ENDECINE CLASSIQUE, 18 OU 19 C’EST PAREIL QUAND 18 ET 19 S’ÉQUIVALENT !

, par  Dr DIASOLUKA Luyalu - Ophtalmologiste , popularité : 1%

Certaines sciences sont basées sur l’analyse des chiffres : statistiques, épidémiologie, numérologie... Dans certains cas, de très petites différences de quantité peuvent avoir de grandes et graves implications. Des fois et même souvent nous dramatisons inutilement les choses.
  • * Si dans certains cas il faut s’en tenir strictement aux chiffres à des décimales près (prescription des cardiotoniques...), il n’est pas toujours nécessaire de s’arracher tous les cheveux de la tête et de s’inonder le sang avec des catécholamines (adrénaline...) à cause de petites différences dans les chiffres.

 Concernant l’article L’INDICE DE CORPULENCE

http://www.amessi.org/l-indice-de-corpulence-du-dr-diasoluka

Certaines personnes sont fort sceptiques, scandalisées à l’idée que *en Médecine classique, 18 ou 19 c’est pareil*.

Je réplique par quelques exemples :

 I. INDEX GLYCÉMIQUE :

Quand on prescrit un régime alimentaire à quelqu’un, le résultat dépend de la composition exacte du repas (glucose pur, miel, fructose, lactose, ...), du mode de cuisson (pomme de terre crue, cuite, bouillie, frite, grillée, en purée ou pâte alimentaire... ; l’index glycémique de la carotte cuite est plus haut que celui de la carotte crue), et d’autres facteurs locaux (présence de fibres alimentaires et des chélateurs, qualité et durée de la mastication, composition qualitative (enzymatique et autre) et quantitative de la salive), du mode d’administration (si le sucre est « mangé » plutôt qu’injecté en I.V.

  • De plus, le glucose administré oralement entraîne [contrairement au glucose administré par voie parentérale] la sécrétion de l’hormone INCRÉTINE GLP-1 glucagon like peptide-1 qui régule
  1. 1. La sécrétion d’insuline et assure l’homéostasie glucidique via les cellules intestinales endocrines pourvues de récepteurs au goût sucré cfr la gustducine, récepteur à protéine G, et
  1. 2. Plusieurs autres éléments impliqués dans la transduction du goût, ce qui influence la quantité d’aliment à ingérer.)

 II. MÉDICAMENTS :

a. Mode d’administration :

UNMEDICAMENT administré à la même dose en per os (à jeûne ou pendant ou après les repas), Intramusculaire ou Intraveineuse, Intrarachidien, suppositoire, patch cutané, intradermique ou sous-cutané, sous-lingual, nébulisation/pulvérisation nasale ou buccale, collyre (effets systémiques des collyres)... ne donnera PAS LAME BIODISPONIBILITÉ, pas le même pic et surtout pas la même pharmacodynamie (temps du pic et durée de la concentration efficace dans le site d’action [sang, liquide synovial, LCR, interstice et parenchyme cérébral ou cérébéral...]).

b. Problème particulier pour le même mode d’administration :

Certaines maladies (coeliaque...), indigestion, troubles du transit, hémorroïdes, médicament pris à jeun ou avec repas et le type de repas et son mode de cuisson, modificateurs d’absorption (chélateurs, fibres alimentaires), degré et présence de modificateurs de pH, méga/dolicho-côlon...

c. Quantité administrée :

Quand on dit qu’il faut administrer 3× par jour une cuillerée à café d’un médicament à un enfant, combien dans la réalité lui administre-t-on ? La cuillère peut être presque pleine avec ses bords bien visibles, elle peut être remplie juste à ras, comme elle peut être bombée à la limite du débordement.

Idem quand on dit qu’il faut scinder le comprimé en deux, les deux parties n’ont pas exactement la même taille. De plus un comprimé coupé n’a plus la même vitesse d’absorption que le comprimé entier enrobé ou pas...

III. ÂGE :

Quand on dit de *13 à 18 ans* et de **19 à 24 ans**, ça rime avec quoi ?

En dehors de la scolarité (secondaire et universitaire)...

Un enfant de 18 ans peut avoir une fonction hépatique beaucoup plus développée qu’un adulte, convertissant plus facilement les précurseurs en substances cibles, ou détruisant plus facilement les substances soient actives soient toxiques, ou les éliminant mieux.

De plus un enfant de 19 ans ou même un adulte peut avoir une fonction hépatique beaucoup plus imature ou altérée qu’un petit enfant, convertissant moins facilement les précurseurs en substances cibles, ou détruisant moins facilement les substances soient actives soient toxiques, ou les éliminant moins bien.

En outre, l’enfant de 18 ans est-il plus proche d’un de 13 ans ou d’un de 19 ans donc d’un de 24 ans ?

Et même sur le plan de la scolarité ou du développement cérébral ou d’autres organes, certains enfants de 18 ans sont à l’université avec leurs homologues de 19 ans, et des personnes de 24 ans ou plus n’ont même pas le niveau des humanités !

 IV. EMBRYOLOGIE :

Un embryon de 18 jours est-il vraiment nécessairement toujours moins développé qu’un de 19 jours ?

 V. ET EN MATIÈRE DE POIDS :

Une personne de 19 kg ou 19 kg/m2 ou 19 kg²/cm est-il vraiment plus (ou moins) à risque de santé ou vital qu’un de 18 kg ou kg/m2 ou kg²/cm, seulement à cause de la différence de poids après un repas copieux ou un jeun [religieux complet] d’autant de jours (tenir aussi compte de la notion de poids-santé et celle de poids de forme) ?

 VI. MATHÉMATIQUEMENT :

18/18 = 1.00

18/19 = 0,94736842 = 0,9473684 = 0,947368 = 0,94737 = ... = 0,9 = 1
delta = -0,05263158 = -0,29% de 18 = -0,28% de 19
(donc l’écart 0,05263158 est pratiquement 0% de 18 ou 19).

19/18 = 1,05555556 = 1,06 = 1,1 = 1
delta = 0,05555556 = 0,31% de 18 = 0,29% de 19.
(donc l’écart 0,05555556 est pratiquement 0% de 18 ou 19).

Donc même pour les médicaments à marge thérapeutique très serrée, aucune différence entre 18 et 19.