Alzheimer ou les quatre « A »

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Aujourd’hui, en France, environ 400 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Parmi celles-ci, une personne sur cinq âgée de plus de quatre-vingts ans en souffre. Avec l’augmentation de la longévité, ce nombre devrait doubler d’ici dix ans
Bien que décrite pour la première fois, en 1906, par le docteur allemand Aloïs Alzheimer chez un patient de moins de cinquante ans, la maladie qui porte son nom est en réalité rarissime à cet âge là. En revanche, elle concerne, selon les estimations, de 2 à 6 % des gens de plus de soixante-cinq ans, et près de 20 % des personnes de plus de quatre-vingts ans. Au stade de la démence, elle constitue la moitié des démences observées.

Cela commence bien souvent par des trous de mémoire massifs, à répétition, ou par l’incapacité à retrouver le chemin de sa maison... Des premiers symptômes à la mort, il peut s’écouler de 3 à 20 ans, une dizaine d’années en moyenne. Le diagnostic de maladie d’Alzheimer possible (on n’en aura la certitude qu’après la mort, par autopsie du cerveau) se fonde en effet en premier lieu sur des troubles importants de la mémoire, considérés comme un critère obligatoire. Ils s’accompagnent bien souvent de troubles du langage, du geste, de modifications de la personnalité. Ce sont celles-ci qui, lorsqu’elles interfèrent avec la vie familiale, sociale, professionnelle, caractérisent la démence de type Alzheimer. Elle se traduit alors par l’inadaptation et la perte de l’autonomie.

Alzheimer ou les quatre « A »

Les troubles de la mémoire sont de deux types. Il y a avant tout une perte de la mémoire antérograde, celle qui permet d’enregistrer des faits nouveaux. Le patient les oublie au fur et à mesure qu’ils se produisent. La mémoire rétrograde, autrement dit la capacité à se souvenir d’événements plus anciens, est, elle aussi, plus ou moins atteinte. Le malade a des « oublis vrais » : il est incapable de se rappeler être allé à la banque retirer de l’argent, ou qu’il a reçu des amis la veille au soir. Inutile de lui fournir des indices, qui, dans le cas d’une personne simplement atteinte par les effets du vieillissement normal, lui permettent de retrouver le fait en question : rien ne revient au patient souffrant de la maladie d’Alzheimer.

A ce premier « A » du tableau clinique, celui d’amnésie, s’en ajoutent habituellement trois autres : aphasie, apraxie, agnosie. L’aphasie désigne des troubles du langage, qui peuvent être très précoces. Le patient se plaint notamment de ce que l’on appelle le « manque du mot », l’inaptitude à trouver le mot correspondant à ce qu’il veut dire. Cela peut aller jusqu’aux mots les plus simples, comme soleil ou pain. Les problèmes gestuels - l’apraxie - surviennent en général plus tardivement. Ils peuvent déboucher sur une maladresse à manipuler les objets, finalement sur l’apraxie de l’habillage, l’incapacité de s’habiller tout seul. Dans la forme dite « apraxie constructive », elle se traduit par l’impossibilité pour le patient de reproduire un dessin simple qu’il a sous les yeux. Enfin, les malades ne reconnaissent plus les objets - c’est l’agnosie.

Si ces quatre « A » sont réunis, le diagnostic de maladie d’Alzheimer est très probable. « De toute façon, il est généralement indispensable », rappelle Bernard Deweer, directeur de recherche au CNRS, « de voir le patient au moins deux fois, et de s’enquérir de son histoire et de sa vie quotidienne auprès de son entourage ».
Outre les quatre « A », la maladie d’Alzheimer engendre, à plus ou moins brève échéance, des troubles du comportement et des modifications de la personnalité, qui déterminent la démence de type Alzheimer proprement dite. A cet égard, le patient peut soit se replier totalement sur lui-même, soit, au contraire, devenir agressif. Il souffre aussi souvent, surtout au début de la maladie, d’une dépression qui apparaît en réaction à la prise de conscience de la perte de ses facultés intellectuelles. Cette dépression peut s’accompagner d’hallucinations, liées à la réaction d’angoisse, ou d’agitation. Tous ces troubles de la personnalité peuvent être sensiblement améliorés par l’environnement familial et social. Un mode de vie très structuré, un entourage propice favorisent le maintien de l’autonomie et permettent de canaliser les troubles du comportement, comme l’agressivité.

Quelques aspects neurologiques et génétiques

Dans la maladie d’Alzheimer, deux types de zones du cerveau sont touchées. Il s’agit de la formation hippocampique au sens large, qui joue un rôle primordial dans la mémoire, et des cortex associatifs. Ceux-ci interviennent pour reconnaître ce qui est perçu par les aires primaires, qui, elles, reçoivent les informations brutes : les sons, les informations visuelles, etc. Les cortex associatifs permettent, par exemple, d’identifier l’objet « vu » par les cortex primaires (du point de vue de ses formes, couleurs...). C’est pourquoi les malades d’Alzheimer peuvent souffrir d’agnosie visuelle, auditive... tout en ayant des cortex primaires parfaitement intacts : ils ne sont ni aveugles, ni sourds, mais ils ne reconnaissent pas ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent.

Du point de vue génétique, on a d’abord découvert le rôle du chromosome 21, après avoir constaté, chez les patients âgés atteints de trisomie 21, la présence du même type de lésions que celle qui caractérise la maladie d’Alzheimer. On sait maintenant qu’il n’est pas le seul : les chromosomes 1, 14, 19 sont aussi impliqués. Il y en a peut-être d’autres. Il n’est pas impossible qu’à chaque mutation affectant un chromosome différent corresponde un type de maladie d’Alzheimer différent.

Les facteurs de risque

Parmi les facteurs de risque identifiés, l’âge vient de loin en tête. La plupart (85 %) des cas de la maladie d’Alzheimer sont dits sporadiques, c’est-à-dire qu’ils surviennent en dehors d’un contexte génétique identifié. Seuls 10 à 15 % des cas sont des formes familiales, apparaissant dans des familles dont d’autres membres sont affectés de la maladie. On peut alors suspecter une composante héréditaire, mais le mécanisme éventuel de la transmission génétique reste à élucider. D’après des études statistiques récentes, un autre facteur de risque serait, contrairement à ce que l’on a longtemps cru, le sexe. Même en tenant compte de leur longévité supérieure, les femmes semblent plus souvent atteintes que les hommes. Toutefois, les oestrogènes, notamment ceux administrés lors du traitement de la ménopause, auraient un effet protecteur.

Les traitements

Il n’existe actuellement aucun traitement permettant de guérir la maladie d’Alzheimer. En revanche, on dispose de médicaments qui agissent positivement sur les symptômes. Selon Agnès Michon, neurologue des Hôpitaux de Paris à l’hôpital de la Salpêtrière, la tacrine améliore sensiblement la présence du patient, son intérêt, son attention, voire sa prise d’initiative. Ce médicament empêche la destruction d’un neurotransmetteur, l’acétylcholine, par la cholinestérase. Elle n’est toutefois efficace que sur un tiers des malades et, en outre, est la cause d’hépatites médicamenteuses. Cette toxicité oblige à l’utiliser avec prudence. De nouvelles molécules sont à l’étude, qui devraient être à la fois plus efficaces et dépourvues de ces effets secondaires. De nombreux médicaments sont disponibles par ailleurs pour agir sur la dépression, l’agitation, l’anxiété et les hallucinations.

Une autre voie de recherche vise à mettre au point des médicaments neuroprotecteurs, capables de ralentir la courbe évolutive de la maladie. Ils en sont encore au stade des essais.

Le diagnostic

De nombreuses maladies présentent des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer. Des tests (de mémoire, du discours, de reconnaissance des objets, de raisonnement) peuvent toutefois indiquer, lorsqu’ils vont tous dans le même sens, un pronostic de maladie d’Alzheimer très probable. L’imagerie cérébrale aide à établir un diagnostic différentiel Elle permet ainsi d’éliminer des démences d’origine vasculaire, dues à des infarctus cérébraux à répétition. Il existe aussi des démences mixtes, mettant en jeu à la fois des démences vasculaires et une maladie d’Alzheimer. Quoi qu’il en soit, il est souvent nécessaire de revoir le patient à 6 mois d’intervalles, pour voir comment évoluent les troubles. En tout état de cause, le diagnostic définitif ne peut être établi qu’après la mort, par la mise en évidence des lésions cérébrales typiques de la maladie.

Mémoire inquiète...

Il existe maintenant de nombreuses consultations de mémoire à travers la France, dans les hôpitaux, à Paris comme en province. Une adresse importante aussi, celle de l’association France Alzheimer, dont le double objectif est de « sensibiliser l’opinion et promouvoir la recherche » et d’« aider les malades et leurs familles » :

Association France Alzheimer
21 boulevard Montmartre
75002 Paris
Téléphone : 01 42 97 52 41
Télécopie : 01 42 96 04 70

Alzheimer, l’urgence :

Entre 280 000 et 350 000 personnes, c’est-à-dire près de 3% des plus de 65 ans sont aujourd’hui touchées par la maladie d’Alzheimer. Cette pathologie souvent assimilée à tort à une dégénérescence normale due à la vieillesse est en fait une maladie à part entière qui conduit inexorablement à la démence et à la dépendance. L’évolution de la courbe démographique fait de cette maladie un des principaux enjeux de santé publique. Le vieillissement attendu de la population française s’accompagnera inéluctablement d’une augmentation du nombre de personnes touchées. Près de 625 000 personnes âgées devraient être atteintes de cette maladie en 2020. Une évolution ne sera pas sans conséquence financière, sociale, sur la santé publique, etc. L’enjeu, faire en sorte que les personnes âgées vivent le mieux possible le plus tard possible.

Aujourd’hui déjà, les familles touchées par ce fléau rencontrent de grandes difficultés. A domicile ou institutions, des carences importantes subsistent. A domicile, les familles manquent de soutien. Les institutions, de leurs côtés, qui sont déjà trop peu nombreuses sur le territoire national ne sont pas toujours adaptées pour recevoir des personnes très dépendantes, quelquefois désorientées ou agressives. La cohabitation entre les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et les autres n’est pas toujours évidente. Quant aux professionnels de santé, ils ne semblent pas mieux armés pour faire face à ce phénomène.

Découverte au début du 20e siècle, la maladie d’Alzheimer reste encore mystérieuse. Longtemps les chercheurs se sont interrogés sur les causes de la maladie et les critères de différenciation avec une forme non pathologique de vieillissement n’ont été trouvés que fort récemment. Reste qu’il y a urgence.

Urgence à développer et à diversifier les modes de prises en charge, à renforcer le soutien des familles, à mettre en place un financement de la dépendance,. Et pour cela, il faut intensifier le diagnostic précoce et accélérer la mise en ouvre des réformes. Taboue, la maladie d’Alzheimer fait encore peur. Les familles qui peuvent remarquer des signes suspects hésitent encore à conseiller une consultation spécialisée. Selon un sondage réalisé à la demande de l’association France Alzheimer à l’occasion de la 6e Journée Mondiale Alzheimer, 77% des personnes interrogées s’estiment encore insuffisamment informées sur cette pathologie. Difficile à dépister, le diagnostic de maladie d’Alzheimer serait méconnu dans la moitié des cas. Car la maladie se développe progressivement, à bas bruit, et est souvent associée à d’autres pathologies qui peuvent partiellement la masquer (dépression, etc.). Pourtant, la généralisation d’un diagnostic précoce de la maladie pourrait permettre au patient et à sa famille de prévoir une prise en charge adaptée dans les meilleures conditions.

De ce point de vue, la continuité entre le domicile du patient, celui éventuel de sa famille et l’institution pourrait être améliorée. Ces pistes
sont actuellement explorées. Conscientes des carences, les autorités ont engagé une réforme des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes. La mise en réseaux des structures et des professionnels de santé devrait permettre de combler d’autres manques.
Si la maladie a un coût humain, elle a aussi un coût financier important pour les familles et la collectivité (actuellement 30 milliards de francs par an, soit 120 000 francs par an et par patient). On ne peut d’ailleurs que constater aujourd’hui que la première tentative de financement de la dépendance, la Prestation Spécifique Dépendance (PSD), est un échec. Cette dernière devrait bientôt être remplacée par une Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA) à l’aune des propositions faites par Jean-Pierre Sueur dans le récent rapport qu’il a rendu à Martine Aubry. Réunis encore récemment en congrès à l’occasion des Première assises nationales de la maladie d’Alzheimer à Paris (le 6 juin dernier), les experts tentent d’améliorer le dispositif. Reste encore à savoir si ces mesures seront suffisantes et si elles seront prêtes à temps. source « Médicite » 8 juin 2000

PS : Il est grand temps d’agir ....

Comment vieillir en meilleure santé, en complément d’une supplémentation en
nutriments,

VIEILLIR EN MEILLEURE SANTE

On sait que l’augmentation de l’espérance de vie est due d’une part à une nourriture saine et d’autre part à une meilleure promotion de la santé publique. Les octogénaires forment actuellement la tranche de la population qui se développe le plus rapidement.

Toutes ces dernières années, notre attention est régulièrement attirée par l’évolution de l’espérance de vie. Si nous vivons plus vieux, il n’y a aucune raison que ce soit au détriment de la santé. Kay-Tee Khaw, professeur de gérontologie à l’hôpital Addenesbrook au Royaume-Uni, indique que « des mesures simples peuvent être prises pour conserver les gens âgés en bonne santé. Ces mesures englobent un régime sain tout comme la pratique d’exercices physiques ». En 2031, le Royaume-Uni comptera pas moins de 34.000 centenaires alors qu’il n’y en avait que 255 en 1952 et quelque 5200 en 1996.

Si la tranche d’âge des octogénaires est en pleine expansion, leur santé et leur forme doivent être particulièrement surveillées. Courir un marathon à 83 ans ne sera certes pas à la portée de tout le monde. Mais à cet âge, le régime alimentaire et l’exercice physique peuvent faire la différence entre une vieillesse saine et active et une fin de vie assistée.
Les populations méditerranéennes tout comme les Japonais souffrent moins de problèmes cardiaques et de cancers. « Cette particularité semble avoir un rapport avec le régime alimentaire, distinct de celui de l’Europe du nord. Dans les pays méditerranéens, on mange plus de fruits et de légumes frais, et moins de graisses saturées », remarque le Professeur Kay-Tee Khaw.

SANTE ET ESPERANCE DE VIE

Si la définition de l’espérance de vie est l’âge qu’atteindra la moitié de la population d’une tranche d’âge donnée, on constate qu’elle augmente régulièrement depuis de nombreuses années et que le niveau d’augmentation actuel est sans précédent. En Italie, en Suisse, au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni par exemple, l’espérance de vie a augmenté en gros de cinq années en deux décennies.

Tout ne repose pourtant pas que sur l’amélioration du régime alimentaire. Il faut ajouter à cela une détection et un traitement efficaces des maladies ainsi que des changements sociaux qui ont permis de meilleures conditions d’habitation et d’hygiène.

Autre facteur d’accroissement de l’espérance de vie : le déclin des deux maladies les plus répandues actuellement. Les maladies cardiaques, qui restent la cause principale de décès dans le monde, se sont substantiellement réduites dans de nombreux pays depuis une trentaine d’années ; et le cancer voit ses effets sur la mortalité se stabiliser, voire commencer à diminuer légèrement aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

Enquête aux Etats-Unis conduite par le National Cancer Institute, l’American Cancer Society et les American Governement Centers for Disease Control and Prevention ; les résultats ont été récemment publiés dans le journal Cancer.

Site web de la UK Research Campaign : www.crc.org.uk

Vive les Centenaires..... de plus en plus nombreux.....

Le centenaire : normalité exceptionnelle ou exception normale ?

Michel Allard, directeur médical et scientifique, Fondation Ipsen

La fin du XXe siècle restera marquée par l’émergence d’une nouvelle strate de la population : les centenaires. Leur nombre est passé de 200 en 1953 (pour une France qui comptait alors 40 millions d’habitants) à 3 000 en 1988 (pour 50 millions d’habitants) et à plus de 6 000 en 1998 (pour 60 millions d’habitants). De toutes les tranches de la population, c’est celle qui, en pourcentage, a présenté la plus forte augmentation, la plus forte croissance. On estime qu’ils seront plus de 150 000 en 2050 !

Les futurs centenaires ont cinquante ans

Voilà qui peut paraître bien lointain : en fait les futurs centenaires de cette époque sont les quinquagénaires d’aujourd’hui. Avec les conditions socio-sanitaires actuelles (celles de la fin des années quatre-vingt-dix), une forte proportion de ces quinquagénaires est « condamnée » à devenir centenaire. Il n’est guère possible de déterminer quels sont les heureux (ou malheureux) élus, mais ils existent et ils ignorent tout de leur avenir. Si d’ici-là les conditions sanitaires s’améliorent (et la plupart des indicateurs permettent de le penser), leur nombre sera peut-être bien supérieur à cette estimation. Il n’est pas interdit à quelque Cassandre de prédire que les épidémies d’encéphalopathie spongiforme, de virus Ebola, de sida et quelques autres « pestes » encore inconnues à ce jour feront des ravages tels que la tendance s’inversera et que le nombre de centenaires diminuera de manière marquante. En fait l’impact de ces maladies, s’il apparaît terrifiant, reste numériquement faible. À l’opposé de nombreux facteurs de progrès comme l’hygiène alimentaire (le contrôle et la conservation des aliments par le froid, la diversité des régimes...), le chauffage central, le tout-à-l’égout, la protection de l’environnement (air et eau) ont des impacts considérables sur la durée de vie. La médecine tant curative (en particulier les progrès de l’anesthésie, de la chirurgie, le traitement des maladies qui tuent et celui des maladies qui handicapent, en particulier les affections dégénératives) ont bouleversé le profil démographique de notre pays. Le dépistage précoce de certaines maladies à un stade où elles sont encore curables, le fait de disposer de ressources économiques après la retraite, un travail moins harassant ont également des conséquences notables .

Le fait d’être ou de devenir centenaire n’est donc pas nouveau : depuis la nuit des temps c’est une possibilité qui était exceptionnelle certes mais qui apparaissait réalisable et qui était reconnue. La Bible (et on trouve des témoignages équivalents dans d’autres cultures) reconnaît à plusieurs reprises le fait de vivre cent ans comme normal. Depuis peu, depuis quelques décennies seulement, c’est devenu un phénomène beaucoup plus fréquent.

Ce changement est un événement absolument marquant, déterminant dans l’histoire de l’humanité. Jusqu’à présent le fait de mourir se répartissait de manière égale à tous les âges de la vie : actuellement, il se concentre aux âges élevés Depuis deux siècles, l’espérance de vie progresse à une vitesse exceptionnelle, plus vite que cela n’a jamais été le cas. Les gains ont d’abord été le fait d’une chute de la mortalité infantile. Celle-ci a correspondu avec la transition démographique, à savoir le passage d’un régime de fécondité élevée associé à un régime de mortalité élevée à un régime de fécondité faible et de mortalité faible (et l’on peut inverser les deux termes de chaque proposition). Cette modification est survenue pour la première fois au monde vers 1750 en France puis a gagné tous les pays européens. Plus tard, c’est la chute de la mortalité des femmes entre 20 et 40 ans, mortalité liée à la reproduction (les femmes prenaient de nombreuses fois le risque de grossesse et d’accouchement et, à chaque fois, le risque était élevé ; aujourd’hui, non seulement les femmes ne prennent plus le risque que 1,7 fois dans leur vie mais, à chaque fois, ce risque est devenu très faible).

Les gains réalisés à ces deux périodes de la vie (mortalité infantile et mortalité liée à la reproduction) sont maintenant très faibles. Simultanément, les jeunes adultes ne meurent plus et le taux de survivants reste très longtemps fort élevé. Il y a un siècle, parmi toutes les personnes nées en 1833, il ne restait, 65 ans plus tard (à l’âge de la retraite), plus qu’un survivant sur dix. Aujourd’hui, lorsque l’on considère les personnes nées en 1933 (un siècle plus tard donc), la proportion est exactement l’inverse : il y a 9 survivants sur 10. Le gain d’espérance de vie se fait maintenant aux âges élevés : d’une manière réaliste, on pourrait dire que « les vieux refusent de mourir ! » (et ils ont bien raison !).

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