Théorie du vieillissement par le stress oxydatif

, par  Grainede Ble , popularité : 2%

Le stress oxydatif

La théorie du
vieillissement par le stress oxydatif


Formulée en 1954 par le Pr
Denham Harman (université du Nebraska), elle stipule que le
vieillissement -et les maladies associées- sont dus à l’usure
engendrée par des atomes et molécules réactives, les radicaux
libres. Ceux-ci sont à l’origine du « stress oxydatif ».


Selon cette théorie, en diminuant le niveau des
radicaux libres, ou en les neutralisant, il serait possible
d’allonger la vie en bonne santé.

Quels sont les principaux radicaux libres ?

- Radical hydroxyle : Lorsqu’ils ne sont pas arrêtés par la couche
d’ozone, les rayons gamma du rayonnement solaire cassent les
molécules d’eau contenues dans le corps pour donner le redoutable
radical hydroxyle. Celui-ci peut aussi apparaître lors de
l’exposition aux rayons X et aux radiations nucléaires.

- Radical superoxyde : Une partie de l’oxygène que nous absorbons
pour brûler les aliments (1 à 3%) « fuit » sous la forme de radical
superoxyde. Les globules blancs du système immunitaire utilisent
aussi ce radical pour éliminer virus et bactéries. En tout, nous en
« fabriquerions » chaque année 2 kg !

- Radical péroxynitrite : Il est généré par les globules blancs,
lors de la rencontre avec le radical précédent

- Monoxyde d’azote : Il est produit
par les parois des vaisseaux sanguins et par certaines cellules du
cerveau.

- Péroxyde d’hydrogène (eau oxygénée) : Le radical superoxyde est
décomposé en péroxyde d’hydrogène. Celui-ci n’est pas un radical
libre, mais en présence de fer, il peut donner naissance au radical
hydroxyle.

- Oxygène singulet (non radical) : Cette forme activée de l’oxygène
est produite par les rayons ultraviolets. Elle peut s’attaquer à
l’ensemble des constituants de la cellule. Elle est à l’origine des
rides, mais aussi des cancers de la peau.


Peut-on échapper aux radicaux libres ?

On ne peut pas échapper aux radicaux liés au fonctionnement même du
corps humain :

- Alimentation et oxygène : Chaque jour, chaque cellule utilise
mille milliards de molécules d’oxygène pour brûler les substances de
l’alimentation et fabriquer de l’énergie. Une petite partie (3 à 5%)
échappe à la combustion pour donner naissance à un radical libre.

- Immunité : Les globules blancs
éliminent bactéries et virus en leur injectant un radical libre, le
superoxyde.

- Exposition au soleil : Les UV génèrent des radicaux libres et des
molécules apparentées, soit directement, soit indirectement.

On peut limiter les radicaux libres de
l’environnement :

- Fer et cuivre en excès : Ces minéraux favorisent des réactions de
transition qui donnent naissance au plus dangereux des radicaux, le
radical hydroxyle.

- Grillades et rôtis : Les parties roussies des aliments donnent
naissance à des composés toxiques qui génèrent des radicaux libres.

- Stress : Le stress augmente le métabolisme de certains messagers
chimiques du cerveau (catécholamines), ce qui génère des radicaux
libres.

- Rayons X : Ils peuvent engendrer le radical hydroxyle.

- Pollution atmosphérique : Elle est constituée de substances
oxydantes solides ou volatiles. Les niveaux de radicaux libres sont
nettement plus élevés chez les citadins des grandes villes, exposés
à la pollution atmosphérique.

- Pollution intérieure : Les
plastiques, moquettes, peintures, colles, désodorisants d’intérieur,
vêtements revenus du pressing relarguent des substances volatiles
qui se combinent entre elles pour générer des radicaux libres,
sources d’irritations des muqueuses.

- Polluants alimentaires : Pesticides et métaux lourds contribuent à
une surcharge radicalaire.

- Tabagisme actif ou passif : Chaque bouffée de cigarette fait
pénétrer 1015 (soit 10 suivi de 14 zéros) radicaux libres dans les
poumons.

- Bronzage intensif : Les rides, les taches, les cancers liés à
l’exposition abusive au soleil sont le résultat de phénomènes
radicalaires.


Existe-t-il des systèmes de protection
contre les radicaux libres ?

OUI
L’organisme est équipé de
systèmes de protection anti-radicaux libres, qu’on appelle aussi
antioxydants.

Les antioxydants de
l’organisme :

Antioxydants de l’organisme Fonction
Superoxyde dismutase (SOD)
à base de zinc et de cuivre
Enzyme. Neutralise les radicaux superoxydes en les transformant en péroxyde d’hydrogène.
Superoxyde dismutase (SOD)
à base de manganèse
Enzyme. Neutralise les radicaux superoxydes en les transformant en péroxyde d’hydrogène.
Catalase (à base de fer) Enzyme. Neutralise les péroxydes d’hydrogène en les transformant en eau et en oxygène.
Glutathion péroxydase
(à base de sélénium)
Enzyme. Neutralise les péroxydes d’hydrogène en les transformant en eau et en oxygène.
Transferrine Protéine. Transporte le fer.
Lactoferrine Protéine. Transporte le fer.
Cerruloplasmine Protéine. Transporte le cuivre.
Acide urique Neutralise les radicaux libres dans les compartiments extra-cellulaires.
Albumine Protéine. Neutralise les radicaux libres.
Glutathion Protéine. Neutralise les radicaux libres.Détoxifiant.
Coenzyme Q10 Transporteur d’électrons. Prévient les réactions radicalaires dans les mitochondries.
Mélatonine Hormone anti-oxydante.

Il puise aussi dans l’alimentation
des molécules qui ont ce pouvoir.
Les antioxydants de l’alimentation :




voir le tableau


Le stress oxydatif est-il impliqué dans les troubles liées à l’âge ?



A ce jour plus de 100 troubles et maladies liés à l’âge ont été
attribuées aux radicaux libres. Par exemple :

- Rides : elle sont provoquées par la dégradation des protéines de
structure du derme.

- Cataracte : sous l’effet du soleil ou du tabac, les protéines du
cristallin sont dénaturées.

- Emphysème : endommagées par les
radicaux libres du tabac, les protéines du poumon perdent leur
élasticité.

- Infarctus : oxydé par les radicaux libres, le cholestérol se
dépose le long des artères.

- Cancer : le support du code génétique, l’ADN, essuie chaque jour
environ 10 000 attaques dues aux radicaux libres. Lorsque ces
lésions ne sont plus réparées, le code génétique est altéré, et ceci
peut conduire au cancer.



Le stress oxydatif est-il impliqué dans le
vieillissement ?

Il en existe plusieurs preuves récentes :

Martin Chalfie et James Taub ont montré que la catalase -une enzyme
antioxydante qui neutralise le péroxyde d’hydrogène- gouverne la
longévité d’un ver, le nématode C. elegans, l’un des modèles les
plus prisés des recherches sur le vieillissement, car son matériel
génétique offre des similitudes avec le nôtre. « Nos travaux,
écrivent les auteurs, indiquent que le contrôle des radicaux libres
est un déterminant important de la longévité »(1).

Richard Weindruch a comparé
l’expression de 6 347 gènes chez la souris jeune et chez la souris
âgée. Résultats : moins de 2% des gènes étudiés sont affectés par le
vieillissement. Il s’agit essentiellement des gènes qui prennent en
charge les protéines oxydées et défectueuses, et de ceux impliqués
dans le signal délivré par l’insuline (hormone sécrétée en réponse à
la consommation alimentaire)(2).

Des chercheurs italiens ont récemment rapporté qu’ils ont créé des
souris mutantes dotées d’une espérance de vie de 30% supérieure à
celle de leurs congénères. Comment ? En éliminant du patrimoine
génétique de ces souris un gène impliqué dans la production de
radicaux libres ! « L’accumulation de dégâts oxydatifs infligés par
les radicaux libres et les espèces réactives de l’oxygène est la
cause majeure la plus vraisemblable du vieillissement tant chez les
invertébrés que chez les mammifères » écrivent les chercheurs(3).

Des chercheurs américains et français ont réussi à allonger de 50%
la vie de vers nématodes C. elegans adultes, en leur administrant
des composés antioxydants. Ces substances sont des composé
synthétique à base de manganèse, dont l’activité mime celles des
enzymes superoxyde dismutase (SOD) et catalase (CAT)(4).

Que faire
concrètement pour limiter le stress oxydatif ?

- S’efforcer de limiter au strict nécessaire la quantité d’aliments
ingérées, en réduisant la part des aliments récréatifs, qui
n’obéissent pas aux besoins de l’organisme.

- Consommer surtout des aliments complets, riches en antioxydants et
pauvres en polluants. Consommer au minimum 5 portions de fruits et
légumes chaque jour.

- Prendre le cas échéant des compléments antioxydants.

- Eviter les cuissons agressives.

- Eviter les excès de fer et de cuivre.

- Eviter les milieux pollués (grandes villes, appartements ou
maisons garnis de matériaux synthétiques, véhicules polluants).

- Renoncer au tabac.

- Limiter l’exposition au soleil, sans y renoncer cependant.



Références :
(1) Taub, J. : A cytosolic catalase is needed to extend adult
lifespan in C. elegans daf-C and clk-1 mutants. Nature, 1999, 399 :
162-166.

Navigation