particulier la Direction générale de la santé, ont fait savoir que toutes les précautions étaient prises en cas de pandémie. L’OMS alla même jusqu’à situer au niveau 5 sur une échelle allant jusqu’à 6 les risques de pandémie.

Viennent ensuite les inévitables experts qui parlent de manière assez définitive de tout et de n’importe quoi, sur les caractéristiques de cette grippe, sa contagiosité, sa létalité, les particularités génétiques du virus, les formes de traitements et j’en passe. Un seul point commun, ils n’en ont pas vu un cas…, mais ça ne saurait avoir d’importance tant l’avis est docte.

Il faut toutefois observer que ces experts représentent une catégorie d’informateurs dont les médias sont très friands sans toujours saisir que l’autoproclamation de la plupart de ces “experts” est au service d’une autopro­motion médiatique sans aucune garantie. Et c’est sans doute là que le bât blesse, dans la mesure où les journalistes se font involontairement les “amplificateurs” médiatiques de points de vue bien souvent mal fondés. D’autant plus que des organismes scientifiques et médicaux au-dessus de tout soupçon participent à ce mixage explosif de l’information (dans le cas considéré, ce fut l’Institut Pasteur).

Soyons honnêtes, comment le public pourrait-il ne pas croire d’aussi éminents personnages ? Bien sûr, de l’autre côté du miroir, il est facile de déjouer ces petits calculs, mais, pour le commun des mortels, tant de nobles noms, de nobles dignitaires ne peuvent se tromper. Il faudrait plus que ces quelques lignes pour montrer combien les apparitions médiatiques de divers grands noms de la médecine et de la science ont toujours contribué prioritairement à assurer leur propre promotion. Cette innovation de “l’expert référent” a surtout servi à en réaliser la publicité sans frais ni dommage, et, accessoirement, à crédibiliser le discours médiatique.

Car le dernier larron, bien souvent victime de son zèle, est bien le journaliste lui-même qui, à travers la recherche d’un scoop, souhaite parvenir au sensationnel. La presse de ces dernières semaines est remplie de ces prises de conscience rétrospectives : En avons-nous fait trop ? Le Monde, Marianne, Courrier international, pour ne citer que mes sources usuelles, s’interrogent gravement.

Je ne chercherai pas à les accabler car ils sont aussi victimes des grands mouvements de l’opinion, si bien encadrés par nos experts et nos institutions, et quand les standards téléphoniques et les sites Internet explosent, quel professionnel des médias aurait l’audace de ne rien dire. Ma vindicte s’adresse plutôt aux “experts” autoproclamés qui réussissent à tout embrouiller, les administrations et les médias n’étant que les amplificateurs de ces alarmes excessives. Le lecteur averti lira avec intérêt les articles consacrés à la question dans le numéro 966 du 7 au 13 mai 2009 du Courrier international, en particulier (page 41) celui du Dr Elizabeth Rosenthal, paru dans The New York Times, au titre significatif : L’affolement, voilà l’ennemi. Tout est dit.

Reste la question de savoir vraiment s’il y a danger et risque d’épidémie. Nous avions déjà précédemment soulevé cette question à propos de la grippe aviaire avec le virus H5N1. Comptant dans mes amis un discret spécialiste responsable du réseau de surveillance de la grippe en France, je m’étais fait expliquer les particularités épidémiologiques et les facteurs de risque épidémique. Dans le cas présent, comme pour la grippe aviaire, on trouve à l’origine un foyer bien localisé géographiquement de contamination animal-homme. De ce foyer, rayonnera pour commencer un certain niveau de contamination humaine, mais sans caractère épidémique par transmission interhumaine. Il faut compter en général au moins un an avant que le virus ne s’adapte à cette forme de transmission qui conditionne le risque épidémique. Dans le cas du virus de la grippe aviaire H5N1, tous les spécialistes surveillent l’apparition de transmission interhumaine, mais sans preuve avérée pour l’instant.

Dans le cas de la grippe porcine, rebaptisée grippe A (H1N1) pour tenter d’effacer la responsabilité de la société nord-américaine Smithfield (le plus grand producteur de porcs aux USA) dans l’existence d’ignobles charniers à ciel ouvert en annexe des élevages industriels de porcs dans l’Etat de Veracruz au Mexique), on peut seulement dire qu’il s’agit d’une affection plutôt bénigne, et peu contagieuse.

Comme le dit si admirablement Mme Rosenthal dans son article, un bon lavage des mains vaut bien mieux que les masques et le Tamiflu. Il ne nous reste plus qu’à suivre la remontée des cours boursiers des laboratoires pharmaceutiques qui le fabriquent pour comprendre que tout n’est pas perdu pour tout le monde.

N’oubliez surtout pas de vivre au grand air…

Pierre CORNILLOT

Pierre Cornillot est médecin, professeur de médecine et biologiste hospitalier. Il a fondé la faculté de santé, médecine et biologie humaine de Bobigny, dont il a été le doyen de 1968 à 1987. Il a présidé l’université Paris-Nord (1987-1992), puis a créé et dirigé l’IUP Ville et Santé sur le campus de Bobigny (1993-2001). Il est président de l’association Santé internationale. Après s’être investi parallèlement dans des actions d’aide au développement des pays du Sud, il se préoccupe aujourd’hui de la rédaction d’ouvrages sur la santé et la formation médicale, le système de santé et la recherche.

Information désabusée pour désinformation abusive

Certes, notre société, dédiée à la consommation, demande aux médias d’être très présents pour nourrir les consommateurs d’informations que nous sommes devenus.

Mais voilà, le gavage est à son niveau optimal, n’en jetez plus !

La nouvelle prétendue crise de la “grippe porcine” —et déjà presque ex-mexicano-espagnole— est bien l’exemple typique du trop-plein subi, elle qui n’a rien à voir avec le pauvre porc. Porc qui en voit déjà de toutes les couleurs avec ce qu’il ingère (sans compter la façon dont il est traité) sous toutes les formes avant d’être lui-même consommé, disons-le en passant.

Mais bon, plus question de manger des volailles à cause du risque de grippe aviaire, moins de bœuf et de vache depuis la vache folle, alors pourquoi consommer plus de porc

Il n’y pas de raison pour qu’il y échappe.

Au bout de la chaîne, après aussi quelques poissons enrichis en mercure, au moins, l’homme n’est vraiment plus consommable (sait-on jamais !)…

On espère en tout cas qu’elle l’est, consommée, la grippe ! Arrivant à point nommé, comme pour convaincre les Mexicains du bien-fondé de l’implantation de la nouvelle usine à vaccins de Sanofi-Aventis sur leur territoire (communiqué de presse Sanofi-Aventis du 9 mars 2009 – Mexico).

On avait bien compris pourtant, depuis la guerre du Golfe, que les annonces faites par les médias se nourrissaient de rumeurs, de paroles sorties de leur contexte, de supputations et d’élucubrations quasi hystériques, sans prise de recul global, ni respect de l’agressé, ni protection des auditeurs.

On a encore mieux compris, après la guerre en Irak censée aller abattre l’hérétique dictateur en terre musulmane, au prétexte qu’il cacherait de dangereuses vilaines armes destructrices —jamais retrouvées— que les intérêts annoncés par nos “politiques politiciens” ne servaient qu’à manipuler les citoyens que nous sommes.

Bref, revenons à nos porcs : point encore de vaccin pour cette pandémie dramatique, qui éclate brutalement comme un pet pestilentiel, après avoir fait tourner quelques têtes.

Au moins, des doses de Tamiflu auront eu l’occasion d’être consommées avant leur date de péremption, ce qui évitera peut-être à des centaines d’Africains d’en faire les frais quand la date limite sera atteinte. C’est toujours ça de gagné (pour les Africains, pas pour ceux qui auront consommé les fameuses doses censées les guérir d’une maladie qu’ils ne contracteront même pas).

En clair, de la médecine de haut niveau, servie par des politiques et des journalistes de haut niveau ! Encore larguées, déontologie et éthique !

Et le fameux consommateur (eh oui, il ne faut pas oublier que c’est pour lui que tout ça est mis en place) condamné à être traité en pantin, consumé par l’horreur des nouvelles : le but est atteint. Entre les deux : les laissés-pour-compte qui souffrent définitivement dans leur chair d’avoir servi les intérêts des clowns qui nous gouvernent.

N’ACCEPTEZ PLUS DE VOUS FAIRE VACCINER PAR LA PEUR... CELLE QUI VOUS EST INOCULEE, INSTILLEE QUOTIDIENNEMENT EN RAPPEL. LE VOILA, LE REEL RISQUE MAJEUR DE PANDEMIE VIRULENTE.

Pour celui-là, pas encore de traitement prévu par nos as de la santé publique.


Dr Roselyne MOREL

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