L’obésité s’étend en France et dans le monde

, par  Grainede Ble , popularité : 2%

C’est une vérité plutôt dure à avaler : environ un humain sur quatre est
trop gros. Les pays en développement sont eux aussi touchés par le fléau de
l’obésité, qui est en train de devenir l’une des principales causes de
mortalité sur la planète.

Dans le monde, environ 1,7 milliard de personnes ont une surcharge
pondérale, et sur ce nombre, 312 millions sont obèses, selon le groupe de
travail international sur l’obésité (IOTF).

 L’obésité s’étend dans le monde

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Emma Ross, Joseph Verrengia (Associated Press)

Un tiers de tous les décès sur la planète sont provoqués par des maladies
liées au poids, au manque d’exercice et au tabagisme. Et le plus inquiétant
est peut-être la propagation de l’obésité au-delà des pays occidentaux.

« Les pays en développement vont supporter l’essentiel du problème »,
souligne Neville Rigby, un responsable de l’IOTF. « Nous voyons même des cas
d’obésité chez des adolescents en Inde. C’est devenu une épidémie mondiale,
une pandémie. »

Les États-Unis, patrie du hamburger et des repas très caloriques où deux
personnes sur trois affichent un excédent pondéral, en restent le symbole.
Mais la situation est encore pire dans d’autres pays : Les îles du
Pacifique-sud comme les Tonga, Kosrae ou Nauru, la Grèce, le Koweït et
d’autres États du Golfe.

Bientôt la Chine sera le pays comptant le plus grand nombre de gros,
prédisent les experts. Une situation qu’on aurait eu du mal à imaginer à
l’époque du Grand Bond en Avant, lorsque la famine fit jusqu’à 40 millions
de morts entre 1958 et 61.

Le diabète de type 2 est la maladie la plus directement liée à l’obésité.
Elle provoque souvent des affections cardiaques et rénales et ferait plus
de trois millions de morts par an. Elle touche 154 millions de personnes,
soit près de quatre fois le nombre de ceux qui vivent avec le VIH ou le
sida.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prédit un doublement du
nombre de diabétiques dans les 25 prochaines années.

L’obésité peut aussi tripler le risque de maladie cardiaque, cause majeure
de mortalité dans le monde. Et elle joue un rôle important, bien qu’encore
mal compris, dans de nombreux cancers.

Plusieurs facteurs expliquent que l’obésité soit devenu un tel problème
mondial. D’abord une abondance de produits alimentaires bon marché, car
même dans les pays pauvres, le coût relatif de l’alimentation décroît.

En outre, les produits à haute teneur en graisses et en féculents sont
souvent moins chers et sont ainsi davantage consommés par les pauvres. Au
Mexique, 40% de la population vit dans la pauvreté, mais deux tiers des
hommes et des femmes ont une surcharge pondérale.

Autre constat, la consommation des huiles et des graisses dans les aliments
traités a doublé au cours des 30 dernières années. L’apport en sucre a
également augmenté, notamment avec la consommation de boissons gazeuses.

Il y a également la manière dont la nourriture est commercialisée. Les
produits conditionnés qui peuvent être conservés pendant des mois ont
largement remplacé les aliments frais achetés sur les marchés. En 1990, pas
plus de 15% des produits alimentaires en Amérique latine venaient des
supermarchés. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 60%.

Il y a également des changements de mode de vie. Dans de nombreux pays, les
femmes occupant un emploi ont créé une demande pour les plats préparés.

Le facteur technologique :

Les gens ont tendance à passer plus de temps dans la voiture, devant l’ordinateur et la télévision : 1.669 heures par an en moyenne aux États-Unis. Avec une vie aussi sédentaire, seulement 100 calories supplémentaires par jour peuvent se traduire par un gain de 4,5 kilos sur un an. La technologie réduit le niveau d’activité physique même dans les nations les plus pauvres. Mais certains pays prennent toutefois des mesures : les écoles de Singapour ont ajouté des activités physiques et remplacé les boissons sucrées par de l’eau minérale. De son côté, le Brésil veille à ce que les fruits et les légumes soient au menu des cantines scolaires.

« Ce serait une immense réussite pour la santé publique si nous arrivions
simplement à stabiliser la situation à son niveau actuel », souligne Stephen
Blair, directeur de recherche à l’Institut Cooper de recherche sur la
condition physique à Dallas.

Source : http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2004/05/20040510-132231.htm

 Croissance vertigineuse de l’obésité en France

Autrefois épargnée, la population française est aujourd’hui touchée de plein fouet par l’obésité. Selon l’Étude nationale nutrition santé (ENNS), l’obésité touche aujourd’hui 18 % des enfants de 3 à 17 ans contre seulement 5 % en 1980.

Obésité

Les enfants de 5 à 12 ans sont particulièrement concernés avec un taux d’obésité de 10 à 12,5 %.

Un taux préoccupant quand on sait que 70 % des enfants en surpoids risquent de le rester à l’âge adulte.

L’obésité concerne quant à elle 7 à 10 % des adultes.

  • L’obésité est devenue à présent un véritable enjeu de santé publique.
  • Les maladies cardiovasculaires sont aujourd’hui la première cause de mortalité en France, soit 32 % des décès.
  • Sans compter le risque accru de développer un cancer ou des maladies telles que l’hypertension artérielle, le diabète ou les troubles respiratoires.

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