Antoine Bechamp (1816-1908) T. LAVABRE-BERTRAND,

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Antoine Bechamp (1816-1908)

En 1899 paraissait à Paris, chez l’éditeur Chamalet, un ouvrage intitulé “Le Sang et son troisième élément anatomique”. Application de la théorie microzymienne de l’organisation vivante à l’étude de la constitution anatomique et chimique du sang et à celle des causes anatomiques et physiologiques des phénomènes de sa coagulation et de ses autres altérations spontanées par A. Béchamp, ancien professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, Membre correspondant de l’Académie de médecine, etc. [1]. Ce titre bien mystérieux ne peut manquer d’attirer l’attention des hématologistes : ne serions-nous pas en présence d’un illustre ancêtre bien oublié, et de surcroît montpelliérain ?

I. Antoine Béchamp et la théorie des microzymas.

Antoine Béchamp naît à Bassing, en Moselle, le 15 octobre 1816, de Jacques Béchamp, « meunier ». Son éducation est sévère et originale. Son oncle maternel est en effet consul de France en ce que l’on appelait alors la Valachie . Il prend en charge l’enfant et c’est à Bucarest que Béchamp accomplit sa scolarité. Elève en pharmacie, il s’initie aux préparations, à la pratique médicale et à la petite chirurgie. Il regagne la France en 1834, et s’inscrit à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Strasbourg. Pharmacien en 1843, il ouvre une officine à Strasbourg. C’est là que s’affirment ses goûts pour l’étude et la recherche : Béchamp est surtout un autodidacte, et les charges universitaires viendront alors que sa personnalité scientifique est déjà formée : il est d’emblée disposé au travail solitaire et à l’anticonformisme. Il se présente en 1851 au concours d’agrégation de l’Ecole de Pharmacie de Strasbourg. Il est désigné à l’unanimité pour le poste de chimie, physique et toxicologie. Pasteur, pour lors professeur suppléant de chimie à l’Ecole de Pharmacie, siège au jury. Il siègera de même au jury de soutenance de sa thèse de Doctorat ès-Sciences en 1853, consacrée à des Recherches sur la pyroxyline. C’est en effet l’époque des découvertes purement chimiques : Béchamp synthétise l’acide para-amino-phényl-arsénique, base du traitement par les arsénobenzols. Il travaille aussi sur la pyroxyline, la fuchsine...

Sur la recommandation du chimiste d’origine alésienne J.B. Dumas (1800-1884), Béchamp est nommé, le 10 décembre 1856, Professeur de Chimie médicale et de Pharmacie à la Faculté de Médecine de Montpellier, non sans être devenu auparavant docteur en médecine en soutenant une thèse remarquée sur les substances albuminoïdes et sur leur transformation en urée . Il consacre sa leçon inaugurale à un Essai sur les progrès de la chimie organique depuis Lavoisier . Il restera 20 ans à Montpellier, et s’y fera de nombreux amis, tout particulièrement le professeur Alfred Estor (1830-1886) qui deviendra un collaborateur de tous les instants. C’est à Montpellier que s’élabore la Théorie des Microzymas, sans pour autant que soient négligées les recherches purement chimiques sur le sous-nitrate de bismuth, les effets toxicologiques de l’arsenic et de l’antimoine...

Alors que la Théorie des Microzymas faisait de nombreux adeptes à Montpellier, Béchamp démissionne et part pour Lille en 1876, pour y devenir le premier Doyen de la Faculté libre de Médecine. C’est qu’il estime devoir mettre sa science et sa réputation au service de cette jeune institution qu’il voudrait voir régénérer les nouvelles générations médicales. Cette aventure se soldera par un échec pénible : Béchamp se heurte à d’insurmontables difficultés matérielles, sources de conflit avec le corps épiscopal, tuteur de la Faculté. Il est finalement purement et simplement révoqué en 1888, sous une vague accusation de matérialisme, bien infondée. La rigidité de son caractère et le ton que prenait sa polémique avec Pasteur y ont sans doute été pour beaucoup.

Cette polémique est en effet d’une particulière violence. Elle explose au congrès de Londres en 1881, avec une accusation mutuelle et publique de plagiat. La vie de Béchamp ne sera plus que rancœur contre son heureux rival. Il achète une officine au Havre, puis revient à Paris où il meurt dans l’oubli en 1908.

Mais qu’est-ce que la théorie des Microzymas [2] ? Béchamp commence à s’intéresser aux fermentations dès 1856, donc en même temps que Pasteur mais de façon totalement indépendante. Si on abandonne une solution sucrée à l’air, le pouvoir rotatoire de la solution se modifie, par dissociation du saccharose en glucose et fructose (phénomène de l’interversion du sucre de canne). Cette interversion ne se produit que s’il existe dans la préparation des micro-organismes morphologiquement identifiables, et Béchamp contribue à la lutte contre la théorie de la génération spontanée. Il démontre que toute fermentation présuppose l’existence dans le milieu d’un ferment organisé : pour lui, il ne peut y avoir de vie sans organisation morphologiquement définie. Cela nous semble évident, mais il faut se souvenir que beaucoup, dont Claude Bernard, faisaient alors du « protoplasma » amorphe le substrat des phénomènes vitaux. Jusque-là, la synergie avec Pasteur est parfaite. Béchamp va d’ailleurs plus loin : il met en évidence la sécrétion par ces micro-organismes de ferments solubles, doués d’activité biochimique très précises : il est certain que Béchamp est l’un des précurseurs du concept d’enzyme. Les micro-organismes présents dans les solution sucrées peuvent être de plusieurs tailles et formes, jusqu’à la limite du détectable, entrant dans la catégories des « granulations moléculaires » douées de mouvement brownien, qui avaient déjà été décrites mais totalement négligées. Béchamp y voit au contraire un élément capital : si la vie se définit par l’organisation, il doit y avoir logiquement un échelon élémentaire d’organisation et donc de vie, un « atome vital », qu’il nomme microzyma et qu’il assimile à ces infimes particules. Si maintenant, au lieu d’étudier des solutions sucrées simples, on regarde des tissus en voie de dégradation à l’abri des germes de l’air (échinocactus gelé observé au Jardin des Plantes, œuf secoué, préparations auxquelles on a rajouté de la créosote comme antiseptique...), on y voit une myriade de microzymas. Ceux-ci varient dans leurs propriétés biochimiques selon les tissus et selon la phase de développement. Pour Béchamp tout est désormais très clair : les microzymas élaborent les cellules, les tissus et l’organisme tout entier, comme les atomes forment des molécules. Quand l’individu meurt, les microzymas se dissocient et vont élaborer d’autres structures. On peut d’ailleurs réactiver des microzymas fossiles à partir de la craie. La maladie n’est plus le développement passif d’un germe dans l’organisme, mais la déviation des microzymas normaux en microzymas morbides au contact de microzymas infectants. On conçoit maintenant l’opposition farouche à Pasteur, qui avait beau jeu de souligner d’incontestables faiblesses expérimentales chez Béchamp, alors que nombre d’idées avancées par celui-ci ne manquaient pas d’intérêt.

II. Le Sang et son troisième élément anatomique.

Le phénomène de la coagulation avait depuis longtemps fasciné les biologistes, et il était bien établi que le caillot était pour l’essentiel formé de fibrine. Le phénomène de la rétraction de ce caillot intriguait également beaucoup. Quelle était la forme de cette fibrine avant la coagulation : dissolution parfaite, ou à l’état de micro-structures ? Béchamp s’attaque au problème dès 1869, avec la collaboration d’Estor. On se doute que pour Béchamp, la solution de l’énigme passera par le microzyma.

La fibrine obtenue par battage du sang est douée d’activité métabolique. Le chimiste Thénard avait déjà montré qu’elle décomposait l’eau oxygénée, à l’instar du foie. Béchamp arrive à liquéfier grâce à elle l’empois d’amidon bouilli et créosoté. On voit même ensuite apparaître des bactéries dans ce milieu stérilisé : la fibrine est donc une « fausse membrane à microzymas » [3]. On peut purifier les microzymas de la fibrine, par dissolution dans l’acide chlorhydrique dilué auquel on ajoute quelques gouttes de phénol, qui bloque la transformation bactérienne. On obtient ainsi une suspension de granulations moléculaires qui sont les microzymas à l’état pur. Leur diamètre est d’environ 0,5 µ.Ils représentent en masse sèche 1/500e du poids de la fibrine. Ils conservent l’ensemble des activités métaboliques décrites ci-dessus. La fibrine est donc formée de microzymas reliés par une substance gélatineuse qu’ils sécrètent. On peut isoler ces microzymas directement du sang natif, en le mélangeant immédiatement à l’alcool. Ils paraissent alors plus volumineux. On ne peut les isoler du sang préalablement défibriné. On peut par contre purifier la fibrine sans microzymas par dissolution dans le sulfate de soude, on n’observe plus alors aucune activité métabolique. Le sang est donc bien constitué de trois genres d’éléments figurés : les globules rouges, les globules blancs et les granulations microzymiennes, tous vivants et susceptibles de donner naissance à des bactéries, même en milieu stérile.

Il faut en fait considérer le sang comme un véritable tissu, en relation étroite avec les vaisseaux qui le contiennent : « Au fond, le sang doit être étudié non pas seulement en lui-même, mais comme étant aux vaisseaux ce que le contenu d’une cellule ou d’un organe est à son tégument. (...) Et s’il est vrai de dire qu’en chaque point du torrent sanguin il y a les granulations moléculaires et les globules qui y sont presque au contact les uns des autres, n’est-il pas plus exact de dire que la quatrième partie, le sérum, n’est que la substance intercellulaire et intergranulaire de ces éléments anatomiques qui empêche leur contact immédiat, situation analogue à celle que l’on admet avec raison entre les éléments anatomiques des autres tissus ? (...) Le sang est un tissu coulant » [4]. Or, pour Béchamp, la structure histologique d’un tissu dépend étroitement de sa situation globale, physiologique ou non : dès lors que le tissu se trouve hors de ses conditions naturelles d’existence, les microzymas qui le constituent s’activent avant de se désassembler : « C’est physiologiquement évident : les éléments anatomiques, conçus comme personnellement et individuellement vivants, de quelque partie que ce soit d’un organisme, n’y existent que parce que les conditions de leur existence s’y trouvent naturellement réalisées. Il n’en va pas autrement du sang : les conditions d’existence de ses éléments anatomiques ne sont réalisées en chaque point du circuit, que pendant qu’il est contenu dans le vaisseau et circulant » [5].

L’apparence des microzymas sanguins n’est pas la même que celle des microzymas isolés du caillot. C’est qu’à l’intérieur des vaisseaux, les microzymas possèdent une « atmosphère » périgranulaire très volumineuse, qui réduit le sérum à la portion congrue. Cette atmosphère périgranulaire est directement formée par le microzyma, qui est à l’origine de toutes les activités de ferment soluble (« enzymatiques »), jouant entre autres sur sa conformation. On voit alors se dessiner la cascade aboutissant à la coagulation : le sang étant placé hors de son milieu naturel, les interrelations entre microzymas se modifient et ceux-ci s’activent, modifient leur atmosphère périgranulaire qui prend une structure fibrillaire par formation de fibrine, directement liée à l’activité métabolique des microzymas eux-mêmes : « Ce tissu (...) n’est plus dans sa situation physiologique naturelle. Dans cette nouvelle situation, la liqueur intercellulaire (...) change aussitôt de composition (...). Les granulations moléculaires microzymiennes sont les premiers éléments anatomiques à être impressionnés par ce changement de milieu et de conditions d’existence et, nous l’avons vu, cette impression est si vive et si rapide à la fois, qu’elle se manifeste en peu de secondes par le changement profond qui survient dans la substance albuminoïde de leur atmosphère qui, d’immédiatement soluble dans l’acide chlorhydrique dilué qu’elle était, y devient insoluble (...). Les granulations moléculaires microzymiennes (...) se rapprochent au contact ; leurs atmosphères albuminoïdes, molles et muqueuses, se confondent, tandis qu’en même temps leur substance subit la coagulation dont je parlais (...). Les globules sont pris dans les mailles du réseau formé par la soudure des atmosphères albuminoïdes qui constituent la fibrine en fibres et membranes » [6].

Au total, « la prétendue coagulation spontanée du sang, au fond, n’est que la fin de la première phase de l’altération spontanée du tissu coulant, comme la rigidité cadavérique marque la première phase de l’altération spontanée du tissu musculaire. » [7]. Cette phase initiale inclut la rétraction du caillot et l’expulsion du sérum. La phase suivante sera la lyse globulaire, marquée par la coloration rouge que prend le sérum. Celle-ci correspond à la dispersion des microzymas constituant les globules.

Le phénomène de la coagulation se ramène donc à une forme particulière de dégradation tissulaire, tout à fait assimilable à ce que l’on observe sur de la viande abandonnée à l’abri des germes de l’air. C’est sur un survol général de la théorie des microzymas que l’ouvrage se termine.

III. Antoine Béchamp : un hématologiste méconnu ?

On voit, du résumé présenté ci-dessus, que la réponse ne saurait être univoque. Il faut d’abord souligner que Béchamp lui-même ne s’est jamais prétendu tel : son ouvrage est une application particulière d’une théorie beaucoup plus vaste, et fait peu de cas de ce qui avait déjà été bien démontré sur la question [8]. Béchamp cite Donné une seule fois [9], non pas pour la découverte des « globulins » (plaquettes) en 1838-1842, mais pour la sédimentation de la couche leucocytaire au-dessus de la couche érythrocytaire sur du sang laissé au repos. Les continuateurs de Donné, William Addison et Gulliver, sont eux aussi passés sous silence, alors que leurs travaux datent de 1842. Le nom de Hayem n’est même pas mentionné, alors que l’essentiel de ses découvertes sur le rôle des plaquettes avait été publié en 1877. Ces oublis sont-ils délibérés, ou la marque de l’isolement scientifique dans lequel se trouvait Béchamp à la fin de sa vie ?

Il semble en fait que Béchamp ne pouvait accepter l’idée que les plaquettes pussent être des fragments cellulaires propres au sang et hautement spécialisés dans l’hémostase. Il restait entièrement prisonnier de sa théorie, et dès lors que les plaquettes ressemblaient à ce qu’il appelait microzymas, il fallait qu’elles en fussent. C’est bien là un nouvel exemple de l’aveuglement expérimental qui a disqualifié son œuvre. Il est certes un bon expérimentateur, et un excellent chimiste. Il sait décrire avec exactitude ce qu’il voit sous son microscope, mais sans se poser la question des limitations imposées par des lentilles qui ne sont pas parfaites, et par le fait qu’il ne travaille que sur des préparations non colorées, et sommairement stérilisées à la créosote. Les données morphologiques grossières ainsi obtenues lui suffisent, couplées à la démonstration d’une activité métabolique. Il peut certes inventer des protocoles expérimentaux variés et élégants, le manque de solidité des bases expérimentales invalident à l’évidence les conclusions qu’il en tire. Quel contraste avec la démarche de Pasteur, qui, parti souvent d’hypothèses radicalement fausses, sait mettre au point un protocole irréprochable mettant en œuvre un faisceau de résultats expérimentaux qui se recoupent et se complètent, résultats auxquels il est bien obligé de finir par se soumettre.

Pour autant, la cause est-elle entendue ?

Il ne faudrait pas voir en Béchamp un simple rêveur monomaniaque, définitivement vaincu. L’opprobre jeté sur d’incontestables erreurs expérimentales a conduit à occulter des résultats solides où il s’est montré vraiment novateur, que ce soit en chimie et en toxicologie, avec la caractérisation par exemple des arséno-benzols, classe thérapeutique importante, que ce soit par sa contribution à la lutte contre la théorie de la génération spontanée. Dans des domaines plus théoriques, son apport a été notoirement sous-estimé : il ne fait guère de doute, par exemple, qu’il est l’un des premiers à arriver au concept d’enzyme, dont on fait plus généralement gloire à Buchner [10]. Pour le sujet qui nous intéresse ici, les perspectives de sang conçu comme un tissu, d’interaction sang/paroi vasculaire, d’atmosphère péri-« microzymienne » rendent un son très moderne, bien que Béchamp ne puisse en être regardé comme le créateur exclusif et qu’il n’ait guère influé sur l’évolution de l’étude de l’hémostase.

On pourrait même aller plus loin. La théorie des microzymas n’est pas totalement dénuée d’intérêt. C’est elle qui lui a permis d’avancer nombre d’idées originales, dont celles qui ont été énumérées ci-dessus. Elle l’a même amené à avoir raison -transitoirement- contre Pasteur : dans l’étude de la maladie des vers à soie, celui-ci commence par nier la contagiosité de la pébrine, et l’existence d’une deuxième maladie, la flacherie. Béchamp démontre que le germe responsable de la pébrine a l’aspect d’un parasite, alors qu’il y a bien une deuxième maladie dont l’agent ressemble à une granulation microzymienne [11]. Bien d’autres notions ultérieures étaient en germe dans les affirmations de Béchamp : n’est-il pas probable que les « microzymas » que voyait Béchamp lors de l’altération spontanée des tissus avaient quelque lien avec le phénomène d’apoptose, où l’on sait qu’apparaît une dégénérescence « granuleuse » des cellules ? Le petit jeu des précurseurs est bien sûr délicat. Il reste que la place de Béchamp dans l’histoire des idées en biologie pourrait s’avérer plus grande que ce que les contemporains ou relativement proches successeurs de Pasteur pouvaient entrevoir.

L’exemple de Béchamp ne doit-il pas finalement nous faire réfléchir sur les véritables conditions du progrès en médecine, alliant la nécessité d’une réflexion théorique originale et la rigueur de l’expérimentation ?

BIBLIOGRAPHIE

1 - Cet ouvrage de 248 pages peut être consulté à Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier, sous la cote 238, 203.

2 - Sur Béchamp voir notamment :

- M. Nonclercq, Antoine Béchamp (1816-1908), l’homme et le savant - Originalité et fécondité de son œuvre, Paris, Maloine 1982.

- F. Guermonprez, Béchamp, études et souvenirs, Paris ? Amédée Legrand 1927.

- P. Pagès, Antoine Béchamp, sa vie et son œuvre, Monspeliensis Hippocrates, n°3 ; 13-29.

- J. Rostand, Béchamp contre Pasteur in : L’atomisme en Biologie, Paris Gallimard 1956 ; 247-252.

- A. Valérie, De Béchamp à Lazzaro Spallanzani, Essai d’histoire des phénomènes d’oxydation Paris, Maloine 1963.

- Y. Delage, L’hérédité et les grands problèmes de la biologie générale Paris, Schleicher 1903.

- E. Douglas Hume, Béchamp contre Pasteur Paris, Le François 1948.

- T. Lavabre-Bertrand, La doctrine médicale de l’Ecole de Montpellier au XIXe siècle, Thèse de doctorat d’histoire, Ecole Pratique des Hautes Etudes, IVe section 1993.

Ces sources traitent malheureusement surtout de la polémique entre Béchamp et Pasteur, de façon très partiale et totalement non scientifique pour la plupart de celles qui tentent de prendre le parti de Béchamp. L’aspect proprement doctrinal passe au second plan, tant chez les laudateurs que chez les adversaires. Outre notre Thèse, seul Paul Pagès envisage vraiment cet aspect des choses en le replaçant dans le contexte de la doctrine montpelliéraine.

3 - Béchamp, op. cit. pp. 28-29.

4 - Béchamp, op. cit. pp. 122-124.

5 - Béchamp, op. cit. p. 123.

6 - Béchamp, op. cit. pp. 131-133.

7 - Béchamp, op. cit. 143.

8 - Voir, comme abrégé d’histoire de l’Hématologie : J. Bernard, M. Bessis, J.-L. Binet, Histoire illustrée de l’Hématologie de l’Antiquité à nos jours, Paris, Roger Dacosta 1992.

9 - Béchamp, op. cit. 138.

10 - Voir par exemple : P. Thuriaux, Eduard Buchner, ou un siècle d’enzymologie, médecine/sciences, 1998, 14, 248-251. Thuriaux insiste bien sur le fait qu’il s’agissait d’extraire une « enzyme » du protoplasme de la levure et non d’isoler une substance sécrétée à l’extérieur par un micro-organisme ou une cellule, telle la pepsine isolée par Schwann du suc gastrique dès 1836. La levure fonctionne donc bien comme une usine biochimique et non seulement en vertu d’une hypothétique « force vitale ». Il reste que pour Béchamp le microzyma est infracellulaire, donc l’existence d’une enzyme intracellulaire est logique. Béchamp d’autre part analyse la constitution chimique des microzymas qu’il isole et montre qu’ils sont formés d’une part notable de « matière albuminoïde » gardant une activité biochimique.

11 - Voir article : A propos d’un centenaire : Pasteur, Béchamp et la maladie des vers à soie, Bulletin de la Société montpelliéraine d’histoire de la médecine 1998.

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