Chantal Sebire : La mort l’a rappelée
Posté par admin dans Faits de Société le 19 mars 2008
La mort l’a rappelée
PARIS (AFP) – Chantal Sébire, la femme de 52 ans qui souffrait d’une tumeur incurable et avait sollicité le droit de recourir à l’euthanasie, a été retrouvée morte chez elle mercredi, a-t-on appris en début de soirée auprès du ministère de l’Intérieur.
Son corps sans vie a été trouvé en fin d’après-midi à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte d’Or). Les causes de la mort sont « pour l’instant indéterminées» , a indiqué à l’AFP une source autorisée au ministère de l’Intérieur.
Cette mère de trois enfants souffrant depuis des années d’une tumeur incurable qui lui déformait le visage avait réclamé le droit de « mourir dans la dignité» . La justice avait toutefois rejeté lundi sa demande d’euthanasie.
Le président de la République Nicolas Sarkozy avait reçu mercredi après-midi à l’Elysée le Dr Emmanuel Debost, le médecin traitant de Mme Sébire, en présence du professeur Arnold Munnich, conseiller du président et du Professeur Daniel Brasnu, chef du service d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital européen Georges Pompidou, spécialiste de la maladie dont elle souffrait.
Après avoir reçu un courrier de la malade, Nicolas Sarkozy avait demandé au Pr Munnich, qu’un « nouvel avis» soit donné « par un collège de professionnels de la santé du plus haut niveau» sur son cas.
Matignon a demandé mercredi à Jean Léonetti, rapporteur de la loi de 2005 instaurant un droit au « laisser mourir» mais pas à l’euthanasie active, une mission d’évaluation pour remédier éventuellement à « l’insuffisance de la législation» .
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Posté par admin dans Sciences, Téléchargements, Vidéos-Films le 18 mars 2008
Euthanasie : la demande de Chantal Sebire rejetée
Posté par admin dans Faits de Société le 17 mars 2008
Euthanasie : la demande de Chantal Sebire rejetée |
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Crédit Photo : Jeff Pachoud/AFP
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. Cette mère de famille, défigurée par une maladie incurable et mortelle,
a prévenu qu’elle ne ferait pas appel de la décision du juge de Dijon. . Elle a, en revanche, annoncé qu’en cas de rejet elle irait très certainement en Suisse, où le suicide assisté est autorisé.
- le 17/03/2008 – 15h05 |
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Chantale
Sébire ne pourra pas mourir chez elle, entourée des siens, au moment où
elle le souhaite grâce à l’aide d’un médecin. Le tribunal de grande
instance de Dijon a rejeté lundi la demande de cette femme de 52 ans,
atteinte d’une tumeur au visage incurable, qui souhaitait qu’on
l’autorise à prendre un produit mortel. « Même si la dégradation
physique de Mme Sébire mérite la compassion, le juge en l’état de la
législation française ne peut que rejeter sa demande» , argumente le magistrat. Dans ses attendus, il affirme que la requête de Mme Sébire « s’oppose au code de déontologie médicale, lequel dispose que le médecin n’a pas le droit de délibérément donner la mort» . Elle « s’oppose également au code pénal» qui condamne l’assistance et l’aide au suicide, poursuit l’ordonnance
en énumérant des articles de la Convention européenne des droits de
l’Homme et du code de la Santé publique.
Lors de l’audience du 12 mars, le procureur de la République avait requis « l’irrecevabilité en l’état actuel de la loi» (sur la fin de vie du 22 avril 2005, ndlr) de cette requête « exceptionnelle» ,
en faisant notamment valoir que le droit français assimilait l’aide au
suicide au délit de non-assistance à personne en danger. Le Ministère
public avait également cité un arrêt de la Cour européenne des droits
de l’Homme qui ne reconnaissait pas l’existence d’un « droit à mourir« . Dans sa demande, Mme Sébire faisait état de ses « souffrances intenses et permanentes» , du « caractère incurable des maux dont elle est atteinte» et de son « refus de devoir supporter l’irréversible dégradation de son état« . Ces raisons l’ont conduite à demander au TGI de Dijon d’« autoriser
l’un de ses médecins à lui prescrire le traitement nécessaire pour lui
permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité« .
La garde des Sceaux Rachida Dati avait affirmé la semaine dernière que « la médecine n’était pas là pour administrer des substances létales»
alors qu’un vaste débat éthique voyait les responsables politiques
faire preuve de la plus grande prudence sur ce sujet hautement
sensible. Chantal Sébire a
déjà annoncé le week-end dernier qu’elle ne ferait pas appel en cas de
décision négative de la part du juge de Dijon. Elle s’est par ailleurs
dit prête à aller en Suisse, où le suicide assisté est autorisé.
D’après agence
Posté par admin dans Faits de Société le 16 mars 2008
Chantal Sébire, « littéralement mangée par la douleur» , réclame le droit d’anticiper sa mort
Posté par admin dans Faits de Société le 13 mars 2008
Chantal Sébire, « littéralement mangée par la douleur» , réclame le droit d’anticiper sa mort
PLOMBIÈRES-LÈS-DIJON (CÔTE-D’OR) ENVOYÉE SPÉCIALE
Chantal Sébire, 52 ans, souffre d’un esthésioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cloison nasale, qui lui déforme cruellement le visage. Cette maladie rarissime et incurable, au très mauvais pronostic vital, lui a fait perdre la vue il y a quelques mois, après le goût et l’odorat. La tumeur prenant des « proportions insupportables» , sans rémission possible, Mme Sébire a écrit, le 6 mars, au président de la République, Nicolas Sarkozy, pour lui réclamer le droit de mourir.
Assistée de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Mme Sébire devait par ailleurs déposer, mercredi 12 mars, une requête exceptionnelle devant le président du tribunal de grande instance de Dijon. Invoquant la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège le droit à la liberté et au respect de la vie privée, elle souhaite obtenir de la justice l’autorisation, pour un de ses médecins, de se procurer en pharmacie une potion létale, soit « le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité»
.Depuis quand êtes-vous certaine de vouloir mettre fin à vos jours ?
Je le demande vraiment depuis la Toussaint 2007, au moment où j’ai perdu la vue. Mais j’y pense depuis bien plus longtemps, quand j’ai réalisé que je ne pouvais plus rien, et que, quoi que je fasse, je ne pourrais jamais arrêter la tumeur. Il n’y a ni solution chirurgicale ni solution médicamenteuse pour stopper ma maladie, qui évolue toute seule, comme un liseron autour du nerf olfactif. Aujourd’hui, je n’en peux tout simplement plus, ma situation se dégrade de jour en jour, la souffrance est atroce. Je me sens littéralement mangée par la douleur.
Pourquoi avoir décidé d’interpeller les pouvoirs publics pour demander la légalisation de l’euthanasie ?
Ce qui motive ma démarche, c’est l’incurabilité de ma maladie. J’ai rendu publique ma maladie pour faire valoir qu’il y a des gens qui sont dans des souffrances qu’on ne peut pas résoudre. C’est le dernier combat que je peux mener, s’il ne me sert pas directement, qu’il serve au moins à d’autres après moi.
La loi, aujourd’hui en France, ne permet pas, dans mon cas, de pouvoir décider du moment et des circonstances de mon départ. Elle a certes ouvert une voie, en permettant le « laisser mourir» , mais n’a pas été au bout de son raisonnement.
Ce que je revendique, c’est que le patient, qui est comme moi en situation d’incurabilité et est encore conscient, puisse décider de sa mort, en accord avec son médecin traitant et après décision d’un comité médical.
Vous vivez chez vous, avec l’assistance d’infirmiers dans le cadre d’une hospitalisation à domicile, et un suivi par votre médecin traitant. Pourquoi ne pas accepter d’être hospitalisée, ce qui pourrait soulager votre douleur ?
Car dans ce cas, je perdrais toute conscience. Ce que la médecine peut me proposer actuellement c’est d’être plongée dans un état comateux ou semi-comateux pour essayer enfin d’abréger ma douleur, avec des antalgiques à haute dose, en tenant compte du fait que je ne supporte pas la morphine.
Je serais donc allongée et alitée, et j’attendrais ainsi la mort. Je refuse cette situation, car elle n’est ni adaptée à mon tempérament ni à ce que je subis.
Je ne veux pas que la société m’oblige à passer par cette étape, c’est une question de dignité. Je ne veux pas me présenter ainsi à mes trois enfants, dont ma petite dernière qui n’a que 12 ans et demi.
C’est moi la seule souffrante, c’est à moi de décider. J’attends déjà la mort au jour le jour, elle peut venir à tout moment, c’est comme une épée de Damoclès. Je réclame simplement le droit de pouvoir l’anticiper.
Que répondez-vous aux opposants à l’euthanasie, qui craignent les dérives potentielles d’une légalisation ?
Que c’est au législateur de s’assurer, dans la formulation de la loi, qu’aucune dérive ne soit possible. En Belgique et aux Pays-Bas, et depuis peu au Luxembourg, cette possibilité laissée aux malades en situation d’incurabilité n’a concerné que très peu de personnes, sans entraîner une augmentation suspecte du nombre de morts.
Il ne s’agit donc bien évidemment pas de faire des euthanasies à tour de bras, ni d’étendre cette possibilité à tous les cas de fin de vie, la plupart des personnes ne demandant nullement la mort. Il ne s’agit nullement de tuer, mais de poser un geste d’amour envers l’humain en souffrance en face de soi, d’accompagner vers ce dernier cap. Nous ne sommes pas des éternels vivants, ni vous ni moi. Je demande simplement que ce calvaire s’arrête.
Article paru dans l’édition du 13.03.08.
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