Cancer, Feuilles de Tabac pour lutter contre le cancer

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L’idée paraît saugrenue, pourtant, dans le sud-est, un biologiste, Alain Tissier, et son équipe tentent de cultiver cette plante qui, après modification génétique, produirait des molécules destinées à rentrer dans la composition des traitements anti-cancéreux.

Par Hervé GAVARD - SAINT-PAUL-LES-DURANCE (AFP) -

Elles sont utilisées en chimiothérapie et sont indispensables pour éviter « la prolifération des cellules cancéreuses » dans un organe et dans le reste du corps, poursuit Alain Tissier.

Le Taxol et le Taxotère sont déjà produits par l’if - naturellement pour le premier, par synthèse pour le second à partir d’une autre molécule de l’if, la 10 déacetylbaccatin III (10 DAB III).

Mais la concentration de ces molécules est extrêmement faible, ce qui a conduit à une surexploitation de l’arbre et à sa quasi-disparition dans certains pays.

Autres inconvénients : le coût, vu la faible quantité de molécules, et le temps, car il faut attendre que l’arbre soit arrivé à maturité.

D’où l’idée d’Alain Tissier de tenter de produire ces anti-cancéreux à partir de tabac - un tabac sauvage et non celui utilisé pour l’industrie de la cigarette.«  » Une plante choisie parce qu’elle produit déjà « des molécules de la même classe que celles que nous voulons produire », précise Alain Tissier.

Par ailleurs, c’est une plante facile à exploiter, ce qui réduirait les coûts de production et par voie de conséquence des traitements anti-cancéreux. On serait aussi « sûr de la régularité de la production mais aussi de la quantité de molécules produites », dit le biologiste.

C’est dans son laboratoire que sont réalisées les modifications génétiques : tout commence par l’introduction de fragments d’ADN de l’if dans des morceaux de feuilles de tabac, via des bactéries.

Les cellules ayant reçu ces fragments vont dès lors se multiplier et donner de petits plants. Ceux-ci seront cultivés en serres confinées. Objectif de Librophyt : arriver à ce que le plant de tabac produise la 10 DAB III, indispensable pour obtenir le Taxotère.

Mais ceci n’interviendra qu’au terme d’un processus dont « on ne connaît pas toutes les étapes », indique Alain Tissier. Combien de temps cela prendra-t-il ? « Deux ou trois ans », selon lui.

Reste que chaque étape intermédiaire sera mise à profit « pour développer d’autres molécules » qui pourraient avoir un but médical ou thérapeutique. « Mais là, c’est l’inconnue, dit Alain Tissier. On est convaincu qu’il y a un potentiel mais il n’a pas encore été exploré ».

Librophyt a lancé aussi un autre programme dans le domaine médical : produire de l’artémisinine, un antipaludéen dérivé d’une herbe, Artemisia annua, qu’Alain Tissier espère obtenir via la transgenèse des feuilles de tabac .

Mais c’est dans les domaines de l’industrie des arômes et de la parfumerie que les recherches sont les plus avancées :

Bientôt, ce sont des molécules produites par des plants de tabac qui viendront séduire nos narines lorsque nous sentirons un parfum

** Source supplémentaire du site Phytomania.com
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Nicotiana tabacum et Nicotiana rustica sont originaires du « nouveau monde », c’est à dire des zones tropicales et subtropicales d’Amérique du nord et du sud.

L’usage des feuilles de tabac par les Amérindiens fut très rapidement remarqué par Christophe Colomb et son équipage. Les Indiens Tainos peuplaient alors les grandes et les petites Antilles ; ce peuple Arawak (en passe d’être supplanté par les Caraïbes) cultivait le tabac  ; on suppose que ce nom vient d’ailleurs de leur langue mais d’autres philologues l’estiment d’origine arabe. Nicotiana fut nommée ainsi en l’honneur de Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, qui introduisit le tabac à la cour de France à la fin du 16e siècle.

Nicotiana tabacum, le tabac le plus cultivé maintenant dans le monde entier, est une plante annuelle, ce qui permet son acclimatation dans des régions aux climats variés : de la forêt équatoriale aux pays tempérés.

Il existe de nombreux cultivars (variétés culturales) .

Le tabac en général est une plante assez haute (1 à 2m), aux feuilles alternes, parfois de grande taille dans les variétés de culture (50 à 70 cm de long sur 20 à 40 cm de large), les fleurs sont en pannicules à corolle tubuleuse teintées de rose ou de rouge. La maturité des feuilles de tabac se fait de bas en haut, les feuilles les plus basses jaunissent les premières.

COMPOSITION CHIMIQUE ET PROPRIÉTÉS

Les feuilles vertes de tabac (Nicotiana tabacum) contiennent (en pourcentage de poids sec) :

40 % de glucides (amidon, cellulose, sucres simples)

15 à 20% de protéines et d’acides organiques

entre 1 et 10% d’alcaloïdes (exceptionnellement 15%) :

la nicotine est majoritaire (jusqu’à 90-95%) ; les autres alcaloïdes du tabac sont chimiquement proches de la nicotine, les plus importants sont l’anabasine et la nornicotine

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