Cancer du cerveau : les pesticides pointés du doigt 2 fois plus de tumeurs au cerveau chez les utilisateurs de pesticides

, par  Amessi , popularité : 2%

On a la preuve depuis quelques années que les agriculteurs qui font un usage intensif des pesticides ont plus de risques que les autres de développer une maladie de Parkinson. Des chercheurs français de l’université de Bordeaux viennent de mettre en évidence que ces produits pourraient aussi augmenter de manière très importante le risque de cancer du cerveau. Publiés dans la revue Occupationnal and environmental medicine, les résultats de leur étude suggèrent que les paysans mais également les personnes qui utilisent les pesticides pour leurs plantes d’intérieur auraient deux fois plus de risque de développer des tumeurs que les autres.

2 fois plus de tumeurs au cerveau chez les utilisateurs de pesticides

Isabelle Baldi et ses collaborateurs ont comparé les utilisations de pesticides de 221 adultes atteints de cancer du cerveau à celles de 442 adultes du même âge mais en bonne santé.

Résultats : les personnes très exposées aux pesticides, comme les agriculteurs ou les ouvriers agricoles mais également ceux qui les utilisent pour leurs plantes d’intérieur, ont un risque de cancer du cerveau augmenté de 200% ! En revanche une personne qui n’a pas été exposée du tout à de tels produits a un risque de cancer du cerveau diminué de 29% par rapport aux autres.

En évaluant les types de tumeurs concernées, les chercheurs ont mis en évidence que le risque de « gliome » était trois fois plus élevé chez les personnes exposées. Ce type de tumeur est plus courant chez les hommes que chez les femmes. Selon cette étude, c’est le fait que les agriculteurs et les ouvriers agricoles soient plus souvent des hommes que des femmes qui pourrait expliquer cette différence.

Pour Isabelle Baldi, d’autres études doivent être menées, d’une part pour confirmer ces résultats et d’autre part pour évaluer le risque en fonction des différentes familles de pesticides. Il n’est pas impossible que l’exposition à d’autres type de produits chimiques soit également en cause dans l’apparition des tumeurs du cerveau.

Selon François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (Mdrgf) interrogé par le journal Le Monde, « près de 900 molécules pesticides sont utilisées en France. On les retrouve partout, tout le monde en mange quotidiennement. En raison de cette omniprésence, il est difficile pour les scientifiques de pointer les sources précises du risque- à la différence d’un problème circonscrit comme l’amiante ». C’est le même problème que pose l’évaluation des risques associés aux polluants intérieurs qui relève du même casse-tête.

En attendant, Isabelle Baldi prévient : « Il faut 20 à 30 ans pour qu’apparaissent les maladies générées par l’introduction d’un produit cancérigène. L’usage des pesticides a explosé dans les années 1970. On pourrait donc voir apparaître les conséquence maintenant. »

Véronique Molénat

Isabelle BALDI, Brain tumors and exposure to pesticides : a case-control study in southwestern France, Occup. Environ. Med., May 2007.
(13/06/2007, L.J.S.)

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