Einstein : 1879-1955

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Albert, le premier fils du plumassier juif Hermann Einstein, naît
le 14 mars 1879 dans la maison familiale à Ulm (Wurtemberg). Comme
le veut la tradition, c’est à la grand-mère que la sage-femme remet
l’enfant. Son crâne est sans doute un peu volumineux, mais ses cris
témoignent d’une belle vigueur. « Voilà un beau gaillard ; avec une
tête pareille, il va pouvoir en apprendre des choses ! »
déclare-t-elle aux parents.

Einstein : 1879-1955

Par Roger Colombani

Dès son enfance, Albert Einstein marque sa différence : il ne joue
pas, comme ses camarades, au soldat ou au gendarme et au voleur car
il n’a aucun goût pour la violence. Il préfère la lecture, la
musique, les longs silences. Sa mère Pauline lui enseigne le piano,
puis le violon. Et les jugements du jeune Albert sont catégoriques :
Beethoven, à son goût, est trop dramatique, Wagner trop violent. Les
Einstein s’installent à Munich puis à Pavie. Albert, qui ne souffre
pas de ces déménagements, reste un élève doué en mathématiques, en
grec, dans les langues vivantes ; il semble pouvoir tout apprendre
et sa facilité donne aux professeurs le sentiment d’une certaine
condescendance.

A 15 ans, son père l’inscrit au Polytechnikum de Zurich où il est
accepté. La situation financière de ses parents le conduit à vivre
chichement pour ne pas les gêner. Il fait la connaissance de Miléva,
une Serbe venue en Suisse, où l’université est ouverte aux femmes,
pour poursuivre des études de mathématiques. Miléva attend un
enfant, mais les Einstein refusent le mariage. Ce conflit familial
se prolonge des mois jusqu’au moment où le père malade donne son
consentement. Albert obtient enfin un poste d’expert technique au
salaire annuel de 3 500 francs.

Einstein s’engage dans des recherches physico-mathématiques pour
approfondir sa conception du monde. Une période exceptionnelle. Il
publie cinq mémoires en 1905, deux d’entre eux vont le rendre
célèbre : l’hypothèse des quanta de lumière et, surtout, les
résultats sur l’électrodynamique qui définit la théorie de la
relativité et lui vaudra le prix Nobel de physique en 1921.

La gloire le laisse inchangé, frondeur, chaleureux ; toujours vêtu à
la diable, on l’appelle le bohémien. Les Allemands le distinguent :
« Ils font de moi une poule primée alors que je ne sais pas encore
si je suis capable de pondre un œuf. » Devenu la conscience d’une
opinion qui attend de lui qu’il donne un sens moral aux événements
politiques, il refuse tous les honneurs, même la présidence de
l’Etat d’Israël. Le nazisme monte en Allemagne, les bruits de guerre
se précisent, ses amis le pressent de quitter Berlin. Il avertit
Roosevelt du danger auquel le monde serait exposé si l’Allemagne en
guerre parvenait à maîtriser l’énergie nucléaire. Puis s’installe à
l’université de Princeton dans le New Jersey, où il reprend ses
recherches, alors que le président des Etats-Unis met en chantier le
projet Manhattan qui prévoit la construction de la première bombe
atomique. Le 16 juillet 1945, le premier essai, effectué dans le
désert du Nouveau-Mexique, est concluant. Le 6 août, Truman, qui a
succédé à Roosevelt, donne le feu vert : deux cibles ont été
choisies au Japon, Hiroshima et Nagasaki. La première bombe fera 80
000 morts et 70 000 blessés. Trois jours plus tard la seconde bombe
provoquera la mort de 30 000 personnes.

Amer et déçu, le savant, jusqu’à sa mort, sera de toutes les
batailles contre cette politique nucléaire.

Historia mensuel - 01/04/2005 - N° 700 - Rubrique Dossier - P 67 -
565 mots - Dossier : Spécial numéro 700 : Les 7 familles Roger
Colombani

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