Autopsie du livre Loïc Le Ribault, « savant maudit ? » de Valérie Duby & Alain Jourdan, éditions Favre (2005)

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Ce livre m’a appris beaucoup de choses sur moi-même.

J’y ai ainsi découvert : qu’il m’arrivait d’être « parfois lucide » (1), que, « selon mes propres amis », je « semble parfois avoir un peu pété les plombs » (2), que je suis à géométrie variable - alternativement « petit » (3) et « de taille moyenne » (4) - (5), que je suis tantôt doté ou non d’une « âme sœur » (6), qu’il a été « démontré » qu’il m’était arrivé de me « tromper » dans mes expertises (7), mais que j’avais néanmoins été « convaincant dans plusieurs » (sic) de celles-ci (8), qu’on m’avait offert 500.000 livres sterling pour créer une clinique (9), qu’en Belgique je me cachais sous les tables quand passait un avion (10), que je vois des machinations et des complots partout, que je suis paranoïaque, névrosé, et bien d’autres choses encore.

Autopsie du livre Loïc Le Ribault, « savant maudit ? » de Valérie Duby & Alain Jourdan, éditions Favre (2005)

Loïc Le Ribault - 22 02 05

Les auteurs concluent que je suis un « anarchiste d’extrême droite » (11), proche des « défenseurs des minorités religieuses et du gotha de l’ésotérisme » (12). Que je justifie ces « amitiés inavouables » par une naïveté que j’explique « en prétendant (sic) être un grand criminologue » (13), que je « revendique mes dérapages au nom d’un génie que plus aucune autorité ne veut me reconnaître » (14), que « j’ai fait du politiquement incorrect ma marque de fabrique » (15).

Fermez le ban, la messe est dite.

Après tout, peut-être ce portrait est-il l’exact reflet d’un Le Ribault qui m’était inconnu ?

Mais, pour qu’un accusé accepte une condamnation si sévère, encore faut-il que l’instruction ait été, comme l’exige la loi, menée à charge et à décharge, que les preuves soient accablantes et l’enquête irréprochable.

Ce qui n’est pas le cas.

Mes collaborateurs et mes proches savent que je suis quasi maniaque de l’exactitude et passe un temps infini à vérifier l’orthographe des noms, les dates, les sources bibliographiques et les faits que je relate avant d’estimer qu’un de mes écrits est publiable.

C’est pourquoi, lorsque j’avais rencontré Valérie Duby et Alain Jourdan pour la première fois à Montreux en mars 2004, je les avais informés que je tenais à recevoir une copie de leur manuscrit, afin de corriger les erreurs scientifiques ou historiques éventuelles, mais en me gardant de porter le moindre jugement sur leur opinion me concernant.

Ce manuscrit me parvint à l’automne dernier.

Le portrait peu reluisant tracé de moi me stupéfia. Pourtant, les auteurs avaient à leur disposition depuis plusieurs mois la totalité de mes ouvrages, une masse de documents et les noms de nombreux témoins à interviewer en cas de besoin.

J’en déduisis qu’ils avaient bâclé leur enquête, comme tendaient à le prouver les multiples fautes qui parsemaient leur manuscrit. Les auteurs affirmaient pourtant avoir mené leur enquête « avec la même méticulosité que Le Ribault lorsqu’il braque ses microscopes (...) sur un grain de sable »(16).

En novembre 2004, j’adressai donc à Alain Jourdan la liste des corrections à effectuer impérativement (erreurs de noms, de dates, fautes de frappe et d’orthographe), lui fis part de mes commentaires sur les points avec lesquels j’étais en désaccord, et donnai des explications sur ce qu’il semblait ne pas avoir compris. Il me certifia qu’il en tiendrait compte.

C’est pourquoi, en ouvrant voici deux semaines un exemplaire du livre tout juste sorti de presse, je fus tétanisé : pas une seule des erreurs de dates et de noms que j’avais signalées n’avait été corrigée (cf. annexe 1), à l’exception de quelques fautes de frappe ou d’orthographe. Surtout, les auteurs n’avaient pas tenu le moindre compte de mes remarques ou de mes explications. Ils n’avaient donc nullement cherché à « disséquer » mon histoire et mon personnage à partir de faits scrupuleusement établis. Ils avaient poursuivi un tout autre objectif pour lequel la réalité n’avait non seulement aucune importance, mais était même gênante : réécrire purement et simplement mon histoire, tout en prenant grand soin d’apparaître eux-mêmes comme « politiquement corrects » (cf. annexe 2).

Pour cela, tout au long du texte, ils procèdent par petites touches. À coups d’erreurs volontaires, de dates falsifiées, d’omissions (cf. annexe 3), d’anecdotes inventées, de mensonges et de contre-vérités (cf. annexe 4), les auteurs créent une sorte de personnage subliminal, dont l’image peu recommandable s’ancre insensiblement dans l’inconscient du lecteur (17).

Pour une raison bien précise : je dois apparaître, à tout prix, non seulement comme un militant d’extrême droite (cf. annexe 5), mais aussi comme un sympathisant des mouvements pro-sectes (cf. annexe 6).

C’est à partir de la page 119 (chapitre « Récupéré par l’extrême droite »), qu’Alain Jourdan - car c’est de lui qu’il s’agit - va donner toute sa démesure. Tous mes amis qui l’ont rencontré ont été frappés par son obsession maladive des sectes et de l’extrême droite. Il est impossible d’avoir avec lui plus de dix minutes de conversation sans qu’il aborde ces sujets qui le hantent littéralement.

Certains qu’il allait déformer mes propos, ces amis m’avaient averti d’être extrêmement prudent en lui parlant. Mais, comme le disent les auteurs eux-mêmes en parlant de moi (et sur ce point ils ne mentent pas...), je fais « confiance au premier venu » (18).

Alain Jourdan est à ce point déformé par son obsession qu’il n’est peut-être pas réellement responsable de ce qu’il écrit, excluant malgré lui les faits qui le dérangent (cf. annexe 7) pour ne retenir que ce qui alimente ses thèses, focalisé qu’il est sur une grille de lecture qui n’est déchiffrable que par lui seul.

Peut-être... Mais je constate que, dans le livre auquel il a collaboré, figurent in extenso tous les mensonges et toutes les interprétations fantaisistes et malsaines qu’on trouve en résumé dans le livre de Frédéric Charpier, commandité en 1997 par le Ministère de l’Intérieur (19)...

Alors, pourquoi ai-je consacré du temps à décortiquer un ouvrage que personne ou presque ne lira ?

Tout simplement parce qu’il est un modèle exemplaire de livre de propagande, du type de ceux commandités par tous les gouvernements totalitaires pour discréditer ceux qui les dérangent.

C’est ce que me disait, pas plus tard que hier soir, une vraie journaliste. Une Russe qui a connu le temps du communisme. Et qui n’a pas pu terminer le livre de Duby et Jourdan : il lui rappelle de trop mauvais souvenirs...

Réflexion faite, ce livre est un hommage à mon indépendance. Comme le disait mon avocat suisse Enrico Scherrer, dans une phrase soigneusement censurée de la version définitive du livre : « Il a dérangé et il continue à déranger ! (...) ».

Et j’ai bien l’intention de continuer.

Le Ribault,

Suisse, 19 février 2005

Notes :

(1) page 131, ligne 1. Retour

(2) page 142, lignes 3-4.

(3) page 19, ligne 20.

(4) page 12, ligne 29.

(5) ma taille réelle, en toutes circonstances, est de 1 m 80.

(6) comparer page 14, ligne 23 et page 153, ligne 9.

(7) page 64, lignes 14-15 et 21.

(8) page 138, ligne 17. Retour

(9) page 81, ligne 27.

(10) page 110.

(11) page 131, ligne 4.

(12) page 127.

(13) page 119, lignes 5-8.

(14) page 154, lignes 3 et 4.

(15) page 154, lignes 4-6. Retour

(16) page 21, lignes 29-31. Retour

(17) Les images subliminales sont des messages visuels dont la durée de présentation est suffisamment longue pour qu’ils soient perçus par l’œil et atteignent le cortex visuel, mais trop brèves (moins de trois millisecondes) pour que notre conscience en soit informée. Dissimulées par exemple dans des séquences filmées, ces images ont pour but d’influencer le comportement des consommateurs à leur insu. Il est scientifiquement prouvé que de tels messages subliminaux influencent le choix et/ou le comportement de ceux qui les reçoivent inconsciemment. Un bel exemple nous fut fourni récemment en France lors des élections présidentielles de 1988, quand on découvrit qu’une image subliminale du candidat François Mitterrand apparaissait dans le générique du Journal Télévisé d’Antenne 2 au cours de la campagne électorale. Ce scandale fut très vite étouffé mais je tiens à disposition de ceux qui le souhaiteraient une preuve photographique de cette manipulation.

(18) page 119, ligne 4.

(19) « Au cœur de la PJ. - Enquête sur la police scientifique », éditions Flammarion, mars 1997 (pages 178 à 181). Retour

Annexes

1. - Les preuves d’une enquête bâclée

Erreurs de dates

Page 26, ligne 19 : mon frère a neuf ans de plus que moi, pas dix.

Page 25, ligne 26 : mon père est décédé en 1989, pas en 1985.

Page 61, ligne 28 : l’IRCGN a été créé en 1991, non en 1987.

Page 84, ligne 9 : la perquisition chez ma mère a eu lieu le 7 août 1996, non en juillet 1996.

Page 109, dernière ligne : il n’y avait pas quatre ans que j’avais quitté Gradignan, mais sept.

Page 126, ligne 29 : l’Association internationale des amis de Loïc le Ribault n’a pas été créée en 1997, mais en 2001.

Noms propres estropiés

Page 41, lignes 22 et 22 : le fabricant de microscopes n’est pas « Loo », mais « Léo »...

Page 83, ligne 16 : la plage de « Coconut Beach » n’existe pas. Je donnais mes rendez-vous au « Coconut Grove », sur les bords de « Dickinson Bay ».

Pages 94 et 95 : en anglais, « Frank » s’écrit sans « c ».

Page 107 : Jean-Yves Bilien est orthographié avec deux « l ».

Page 121, ligne 21 : Desmaretz est orthographié « Desmarez ».

Page 126, ligne 27 : Michel Bogé devient « Christian Bogé ».

Page 141, ligne 29 : la National Agence Security n’existe pas. Les auteurs veulent sans doute parler de la National Security Agency.

Page 153, ligne 5 : Bryan devient « Brian » .

2.- Des auteurs « politiquement corrects »

Page 63, lignes 14 à 16 : les auteurs, offusqués, assurent qu’il n’est « pas question de rejoindre Le Ribault lorsqu’il prétend que les laboratoires d’État rendent des expertises truquées » (dans mes corrections, j’avais pris soin de préciser « rendent en cas de besoin des expertises truquées »).

Cette pudibonderie est d’autant plus étrange que les auteurs font état des affaires Chanal, de la Maison des Têtes, Boulin, etc. à propos desquelles ils ont eu entre les mains les preuves irréfutables d’expertises truquées par les laboratoires d’État.

3.- Omissions

Page 7, ligne 20-21 : les auteurs « oublient » de préciser que le « plan de modernisation » de la police a été copié sur des rapports que m’a demandé le ministère de l’Intérieur.

Page 33, lignes 17 à 22 : les auteurs « oublient » de mentionner que Gérard Longuet, ministre de l’Industrie, a signé un faux témoignage pour couvrir la contrefaçon de mon brevet.

Page 34, lignes 15 à 17 : les auteurs « oublient » de préciser qu’au cours de ces visites le ministère de l’Intérieur présentait le CARME comme le laboratoire de recherches de la police française.

Page 58, ligne 2 : les auteurs « oublient » de préciser que les scellés de l’affaire Boulin ont été détruits par Michèle Rudler sur ordre du préfet de police, comme en a témoigné le Professeur Lebreton.

Page 97, ligne 19 : les auteurs « oublient » de préciser que j’ai soigné mes rhumatismes avec le G5.

Ils oublient beaucoup d’autres choses encore : notamment le fait qu’en 1999, j’avais adressé un dossier (intitulé Loïc le Ribault : affaire d’État ?) à 600 journalistes (presse, télévision, radio) de toutes tendances. J’aurais, bien entendu, accepté de grand cœur tout soutien, qu’il soit venu de la gauche, du centre, des écologistes, des anarchistes, que sais-je encore. Mais il se trouve que les seuls à m’avoir défendu contre l’acharnement étatique dont je suis l’objet depuis plus de dix ans se trouvent avoir été des journalistes de droite, qu’une fois de plus je remercie vivement, quitte à noircir encore mon étiquette.

Ils « oublient » aussi qu’au moment de mon procès, bien que tout le monde connaisse mon aversion envers toutes les religions, des cérémonies furent organisées à mon intention par des catholiques classiques ou traditionnalistes et des protestants dans toute la France, par des rabins à Londres et à Jérusalem, des musulmans à Tunis, Alger et Tripoli, et des shintoïstes je ne sais plus où...

4.- Mensonges et contre-vérités

Page 7, ligne 22 : « le prive de juteux contrats ». Je n’ai jamais eu le moindre contrat avec la justice française, et mes prestations étaient loin d’être juteuses.

Page 11, ligne 11 : je n’ai jamais travaillé sur l’affaire Dominici.

Page 29, ligne 15 : en 1981, j’ai payé mon premier microscope électronique non pas 2,6 millions de francs mais seulement 30.000 francs.

Page 30, lignes 27 à 29 : où le lecteur apprend que la preuve scientifique était, « depuis quelques années », un « élément essentiel de l’enquête criminelle ». Où il découvre aussi que, par conséquent, je « débarque » au moment propice pour m’enrichir.

Page 64, lignes 14-15 et 21 : les auteurs prétendent qu’il a été démontré que je m’étais trompé dans l’affaire Pineau/Carty. C’est faux, et des journalistes (sérieux) ont démontré la machination organisée par la ministère de l’Intérieur (20).

Page 73, lignes 4 et 5 : ce ne sont pas « quelques semaines » après la parution de l’article que des « centaines » de personnes se sont mises à faire la queue devant chez moi. C’est le matin même, et ce n’est pas moi qui assure (léger doute...) la réalité du phénomène, mais des reportages télévisés et des articles de journaux.

Page 78, ligne 9 : les articles scientifiques sur le silicium organique « peu nombreux » se comptent en réalité par centaines, depuis un siècle, et dans les revues les plus officielles.

Page 81, lignes 23 à 30, et page 82, ligne 1 : on trouve là, en quelques lignes, un concentré de mensonges : où les auteurs sont-ils allés pêcher que j’avais récolté 500.000 livres sterling pour monter une clinique ? Quels sont les « bons amis » qui m’ont permis cet exploit financier ? Quel est le rapport entre la mort de Jean-Michel Graille et « une demande accrue de G5 » ? Comment aurais-je pu faire face à cette « demande accrue » en avril 1996, alors qu’à l’époque je me trouvais, totalement ruiné, à Antigua ? Quels sont ces contacts pris dans les Caraïbes britanniques « via le département français de la Martinique » ?

Page 83, lignes 3 et 4 : Je n’ai jamais acheté de photocopieuse d’occasion, mais effectué des photocopies.

Page 96, lignes 27 et 28 : mon départ de Jersey n’a pas été motivé par la plainte de médecins, mais par des menaces.

Page 103, ligne 8 : je n’ai jamais dit que j’avais « rêvé que l’on allait venir m’arrêter », mais que « j’avais rêvé de prison ». Nuance...

Page 108, lignes 8 et 9 : je me suis pas séparé de l’avocat Barillon pour des « questions d’honoraires apparemment », mais pour cause d’inefficacité.

Page 108, dernière ligne : les milliers de lettres que j’ai reçues en prison deviennent des « dizaines ».

Page 110, quatre dernières lignes : où j’apprends que je me jetais sous la table de mon « sponsor » (sic) belge lorsqu’un avion survolait sa propriété ! Cette version ridicule, présentée comme la réalité, est celle donnée aux auteurs par Jacques Declercq. Ils étaient supposés apporter cette précision et ne l’ont pas fait. Pourquoi ?

De même qu’il est étrange que la phrase qui suivait dans le manuscrit original (21) ait disparu du texte définitif : « Son avocat genevois, Me Scherrer, tempère : « Je comprends qu’il ait peur, encore aujourd’hui. Il a dérangé et il continue à déranger ! (...) ».

Page 120, lignes 13 à 15 : Richard Abbey n’a jamais été un associé, mais simplement un patient qui d’ailleurs témoigne dans le reportage de la BBC du 17 novembre 1998.

Page 129, lignes 3 à 6 : une invitation à venir me reposer dans un château près de Tours devient une tentative de récupération physique par le responsable d’un mouvement d’extrême droite.

Page 137, lignes 13 : je n’ai jamais parlé de « vaste machination » en ce qui concerne l’attentat des tours de New York. Mais je suis arrivé à la conclusion qu’on savait qu’un attentat allait être commis et que tout fut mis en œuvre pour limiter le nombre des victimes, tout en sachant que l’évènement ne pouvait être évité. J’ai précisé aussi qu’il y avait un antécédent à ce genre de situation : celui de l’attentat d’Oklahoma.

Page 137, lignes 17-18 : comment aurais-je pu dire ou écrire qu’il y eut « 6.000 morts » dans l’attentat contre le World Trade Center, alors qu’il n’y en eut « que » 3.000 ?

5.- Comment fabriquer un extrêmiste de droite

Page 106, dernière ligne et page 107, lignes 1 à 9 : parmi les rares personnes autorisées à me rendre visite à Champ-Dollon figuraient le cinéaste Jean-Yves Bilien (de gauche), Frédéric Chambon, du journal socialisant Le Monde, et mon amie Laurence (centre gauche).

Pourtant, les auteurs focalisent l’attention sur Alain Martin Desmaretz de Maillebois, présenté comme un « militant d’extrême droite », et ne mentionnent pas les sensibilités politiques de mes autres visiteurs.

Page 119, ligne 21 à page 121, ligne 4 : en décembre 2003, alors que j’étais en prison, les auteurs avaient reçu la visite de deux étranges personnages qui « avaient des révélations à faire » me concernant. Dans le livre, ils disent eux-mêmes que cette visite était « pour le moins surréaliste », que leurs interlocuteurs n’étaient pas crédibles et racontaient n’importent quoi pour me porter tort. Autrement dit, des témoins qui n’étaient pas fiables. Alors, pourquoi évoquer dans le livre cette entrevue sans intérêt ? Pour une excellente raison, que les auteurs avouent candidement : « A l’issue de l’entretien, la seule information qui paraît digne d’intérêt (22) concerne cette affinité déjà ancienne de Le Ribault avec l’extrême droite » ! C’est ce qu’on appelle filtrer l’information ou je ne m’y connais pas...

Page 127, lignes 5-8 : « Il n’y a désormais plus aucun doute. Les plus fervents supporters de Le Ribault se retrouvent parmi les militants du Front National, les groupuscules d’extrême droite, les défenseurs des minorités religieuses et le gotha de l’ésotérisme ».

Page 127, lignes 27-28 : C’est le cri de victoire : « Nous y voilà ! », jubile Jourdan. « Les activistes de tous poils se retrouvent dans ce discours. » On sent que le but est enfin atteint.

Page 129, lignes 1-3 : « Des proches du scientifique confirment que des militants d’extrême droite sont venus assister au procès de Bordeaux ». C’est exact, mais quid de tous les autres, toutes sensibilités politiques comprises (y compris des communistes bon teint) ?

6.- Comment fabriquer un défenseur des sectes

Dans les trois derniers chapitres (23), on note un resserrement redoutable de la « démonstration » d’Alain Jourdan ; mais le clou de celle-ci est le chapitre intitulé « Du complot à la conspiration ». N’ayant retenu (ou fabriqué) que ce qui alimentait sa thèse, il va aller très loin pour justifier ses convictions préfabriquées.

P. 134 et suivantes : Passant du protocole des sages de Sion à un Nouvel Ordre Mondial oeuvrant à la domination de la planète avec la collaboration d’extra-terrestres (sic), scénario dans lequel les auteurs décèlent des éléments empruntés au mythe du « complot judéo-maçonnique » (ouf...), ils découvrent enfin le pot aux roses : « il existe des coïncidences qui interpellent. Le Ribault est aussi passionné par les soucoupes volantes » ! Et je dissimulais jalousement cet intérêt honteux : « On l’ignorait (sic) mais avant de créer le CARME, le géologue donnait des conférences sur les OVNIS ! » Les auteurs ignoreraient-ils que nombre de scientifiques parmi les plus éminents ont étudié ou étudient actuellement les OVNIS, phénomène authentique mais toujours inexpliqué ?

Quant à moi, il est difficile de prétendre que je cachais honteusement cet intérêt coupable pour un sujet non inscrit dans les programmes « orthodoxes » de l’université : mes premières conférences sur les OVNIS m’ont été officiellement demandées par les autorités de la Marine en 1974, et mes premiers articles publiés en 1975...

Page 135, lignes 2-3 : où Alain Jourdan va jusqu’à falsifier l’Histoire avec un grand « H » ! Il n’hésite pas à écrire froidement : « L’histoire a pourtant montré que les complots sont toujours (24) l’œuvre de l’extrême droite ». Eh oui. Oubliée, la Révolution française d’inspiration franc-maçonnique, une certaine révolution russe en 1917, Mao, Pol Pot et les Khmers rouges, Fidel Castro, etc. La liste est longue. Et les « oublis » me concernant, s’ils sont significatifs, sont bien insignifiants par rapport à cette réécriture scandaleuse de l’Histoire.

Page 138, ligne 26 : au sujet du drame des Twin Towers, de quel droit les auteurs peuvent-ils se permettre de qualifier mes déductions de « guignoleries » ? Quelles sont leurs références dans le domaine de l’expertise pour oser porter un jugement sur mes conclusions ?

Page 143 à 150 : le chapitre intitulé « Le joker perdu des Vuarnet » est sans doute capital, puisqu’il commence par cette phrase : « Le nom de Loïc Le Ribault a failli (sic) être associé à une autre affaire, celle de l’Ordre du Temple Solaire. »

Oui, vous avez bien lu : « failli ».

Autrement dit, je n’y ai pas travaillé.

Mais c’est tout de même l’occasion de prétendre que mon nom « a perdu de son prestige ». Et, surtout, d’affirmer qu’« on imagine mal la justice donner du crédit à un expert qui ne cache plus sa proximité avec Christian Cotten, l’Omnium des Libertés et les tenants des théories conspirationnistes ».

7.- La réunion « oubliée » de Cartigny

Les auteurs avaient été invités les 30 et 31 octobre 2004 à une réunion organisée par l’Association Internationale des Amis de Loïc Le Ribault (AIALLR) au Centre de Rencontres de Cartigny. Ils étaient bien présents devant les locaux à 14 h 30 mais déclinèrent l’offre d’entrer et d’assister aux débats, sous prétexte qu’ils étaient très occupés. Alors, pourquoi étaient-ils là ? Alain Jourdan me demanda néanmoins de lui rédiger un compte rendu de la réunion, ce que je fis quelques jours plus tard.

Une cinquantaine de participants de tous âges, conditions sociales et sensibilités politiques assistaient aux débats, qui furent d’une haute tenue. Michel Bogé (25) expliqua l’importance de produits réellement écologiques, Pierre Lance (26) retraça l’histoire de la revue qu’il anime depuis 25 ans, j’annonçai mon intention de recréer prochainement en Suisse un laboratoire de microanalyse, Daniel Nalesso (27) expliqua les bienfaits de la sophrologie instrumentale, Francis Paroz présenta (28) l’initiative populaire fédérale lancée pour le droit officiel au libre choix thérapeutique, et Jacques Surbeck (29) exposa les dangers biologiques des radiations électromécaniques pulsées.

Un article parut effectivement dans La Tribune de Genève du 23 novembre 2004, sous le titre « Inventeur de génie ou charlatan ? Loïc Le Ribault de retour en Suisse ». Aucun compte rendu de la réunion ne figure, pas plus que la liste des intervenants... à l’exception d’un seul : Alain Jourdan indique simplement que mon « carré de fidèles » était « emmené » par Christian Cotten, présenté comme le président « d’une association pro-sectes » ! Aucun mot sur les autres intervenants, pas une ligne sur la teneur des débats, silence radio total sur la diversité sociologique et politique des participants.

Heureusement, Alain Jourdan n’avait pas été informé qu’outre un membre du parti socialiste, une de ses bêtes noires s’était infiltrée dans l’assistance : Laurent Martin Desmaretz de Maillebois en personne ! Sinon, notre réunion amicale et oecuménique se serait, sous sa plume vigilante, transformée en colloque exclusif du Front national... et le « carré de fidèles » en foule menaçante.

Notes :

(20) pour plus de détails, consulter mon site internet à la rubrique « affaires d’Etat ».

(21) à disposition de ceux qui le souhaiteraient. Retour

(22) C’est moi qui souligne. Retour

(23) « Récupéré par l’extrême droite », « Du complot à la conspiration », « Le joker perdu des Vuarnet ».

(24) C’est moi qui souligne. Retour

(25) président de l’association et président des ConsomActeurs Associés.

(26) rédacteur en chef de la revue L’Ère Nouvelle et auteur de l’ouvrage « Savants maudits, chercheurs exclus » (Éditions Trédaniel, 2003).

(27) premier prix de violon au Conservatoire National Supérieur de Paris, artiste mondialement célèbre.

(28) Mednat et Mednat-Club, Montreux.

(29) directeur de Recherche, membre de la Commission Internationale de la Santé au Travail.

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