Coca Cola = danger public « Stop Killer Coke » relance l’activisme contre Coca Cola

, par  Amessi, Grainede Ble , popularité : 3%

Depuis 2001, le groupe Coca Cola a fait l’objet de plusieurs plaintes contre ses pratiques sociales et environnementales en Inde et en Colombie. Aux États-Unis, la campagne « Stop Killer Coke » relance la mobilisation contre le groupe, tandis que l’activiste actionnarial Max Keiser vient de créer un fond spéculatif contre la multinationale.

Objectif affiché : faire plonger le titre en bourse.

 Coca Cola = danger public

 « Stop Killer Coke » relance l’activisme contre Coca Cola

Le 24 novembre dernier, une nouvelle manifestation s’est tenue dans
le Nord-Ouest de l’Inde, devant les portes d’une usine d’embouteillage de Coca-Cola . L’ONG India Resource Center a mobilisé 1 000 personnes, pour dénoncer les pratiques environnementales du groupe : utilisation importante d’eau diminuant les ressources locales, pollution du sol et des eaux de nappes phréatiques et présence de pesticides dans les produits indiens à un niveau 30 fois supérieur aux standards européens ou américains.

Publiés en juillet 2003 par l’ONG CSE, les résultats de tests sur quatre pesticides se sont avérés accablants . 100 % des échantillons contenaient du lindane (jusqu’à 42 fois la norme européenne) et du chloropyrifos (jusqu’à 72 fois la norme), 81 % du DDT (jusqu’à 25 fois la norme) et 97 % du malathion (jusqu’à 196 fois la norme).

Le poids moyen total de pesticides était de 0,0180 mg/l (36 fois la norme de l’UE) pour les marques PepsiCo, et de 0,0150 mg/l (30 fois la norme) pour Coca-Cola. Les deux entreprises avaient immédiatement réfuté ces accusations et Coca Cola avait même porté plainte contre l’ONG afin qu’elle cesse de publier ce type d’études. La Haute Cour de Dehli avait alors nommé des experts indépendants, qui ont confirmé la présence de pesticides dans 75 % des échantillons testés. Parallèlement, les appels au boycott et aux destructions de bouteilles se sont multipliés, les activistes les plus extrémistes allant jusqu’à brûler des portraits de stars de Bollywood qui prêtent leur image à Coca-Cola.

Enfin, le 3 novembre dernier, une décision de justice demandait à Coca et Pepsi, de faire figurer sur les étiquettes le taux de pesticides présents dans leurs produits.

Lancée aux États-Unis, la campagne Stop Killer Coke soutient la mobilisation en Inde, mais aussi en Colombie, où l’on accuse Coca Cola de violences contre les syndicalistes depuis 2001. Le syndicat colombien ’’Sinaltrainal’’ a déposé en Floride (avec l’appui de la ’’United Steel Workers of America’’ et du « International Labor Right Fund ») une plainte affirmant que des escadrons de la mort paramilitaires, agissant pour le groupe, ont commis des assassinats, des séquestrations et des tortures contre les membres du syndicat.

Le 31 mars 2003, le syndicat a obtenu une victoire partielle, le juge fédéral ayant accepté de poursuivre les firmes colombiennes qui travaillent pour Coca Cola, mais pas la multinationale elle-même.

 « Le boycott ne suffit pas »

La campagne actuelle contre le groupe commence à porter ses fruits.
L’université de New York vient en effet de décider d’arrêter de distribuer des produits de la marque Coca-Cola. Un boycott qui pourrait prendre une certaine ampleur dans les mois à venir. L’ « investisseur activiste » Max Keiser, ancien trader de Wall Street converti à la RSE, a en effet annoncé la création d’un fonds spéculatif en partenariat avec la très sérieuse revue britannique « The Ecologist ».

« Se contenter de boycotter une entreprise ou un produit ne suffit pas », explique Max Keiser, qui entend utiliser les forces en présence sur les marchés financiers et notamment les énormes flux de capitaux des hedge funds, - fonds d’investissements spéculatifs ayant des stratégies de placement à court terme- sur la méthode du « short selling ». Max Keiser convainc les investisseurs d’emprunter une action Coca-Cola à une banque ou une société de courtage, qui la vendent à un certain prix, puis la rachètent à un prix inférieur pour réaliser des bénéfices et rembourser l’emprunt initial. Lorsque le titre de l’entreprise baisse, la position du
hedge fund augmente à très court terme.

S’ils disposent de suffisamment d’informations indiquant que les ventes de la société continueront à chuter, les investisseurs se défont alors de leurs
positions à plus long terme et enregistrent des bénéfices. Quant au
titre de Coca-Cola, il continue à plonger encore en Bourse... Les
bénéfices ainsi récoltés devront être redistribués aux « victimes » de
la multinationale.

Depuis quelques mois, les ventes de Coca-Cola s’effritent et le cours de son action a perdu 16%. Qualifiée de « géniale » par l’Université de Stanford, la méthode de boycott de Max Keiser doit lui permettre de récolter 100 millions de dollars pour son fonds spéculatif.

Prochaines cibles annoncées : McDonald’s, Wal Mart, Microsoft ou encore Shell

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MAJ du 9 mars 2012 (source Le Monde.Fr)

 Colorant cancérigène : Coca-Cola obligé de modifier sa recette

Le soda le plus vendu au monde va devoir modifier sa recette secrète, nous apprend Discoverynews. En cause : une substance chimique, le 4-methylimidazole (4-MEI), qui sert à colorer la boisson, mais également d’autres sodas, les sauces soja et certaines bières.

C’est le Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), une association américaine de défense des consommateurs qui a donné l’alerte il y a plus d’un an. En février 2011, l’association demandait à l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) de l’interdire purement et simplement de tout produit alimentaire.

 SACCORD CHEZ LES SCIENTIFIQUES

Le problème, c’est que la communauté scientifique n’arrive pas à se mettre d’accord sur la dangerosité du 4-MEI. En s’appuyant sur une étude menée chez des rongeurs, l’administration américaine indique qu’il faudrait boire plus de 1 000 canettes par jour pour être exposé. De son côté, le CSPI avance de nouveaux tests, qui prouveraient au contraire la nocivité de la substance. Selon l’association, la substance cancérigène se formerait lorsque l’ammoniac et/ou les sulfites sont utilisés avec le 4-MEI pour donner aux sodas leur couleur brune.

Le CSPI a effectué des prélèvements d’échantillons de différents sodas achetés à Washington. D’après ces résultats, le Coca-Cola contiendrait de 142 à 146 microgrammes de 4-MEI dans l’équivalent d’une canette américaine (12 onces, soit 35 cl), le Coca-Cola light de 103 à 113 microgrammes et le Pepsi de 145 à 153 microgrammes. Bien au-dessus des nouvelles limites fixées par l’État de Californie, pour qui le niveau maximum conseillée est de 29 microgrammes consommé sur l’ensemble d’une journée. Au-delà de cette limite, le fabriquant doit faire apparaître une message d’avertissement sur le produit.

En Europe, la législation est moins contraignante. En 2008, l’Union européenne, dans une directive établissant les critères de pureté scientifiques pour les colorants pouvant être utilisés dans les denrées alimentaire, a fixé la limite légale à 250 milligrammes de 4-MEI par kilogramme (ce qui ferait plus de 80 000 microgrammes par canette !). Une réglementation des colorants caramels qui a été réexaminée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en mars 2011. A la suite d’un examen de la littérature scientifique sur le 4-MEI, l’EFSA a estimé que les concentrations maximales établies par l’Union européenne offrait « un niveau de protection suffisant ».

 « TOUT SAUF DU CARAMEL ORDINAIRE »

A des fins de plus grande transparence, le CSPI demande que la lumière soit faite sur les étiquettes. Et de renommer le colorant contenant du 4-MEI « colorant caramel issu de l’ammoniac et du sulfite » ou « colorant de caramel chimiquement modifiée ». « En lisant ’colorant caramel’, de nombreux consommateurs pensent que c’est coloré avec du caramel, mais cet ingrédient n’a rien voir avec un caramel ordinaire », explique Michael Jacobson, le président de l’association de défense des consommateurs CSPI. « C’est un concentré de produits chimiques brun foncé qui n’existe pas de manière naturelle », poursuit-il.

Face à cette levée de bouclier, mais surtout pour éviter de voir apparaître des messages d’avertissement sur ces cannettes, Coca-Cola s’est engagé à changer sa recette. « La compagnie a demandé à ses fournisseurs de caramel de faire le nécessaire afin de satisfaire les exigences de l’Etat de Californie », a indiqué Diana Garza Ciarlante, une porte-parole du groupe. Pour autant, Coca-Cola nie fermement que le 4-MEI soit dangereux pour la santé.

Si la recette évolue aux États-Unis, pas question pour autant de retirer le 4-MEI. Les fournisseurs de Coca-Cola ont expliqué qu’ils modifieraient le processus de fabrication de manière à réduire simplement sa présence et respecter la législation. Les consommateurs ne devrait même pas sentir la différence, assure le géant américain.

Pauline Pellissier