La dynamique acido-basique de l’organisme

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

On ne dira jamais assez l’importance de l’équilibre acido-basique dans le maintien de la santé.

Les microbes, virus et champignons naissent spontanément en fonction de l’état du “terrain” lié au changement de pH (voir numéros 1 et 2 de Sortir & Choisir Autrement).

La dynamique acido-basique de l’organisme

Catherine Kousmine, docteur en médecine a cherché à comprendre pourquoi dans les années 40 le taux de cancer augmente nettement. Sa conclusion va vers la nourriture et les acides gras. Voici quelques-uns de ses conseils qui sont toujours d’actualité

L’étude de l’équilibre acido-basique va donc nous amener à considérer la dynamique entre la tendance vers l’acidité et la tendance vers l’alcalinité, qui est son contraire, au sein de l’organisme vivant. Nous allons observer dans le corps, un rythme pendulaire acidobasique, qui sera différent en fonction des divers tissus et appareils considérés, mais qui tous sont interdépendants. L’ensemble étant le reflet d’une adaptation constante de la vie aux conditions intérieures et extérieures du corps, adaptation qui est une des conditions de la santé.

Les différents appareils et systèmes organiques, impliqués dans cette grande régulation, sont : l’appareil digestif ; le sang ; les tissus mésenchymateux ; le foie et ces interactions sont régulées par : les poumons ; les reins.

[b]Que signifient les termes acide et basique ou alcalin ?[/b]

On appelle pH l’unité de mesure du degré d’acidité ou d’alcalinité d’une solution. On a coutume de dire qu’un acide est un donneur de protons, et qu’une base est un accepteur de protons ou un donneur d’électron.

D’une manière plus simple, le pH est le chiffre mesurant le degré d’acidité ou d’alcalinité d’un liquide. Ce chiffre est compris entre 0 et 14.

  • de 0 à 7, on parle d’acidité décroissante
  • le chiffre 7 correspond à la neutralité
  • de 7 à 14, on parle d’alcalinité [croissante]

Ainsi, les liquides biologiques qui auront une valeur de pH inférieure à 7 seront appelés des solutions “acides”, et inversement les liquides biologiques qui auront une valeur de
pH supérieure à 7 seront appelés des solutions “basiques” ou “alcalines.

[b]Le système digestif[/b]

Tout au long du tube digestif, les aliments vont être transformés, déconstruits, pour pouvoir être absorbés et assimilés par l’organisme. Ces processus chimiques de dégradation se font sous l’influence de sucs digestifs, qui vont imposer leur pH spécifique au bol alimentaire au cours de sa traversée du système digestif.

Ainsi, au niveau de l’estomac, on trouve le pH le plus bas (donc le plus acide) de tout le système digestif. Immédiatement après la traversée de l’estomac, cette acidité est corrigée par les sécrétions de l’intestin grêle, de la vésicule biliaire et du pancréas, qui ont tous trois des sucs digestifs alcalins. Les aliments redeviennent légèrement acides à la fin de l’intestin grêle et au niveau de la première partie du côlon (cæcum). Enfin, ils ont une valeur alcaline à la fin du côlon.

Toutes ces valeurs du pH correspondent à une nécessité biologique. Les valeurs acides trouvées au niveau de l’estomac permettent l’action de la pepsine stomacale qui casse les protéines en polypeptides. Puis au niveau du duodénum, la trypsine pancréatique transforme les polypeptides en acides aminés, la lipase pancréatique dégrade les graisses après que la bile les ait émulsionnés, et l’amylase pancréatique prend la suite de l’amylase salivaire dans la déconstruction des hydrates de carbone.

Toutes ces enzymes ont besoin pour agit d’un milieu alcalin. Enfin, au niveau du côlon, les valeurs légèrement acides du pH permettent le développement d’une flore bactérienne dite acidophile (c’est-à-dire qui aime l’acidité) qui est d’une extrême importance. C’est grâce à elle que peut se terminer la digestion des sucres et des protéines sous la forme d’une fermentation.

Si pour un segment donné, ces conditions ne sont pas respectées, le travail des sucs sera amoindri, et le processus digestif correspondant sera incomplet. L’enchaînement des autres processus digestifs qui lui feront suite s’en trouvera perturbé. Il est donc d’une extrême importance que les différentes valeurs successives du pH du tractus digestif soient respectées afin de permettre le bon fonctionnement de l’ensemble.

Deux types de flores intestinales peuvent se développer et devenir prédominantes au niveau du côlon. L’une a un caractère acide. C’est la flore normale qui doit exister de manière prédominante. L’autre est basophile, et ne doit pas devenir prédominante.

[b]Conséquences pratiques

1.[/b] Si le milieu alimentaire reste trop acide au niveau du duodénum, la digestion des graisses, des sucres, et surtout des protéines va être incomplète. Leur décomposition se produit alors dans l’intestin grêle et dans le côlon, c’est-à-dire trop tard. Le processus de fermentation normale est remplacé par un processus anormal de putréfaction, responsable de constipation, de gaz, de ballonnements.

[b]2.[/b] Les corps aromatiques qui donnent l’odeur nauséabonde des selles sont le reflet direct de l’importance de ces processus de putréfaction au niveau du côlon. Ceux-ci produisent des ptomaïnes toxiques responsables d’une auto-intoxication. Le foie les neutralise en les conjuguant, mais lorsqu’elles sont produites en abondance, le foie est surchargé de travail, et rapidement débordé. Celles-ci passent alors dans la circulation générale. La langue prend un aspect chargé qui témoigne de la surcharge du travail hépatique.

Des sels alcalinisants vont stimuler la sécrétion physiologique acide de l’estomac. Ainsi se trouve directement augmentés les sécrétions alcalines du duodénum et de ses glandes digestives annexes, à partir du mécanisme sécrétoire gastrique.

Mais, pour éviter les phénomènes de putréfaction, une correction de l’alimentation est également essentielle :

  • Tout d’abord, il faut éviter la consommation abusive de sucre blanc qui favorise la prolifération bactérienne pathogène au niveau de l’intestin, en particulier une flore colibacillaire.
  • Il faut également éviter la consommation excessive de viande, principale responsable des putréfactions intestinales.
  • La mastication est un des actes importants du processus digestif. Elle permet de bien débuter la digestion des sucres et des protéines. Si les protéines carnées ne sont pas correctement mastiquées, leurs restes mal digérés fournissent un milieu de culture favorable à la flore de putréfaction qui devient vite prépondérante.
  • La consommation de sucres lents et de fibres végétales constituent un excellent moyen de lutter contre les phénomènes de putréfaction intestinale. Ainsi, la consommation de céréales complètes peu riches en gluten et en quantité raisonnable, de fruits (surtout des pommes), et de légumes (carottes, caroube) constituent d’excellents moyens de lutter contre les phénomènes de putréfaction de l’intestin.
  • Lorsque l’on constate que la langue est chargée (surtout le matin), et que les selles ont une mauvaise odeur, la pratique de lavements rectaux de deux litres permet d’évacuer rapidement la flore intestinale pathogène et de libérer le foie.
  • Il convient également d’alléger le repas du soir, ce qui soulage l’activité nocturne de détoxification du foie, et permet une élimination plus efficace de la surcharge toxinique.

[b]Le sang[/b]

Le sang a un pH dont la valeur est remarquablement stabilisée à 7,39. Ses variations sont extrêmement faibles. Le tissu sanguin est le plus protégé des tissus de l’organisme en ce qui concerne les variations de son pH. Il possède six systèmes efficaces et bien organisés, car le pH sanguin ne peut varier que dans de faibles limites sans qu’il se produise de graves troubles métaboliques et de conscience.

En dehors des limites normales, mais extrêmement réduites du pH physiologique, la vie n’est plus concevable. Ainsi, lorsque le sang atteint un pH de 6,95, nous entrons dans un état de coma, le muscle cardiaque s’arrête et c’est la mort. C’est le cas par exemple du diabète grave. En revanche, lorsque le pH atteint une valeur de 7,7, on devient très irritable avec à l’extrême, des crises de tétanie, des convulsions pouvant aller jusqu’à la mort.

Grâce à sa fluidité, le sang, en perpétuel mouvement, s’adapte presque immédiatement aux variations de son équilibre biologique en général, et de son équilibre acidobasique en particulier. [...] Or, par le fait même de sa fluidité, le sang est un médium, un solvant, et un transporteur. Le sang se comporte comme un agent de liaison entre les organes et les tissus, sans être impliqué de manière importante dans les variations de sa composition.

Il faut ici évoquer les travaux de l’ingénieur Louis-Claude VINCENT. Il s’est consacré à l’étude des variations du pH sanguin, de sa résistivité et de son potentiel oxydo-réducteur. Il en a conclu que dans un état de santé idéal, le pH sanguin tendait vers des valeurs plus acides. Nous comprendrons pourquoi plus loin.

[b]Les organes de régulation[/b]

Les organes d’éliminations sont nombreux, mais certains sont plus spécialisés dans l’élimination des déchets acides sont les reins et les poumons.

Les acides proviennent surtout de la digestion des protéines. Or il existe chimiquement deux types d’acides :

  • Les acides dits “volatils”, (ou “faibles”, ou “organiques”). Ce sont les acides citriques, oxaliques, pyruviques, acétylacétique... qui proviennent de la dégradation des [b]protéines végétales[/b] et se transforment en acide carbonique. Celui-ci est éliminé par les [b]poumons[/b] sous forme de gaz carbonique. Leur élimination est facile, rapide, et facilement adaptable (13000 à 15000 nmol H+/jour).
  • Les acides dits “non-volatils” (ou “forts”, ou “minéraux”). Ce sont les acides uriques, sulfurique, phosphorique, qui proviennent de la dégradation des [b]protéines animales[/b]. Ils sont éliminés par les [b]reins[/b]. Leur élimination est difficile, lente, et peu adaptable (100 nmol H+/jour). Le rein est également capable d’éliminer certains acides volatils faibles circulant sous forme libre, mais son plus gros travail est orienté vers l’élimination des acides non volatils.

[b]Conséquences pratiques[/b]

Il est aisé de comprendre qu’une nourriture carnée sera plus acidifiante qu’un régime végétarien. Une alimentation équilibrée comportera donc surtout des crudités, des légumes, des céréales, des légumineuses et des fruits. Ceci concerne surtout les malades et les convalescents chez lesquels, ce type d’alimentation soulagera les reins dans leur travail d’élimination, permettant aux forces de guérison d’agir afin de lutter convenablement.

[b]Le mésenchyme[/b]

On appelle mésenchyme ou liquides extra-cellulaires non circulants, la structure tissulaire liquide qui baigne les organes nobles. Son rôle de tissu de soutien est bien connu. Il permet la bonne respiration cellulaire, l’alimentation et l’hydratation des tissus nobles, l’élimination des déchets du métabolisme cellulaire. Mais son activité physiologique est beaucoup plus large. L’organisme se comporte en effet comme un producteur d’acide. Si cette production n’aboutit pas aux formes d’acides éliminables (par exemple, par manque de vitamine et d’oligo-éléments) ou s’il y a une surcharge de l’acidité totale (acides provenant de l’alimentation + acides provenant de la vie cellulaire), cet excès est alors expulsé dans le tissu conjonctif pour y être stocké.

[b]Le mésenchyme est donc le plus important système tampon de l’organisme[/b]. Sa structure particulière lui permet de se comporter comme une sorte d’éponge métabolique qui entrepose les déchets métaboliques acides que le [b]rein[/b] et le [b]poumon[/b] n’ont pas pu éliminer lorsqu’ils sont dépassés dans leur capacité fonctionnelle. Or c’est surtout pendant la journée que la surcharge d’acidité est importante. Elle résulte de l’apport alimentaire et de l’activité physique. Pendant la nuit, ces deux sources productrices d’acide cessent. Et c’est pendant le sommeil que le mésenchyme remet en circulation l’excès de déchets métaboliques acides qu’il a stocké pendant la journée.

[b]Conséquences pratiques[/b]

S’il n’y avait qu’une seule modification alimentaire à faire, afin de soulager les organes d’élimination dans leur mission nocturne de détoxication en générale, et dans leur élimination d’acides en particulier, elle devrait concerner le repas du soir.

Le repas du soir sera donc pris le plus tôt possible, et ne comportera pas de viande. Il sera léger.

Il faut insister sur ce point qui est important : Si le repas du soir est pris trop tard, et est trop abondant, l’appétit manque le matin. Un repas trop copieux, et trop riche perturbe le sommeil en imposant une surcharge du travail au système digestif et aux organes d’élimination, pendant la nuit.

[b]Corrélation alcalose tissulaire et acidose sanguine[/b]

Il existe souvent une grande confusion dans les esprits lorsqu’on parle d’équilibre acido-basique. Cela vient du fait que l’on confonde sang et tissus !

Or, nous pouvons comprendre, par ce qui est décrit précédemment, que lorsque le pH des tissus tend vers l’alcalose, le pH du sang tend vers l’acidose. Réciproquement, lorsque le pH des tissus mésenchymateux tend vers l’acidose, le pH du sang tend vers l’alcalose.

Bien sûr les variations des valeurs du pH des tissus sont beaucoup plus amples que celles des valeurs du pH sanguin. Celui-ci est contraint de demeurer dans les mesures étroites compatibles avec la vie, et est aidé en cela par les systèmes tampons et la réserve alcaline.

Il existe donc dans les tissus un grand mouvement pendulaire fait d’une tendance alternativement orientée vers l’acidose puis vers l’alcalose. Il existe parallèlement, mais de manière beaucoup moins marquée, le même mouvement orienté en sens inverse pour le sang.

Les travaux de Louis-Claude Vincent montrent que l’état de santé idéal correspond à des valeurs du pH sanguin tendant vers l’acidité. Or le pH sanguin tend vers des valeurs acides lorsque le pH du tissu mésenchymateux tend vers des valeurs alcalines.

Or, c’est pendant la période nocturne et matinale que ces conditions se réalisent de manière optimale. La période nocturne et matinale, lorsque l’homme est endormi, est la période de nettoyage du tissu mésenchymateux qui correspond au maximum d’acidose sanguine. C’est une période de nettoyage, qui et à une tendance à l’acidose pour le sang.

[b]Acidose tissulaire et conséquences[/b]

Un certain nombre de symptômes apparaissent peu à peu chez un organisme souffrant d’acidose tissulaire chronique. Ils s’installent peu à peu, et se fondent dans la vie quotidienne, si bien qu’ils sont rapidement acceptés comme faisant partie des petits troubles normaux de tout-un-chacun. Voici la liste des principaux :

  • fatigabilité surtout matinale
  • perturbations du sommeil entre 1h et 3h
  • régurgitation et pyrosis
  • perturbation de l’appétit et boulimie
  • constipation
  • migraines fréquentes
  • peau grasse (surtout au visage)
  • langue chargée sur sa partie postérieure
  • mauvaise haleine matinale
  • amygdales hypertrophiées chez les enfants
  • mains moites et froides (due à une sympathicotonie entraînant hyperthyroïdie fonctionnelle et état adrénergique permanent)
  • transpiration abondante des pieds
  • tendance à la transpiration (sueurs froides)
  • fragilité et moindre résistance au froid (tendance à s’enrhumer facilement)
  • douleurs musculaires, muscles de la nuque et des épaules durs et douloureux
  • bronchite chronique avec formation de mucus
  • leucorrhées (pertes blanches)
  • manque d’entrain, amertume pour le travail

D’une manière générale, toute maladie chronique s’accompagne d’un état d’acidose tissulaire. Mais certaines pathologies sont plus d’un type “acide”.

Ce sont :

  • les rhumatismes
  • le diabète
  • les affections rénales et vésicales
  • la maladie de Basedow (hyperfonctionnement de la glande thyroïde)
  • les maladies cancéreuses en général
  • les leucémies

[b]Tester le pH urinaire[/b]

Sur le plan pratique, il faut tout d’abord se procurer du papier à pH (papier tournesol en rouleau ou en bandelette). Il est réactif et change de couleur en fonction du pH du liquide dans lequel il est trempé. Grâce à une échelle colorimétrique, on peut déterminer instantanément la valeur chiffrée du pH correspondant à la couleur du papier.

Relever systématiquement les valeurs du pH urinaire 3 fois par jour, pendant 8 à 15 jours consécutifs, et noter sur une feuille chaque jour les valeurs du pH urinaire : le matin, pour la deuxième urine du matin, avant le repas de midi et avant le repas du soir

Si les valeurs trouvées sont très souvent, ou constamment inférieures à 7 ou 7,5 cela traduit une surcharge de l’organisme en déchets métaboliques acides qui imprègnent les tissus et perturbent ses fonctions physiologiques normales.

[b]Il est alors conseillé :

Pour les personnes en bonne santé[/b]

La correction de l’alimentation est vivement conseillée, sinon indispensable. Seule cette modification permettra une correction progressive et douce de l’état d’acidose tissulaire (voir site).

[b]Pour les personnes malades[/b]

La simple correction de l’alimentation ne suffit plus. La prise de citrate alcalins s’avère alors nécessaire. Cette prise sous-entend une prescription et une surveillance médicale.

[b]Correction de l’acidose tissulaire[/b]

Les travaux de SANDER ont permis de définir les valeurs d’un équilibre acido-basique propre à l’organisme humain par la détermination d’un quotient d’acidité. Ce quotient d’acidité idéal correspond à un pH urinaire compris entre 7 et 7,5.

[b]L’HOMME EN BONNE SANTÉ[/b]

Un organisme dit “en bonne santé” est un organisme qui possède une bonne activité d’épuration, c’est-à-dire dont les organes d’élimination, appelés émonctoires (les reins, les poumons, le foie surtout, mais aussi la peau et les intestins), sont capables d’éliminer correctement toutes les surcharges métaboliques. Leur capacité de détoxication est remarquable. Si on évite de les surcharger en permanence, ils éliminent sans peine les substances dont l’organisme n’a pas besoin, et en particulier les déchets acides provenant du métabolisme.

Le corps, dans son fonctionnement normal se présente comme un véritable générateur d’acides, et ses mécanismes physiologiques sont naturellement orientés vers un constant nettoyage de cet excès d’acidité.

Tant que l’organisme aura gardé une bonne capacité d’élimination, il sera facile de corriger une surcharge métabolique acide par une modification de l’alimentation, quelques cures de citrons, une bonne oxygénation.

[b]L’HOMME MALADE[/b]

Une évolution vers une trop grande acidité tissulaire va engendrer des troubles de santé en nous éloignant d’un équilibre acido-basique idéal. En nous reportant aux affections très variées, décrites précédemment, il peut sembler difficile de leur trouver une origine commune. Et pourtant, pour chacune d’elles, on retrouve un terrain identique qui est l’excès d’acidité tissulaire, conséquence de la perte de l’équilibre acido-basique.

Il est actuellement possible de démontrer que chaque maladie, et surtout les pathologies chroniques, s’accompagnent d’un déplacement de l’équilibre acido-basique tissulaire dans le sens de valeurs acides. Les variations physiologiques entre les éliminations acides et alcalines de l’urine sont surtout en faveur de la première.

Cette tendance à l’acidose tissulaire est majorée :

  • au cours de toute maladie, surtout chronique, du fait de l’anoxie tissulaire qu’elle entraîne
  • lors de stress qui accroît la sympathicotonie, source de tensions musculaires produisant de l’acide lactique.
  • dans les infections
  • lors de la prise de médicaments comme les dérivés de l’aspirine (l’acide salicylique est un acide carboxylique fort) ; la morphine et les anti-inflammatoires “non-stéroïdiens”.

Dans ce cas, des cures alimentaires spécifiques, ainsi que la prise de sels alcalinisants devront venir supporter l’organisme qui, rendu moins performant par la maladie, aura besoin d’une aide extérieure.

[b][size=6]Moyens de correction par l’alimentation[/size]

[size=5]1. Les aliments acidifiants :[/size][/b]

Les aliments producteurs d’acides sont des aliments qui contiennent des substances dont le catabolisme aboutit à la formation d’acides. Nous avons vu précédemment que c’est surtout le cas des protéines carnées qui fournissent

divers acides (acide sulfurique, acide phosphorique, acide chlorhydrique, acide nitrique... l’acide urique lui est un des produits finaux de la dégradation des protéines). Or tous ces aliments producteurs d’acides sont également les aliments de base de notre alimentation. Il n’est donc pas possible de les supprimer car les acides aminés qui les constituent sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme.

Il est donc important de veiller aux quantités absorbées. Il faut à un organisme un apport régulier de protéines, mais dans des quantités bien moindres que ne lui fournit notre alimentation actuelle. Nous sommes, par notre alimentation moderne, en surcharge permanente de protéines, et surtout de protéines animales. Pour un organisme normal, il est préjudiciable à la santé de consommer plus de 50 grammes de protéines par jour. Tout excès est immanquablement susceptible d’engendrer une autointoxication (20 g sont bien souvent suffisants !). Mais la notion d’excès reste néanmoins toujours individuelle, c’est-à-dire qu’elle est basée sur les capacités métaboliques personnelles et sur l’activité physique produite par l’individu.

Les acides aminés provenant du lait ou de ses dérivés (fromages, yogourts...) ne produisent que peu d’éléments acidifiants car les substances qui en résultent sont des corps cétoniques et de l’urée qui n’ont qu’un faible pouvoir acidifiant. Une remarque doit cependant être faite pour le petit-lait. Lorsqu’on mesure le pH du petit-lait frais, on trouve des valeurs de 6,5 à 7, donc alcalines. Dix heures après, ce même petit-lait aura un pH de 2 ou 3, et se sera donc acidifié.

Les acides aminés provenant des protéines animales (viandes, poulet, poissons...) contiennent, nous l’avons vu, des acides forts (acides phosphorique et sulfurique) et des purines qui fournissent elles-mêmes des composés acides (acide urique). Ils sont donc fortement acidifiants. Nous avons vu au chapitre 3 que l’élimination de ces acides forts ne peut se faire que par les reins.

Les animaux carnivores à régime carné presque exclusif possèdent une enzyme spécifique (l’uricase) qui les protège de l’encrassement par l’acide urique lié à la consommation importante de viandes. Chez l’homme une consommation démesurée de protéines animales est souvent responsable de maladies uriques : rhumatismes goutteux et lithiases rénales.

Les céréales sont également productrices de corps acides, qu’elles soient complètes ou raffinées, et quelle que soit la forme sous laquelle elles sont consommées.

Les toxiques contenant des alcaloïdes comme le café (caféine), le thé noir (théine) et le cacao (théobromine) sont riches en purine, et sont classés comme aliments acidifiants. Il en est de même pour le sucre blanc, la farine de froment blanchie et ses dérivés, les graisses raffinées. Ceci explique que certains végétariens qui ne consomment pas exclusivement des produits complets et qui mangent trop de céréales et trop peu de crudités souffrent d’hyperacidité, identique à celle des carnivores. Ils sont en outre déminéralisés, conséquence directe de cette hyperacidité.

Pour équilibrer l’apport massif et quotidien d’acides minéraux, l’organisme est obligé de puiser dans sa réserve minérale. Les aliments acidifiants sont donc des destructeurs de bases, et sont ainsi déminéralisants.

[b]Aliments fournisseur d’acides[/b]

Viandes, poissons, volailles ; gibiers ; charcuterie, foie, rognons, abats ; cervelle ; blanc d’œuf ; formages forts et fermentés ; légumes secs : lentilles, pois ; haricots blancs ; asperges artichauts, choux de Bruxelles, arachides.

[b]Aliments très acidifiants[/b]

Sucre blanc ; farines blanches et derives : pain blanc, biscottes, pâtisseries, pâes, semoule ; huiles raffinées, graisses durcies ; thé, alcool, café, chocolat ; bouillons gras.

[size=5] [b]2. Les aliments alcanisants :[/b] [/size]

Le régime végétarien apporte d’une façon générale, une grande quantité de bases provenant des sels alcalins des acides organiques faibles contenus dans les légumes et les fruits.

Mais, d’une manière générale, les œufs et les céréales, sont acidifiants, et le lait, les légumes et les fruits sont alcalinisants.

Le lait est assez basique, mais il faut le consommer avec discernement. Il est préférable de le faire lacto-fermenter (yogourts, caillé...). Le lait perd en effet une grande partie de ses composants vitaux lors de la pastorisation (vitamine C, modification de ses protéines).

Les céréales combinées aux légumineuses,
et aux œufs, permettent d’apporter à l’organisme la totalité des acides aminés essentiels issus de leurs protéines, et sont donc indispensables dans un régime alimentaire où la viande a été supprimée. Mais étant également acidifiants, ils ne doivent pas être consommés en trop grandes quantités.

Les légumes, les crudités, le lait et les fruits apportent à l’organisme les sels minéraux et les oligo-éléments, et sont alcalinisants. Leur consommation doit être privilégiée en cas de tendance à l’acidification tissulaire. Ces aliments ne contiennent peu ou pas d’éléments acides. Par contre, ils sont très riches en sels minéraux alcalinisants.

La pomme de terre cultivée biologiquement est un aliment producteur de bases idéal. Elle est riche en calcium et en potassium qui lui donne un pH alcalin appréciable. Il faut cependant prendre garde à ce qu’une cuisson malencontreuse ne détruise pas ses effets bénéfiques. Elle est malheureusement accompagnée de la réputation de faire grossir... Cuites à la vapeur sans pression, elles gardent toutes leurs qualités biologiques.

Les châtaignes sont également des fruits très alcalinisants qui devraient se consommer plus souvent en hiver. Elle accompagne favorablement tous les légumes, mais plus particulièrement les choux.

[b]Aliments fournisseurs de base[/b]

Fruits et jus de fruits ; légumes feuilles et racine, légumes tiges (sf asperges), oignons, ail ; pommes de terre, châtaignes, lait lacto-fermenté (frais) ; lait condensé non-sucré ; lait en poudre ; petit-lait en poudre ; petit-lait en poudre, yoghourt ; soja et ses dérivés ; bouillon de légumes ; jus de légumes ; jaune d’œuf ; herbesaromatiques : persil, ciboulette, thym, origan, romarin.

[b]Attention aux exceptions ![/b]

Certains légumes comme l’asperge, l’artichaut et les choux de Bruxelles sont producteurs d’acides. L’asperge est un germe, l’artichaut et les choux de Bruxelles sont des fleurs. Ils doivent être consommés en association avec des aliments fortement basiques comme les pommes de terre ou les chataîgnes. Il faut les éviter chez les malades.

Les légumes secs (graines) sont généralement acides sauf le soja qui est basique.

Parmi les noix généralement basiques, nous trouvons l’arachide qui est fortement acidifiante à cause de sa richesse en acide urique. Ainsi le beurre d’arachide et l’huile d’arachide sont de forts producteurs d’acides.

[b][size=5]3. Les aliments en équilibre acido-basique :[/size][/b]

Un certain nombre d’aliments n’appartiennent pas aux listes citées plus haut. Ils sont en bon équilibre acido-basique et conviennent bien aux malades.

[b]Aliments en équilibre acido-basique[/b]

Noix fraîches, haricots verts ; petits pois sucrés ; millet et ses dérivés ; pain de seigle complet ; céréales complètes ; germes de flé ; pâtes de farine de seigle complètes ; beurre frais de bonne qualité ; sucre intégral.

Les aliments ci-dessus sont tous légèrement acides, mais ils constituent une base d’excellente qualité pour une alimentation équilibrée. Leur légère tendance acide peut facilement être compensée par l’apport d’herbes aromatiques et d’huiles vierges lors de leur consommation.

[size=6][b]Conseils pratiques pour les malades[/b][/size]

Il faut ici distinguer le cas d’une maladie chronique du cas d’une maladie aiguë ou d’une poussée évolutive.

[b]En cas de maladies chroniques[/b], les conseils sont les mêmes que précédemment. Mais il est fortement conseillé de :

  • Consommer un petit-déjeuner « crème budwig » s’il est supporté. La consommation régulière de céréales complètes crues le matin apporte une énergie qui s’avère essentielle pour fortifier les forces de guérison.
  • Veiller à avoir un apport régulier de 2 c. à soupe d’huile vierge de tournesol ou de carthame par jour réparties entre les 2 ou les 3 repas et consommées avec les aliments.
  • Boire 1 à 2 litres par jour, afin de drainer le rein, le “laver”, et éviter un dépôt acide à son niveau (lithiases rénales).
  • Diminuer les protéines d’origine animale. On pourra ainsi ne manger de la viande, du poulet, du poisson ou des œufs qu’un jour sur deux.
  • S’imposer définitivement un repas très léger le soir comme règle de vie.

En cas de maladie aiguë ou de poussée évolutive :

Les règles seront ici plus strictes. On peut schématiser un régime détoxiquant de 3 semaines décrit au chapitre “alimentation”.

Les protéines animales trop acidifiantes se trouvent donc impérativement exclues d’un tel régime détoxiquant. Elles seront réintroduites à la quatrième semaine deux fois par semaine au début, puis plus souvent selon les habitudes alimentaires de chacun.

Il est conseillé pendant la première semaine de pratiquer un lavement rectal de deux litres chaque soir pendant la première semaine de ce régime, puis tous les deux jours pendant la deuxième et la troisième semaine.

[size=6][b]Conseils généraux pour une alimentation saine[/b][/size]

Peut-on définir les critères d’une alimentation saine type ?

Il est possible d’énoncer les grandes lignes d’une alimentation saine valable pour tous, capable de préserver la santé, et d’équilibrer tous les paramètres vitaux essentiels au maintien de cette santé.

D’une manière générale, on peut dire que pour avoir une alimentation saine, il faut :

  • apporter en quantité suffisante toutes les substances nécessaires à l’organisme pour assurer la vie, croître, se renouveler et éliminer correctement.
  • avoir une restriction calorique suffisante pour prévenir l’obésité
  • privilégier l’apport des protéines végétales par rapport aux protéines animales.
  • avoir un apport de graisses de 20 à 30% ou moins de la totalité des calories ingérées. Ces graisses doivent être exclusivement des graisses poly-insaturées issues d’huiles de première pression à froid.
  • consommer quotidiennement desvégétaux à fibres.
  • réduire le sel, l’alcool.
  • consommer largement des légumes surtout ceux de la famille des choux, et ceux qui sont riches en béta-carotène (généralement les végétaux de couleur vert-sombre ou jaune-orangé).
  • réduire la consommation de sucres rapides et d’amidons.
  • consommer des céréales complètes et des féculents.
  • éviter la cuisson des viandes ou des poissons à la braise, ou à la rôtissoire, ainsi que les aliments brûlés ou “saisis”.
  • réduire le café.
  • éviter de réchauffer les aliments.
  • éviter de frire les aliments et de réutiliser les huiles ou les graisses de cuisson
  • éviter de consommer de la nourriture traitée (nitrates), ainsi que des aliments riches en additifs ou en colorants.
  • privilégier les aliments pourvoyeurs d’anti-oxydants (sélénium, vitamine C, vitamine E).

[b]La cure de citron[/b]

La cure de citron est un excellent moyen de corriger, chez un organisme sain, une acidose chronique. Le citron est un fruit particulièrement riche en acide citrique, et on pourrait le croire acidifiant pour l’organisme. Mais, il est surtout très riche en sels minéraux. Lors de l’absorption du jus de citron, l’acide citrique est très rapidement éliminé par le poumon en acide carbonique, et il reste dans l’organisme les sels minéraux qui alcalinisent.

En pratique, on peut faire la cure de la manière suivante : Prendre le jus d’un citron le premier jour, de deux citrons le deuxième jour, de trois le troisième, et ainsi de suite jusqu’au dixième jour où l’on prendra le jus de dix citrons, répartis dans la journée.

Puis, on diminue d’un citron chaque jour : soit neuf citrons le onzième jour, huit citrons le douzième jour, et ainsi de suite jusqu’au vingtième jour.

Cette cure peur être faite deux fois dans l’année. Elle viendra fort à propos aux changements de saison, en septembre et en mars.

Mais cette cure n’est pas à conseiller chez une personne souffrant de faiblesse métabolique, et présentant en particulier une faiblesse des émonctoires. Une telle personne ne pourra pas oxyder l’excès d’acide provoqué par la cure, et l’excès d’acide non transformé pourra être responsable d’une déminéralisation.

[b]L’oxygénation[/b]

La marche au grand air, l’exercice physique, les séjours en altitude, toute activité qui active le métabolisme en général, et accélère le rythme respiratoire, permet d’augmenter l’élimination des acides faibles (c.f. chapitre 3) et contribue ainsi à une désacidification de l’organisme.

C’est une activité essentielle, bien souvent négligée par le citadin, qui contribue au maintien d’une santé, en association à une modification de l’alimentation.

Une journée d’exercice physique au grand air provoque une acidification des urines qui provient d’une part de l’augmentation du métabolisme musculaire producteur d’acide lactique, et d’autre part de l’augmentation générale du métabolisme de base. L’oxygénation oxyde de nombreux acides tissulaires et permet de les éliminer par les reins.

[b]Citrates alcalins[/b]

Dans le cas de personnes malades, dans la plupart des cas, la prescription d’un régime basifiant ne suffit pas. L’utilisation d’un mélange basique à base de citrates alcalins s’avère indispensable.

La correction se fait alors par l’apport régulier de citrates alcalins sous forme de poudre ou de comprimés. Les citrates sont des sels basiques d’acides faibles qui sont rapidement éliminés par les poumons sous forme d’acide carbonique. Les sels basiques restant permettent d’alimenter la réserve alcaline du sujet, épuisée par une acidose tissulaire chronique.

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