Cancer colorectal : encore trop de décès évitables

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Cancer colorectal : encore trop de décès évitables »


Le Figaro

Martine Lochouarn rappelle dans Le Figaro que « le cancer colorectal est responsable chaque année en France de 17 000 décès pour 37 000 nouveaux cas. C’est le troisième cancer en termes de fréquence, le deuxième pour la mortalité ».

La journaliste observe que « si les traitements ont beaucoup progressé, leur efficacité dépend largement du diagnostic précoce de ces tumeurs. Or, encore 40% de ces diagnostics sont faits alors qu’il y a déjà des métastases ».

Martine Lochouarn se penche ainsi sur « la campagne actuelle de l’Inca et du ministère de la Santé pour inciter les personnes de 50 à 74 ans à se faire dépister », et rappelle entre autres que « tabac, alcool, surpoids, sédentarité et régime hypercalorique riche en viande favorisent la survenue de ce cancer ».

« Seuls 3% des cas sont dus à une maladie génétique. […] Dans 17% des cas, un cancer colorectal chez un parent au premier degré traduit une prédisposition familiale qui multiplie le risque par deux. Mais 80% sont des cancers isolés », poursuit la journaliste.

Martine Lochouarn remarque que « quand la maladie est diagnostiquée au tout premier stade, la survie à 5 ans atteint 94% : des chiffres qui parlent d’eux-mêmes en faveur du dépistage ».

La journaliste aborde les chiffres du dépistage : « Pour observer un recul réel de la mortalité, il faut qu’au moins 50% des 50-74 ans se fassent dépister. Et c’est là que le bât blesse : le taux de participation n’est supérieur à 50% que dans deux départements, et peine presque partout ailleurs à dépasser les 40% ».

Le Pr Michel Ducreux, chef du service de cancérologie digestive à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, note que « les modalités pratiques du test [Hemoccult], qui impose de manipuler un peu de matières fécales, expliquent ce retour particulièrement médiocre ».

Martine Lochouarn ajoute que « l’adhésion des médecins généralistes reste aussi timide. Par ailleurs, l’Hemoccult donne 50% de faux positifs. […] Enfin, sa lecture ne peut être réalisée que par des centres expérimentés ».

La journaliste annonce donc l’arrivée prochaine d’un « nouveau test immunologique, à lecture automatisée ». Le Pr Philippe Rougier, chef du service de gastro-entérologie et d’oncologie digestive de l’hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne, précise qu’« il reste quelques études confirmatoires en cours, mais le test immunologique devrait petit à petit remplacer le test actuel ».

Revue de presse rédigée par Laurent Frichet

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