Cancer de la Prostate, le dépistage par test sanguin serait inutile

Version imprimable de cet article Version imprimable

Elle persiste et signe. La Haute Autorité de santé (HAS) maintient ses recommandations de ne pas mettre en place un dépistage du cancer de la prostate au moyen d’un test sanguin dosant l’antigène prostatique spécifique (PSA).

Dans un rapport établi à la demande de la Direction générale de la santé et rendu public mercredi 4 avril, la HAS affirme qu’il n’y a « pas de preuves suffisantes pour justifier la mise en place d’un tel dépistage » chez les hommes présentant des facteurs de risques de cancer de la prostate.

Le dépistage du cancer de la prostate par test sanguin serait inutile

Elle persiste et signe. La Haute Autorité de santé (HAS) maintient ses recommandations de ne pas mettre en place un dépistage du cancer de la prostate au moyen d’un test sanguin dosant l’antigène prostatique spécifique (PSA).

Dans un rapport établi à la demande de la Direction générale de la santé et rendu public mercredi 4 avril, la HAS affirme qu’il n’y a « pas de preuves suffisantes pour justifier la mise en place d’un tel dépistage » chez les hommes présentant des facteurs de risques de cancer de la prostate.

En juin 2010, la HAS avait déjà pris une position similaire en ce qui concerne la population masculine en général, confirmant l’avis rendu en 1999 par son prédécesseur, l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Un choix divergent de celui de l’Association française d’urologie (AFU), qui organise depuis 2005 en France une journée nationale pour inciter les hommes de 50 à 70 ans à se soumettre à ce test.

La Haute Autorité fonde son point de vue sur le fait qu’il n’y a « pas d’études démontrant l’efficacité du dépistage en termes de diminution de la mortalité dans une population d’hommes considérés comme plus à risque ». Sachant, indique l’institution, qu’il est difficile de définir et de repérer les populations les plus susceptibles de développer cette maladie.

Des facteurs de risques sont connus :

  • antécédents familiaux de ce cancer chez des parents au premier degré (père, frère),
  • origine africaine,
  • exposition à certains agents chimiques.

La HAS recommande d’ailleurs de poursuivre les études aux Antilles, où ce cancer est nettement plus fréquent qu’en métropole.

DES « FAUX POSITIFS »

Cependant, la manière dont ces facteurs interagissent demeure mal connue et la Haute Autorité précise qu’« aucun élément dans la littérature [scientifique] ne permet de penser que les hommes avec des facteurs de risque développent des cancers de la prostate de forme plus grave ou d’évolution clinique plus rapide ».

Surtout, si chez certains individus la réalisation du test sera l’occasion de découvrir un cancer, le dosage du PSA présente des inconvénients loin d’être mineurs. Un test positif n’est pas synonyme de cancer, d’autres affections, bénignes, de la prostate pouvant entraîner une élévation du PSA au-delà de la valeur de 4 nanogrammes par millilitre de sang.

Ces « faux positifs » ont pour conséquence des biopsies de la prostate pour chercher à confirmer le diagnostic. Cet examen n’est pas sans risques : « sang dans les urines et le sperme, risque d’infections, de rétention urinaire, possibilité de faux négatifs », liste la HAS. Sans oublier les « conséquences physiques et psychologiques liées aux traitements : troubles sexuels, urinaires, digestifs ».

BALANCE BÉNÉFICES-RISQUESFAVORABLE

En conséquence, la Haute Autorité insiste sur la nécessité de « fournir une information complète aux hommes envisageant la réalisation d’un dépistage, notamment sur ses conséquences éventuelles ».

En octobre 2010, un comité américain d’experts indépendants, l’US Preventive Services Task Force, s’était prononcé contre l’utilisation du dosage sanguin du PSA chez les hommes en bonne santé, estimant que la balance bénéfices/risques de ce test était défavorable.

En France, le nombre de nouveaux cas estimés de cancer de la prostate en 2011 était de 71200, nettement plus que celui du cancer du poumon (27500) ou du cancer colorectal (21500). Le cancer de la prostate est toutefois moins meurtrier : 8700 décès en 2011 contre 21000 par cancer du poumon et 9200 par cancer colorectal.

Les trois quarts des décès par cancer de la prostate surviennent après 75 ans. La fréquence augmente avec l’âge : « Les cancers de la prostate sont très rares avant 55 ans », alors que l’incidence atteint 268 pour 100000 chez les hommes de 60 à 69 ans, signale la HAS.

En attendant que des tests plus performants que le dosage du PSA soient mis au point, l’examen de base reste le toucher rectal.

Le Monde.fr | 04.04.2012 - Par Paul Benkimoun

Voir aussi : CANCER DE LA PROSTATE, LEPISTAGE PEUT-IL ETRE DANGEREUX !

Et encore : http://www.votre-sante.com/suite.php?dateedit=1333566804

Vos commentaires

  • Le 22 septembre 2013 à 14:52, par achtung En réponse à : Cancer de la Prostate, le dépistage par test sanguin serait inutile

    Voici mon témoignage.Si le dépistage par Psa n’avait pas été fait en novembre 1996,mon mari ne serait plus là à ce jour.En effet,malgré le toucher et l’échographie normaux,le taux de Psa réalisé à sa demande se révélait être à 31,84.En janvier 97,les biopsies réalisées ont donné un score de Gleason à 8.Résultat du scanner : capsule soufflée et 2 petits nodules dans la graisse vésico rectale.Il n’a donc pas été opéré mais traité par antihormonothérapie(Androcur,puis Anandron et Enantone.Puis il a été traité,malgré les RMO et sur notre insistance, parune radiothérapie(66 grays).Il avait 63 ans.

    Après un « BAC »+12 et avec un recul de 5 ans d’arrêt de tout traitement ,il a maintenant 80 ans et est toujours en bonne forme,malgré les effets secondaires qui ne sont pas anodins.Mais l’important est qu’il est toujours vivant malgré la condamnation de l’urologue qui le croyait perdu à court terme : si on avait dépisté 3 mois plus tard il aurait été trop tard d’après le généraliste.Merci la prevention !!!!

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?