L’aspirine, médicament miracle ?

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Antidouleur, anti-inflammatoire, anticoagulant : l’aspirine n’en finit pas de nous surprendre. Ce médicament, déjà cher à nos grands-mères a, il est vrai, plus d’un tour dans son sac…

L’aspirine reste cependant une molécule mal connue qu’il faut manier avec prudence. La vérité sur son bon usage.

L’aspirine, on connaît tous ! C’est le médicament le plus consommé au monde, on en produit 100 milliards de comprimés par an. Cet antidouleur reste le premier réflexe des Français. Au moindre mal de tête, de dos, à la moindre courbature, douleur dentaire ou fièvre, on pense à ce médicament d’action rapide, qui soulage en une vingtaine de minutes.

Par Ingrid Haberfeld le 20/05/11

L’aspirine reste cependant une molécule mal connue qu’il faut manier avec prudence. La vérité sur son bon usage.

L’aspirine, on connaît tous ! C’est le médicament le plus consommé au monde, on en produit 100 milliards de comprimés par an. Cet antidouleur reste le premier réflexe des Français. Au moindre mal de tête, de dos, à la moindre courbature, douleur dentaire ou fièvre, on pense à ce médicament d’action rapide, qui soulage en une vingtaine de minutes.

Au-delà de cet effet antalgique bien connu, l’aspirine à forte dose (environ 3,5 g) est un puissant anti-inflammatoire. Elle soulage les rhumatismes et les crises de polyarthrite rhumatoïde, limitant la douleur, le gonflement et la raideur des articulations.

« La molécule agit en bloquant la production des prostaglandines, des substances impliquées dans l’inflammation », explique le Pr Laurent Becquemont, pharmacologue à l’hôpital Bicêtre, dans le Val-de-Marne.

Enfin l’aspirine est aussi un anticoagulant : elle est donc souvent utilisée à faible dose après un accident vasculaire cérébral ou une attaque cardiaque.

• Des bienfaits insoupçonnés

On pouvait croire que le cachet miracle avait livré tous ses secrets. Depuis octobre dernier, on sait que non. La surprise est venue d’une équipe de chercheurs anglais. Menée par le Pr Rothwell, elle a démontré qu’une dose minime (75 mg) et régulière d’aspirine pendant plusieurs années abaisse le risque de cancer colorectal de 24% et diminue de 35% la mortalité des personnes atteintes d’un cancer du côlon.

Mieux : en décembre dernier, les mêmes chercheurs publient, dans la revue scientifique The Lancet, de nouveaux résultats indiquant que ces bienfaits s’étendent à l’ensemble des cancers ! L’analyse de huit études portant sur plus de 25 000 patients, comparant les effets de l’aspirine à un placebo, chiffre à 10% la réduction de mortalité par cancer grâce à une prise quotidienne durant cinq à dix ans.

Sur vingt ans, ce chiffre atteint 10% pour le cancer de la prostate, 30% pour celui du poumon, 40% pour le cancer colorectal et 60% pour celui de l’œsophage… Les conclusions sont moins nettes en ce qui concerne les cancers féminins et contradictoires pour la prévention de la maladie d’Alzheimer.

De là à recommander un cachet préventif quotidien à chacun, il y a un pas… que beaucoup de médecins ne franchissent pas. "Ces résultats sont encourageants, estime le Pr Claude Maylin, chef du service de cancérologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Mais on a besoin de recul pour en tirer des conclusions concrètes et applicables.

Prendre chaque jour de l’aspirine constituerait un traitement sérieux qui devrait être prescrit et contrôlé médicalement.« Le Pr Rothwell en convient :  »Une faible dose quotidienne n’est conseillée qu’aux personnes à haut risque de cancer."

• Attention au surdosage

Il faut dire que l’aspirine agit sur l’organisme d’une manière dont on n’a pas toujours conscience. Le principal risque est lié au surdosage. Martine M’Sala, 67 ans, se souvient du jour où elle a pris deux comprimés d’un gramme à une heure d’intervalle. « Ça me cognait si fort dans le crâne que je ne pensais qu’à être soulagée. Une demi-heure après la seconde prise, mes oreilles ont commencé à siffler, j’avais des vertiges, j’entendais moins bien. J’ai eu le réflexe d’appeler mon médecin. J’ai appris que ces effets sont les premiers symptômes d’un surdosage. » Car l’aspirine sait nous rappeler qu’elle est un médicament.

Sauf avis médical, elle est déconseillée en cas de troubles intestinaux car elle accroît le risque d’hémorragie, notamment intestinale, et durant la grossesse. On l’évite aussi la semaine précédant une opération ou des soins dentaires car elle augmente le temps de saignement.

Si son action préventive de certaines maladies graves, prometteuse, reste encore limitée, les chercheurs continuent à creuser des voies nouvelles autour de cette molécule unique en son genre.

Des études sont en cours dans les laboratoires à travers le monde et laissent présager de nouvelles perspectives. L’aspirine, cette alliée centenaire si familière, pourrait bien encore nous surprendre !

Source : NotreTemps.com

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