Imposteurs endocriniens : que sont-ils ?

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Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de 70 000 produits chimiques différents sont produits et déversés dans notre environnement à l’échelle mondiale[3]. Certains de ces produits chimiques agricoles et industriels et certains métaux lourds sont appelés des « imposteurs endocriniens » ou des « perturbateurs hormonaux » parce qu’ils nuisent au délicat équilibre du système endocrinien (le système qui règle les hormones).

Les imposteurs endocriniens : que sont-ils ?

Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de 70 000 produits chimiques différents sont produits et déversés dans notre environnement à l’échelle mondiale. Certains de ces produits chimiques agricoles et industriels et certains métaux lourds sont appelés des « imposteurs endocriniens » ou des « perturbateurs hormonaux » parce qu’ils nuisent au délicat équilibre du système endocrinien (le système qui règle les hormones).

Les perturbateurs endocriniens englobent bon nombre des produits chimiques utilisés dans la production de plastiques, de pesticides et de pâtes et papiers. Ce sont aussi des sous-produits non intentionnels dérivés des processus industriels ou de l’incinération à des lieux d’enfouissement ou des dépotoirs de déchets toxiques. Les imposteurs endocriniens sont trouvés dans l’air, l’eau et la terre et ils s’accumulent dans les tissus adipeux de la faune et des humains.

De la liste des imposteurs endocriniens connus, les 12 principaux, appelés des polluants organiques persistants, ou POP, ont été reconnus par le Programme des Nations Unies pour l’environnement comme extrêmement toxiques et sont actuellement la cible de réductions et d’élimination à l’échelle internationale

De très faibles niveaux de ces substances toxiques peuvent déclencher des changements radicaux pouvant mener au cancer, à des troubles du système nerveux, du système immunitaire et de l’appareil génital, particulièrement chez les fœtus et les jeunes enfants. Les POP se « bio-accumulent » et leur concentration croît au fur et à mesure qu’ils remontent la chaîne alimentaire.

Les imposteurs endocriniens s’interposent au système endocrinien de diverses façons, en provoquant généralement une hausse ou une baisse des taux normaux d’hormones dans la circulation sanguine. Ils peuvent copier ou bloquer les hormones comme l’œstrogène (l’hormone femelle) et l’androgène (l’hormone mâle) ou nuire à d’autres manières, notamment en touchant la fonction thyroïdienne. Au bout du compte se retrouve un mécanisme qui brouille les messages chimiques (les hormones) et provoque toute une gamme de troubles de la santé.

Généralement, les effets sur la faune comprennent la féminisation des mâles, la masculinisation des femelles, des difformités des organes génitaux, une glande thyroïde hypertrophiée, des anomalies congénitales, des changements du comportement, un système immunitaire affaibli et une vulnérabilité accrue à la maladie, dont le cancer.

Les effets les plus prononcés sur la faune sont observés chez les prédateurs en bout de chaîne, en raison de la bio accumulation, ce qui, bien entendu, est très préoccupant pour les humains puisque nous sommes à l’extrémité de la chaîne alimentaire.

L’étude de ces effets sur les humains est rendue extrêmement difficile dans un environnement saturé par les hormones naturelles de nos corps et les hormones synthétiques des produits chimiques et des médicaments. Voici un autre problème :

il n’existe pas de « groupe de contrôle » ou de groupe non exposé pouvant servir de point de référence-tout le monde, sur la planète, est exposé aux imposteurs endocriniens. C’est pourquoi il est extrêmement peu probable que les chercheurs scientifiques puissent un jour prouver scientifiquement le lien exact entre les imposteurs endocriniens dans l’environnement et leurs effets précis sur les humains.

Certains imposteurs endocriniens ont un effet nuisible à très faible dose alors que d’autres n’ont aucun effet apparent à plus fortes doses. La raison de cela est le choix du moment :

En perturbant une séquence hormonale naturelle à des moments critiques du développement, les imposteurs endocriniens peuvent potentiellement modifier le progrès du développement et avoir des conséquences radicales durant toute la vie.

Un lien a été établi entre certains cancers liés aux hormones et les imposteurs endocriniens :

le cancer de la prostate (une hausse de 126 p. 100 entre 1973 et 1991 aux États-Unis), le cancer du sein (1 femme sur 9 aura un cancer du sein dans sa vie en Amérique du Nord), le cancer utérin, le cancer ovarien et le cancer des testicules[5]. De plus, l’incidence du lymphome non hodgkinien, un cancer qui peut se manifester n’importe où dans le corps, a presque triplé depuis les années 50 et apparaissent dans les régions de forte utilisation d’herbicides, puisqu’ils affectent les agriculteurs, les applicateurs d’herbicides et les superviseurs de terrains de golf[6].

Les imposteurs endocriniens constituent la cause soupçonnée de nombreux problèmes liés à la fertilité et au système reproducteur féminin. Les problèmes d’infertilité, de grossesses ectopiques, de fausses couches, d’endométriose et de lactation impossible ont tous été reliés à l’exposition aux imposteurs endocriniens dans les études sur les animaux.

L’endométriose, une maladie de l’appareil reproducteur qui se caractérise par la croissance de cellules endométriales hors de l’utérus, a aussi été liée aux imposteurs endocriniens.

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