Les tampons et serviettes hygiéniques : un concentré de pesticides ?

, par  Amessi , popularité : 2%

Décidément, utiliser des tampons coûte cher, voire peut s’avérer dangereux. Le débat sur la « taxe tampon » est à peine retombé que se pose une nouvelle question, potentiellement plus anxiogène : que contiennent au juste ces protections hygiéniques ?

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De quoi sont faits les tampons hygiéniques ? Alors que les femmes s’en servent pendant des dizaines d’années, les fabricants ne sont pas obligés d’en indiquer la composition

Selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), « c’est au fabricant, importateur et distributeur de s’assurer qu’il met sur le marché des articles sans danger pour le consommateur » lorsqu’il s’agit « d’objets usuels ».

Cet état de fait a pour conséquence un manque total de transparence, notamment sur les traitements chimiques utilisés lors de l’élaboration des tampons, qui peuvent contenir du chlore actif, des traces de parfums, des substances irritantes ou cancérigènes,

 Du Roundup dans les tampons hygieniques

Selon une étude de l’université de La Plata en Argentine, rendue publique il y a quelques jours, 85 % des tampons et 100 % des cotons et gazes stériles testés par leur équipe contenait du glyphosate, le fameux désherbant commercialisé par Monsanto sous le nom de Roundup, ou son dérivé l’AMPA.

Cette substance est transmise dans le coton lors des traitements agricoles, explique le docteur Medardo Avila Vazquez, l’un des participants à cette étude : « La majorité de la production de coton [en Argentine] est transgénique et résistante au glyphosate. Elle est donc traitée quand le cocon est ouvert, de sorte que le glyphosate se condense et passe directement dans le produit. »

 Une substance chimique cancérogène :

Or cette substance chimique est considérée comme « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il faut donc déterminer si son contact répété avec une muqueuse, des blessures pour le cas des gazes, ou encore la peau ou les yeux concernant les cotons, présente des risques.

« Ce pesticide ne s’accumule pas dans l’organisme mais les expositions répétées peuvent perturber le métabolisme humain », a déclaré à Ouest-France le docteur Laurent Chevallier, attaché au centre hospitalier universitaire de Montpellier et chef de l’unité de médecine environnementale.

 66 000 signatures pour plus de transparence

Avant cette révélation, des milliers de personnes s’interrogeaient déjà sur la composition des tampons hygiéniques. Une pétition lancée cet été pour exiger plus de transparence avait déjà rassemblé près de 66 000 signatures en ligne et le soutien de l’association 60 millions de consommateurs.

« Seules quelques marques vendues en magasins ou sur des sites bios, à l’image de Natracare et Organyc, fournissent la composition complète de leurs produits, expliquait l’organisation. Pour les autres, savoir quelles sont les matières premières qui entrent dans la fabrication de leurs protections relève d’un véritable parcours du combattant. »

Une exception, comparée aux produits alimentaires ou d’hygiène. Le hashtag #‎BonjourTampaxOùEstLaCompositionDeVosTampons a servi de cri de ralliement au mouvement.

 La réponse du département communication Tampax :

La responsable de la communication de Tampax et Always, Maud Smith, avait fini par répondre que les tampons sont... essentiellement composés de coton et de viscose.
Or, les interrogations des consommateurs se concentraient d’avantage sur les emballages plastiques, les parfums et les colorants utilisés par les marques que sur la matière première. C’est désormais la provenance du coton qui est remise en cause.

source bigbrowser.blog.lemonde