Entretien avec le Dr Rueff

Auteur de La Bible des vitamines et des suppléments nutritionnels, édition Albin Michel, 2004.

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Pourquoi une Bible des vitamines et des suppléments nutritionnels ?

Entretien avec le Dr Dominique Rueff (01 Novembre 2004)
Auteur de La Bible des vitamines et des suppléments nutritionnels, édition Albin Michel, 2004.
Pourquoi une Bible des vitamines et des suppléments nutritionnels ?

 

S’il existe de nombreuses documentations sur les
vitamines et sur les autres suppléments nutritionnels comme les minéraux,
les enzymes, les acides aminés ou les acides gras, il n’existait pas, dans
la littérature médicale ou spécialisée, d’ouvrage qui ait tenté d’en
intégrer l’usage dans un ensemble complet de situations préventives aux
différents âges de la vie, de symptômes et de maladies courantes.
Par ailleurs, il me semblait utile de communiquer les expériences et les
résultats d’une pratique personnelle de plus de vingt-cinq années de la
supplémentation nutritionnelle. En effet, de nombreux utilisateurs n’ont
pour tout conseil que les étiquettes des suppléments nutritionnels qu’ils
achètent ou ceux que leur donnent ceux qui les leur vendent.
La Bible des vitamines et des suppléments nutritionnels s’adresse à
tout adulte et enfant au-dessus de douze ans. Je crois que ce
livre est le seul ouvrage actuellement disponible qui permet d’aborder un
grand nombre de problèmes de santé, même s’il ne parle pas de tous. Il est
présenté un peu comme un dictionnaire ou une encyclopédie, de A comme acné à
Z pour zona. En ce sens, et comme une « bible », ce livre devrait trouver sa
place dans toute bibliothèque familiale. Je conseille d’en lire, d’abord,
d’un trait la première partie qui définit le sujet : Qu’est-ce qu’une
thérapie nutritionnelle ? Qu’est-ce qu’une
vitamine ? Un nutriment ? Quelles sont les bonnes façons de les utiliser en
complément d’une alimentation optimisée pour tenter de prévenir ou de
minimiser les grandes maladies de notre époque.
Puis, vous vous référerez à ce livre comme à un dictionnaire médical :
lorsque vous voudrez savoir comment précisément la nutrition et la
supplémentation peuvent vous aider, pour telle ou telle affection, ou
amplifier les effets d’un traitement médical, voire, parfois, en diminuer
les effets secondaires.

Les suppléments nutritionnels peuvent-ils être dangereux ?

La lecture attentive de La Bible des vitamines permet de
répondre à cette question. Il existe quelques vitamines bien connues, dont
la vitamine A d’origine animale (le rétinol) et la vitamine D, qui peuvent
être dangereuses si elles sont prises mal à propos et à doses excessives.

Elles sont d’ailleurs considérées en France comme des médicaments. Mais,
dans l’immense majorité des cas, les suppléments nutritionnels ne sont pas
dangereux car ils sont conçus pour être utilisés sans prescription médicale.
Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il faut les prendre n’importe comment
et à n’importe quelle dose. Un chapitre du livre est d’ailleurs consacré à
ces questions.

Le Lancet vient de publier une étude qui semble suggérer que la prise d’antioxydants pourrait augmenter la mortalité.

 

C’est une étude purement statistique incluant des groupes
de cancers en majorité digestifs, traités bien entendu par des
thérapeutiques classiques. Personne n’a jamais prétendu que des antioxydants
ou tout autre nutriment étaient susceptibles de traiter avec succès un
cancer en pleine évolution, surtout s’il s’agit de cancers du foie et de
cancers digestifs pour lesquels on sait bien que même les traitements
classiques les plus agressifs ne parviennent pas toujours à venir à bout.

Sur les quatorze études examinées dans la méta-analyse du Lancet, seules
trois concernent des personnes en bonne santé. Pour l’une d’entre elles,
l’étude dite ATBC, on retrouve le problème d’une supplémentation d’une
population à risque (travailleurs de l’amiante, fumeurs) avec de fortes
doses de bêta-carotène de synthèse. C’est cette étude déjà ancienne, aux
méthodes très critiquées, qui fait dériver les résultats de la méta-analyse
à la limite des seuils statistiques significatifs. Cela ne permet pas du
tout d’en tirer des conclusions « alarmistes » et « alarmantes" comme le font
de manière bien irresponsable certains médias.
Trouver une surmortalité dans des groupes hétérogènes de cancers évolués et
traités avec des thérapeutiques multiples et l’attribuer à la prise de
vitamines antioxydantes est pour le moins un raccourci plutôt discutable
tant au plan de l’éthique que de la science. En conclure ou même simplement
laisser supposer que tous les usagers de ces mêmes suppléments, qu’ils
soient en bonne santé ou souffrent d’autres pathologies que celles prises en
compte dans l’étude, courent un risque de surmortalité relève d’un
scientisme primaire ou d’une volonté délibérée de délivrer un message
alarmiste ou, encore, d’une inconscience inquiétante.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous avons à notre disposition de
nombreuses études cliniques d’intervention qui démontrent que l’apparition
d’un certain nombre de maladies, y compris de cancers, est en relation avec
un statut antioxydant déficitaire. On peut citer l’étude dite « des
infirmières » qui, sur 89 000 femmes, en 1998, révèle un risque de cancer
réduit de 75 % grâce aux vitamines et, plus près de nous, l’étude française
Suvimax, sur 19 000 volontaires ayant pris des vitamines antioxydantes, qui
conclut à une diminution de 31 % des cancers chez l’homme.

Mais, comment faire le tri entre toutes ces études ?

Je pense que La Bible des vitamines fait référence à
suffisamment d’études et d’ouvrages qui contrebalancent ce type de
publication visiblement polémique. Cela dit, je crois que c’est un fait
acquis qu’au niveau des médias, qu’il s’agisse des suppléments nutritionnels
ou d’autres
traitements, on voit alterner des parutions positives et des parutions
négatives. Je crois que c’est au lecteur d’acquérir une certaine maturité
vis-à-vis de cela.

Dans un chapitre de votre livre, vous expliquez que les suppléments nutritionnels sont utiles à chaque âge de la vie. Pouvez-vous en dire quelques mots ?

C’est important. D’abord, il faut comprendre que l’on
est, quel que soit son âge, son sexe et sa condition physique, à l’instant
présent, ce que l’on a construit et, éventuellement, ce que nos parents ont
construit sur le plan de la santé. Votre bonne santé ou ma bonne santé peut

dépendre de l’état nutritionnel de nos parents et, en particulier, des
suppléments qu’aura pris votre mère pendant la grossesse. C’est très
important, car cela peut expliquer, du moins en partie, l’apparition de
maladies dans l’enfance, de maladies « nouvelles » qui ne sont pas liées au
vieillissement mais à l’environnement et
à l’état de santé des parents.
On va prendre un exemple précis. On sait aujourd’hui que les enfants qui
naissent de femmes qui ont été déficientes en fer, en folates, en vitamines
B, en zinc, en acides
gras oméga-3 peuvent avoir divers troubles de croissance, diverses maladies
autoimmunes et d’éventuels problèmes susceptibles de se répercuter pendant
toute leur vie.

De même, dans l’enfance, la façon dont les enfants sont nourris peut avoir
des répercussions sur l’adolescence, sur la puberté, notamment, au niveau
hormonal.
Lorsque l’on fait des analyses biologiques à la recherche de déficiences, on
se rend compte que la supplémentation nutritionnelle a son utilité. Au cours
de la préadolescence et de l’adolescence, on connaît malheureusement les
tendances dites « modernes » d’alimentation. Une consommation immodérée de
« fast-food » ou de « junk-food » (trop de graisses animales de mauvaise
qualité, de sucres à travers les desserts et les sodas... et un manque évident
de
« nutriments »...) va conduire presque inexorablement à des déséquilibres
nutritionnels qui peuvent être aggravés s’ils sont, en plus, surmenés
intellectuellement, physiquement et psychologiquement, ce qui est souvent le
cas. Il est alors facile d’imaginer, sans être savant, les compléments
alimentaires et suppléments nutritionnels qu’il faudrait leur proposer à cet
âge.
Quant à la vie d’adulte, on sait également que toutes nos hormones, tous nos
neurotransmetteurs cérébraux et, en fin de compte, tout notre équilibre
physiologique et métabolique est dépendant, en amont, de l’équilibre
nutritionnel. Cela fait dire que, lorsque l’on observe, aujourd’hui,
l’importance de toutes les pathologies chroniques de l’âge adulte, tant au
plan psychologique, comme un simple mal-être ou, parfois, une dépression,
qu’au plan organique, comme des déséquilibres hormonaux, des risques
cardio-vasculaires ou l’apparition de cancers chez des jeunes... on imagine
très bien toute l’influence positive que pourrait avoir d’une part, une
nutrition réfléchie, élaborée, équilibrée et, d’autre part, une
supplémentation si elle est nécessaire et correctement conduite.

Comment savoir si une supplémentation est nécessaire et que choisir ?

 

Un certain nombre de pistes sont tracées tout au long des
chapitres de La Bible des vitamines. Il y a des choses extrêmement simples
que chacun peut observer sur lui-même. Je crois qu’il est important, quel
que soit son état de santé et son médecin, d’avoir la volonté de prendre
aussi sa santé en main et de se fixer des objectifs de « bien-être », voire de
prévention personnalisée en fonction des risques que l’on peut connaître
pour soi-même mais, également, du fait des maladies de ses parents.
Il faut apprendre à se regarder dans le miroir, à se considérer comme « son
propre laboratoire de santé ». On sait ainsi, par exemple, que des personnes
ayant la peau sèche risquent d’être déficitaires en acides gras et/ou en
zinc,
que d’autres avec des troubles digestifs chroniques peuvent avoir des
problèmes de flore intestinale, eux-mêmes dépendants de supplémentations
nutritionnelles, ou que les adolescents fatigués, épuisés, parfois déprimés,
peuvent être anémiés, manquer de fer ou de certaines vitamines.
Quoi de plus facile que de résoudre le problème ?
Quand on commence à prendre conscience de tout cela, on peut, à partir de
certains « signes extérieurs de santé », faire un véritable « réglage » en
profondeur de son organisme. C’est en ce sens que cette « bible » se veut
également un traité d’éducation à la prise en charge, par soi-même, de sa
santé et d’une certaine prévention.
Le second message consiste à informer le public qu’il existe aujourd’hui de
plus en plus de médecins dans toutes les régions de France et, même, de
l’Europe, qui, à côté ou en complément de leur exercice habituel, font des
bilans de vitamines, d’antioxydants, des bilans métaboliques spécifiques...
qui permettent de dépister et de préciser des déficiences, des déséquilibres
nutritionnels et donc d’orienter vers les supplémentations nécessaires,
adaptées aux besoins spécifiques de chacun ou d’en vérifier le bien-fondé et
les doses utilisées.

Vous recommandez, pour chaque affection, des dosages pour les suppléments nutritionnels que vous conseillez.

Je recommande des dosages pour éviter au consommateur de
s’égarer sur des consommations qui ne sont pas forcément nécessaires. Ces
recommandations sont faites pour des adultes et des enfants de plus de douze
ans.
Pour chaque problème de santé évoqué, un panel de supplémentations est
proposé et chacun doit choisir, en fonction de son expérience et de sa
réactivité personnelle, ce qui va lui convenir.
Rappelons qu’il faut apprendre à s’observer !
Il ne faut pas forcément prendre tout ce qui est proposé, en tout cas pas au
début, mais avancer étape par étape sans négliger les mesures diététiques.
En fait, les nutriments sont cités par ordre décroissant d’importance, les
principaux étant indiqués en début de paragraphe.
Une lecture attentive du chapitre concerné aide à faire un choix adapté. Ce
choix est presque toujours dépendant de modifications de son alimentation
qui sont toujours nécessaires. Si je prends l’exemple de la page 226, la
« spondylarthrite ankylosante », les nutriments principaux proposés sont la
vitamine C, les flavonoïdes, le curcuma et le thé vert. Ensuite, le cuivre
en oligoélément est bien connu comme étant anti-inflammatoire. C’est
également le cas du curcuma et du thé vert. Il y a seulement cinq nutriments
de proposés.

Je crois que là on peut les prendre tous sans difficulté.
Mais si vous ne réduisez pas les apports alimentaires en certaines graisses
dites saturées « pro-inflammatoires », prendre des nutriments à visée
« anti-inflammatoire » ne vous servira pas à grand-chose.
Pour aider encore le lecteur à bien faire son choix, La Bible des vitamines
contient des adresses utiles et des renseignements pratiques concernant la
nature des différents nutriments et les façons de se les procurer. Il est
proposé une liste de lieux et de laboratoires où commander des suppléments
nutritionnels de qualité, des associations où compléter son information, les
sites internet, les lettres d’information et revues spécialisés sur la
nutrition et les suppléments nutritionnels. Vous trouverez également des
fiches sur les principaux nutriments (vitamines, minéraux...) qui peuvent vous
guider efficacement sur votre supplémentation au quotidien.

Docteur Rueff, quelle conclusion pour nos lecteurs ?

Celle que je place au début du livre, une citation : ce
siècle apportera « la démonstration scientifique que la nutrition a un impact
profond sur presque toutes les maladies des sociétés occidentales1 ».

J’irai même encore plus loin en prévoyant que nos systèmes de santé, s’ils
n’intègrent pas rapidement ces données tant au sein de l’éducation et de la
sollicitation du public qu’au plan de la formation2 des médecins,
courent à la faillite. Il y a un réel commencement, en France, de la part du
ministère de la Santé. Il faut continuer, aller plus loin et plus vite !

1- David Servan-Schreiber.
2- Nous formons des médecins depuis plus de quinze ans à l’ADNO (site

www.adno-association.org
), qui organise son prochain symposium, à Paris,
le 5 décembre prochain.


http://www.nutranews.org/fra/index....

 

Documents joints

Vos commentaires

  • Le 16 janvier 2006 à 17:19, par mirouf En réponse à : Message du DR JP MIROUF-Caen-

    Cher Rueff,

    D’abord , Tous mes voeux 2006 ,

    Ensuite, si tu es toujours à Cannes,

    Peut-être pourrais-tu me signaler une opportunité d’installation pour les mois qui viennent dans ton secteur géographique-association-
    reprise-créattion ?

    Je vais bientôt prendre la retraite mais sans cesser complètement d’activité,

    Ma spécialité ,le « mal au dos »,

    abordé par les traitements

    .physiques-ostéo,endermo,mobili-
    sations mécaniques,massages
    rytmiques,cryoth.,

    .phyto-cosméto-hauscka,wéléda,H.E

    .diététques-compléments nutrition.
    vitaminiques etc

    .mésothérapique-bambusa comp.
    apis,etc

    Un local modeste en location meublé ou non,conviendrait tout
    à fait,

    L’achat d’un 2p pourrait aussi s’envisager,

    Dates:entre juin et décembre 2006

    Je me rends en famille dans le Lubéron fin janvier,

    Si tu avais l’idée d’une piste d’ici-là
    pourrais-tu m’en faire part dés à présent par courrier,et pourrions-nous en parler
    de vive voix à l’occasion ?

    Je te remercie de m’avoir lu ,
    et te remercie aussi par avance de consacrer quelques instants à l’examen des possibles pour ce
    tournant biographique personnel,

    Bien amicalement à toi

    Jean Pierre Mirouf

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