Cancers, les protons contre les petites tumeurs

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Les spécialistes de la protonthérapie, une radiothérapie spécialisée, permettant d’atteindre des tumeurs très localisées, situées dans des organes vitaux difficiles à atteindre, comme le cerveau, l’œil ou la moelle épinière se déroule à l’Institut Curie à Paris depuis mercredi jusqu’aujourd’hui. L’occasion de se pencher sur cette technologie de pointe, d’une précision redoutable, au millimètre près, qui constitue l’une des approches les plus innovantes de la radiothérapie.

Grâce à la précision d’action des protons, ces particules lourdes chargées produites par un accélérateur qui délivrent toute leur énergie en profondeur sans léser les tissus environnants, les résultats d’ensemble sont excellents. 96% des patients traités pour une tumeur de l’œil n’ont pas de récidive cinq ans après, en ayant pu conserver leur organe.

Elle est également indiquée pour les tumeurs de la tête et du cou, des chordomes ou des chondrosarcomes, des tumeurs radiorésistantes qui nécessiteraient des doses d’irradiation classique trop élevées. La protonthérapie est également indiquée en cas de tumeurs très particulières de l’enfant comme les médulloblastomes, ou les chondrosarcomes, ces tumeurs de la base du crâne. Car en limitant au maximum l’irradiation des tissus sains, et en particulier de toutes les méninges, tout au long de la moelle épinière, de haut en bas, jusqu’au sacrum, elle diminue d’autant les séquelles.

Il existe dans le monde dix-huit centres de protonthérapie dont deux en France, le premier dit de haute énergie au centre d’Orsay, rattaché à l’Institut Curie et le second à Nice, au centre Antoine-Lacassagne. Plus de 36 000 patients ont bénéficié de tels traitements dans le monde dont 3 000 au centre d’Orsay, au premier rang européen pour le traitement des tumeurs intracrâniennes (une centaine de nouveaux patients par an). Les premiers malades à bénéficier de la protonthérapie ont été les patients atteints de mélanomes malins de l’œil

Troisième centre au monde de par le nombre de patients traités, le centre d’Orsay est depuis janvier 2004 rattaché à l’Institut Curie. Cela va faciliter l’installation d’une nouvelle machine plus performante et va répondre à la demande sans cesse croissante des médecins français et européens et d’étendre les indications, notamment auprès des enfants atteints de tumeurs malignes et pour lesquels la protection des organes sensibles aux radiations est primordiale.

Car l’accélérateur d’Orsay, après cinquante ans de bons et loyaux services peut s’arrêter du jour au lendemain. Aussi dès 2007, le centre de protonthérapie d’Orsay va acquérir un nouvel accélérateur plus performant de 220 tonnes et doté d’un bras isocentrique pour faire tourner le faisceau autour du patient et de le traiter selon toutes les incidences. Plus fiable et desservant quatre salles au lieu de deux, cette nouvelle machine (25 millions d’euros de coût prévisionnel pour l’appareil, le bras et les deux nouvelles salles) devait permettre de traiter 650 patients en 2008 contre 340 en 2003.

Figaro :
http://www.lefigaro.fr/sciences/20040618.FIG0290.htm

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