L’inflammation chronique peut accélérer insidieusement votre vieillissement

, par  Amessi , popularité : 1%

Elle peut s’installer à bas bruit et il vaut mieux la repérer avant qu’elle ne mine progressivement nos systèmes immunitaires, antioxydants et énergétiques.

  Sommaire  

 Distinguer inflammation aigue et inflammation chronique

L’inflammation est une réaction normale de défense de notre corps. Elle se produit lorsqu’un élément étranger pénètre dans nos tissus (bactérie, virus, toxine, corps étranger...) ou qu’une réparation est nécessaire (après un choc, une plaie...).

 L’inflammation se caractérise localement par un afflux de sang plus important, avec rougeur, chaleur, gonflement et souvent douleur.

De cette façon, le corps apporte des éléments réparateurs dans cette zone, augmente le travail de ces éléments et la douleur nous conduit à la mettre au repos.

 L’inflammation est donc nécessaire mais ne doit être qu’une partie momentanée de ce processus de réparation, d’une durée limitée.

 L’inflammation chronique se différencie par trois choses :

- elle se fait à bas bruit, avec peu de symptômes apparents

  • elle peut se généraliser dans tout le corps
  • elle dure dans le temps.

Les effets de l’inflammation chronique

Douleurs Ses effets sont donc insidieux mais plus profonds qu’on ne le pense.
Aux USA, elle est appelée le « tueur silencieux ». En particulier, l’inflammation chronique accélère notre vieillissement.

 L’inflammation chronique favorise la dégénérescence des cellules et des tissus comme les articulations (arthrose), les parois des vaisseaux (artériosclérose), le pancréas (diabète)...

Elle entraîne, à la longue, une baisse des défenses immunitaires et fait le lit des maladies à composante inflammatoire (maladies cardiovasculaires, arthrites, asthme, Alzheimer, syndrome de l’intestin irritable, cancers, maladies auto-immunes, etc...). Elle augmente les taux de radicaux libres et donc l’oxydation du corps.

Les causes et facteurs de risque de l’inflammation chronique

Elle est le plus souvent due à une stimulation permanente des fonctions de défense (immunité) ou de réparation du corps. Trois grandes causes se distinguent :

- les foyers d’infection chronique (tels que foyers dentaires, gynécologiques, sinusiens, gorge...)

  • les intolérances alimentaires ignorées

 - l’afflux permanent de toxines et/ou polluants que le corps essaie d’éliminer.

D’autres facteurs favorisent l’inflammation chronique comme :

 la charge glycémique (IG) élevée de l’alimentation. Les sucres et l’excès de glucose dans le sang sont pro-inflammatoires.

 l’excès de graisses saturées mais surtout de graisses « trans », et aussi trop d’oméga 6 par rapport à des oméga 3 trop bas

l’excès de calories dans l’alimentation
l’obésité
le stress et l’insomnie (sécrétion de TNFalpha)
la baisse des hormones sexuelles (oestrogènes et testostérone) qui sont très impliquées dans les réactions immunitaires de l’organisme
la présence continue d’allergènes dans l’environnement et l’habitat
l’excès de fer dans le sang.

Le vieillissement lui-même favorise l’inflammation. On retrouve plus de marqueurs biologiques de l’inflammation chez les sujets âgés. On ne sait pas très bien en attribuer la cause. Cela peut-être le ralentissement général des fonctions antioxydantes, hormonales, détoxicantes, l’altération et le moins bon fonctionnement des mitochondries (les petits génératrices d’énergie dans nos cellules) qui libèrent de plus en plus de radicaux libres, l’accumulation de toxines ou polluants dans le corps, etc...

Ceci crée un véritable cercle vicieux : l’inflammation favorise le vieillissement qui, lui-même, favorise l’inflammation.

 Comment savoir si on est sujet à l’inflammation chronique ?

Les marqueurs biologiques

analyses Il se mesurent par des analyses de sang. Les plus couramment demandées sont :

- CRP (protéine C réactive)

  • fibrinogène
  • VS (vitesse de sédimentation)
  • ferritine et transferrine (liées au statut en fer qui ne doit pas être trop haut)
  • pré-albumine.
    Moins couramment, on peut demander :
  • TNF-alpha (facteur de nécrose tumorale) secrété par les globules blancs
  • interleukines
  • haptoglobine...

Les symptômes

Tout le problème de la suspicion d’inflammation chronique est là : elle peut passer inaperçue, sans signe particulier. Voici néanmoins quelques symptômes pouvant évoquer l’inflammation. Lorsque ces symptômes sont vécus au quotidien et pendant des mois (ou des années) ils peuvent alors signer l’inflammation chronique :

douleurs diffuses, musculaires, tendineuses ou/et articulaires

douleurs digestives avec ventre sensible

rougeurs cutanées ou muqueuses permanentes

température du corps constamment élevée au dessus de 37°

hypersensibilité permanente de certaines parties du corps

fatigue permanente anormale

vertiges et pertes d’équilibre

foyers inflammatoires chroniques ORL (sinusite, angine, otite...) ou digestifs ou gynécologiques...

Comment lutter contre l’inflammation chronique

Les nutriments « anti-inflammatoires »

 omega 3Les oméga 3 participent largement à la diminution des processus inflammatoires.

En particulier, ils doivent être suffisamment présents dans notre alimentation par rapport aux oméga 6.

 Le rapport en quantités oméga 3 / oméga 6 devrait être de 1 pour 5 (voire plus). De nos jours, dans les sociétés modernes occidentales il n’est pas rare d’observer des rapports de 1 pour 10 ou 1 pour 20, ce qui est très faible et favorable à l’inflammation.

 Les oméga 9 ont également une action anti-inflammatoire. Il s’agit des acides gras mono-insaturés (très présents dans l’huile d’olive).

Le GLA ou acide gamma-linolénique est également intéressant. C’est une exception dans les oméga 6 qui sont, pour la plupart, pro-inflammatoires. Cet acide gras insaturé est très présent dans les huiles de bourrache ou d’onagre, classiquement utilisées contre les inflammations cutanées, articulaires (polyarthrite) ou gynécologiques...

 Cet effet est plus marqué lorsque le GLA est associé à des apports d’acide linolénique (oméga 3) L’huile ou les graines de lin sont très riches en acide linolénique.

 Les fibres alimentaires en évitant les pics de glycémie (sucre dans le sang), et en accélérant le transit intestinal ont démontré des effets contre l’inflammation.

Les antioxydants sont, en général, également anti-inflammatoires, par exemple : les anthocyanes, la quercétine... On les trouve dans les légumes peu cuits et les fruits frais, notamment les baies.
Les épices et en particulier le curcuma mais aussi le gingembre, le basilic, le romarin...

L’hygiène de vie
Le sport permet de réduire les phénomènes inflammatoires chroniques quelque soit l’âge.

Un bon sommeil (suffisamment long) favorise la fabrication de protéines réparatrices anti-inflammatoires (comme le LCRP).

La relaxation a prouvé ses effets sur l’inflammation dans le corps humain.

Comment manger « anti-inflammatoire »

 Il est possible d’agir contre l’inflammation chronique au niveau de l’alimentation en choisissant ses aliments. Une alimentation proche du régime crétois (riche en légumes, huile d’olive et antioxydants, pauvre en sucres et céréales, limité en protéines animales) a d’ailleurs prouvé ses effets sur l’inflammation.

regime cretois
En fait, dans les régimes proposés, dits « anti-inflammatoires », on ne retrouve ni plus ni moins que les règles de base d’une alimentation saine anti-âge. Les voici pour mémoire :
- moins de sucres mais des aliments à index glycémique bas (donc avec plus de fibres)

  • moins d’acides gras trans, d’oméga 6 et surtout, plus d’oméga 3
  • plus de fruits et légumes et d’épices (riches en antioxydants)
  • manger moins cuit et éviter les aliments frits, grillés, roussis, pour éviter le phénomène de glycation qui favorise le vieillissement des tissus)

 On pourrait ajouter qu’en particulier, les carences en zinc, magnésium et vitamine D favorisent l’inflammation chronique.

Traitement intégral de l’inflammation chronique

 La première chose à faire est de rechercher la ou les causes de cette inflammation qui s’est installée progressivement. Il convient ensuite de les traiter. Il existe cependant des traitements pour aider à résorber l’inflammation chronique :

 En allopathie : l’aspirine, la metformine et la pentoxifylline à petites doses sont employées en médecine anti-âge.

La plante Boswelia serrata (et la 5-loxin qu’elle contient) est traditionnellement employée contre les articulations enflammées en médecine ayurvédique. Ses effets contre l’inflammation ont été largement démontrés depuis. Elle est employée dans l’asthme, l’arthrite certaines inflammations intestinales...

 La pregnénolone et la DHEA qui diminuent avec l’âge, peuvent avoir des effets réduisant l’inflammation car elles favorisent la synthèse du cortisol dans notre corps, le grand anti-inflammatoire naturel.

De plus, la remontée du taux de ces hormones s’accompagne souvent d’une amélioration de l’humeur et des fonctions cérébrales, toujours intéressantes..

Conclusion

Bien qu’assez fréquente, l’inflammation chronique n’est pas partout et chez tout le monde. Il n’y a pas de raison pour paniquer !

Ceci dit, il ne faut pas la laisser s’installer dans notre corps, surtout si l’on est exposé à plusieurs des facteurs de risque vus plus haut.
Pour cela, avoir

 une bonne alimentation et une bonne hygiène de vie sont la base d’une bonne prévention.

S’il existe des raisons ou des symptômes évoquant une possible inflammation chronique, il faut la confirmer par des examens biologiques. Dans le cas où elle s’est installée, alors son traitement sera :

- la recherche et l’élimination des causes possibles

  • l’adoption d’une alimentation saine et l’amélioration de l’hygiène de vie
  • un traitement intégral, le plus naturel possible, de cette inflammation, jusqu’à ce qu’elle disparaisse et que les analyses comme les symptômes se normalisent.

Dr Serge SAID

SOURCES :
AMESSI
antiageintegral

« Bibiographie :

  • Kovarik JJ, Hölzl MA, Hofer J et al., “Eicosanoid modulation by the short-chain fatty acid n-butyrate in human monocytes”, Immunolog, Vol. 139, p. 395-405, 2013.
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  • L’alimentation ou la troisième médecine, 5e édition, Dr Jean Seignalet, éd. François-Xavier de Guibert
  • Sears B, Ricordi C. Role of fatty acids and polyphenols in inflammatory gene transcription and their impact on obesity, metabolic syndrome and diabetes. Eur Rev Med Pharmacol Sci. 2012, 16:1137-54
  • Nathan C, Ding A. Nonresolving inflammation. Cell. 2010, 140:871-82
  • Vlassara H, Cai W, Chen X et al., Managing Chronic Inflammation in the Aging Diabetic Patient With CKD by Diet or Sevelamer Carbonate : A Modern Paradigm Shift. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2012, 67:1410-1416
  • Hiraiwa H, Sakai T, Mitsuyama H et al., Inflammatory effect of advanced glycation end products on human meniscal cells from osteoarthritic knees. Inflamm Res. 2011, 60:1039-1048 »

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