Cancer de la Prostate : Le dépistage peut-il être dangereux ?

, par  Amessi , popularité : 3%

Selon un très sérieux groupe de travail américain, le test sanguin PSA pour détecter le cancer de la prostate ne devrait plus être fait aux hommes en bonne santé âgés de 50 ans ou plus.

Prostate : Le dépistage peut-il être dangereux ?

L’étude réalisée aux États-Unis remet sérieusement en cause l’efficacité du test PSA

Fini la controverse autour du test sanguin pour détecter le cancer de la prostate ? Un important comité fédéral américain, le Groupe de travail des services de prévention des États-Unis, vient en tout cas de lancer une véritable « bombe » dans le domaine médical :

-* il a en effet conclu dans un rapport rendu public que le test sanguin prostate specific antigen (PSA) ne devrait plus être recommandé aux hommes en bonne santé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il ne permet pas de sauver des vies et qu’il conduit à des traitements inutiles. Cette prescription quelque peu révolutionnaire se fonde sur les résultats de cinq essais cliniques.

« Le manque de précision du test PSA et son incapacité à distinguer les tumeurs bénignes des tumeurs agressives signifie qu’on diagnostique un cancer de la prostate à mauvais escient à un nombre conséquent d’hommes », souligne noir sur blanc le rapport du comité fédéral américain, avant de préciser : « S’il y a un bénéfice, il est très mince au bout de dix ans ».

Effectué de façon routinière aux États-Unis chez tous les hommes à partir de 50 ans, le test mesure le taux d’une protéine produite par la prostate et aide à détecter la présence de cellules cancéreuses dans cette glande. En France, il est souvent effectué à l’occasion d’un bilan de santé.

Mais de nombreux praticiens reconnaissent qu’une vaste majorité d’hommes, même porteurs des cellules cancéreuses, ne sont jamais affectés par ce type de cancer dont l’évolution est souvent très lente. Et même pour ceux qui souffrent d’une tumeur agressive de la prostate, le test ne semble pas améliorer le taux de survie, puisque rien, rigoureusement rien ne montre jusqu’à présent un avantage à commencer un traitement plus tôt pour ces cancers qui font des métastases…

 Sérieuses complications

Dès 2010, l’American Cancer Society (ACS), qui ne recommande plus de pratiquer des tests PSA de routine pour la plupart des hommes depuis les années 1990, avait exhorté les médecins à parler franchement avec leurs patients de ses risques et limites.

Largement utilisé depuis les années 1990, le test PSA a eu des conséquences néfastes pour un grand nombre d’hommes qui ont subi à sa suite des biopsies et autres traitements souvent inutiles, avec parfois de sérieuses complications.

 « Désastre de santé publique »

Selon le comité fédéral, les résultats du test PSA ont conduit un million d’Américains à être opérés de la prostate ou à subir des radiothérapies, voire les deux. Parmi ces patients, au moins 5.000 sont décédés après l’intervention chirurgicale et de 10.000 à 70.000 ont souffert de troubles graves. Le comité estime aussi que 200.000 à 300.000 d’entre eux souffrent d’impuissance, d’incontinence ou des deux.

Ces complications et le grand nombre d’hommes à en souffrir ont même conduit l’inventeur du PSA, le Dr Richard Ablin, à le qualifier de… « désastre de santé publique » !

Cependant, par ses fort « déroutantes » révélations, le comité fédéral américain ne va sans doute pas manquer d’affronter une très vive résistance de certains laboratoires pharmaceutiques et médecins pour qui le PSA est très lucratif. Le marché qu’il représente serait supérieur à 3 milliards de dollars par an…

Par J.-P. Th. pour France Soir !

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