Un antihistaminique contre la sclérose en plaques

, par  Amessi , popularité : 18%

Des lésions cérébrales caractéristiques de la sclérose en plaques ont pu être traitées pour la première fois grâce à un anti-allergène utilisé depuis 40 ans.

Pour la première fois, des chercheurs rapportent être parvenus à réparer des lésions de la myéline chez des patients lors d’un essai clinique de phase 2 publié le 10 octobre 2017 dans la prestigieuse revue médicale The Lancet

 NEUROLOGIE.

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La myéline est une substance qui protège et isole les fibres nerveuses du cerveau. C’est elle qui permet la bonne transmission des signaux électriques entre neurones. La sclérose en plaques se caractérise par la destruction progressive de cette membrane. Ainsi, plus la maladie progresse, plus les signaux ont des difficultés à circuler, et plus les symptômes de la maladie deviennent handicapants. Ce processus de démyélinisation peut être ralenti, mais on le pensait jusqu’à présent irréversible.

 Pour la première fois, des chercheurs rapportent être parvenus à réparer des lésions de la myéline

Pour la première fois, des chercheurs rapportent être parvenus à réparer des lésions de la myéline chez des patients lors d’un essai clinique de phase 2 publié le 10 octobre 2017 dans la prestigieuse revue médicale The Lancet.
Pour ce faire, l’équipe du Dr Ari Green, du Centre de la sclérose en plaques de l’université de Californie à San Francisco (États-Unis), a utilisé un anti-histaminique prescrit depuis 1977 dans le traitement des allergies (rhume des foins, rhinites allergiques, urticaire...) : le fumarate de clémastine.

 Un premier pas vers le rétablissement des fonctions cérébrales

« Pour autant qu’on sache, c’est la première fois qu’une thérapie permet d’inverser les lésions causées par la sclérose en plaques, explique le Dr Ari Green. Ce n’est pas un remède, mais c’est un premier pas vers un rétablissement des fonctions cérébrales chez les millions de personnes atteintes de cette maladie chronique débilitante. » 50 patients d’une moyenne d’âge de 40 ans ont été inclus dans cet essai conduit en double aveugle randomisé avec placebo ; soit des conditions méthodologiques très fortes. Tous étaient atteints d’une névrite optique : des lésions de la myéline autour du nerf optique qui induit des troubles de la vision. La sévérité de cette atteinte a été mesurée avant et après l’essai qui a duré cinq mois. L’étude rapporte ainsi une amélioration du délai de transmission des signaux neuronaux, un marqueur de la réparation de la myéline.

Plus encourageant encore, les patients inclus dans l’essai étaient tous atteints de sclérose en plaques depuis plusieurs années. "Les gens nous pensaient complètement fous de lancer un tel essai, car ils croyaient qu’un médicament comme celui-ci ne pouvait éventuellement être efficace que chez des patients récemment diagnostiqués, se souvient Jonah R. Chan, autre investigateur de l’étude. Intuitivement, si la démyélinisation est récente, les chances de réparation sont plus importantes. Pourtant, chez les patients choisis pour l’essai, la maladie progressait depuis plusieurs années, et nous avons obtenu des preuves solides de cette réparation

Par Hugo Jalinière

source :
https://www.sciencesetavenir.fr

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