ALZHEIMER, point sur les recherches

Version imprimable de cet article Version imprimable

En France, en 2008, un plan national était initié avec 3 axes majeurs face à la progression inquiétante de la maladie d’Alzheimer :

Améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille, comprendre pour pouvoir agir, mobiliser pour un enjeu de société. Mais la priorité d’un jour est souvent vite oubliée avec l’arrivée des suivantes !

Pendant ce temps, la recherche médicale continue, et apporte quelques éclairages sur les domaines dans lesquels elle cherche. Ces domaines sont toujours les mêmes : mécanisme biochimique, génétique, tests de dépistages, traitements pharmaceutiques

ACTUALITÉS SUR LA MALADIE D’ALZHEIMER

État des lieux

Diverses synthèses, dont celle de l’INSERM (1), permettent de faire un point sur la maladie d’Alzheimer :

Prévalence :

0,5% avant 65 ans et 2 à 4% après. Le nombre de malades estimé actuellement à 860000 est à la hausse, et les projections sont pessimistes, évaluant à 2 millions le nombre probable de cas pour 2020 !

Les femmes sont plus concernées que les hommes (1,5 à 2 fois plus).

Il y a une base génétique qui prédispose et peut accroître la fragilité vis-à-vis de la maladie, mais qui n’est pas une cause suffisante. Les facteurs sociaux et environnementaux sont discutés car il est difficile d’établir leur rôle réel, mais leur contribution est évidente. Le faible niveau d’instruction, le manque de stimulation intellectuelle, le manque d’exercice physique et les microtraumatismes crâniens à répétitions, semblent être des facteurs favorisants.
Tout comme l’exposition à divers toxiques, notamment les métaux (Aluminium, Mercure).

En revanche, une alimentation enrichie en antioxydants, ou des traitements anti-inflammatoires à long terme, ont plutôt des effets protecteurs.

Le diagnostic de certitude ne peut être fait qu’après la mort, par analyse cytologique du cerveau ! Avant cela, il est avant tout clinique, avec notamment des questionnaires interprétés en fonction de scores.

La maladie est particulièrement handicapante, avec perte progressive d’autonomie. Il s’agit alors d’une charge lourde pour la famille, et pour la société qui manque d’institutions capables d’accueillir les personnes concernées.

Les traitements sont actuellement décevants.

Quelques médicaments sont proposés, mais on sait aujourd’hui que leur bénéfice est très faible. Divers accompagnements non médicamenteux apportent une amélioration bien réelle, mais le coût élevé du personnel et le manque de détermination à les appliquer n’a pas encore permis leur généralisation.

Les approches naturelles manquent d’évaluation. La seule qui ait été étudiée sérieusement, Ginkgo biloba, a montré une absence d’activité. D’autres font l’objet d’observations intéressantes, mais ne disposent pas d’évaluations objectives.

Le scoop de Sciences et Avenir : la maladie d’Alzheimer serait infectieuse...

C’était récemment le gros titre de cette revue scientifique de vulgarisation (2).

Un titre trompeur, car l’hypothèse de recherche qui est citée n’apporte pas de solution nouvelle.

Il ne s’agit pas d’une bactérie pouvant être traitée par antibiotique, ou d’un virus dont pourrait venir à bout le système immunitaire. L’agent infectieux mis en cause n’en est pas vraiment un puisque c’est un prion, comme pour l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) qui a beaucoup fait parler d’elle lors de l’épidémie de vaches folles.

Et un prion, c’est quoi ?

Une protéines altérée qui transmet son altération à d’autres. Une manière de considérer qu’une anomalie qui entre ou qui s’installe dans l’organisme peut s’étendre par contagion interne. Cette transmission à d’autres protéines peut se comprendre aussi par un mécanisme vibratoire !

Au final, quel que soit le mécanisme de propagation, le résultat est le même : quand le peptide amyloïde β42 se forme dans le cerveau et remplace le β40, il se propage et forme les plaques amyloïdes, puis déforme les protéines Tau avec mise en route d’un processus dégénératif.

La vraie question, c’est pourquoi et comment le peptide amyloïde β 42 qui semble se former assez facilement n’est pas éliminé et s’accumule. Car c’est bien son accumulation qui est l’origine de tout le processus. Et c’est probablement là qu’intervient une complexité polyfactorielle dans laquelle il sera bien difficile d’isoler le rôle de chaque facteur.
Un gène islandais qui fait des envieux

Alors que certains gènes sont associés à un accroissement du risque, par exemple le gène allèle APO E epsilon 4, une publication de la revue Nature (3) a mis en avant une mutation particulière qui apporte une protection significative vis-à-vis de la maladie : 5 fois moins de risque à 85 ans. Cette mutation portée par 1% des Islandais n’est retrouvée en revanche que chez 0,01% des Nord Américains.

À défaut d’avoir le privilège de porter la mutation qui diminue la production de protéine β amyloïde cumulable en plaque, cette découverte montre que c’est bien cette diminution qui protège de la maladie, et que c’est en ce sens qu’il faut orienter la prévention et le traitement curatif précoce.

Un lien avec la mastication ?

Une autre découverte peut, a priori, sembler anecdotique :

l’existence d’un lien entre la diminution importante de la mastication (notamment suite à la perte de dents) et de développement de la maladie d’Alzheimer (4). Lien de causalité ou phénomènes associés ? Il est difficile de savoir quels enchaînements se produisent à ce niveau, mais c’est une invitation à prendre soin de ses dents et maintenir aussi longtemps que possible la bonne mastication des aliments qui a, par ailleurs, bien d’autres bénéfices santé.

Après l’échec des médicaments classiques, l’espoir de l’immunothérapie

Les médicaments classiques utilisés contre la maladie d’Alzheimer (Aricept, Exelon, Reminyl, Ebixa) n’ont pas montré de réelle utilité et sont maintenus, faute d’autres solutions !

La recherche s’est orientée vers d’autres pistes et avant tout l’immunothérapie, avec deux stratégies : les anticorps monoclonaux et la vaccination.

Les anticorps monoclonaux (immunothérapie passive) sont en vogue. Ce sont tous les produits dont la dénomination commune internationale (DCI) se termine en « mab ». Ils sont déjà proposés à prix d’or (souvent plus de 1000 euros par mois !) dans le traitement de diverses maladies auto-immunes. Leur objectif est de neutraliser de manière ciblée un composant physiologique ou pathologique, pour bloquer une étape du processus morbide. Dans les maladies auto-immunes, c’est le processus inflammatoire qui est ainsi inhibé. Dans la maladie d’Alzheimer, la cible privilégiée est le peptide amyloïde β42, afin de le neutraliser pour mieux l’éliminer avant qu’il se cumule en plaque. Trois médicaments sont à l’essai.

L’un d’eux a déjà été abandonné pour absence d’effet significatif. Les espoirs reposent désormais sur le solanezumab, dont la cible à l’intérieur du peptide amyloïde est différente du précédent. Les résultats des derniers essais sont annoncés avant la fin 2012. Si l’efficacité est démontrée, le produit sera proposé prochainement avec un coût probablement très élevé. Et s’il y avait problème, l’espoir se reportera sur le troisième dont les essais sont moins avancés. Ou sur un produit agissant sur une autre cible comme la protéine Dkk1 qui est un autre maillon du processus physiopathologique. Une question restera toujours en suspens, un anticorps missile ciblé sur le peptide A-β42 (ou toute autre substance biologique) agira-t-il seulement sur sa cible, ou affectera-t-il aussi d’autres protéines, provoquant des effets indésirables qui apparaîtront plus tard ?

Chercher un vaccin contre la maladie d’Alzheimer peut sembler surprenant, car il ne s’agit pas de prévenir mais de guérir.

C’est donc un vaccin thérapeutique. Un premier projet a du être abandonné en 1999 malgré des résultats encourageants sur les plaques amyloïdes, parce que 6% des sujets testés ont déclenché une méningo-encéphalite ! Un nouveau candidat vaccin de Novartis est à l’essai. L’objectif est le même que celui des anticorps monoclonaux. C’est le moyen qui diffère. On n’envoie plus un missile par l’extérieur, on fait réagir le propre système immunitaire du sujet en l’informant que la cible est étrangère. Avec un risque encore plus grand si les anticorps touchent d’autres structures, car on ne pourra alors plus arrêter la production !

Ce qui fera sans doute le succès de ces approches immuno-thérapeutiques, si leur efficacité se confirme, c’est le peu d’importance des effets secondaires à moyen et long terme sur des sujets déjà âgés. En revanche, le coût important des traitements va être une charge énorme pour l’assurance maladie, qui devra alors « sacrifier » d’autres soins, moins prioritaires aux yeux des autorités sanitaires.
Essais tous azimuts sur les médicaments existants ?

Autre piste de recherche :

des médicaments existants peuvent-il se faire une nouvelle jeunesse en démontrant une activité sur la maladie d’Alzheimer ?

L’aspirine, qui est testée sur de nombreuses maladies, a montré une capacité à ralentir le déclin cognitif, mais pas à diminuer le risque de démence chez les sujets âgés.

L’institut de santé mentale Douglas de Montréal teste actuellement trois produits pour lesquels certaines observations font espérer un effet bénéfique : un anti-inflammatoire (Naproxène), un anticholestérol qui augmente la protéine issue du gène ApoE4, et l’insuline par voie nasale.

Des tests de diagnostic coûteux et/ou peu efficaces

Autre point faible actuel de l’arsenal thérapeutique anti-Alzheimer,

le diagnostic précoce, qui est la clef d’une mise en œuvre de moyens thérapeutiques efficaces au moment où il est encore possible d’agir. Là aussi, vu l’ampleur du marché potentiel, la recherche s’active...

L’objectif est de trouver un marqueur biologique présent dans le sang dès le début du développement de la plaque amyloïde. C’est ce que propose le test AclarusDX depuis 2011, en reconnaissant un ARN modifié qui permet de diagnostiquer la maladie au stade le plus précoce de la maladie dans 75% des cas selon le fabricant. Seul problème, il coûte plus de 600 euros !
Moins coûteux est le dosage sanguin de peptides amyloïdes β. Alors que les dosages isolés de β40 et β42 n’ont rien montré de significatif, le ratio des deux semble plus intéressant. Mais il n’apporte que des présomptions, et n’est pas encore disponible en dehors de la recherche.

La protéine VILIP-1 est présentée comme un marqueur de la vitesse de progression de la maladie.

Il faut cependant la doser dans le LCR, donc pratiquer une ponction lombaire ! Et qu’apporte vraiment de savoir à l’avance si la maladie va probablement évoluer plus vite que la moyenne ?

Une autre approche diagnostique très performante, validée par l’agence européenne du médicament (EMA), est l’utilisation du radiomarqueur Amyvid. Elle présente deux inconvénients : c’est un produit radioactif que l’on doit injecter dans le corps, et pour la lecture il faut un PET scan. Autre limite : si un résultat négatif exclut un processus Alzheimer en cours, un résultat positif n’est pas un critère diagnostic suffisant ! En somme, de gros moyens pour un petit résultat, comme souvent face à cette maladie.
En bref, il y a beaucoup de solutions proposées, et une réalité qui reste la même : un diagnostic clinique qui ne pourra être confirmé avec certitude qu’à l’autopsie !

Que penser des produits de santé naturels ?

L’étude de grande envergure réalisée par l’Inserm de Toulouse sur Ginkgo biloba a montré une absence d’efficacité (5). Elle a sans doute refroidi pour un temps les désirs de s’investir dans l’évaluation de solutions naturelles ! Bien que Ginkgo soit préconisé depuis longtemps par certains auteurs, nous affirmions avant cet essai que cette plante ne peut agir sur la maladie, seulement contribuer à améliorer la circulation cérébrale. Et nous ne l’avions pas retenue dans notre protocole Alzheimer.

Dans ce protocole, nous suggérons d’associer trois produits dont les modes d’actions complémentaires (informatif, nutritrif et curatif) sont à notre sens l’optimum qui peut être proposé pour protéger le cerveau, améliorer sa fonction, et soutenir son potentiel régénératif. Les effets sur chacun ne sont pas prévisibles, cela dépend de trop de facteurs.

Nous savons simplement aujourd’hui que c’est ce que nous pouvons proposer de mieux, et qu’il y aura une action favorable sur les fonctions cognitives. En étant bien conscients que la cure est coûteuse (environ 90 euros/mois) et non accessible à tous, d’autant plus qu’elle doit être prise au moins 3 mois, idéalement 6 mois. Et sans doute davantage pour maintenir les effets dans le temps...

Protocole proposé lors de la maladie d’Alzheimer, en complément des autres soins prescrits

Klamath RW® max : 4/j (2+2)
Microlisat® Fonction Cérébrale : 2/j (1+1)
Phosphasérine® : 2/j (1+1)

Pour réduire le coût, associer seulement Klamath RW® max et Microlisat® Fonction Cérébrale. On perd l’effet le plus rapide sur la mémoire mais on maintient le soutien de fond

Que faire concrètement avec une démarche intégrative ?

Le bilan actuel des prises en charge de la maladie d’Alzheimer montre que les solutions non médicamenteuses sont plus bénéfiques que les solutions médicamenteuses. Le changement de mode de vie et l’accompagnement personnalisé demeurent les priorités. Une présence aimante qui maintient le malade dans le mouvement de la vie est aussi essentielle que difficile, car ce sont des membres de la famille qui jouent ce rôle, et que ceux-ci n’ont généralement ni vraiment le temps, ni la formation pour assurer cela pleinement.

L’alimentation santé, l’exercice physique, les ateliers de rééducation à l’orientation, les échanges verbaux avec évocation du passé, les stimulations sensorielles, les animaux de compagnie, la vie en collectivité... ont montré leurs effets bénéfiques.

Alors que les ateliers mémoires qui mettent face à l’impossible et ne permettent aucune progression, sont davantage générateurs de souffrance et d’agressivité à venir. à éviter donc ! On ne peut demander au malade de réapprendre ce que son cerveau ne permet plus. Il est beaucoup plus bénéfique de l’aider à développer une certaine autonomie et à nourrir sa confiance ainsi que son bien-être immédiat avec ce qui lui est encore possible !

Associer diverses méthodes de soins, de manière personnalisée, dans le cadre d’un accompagnement qui individualise le programme en fonction du terrain spécifique de la personne, de sa situation familiale et de son budget, est la base d’une démarche intégrative.

Références

  • Synthèse INSERM sur la maladie d’Alzheimer
  • Sciences et Avenir n°788 - Octobre 2012
  • E. CALLAWAY : Gene mutation defends against Alzheimer’s disease - Nature juillet 2012, 487 (153). - Résumé
  • D LEXOMBOON & al : Chewing Ability and Tooth Loss : Association with Cognitive Impairment in an Elderly Population Study - Journal of the American Geriatrics Society octobre 2012, 60 (10) : 1951-56. - Résumé
  • Lettre Synphonat n°43, octobre 2012

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?