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LA MEDECINE NOUVELLE

Rencontre avec le Dr Hamer

par Grainede Ble | Catégorie : Dr Ryke Hamer | consulté 3650 fois | 0 commentaire(s)


Rencontre avec le Dr Ryke Geerd Hamer La médecine nouvelle Dr Eric Ancelet

Vous et votre Santé, No 68, février 1999, pp.10-13. (Voir site <http://www.vous-et-votre-sante.com> et archives sur CD-ROM)

La médecine nouvelle de Hamer est une approche médicale séduisante et très controversée. Elle remet en question les fondements de la médecine moderne et nous expose une autre manière de concevoir la genèse des maladies. Toutefois, la médecine de Hamer n’est pas complète, puisque ce médecin méprise toute approche non conventionnelle en thérapie. Elle n’est pas non plus vraiment "nouvelle". Il n’est ni le premier ni le seul à déchirer le voile de l’obscurantisme pasteurien, a participer à l’élaboration de ce "nouveau paradigme" en cours d’émergence dans tous les domaines de la connaissance. Cette mutation conceptuelle fut amorcée par de grands précurseurs comme le médecin analyste Georg Groddeck, approfondie par le contemporain Michel Moirot, complétée par l’approche originale de Michel Odent dont le concept de "santé primale" marque également "un tournant dans notre compréhension de la santé et des maladies".

Né en 1935, Ryke Geerd Hamer est un médecin allemand spécialiste de médecine interne en CHU. Diplômé à 24 ans, également licencié en théologie, il va pratiquer pendant près de vingt ans ce que nous nommons de nos jours la médecine "officielle" ou "conventionnelle". C’est en 1978 que sa vie bascule. Au mois d’août, son fils Dirk est morteIlement blessé par balle et va décéder en décembre de la même année. Peu de temps après, le Dr Hamer est atteint d’un cancer testiculaire. Ces événements tragiques seront à l’origine de réflexions puis de découvertes originales qui, aujourd’hui, mettent à mal toute la médecine d’Ecole. Celle-ci, affirme Hamer, est basée sur 5000 hypothèses non démontrées, tandis que la "médecine nouvelle" s’appuie sur cinq lois biologiques universelles, codées dans chaque cellule de tout être vivant. Quelles sont ces cinq lois ?

La première loi biologique est la loi d’airain du cancer Hamer va axer toutes ses recherches initiales sur le cancer, avant d’élargir son propos à l’ensemble des pathologies susceptibles d’atteindre les hommes, les animaux, et même les végétaux. Face à la cancérologie officielle enferrée dans ses paradoxes, il établit un lien sans ambiguïté entre la perte brutale de son fils Dirk et l’apparition de sa maladie : "Tout cancer résulte d’un choc psychique, conflictuel, dramatique, vécu dans l’isolement", qu’il nomme DHS pour Dirk Hamer Syndrom. Notons bien qu’il s’agit d’un conflit biologique et non psychologique, une réaction neuro-organique de survie susceptible d’atteindre aussi bien un animal confronté à une situation identique. Comme l’animal, l’homme vit des affrontements territoriaux, des situations de dévalorisation, des conflits avec ses descendants, des frustrations sexuelles, et il n’est pas toujours capable de les résoudre par l’exercice de sa raison, il est souvent incapable de les évacuer par les mots. Dès lors va apparaître une "maladie", que nous devons considérer comme un langage, un programme cohérent destiné à assurer la survie. Il existe toujours une corrélation précise entre, d’une part, l’aspect émotionnel, la façon subjective dont le patient a vécu et ressenti le choc initial, et, d’autre part, le cerveau ou se produit instantanément une rupture de champ dans une aire spécifique correspondant à la nature du conflit (lésion visible au scanner et nommée "foyer de Hamer" ou FH), enfin l’organe ou tissu en relation avec cette zone cérébrale, où va démarrer tout aussi instantanément un processus de cancérisation.

La mise en relation du cancer et du psychisme n’est pas nouvelle, même si l’on persiste à dépenser en vain des millions de francs pour trouver un virus ou un gêne responsable, même si l’on ne cesse d’allonger la liste des substances dites "cancérigènes". Ce qui est réellement original chez Hamer, c’est la conceptualisation rigoureuse de la genèse de la maladie, qui établit avec certitude, preuves à l’appui, qu’il ne peut y avoir de cancer sans ce DHS conçu comme un stress organique destiné à survivre au conflit biologique. Autrement dit, les maladies sont des programmes biologiques porteurs de sens, et il n’y a dès lors ni fatalité génétique, ni virus oncogène, ni facteur extérieur comme le tabac ou l’amiante, qui puisse générer un cancer en l’absence d’un violent traumatisme psycho-émotionnel. Notons que la peur et la culpabilité liées au tabac ou à l’amiante constituent en eux-mêmes des facteurs de stress : la peur du cancer programme le cancer. La conséquence la plus immédiate et la plus fondamentale est la possible réversibilité de toute pathologie organique à partir du moment où le conflit est solutionné. Un petit conflit donnera lieu à une maladie bénigne (une grippe par exemple), un gros conflit à une maladie grave (un cancer, une SEP, un diabète...), mais toujours la guérison se produira spontanément dès que le patient, aidé en cela par son entourage, prendra conscience de l’origine de son mal, et surtout trouvera une solution pratique à son conflit pour éviter les récidives. La prise en charge médicale sera dès lors toute différente : à une médecine symptomatique, infantilisante et lourdement iatrogène, qui ne vise que la lésion sans tenir compte du sens, Hamer oppose une approche globale qui rassure et responsabilise le patient et son entourage : "Pas de panique ! Avec la médecine nouvelle 95% des patients survivent !"

La deuxième loi biologique est celle des deux phases de toute maladie En premier lieu apparaît une phase de conflit actif à partir du DHS, un état de sympathicotonie permanent qui correspond à toutes les "maladies froides" de la médecine conventionnelle. La troisième loi nous apprendra d’ailleurs que selon le tissu concerné il y aura gain ou perte de matière, une tumorisation ou une nécrose, mais dans tous les cas le patient a les extrémités glacées, il perd l’appétit et souffre d’insomnie.

Si à présent le conflit est résolu, débute instantanément la phase de guérison avec oedème du foyer de Hamer (pris à tort pour une tumeur cérébrale), un état de vagotonie durant lequel le patient est épuisé mais avec les extrémités chaudes, un bon appétit et un bon sommeil. Ici aussi, selon les tissus, il y aura perte ou gain de matière organique, un gain s’il s’agit de combler une perte antérieure (déminéralisation dans l’os, ulcération dans une artère) ou une perte pour résorber une tumeur ou un kyste apparu durant la phase active. Cette deuxième phase correspond à toutes les "maladies chaudes" de la médecine conventionnelle, ce qui signifie que toutes les phases de guérison s’accompagnent de symptômes mai interprétés et trop souvent supprimés coûte que coûte par des moyens délabrants (chimiothérapie intensive, radiothérapie, chirurgie) alors que la personne est en train de guérir ! Le plus grave est l’effet dévastateur du diagnostic, c’est-à-dire le nouveau conflit et l’effondrement consécutifs à l’annonce d’une "maladie" qui n’est bien souvent que le signe certain de la guérison. On peut affirmer que 90% des aggravations et des récidives sont dues à la médecine scientifique, profondément nocive dès lors qu’elle ne tient aucun compte de l’affectivité des malades. Songe-t-on au ressenti de celui à qui l’on dit "tumeur" (tu meurs) ? La plupart des maladies courantes, accompagnées de symptômes bien visibles comme la douleur, des crampes ou des parésies, des vertiges ou des saignements, correspondent à des processus de restauration organique commandés par le cerveau, qu’il suffirait de surveiller et de contrôler en rassurant le patient pour aboutir tout naturellement à la guérison. Ainsi, toutes les maladies dites "infectieuses", l’infarctus du myocarde et la leucémie sont des phases de guérison qu’il est possible de prévoir et d’atténuer dès lors qu’une anamnèse bien menée aura permis de situer précisément la nature, l’intensité et la durée du conflit subi, ce qui n’est possible que si les médecins prennent enfin le temps d’écouter leurs patients, et d’entendre ce que "le mal a dit". Bien entendu, on peut souffrir et mourir en phase de guérison, si un conflit trop long et trop intense n’a pu être dit et solutionné à temps. La reconnaissance de la "médecine nouvelle" permettrait de réduire considérablement cette occurrence, à condition toutefois de reconnaître la valeur et d’utiliser les médecines non conventionnelles dans le suivi des patients. C’est ici mon premier point de désaccord inconciliable avec Hamer, qui, à l’évocation de l’homéopathie, lève les yeux au ciel et produit un jugement qu’un Abgrall ne renierait pas !

La troisième loi biologique concerne le système ontogénétique des tumeurs et équivalents de cancer Elle explique pourquoi une tumeur ou une nécrose apparaît dans un organe et non dans le voisin. Le point de départ est ici l’origine embryologique des tissus organiques. Peu après la fécondation, trois feuillets s’individualisent, l’ectoderme, le mésoderme et l’endoderme, à partir desquels vont se développer tous nos tissus et organes, avec des relais nerveux situés respectivement dans le cortex, le cervelet et le tronc cérébral. Selon la nature du DHS ou conflit initial (peur de manquer, perte d’un emploi, conflit mère-enfant, humiliation, dévalorisation, lutte territoriale...), c’est une zone bien précise du cerveau qui sera court-circuitée (le foyer de Hamer), et donc un tissu bien précis qui sera atteint, "cancérisé". Hamer ne s’est jamais trompé ! Connaissant l’un des trois éléments — la nature du conflit ou la localisation du FH visible au scanner ou la localisation organique du cancer — il peut déduire à coup sûr les deux autres. Ainsi un cancer du testicule correspond à un grave conflit de perte.

Les tissus dérivés de l’endoderme (commandés par le tronc cérébral) et du mésoderme ancien (commandé par le cervelet) développent des tumeurs durant la phase active du conflit et les résorbent par voie microbienne durant la phase de guérison. A l’inverse, les tissus dérivés du mésoderme nouveau (moëlle du cerveau) et de l’ectoderme (cortex) perdent de la substance durant la phase active (ulcère, nécrose) et la reconstituent durant la phase de guérison, ce qui est pris à tort pour un cancer. En référence à la deuxième loi, cela signifie qu’il n’existe pas de tumeurs "bénignes" ou "malignes", mais seulement des moments différents dans le déroulement d’un processus biphasique parfaitement cohérent, lequel a jusqu’ici totalement échappé à la médecine pasteurienne. Une tumeur poussée en phase active sera résorbée, éliminée ou enkystée en phase de guérison, tandis qu’une prolifération cellulaire en phase de guérison correspond toujours à la réparation d’une nécrose ou d’une ulcération induite par le conflit actif. Le plus délicat est la prise en charge d’un malade en phase active, car il faut dialoguer Ionguement afin de situer l’origine précise de son conflit, lui en faire prendre conscience et trouver une solution pratique. Durant la phase de guérison, il faut expliquer et rassurer, prévoir et contrôler les symptômes désagréables et parfois très graves qui se produisent à mi- parcours (Hamer parle de "crise epileptoïde", dont l’infarctus est un exemple), sans induire de nouveaux conflits (dévalorisation, peur de mourir ou de rester invalide) et sans détruire l’organisme avec des méthodes lourdement iatrogènes.

La quatrième loi est relative au système ontogénétique des microbes Cette loi détruit à elle seule tout le mythe pasteurien et ses conséquences. Pas étonnant que Hamer, comme tant d’autres, ait autant d’ennuis ! Toutes les maladies infectieuses, sans exception, sont des processus de guérison, le passage critique d’un cap comme nous le montre clairement l’exemple des maladies infantiles. Selon le tissu et donc l’aire cérébrale concernés, ce sera telle ou telle famille microbienne qui interviendra, par exemple les mycobactéries (tuberculose) pour résorber les tumeurs compactes du poumon ou de l’intestin apparues lors de peurs viscérales, telles que la peur de mourir ou celle de manquer de l’essentiel.

Et les épidémies me direz-vous ? A quoi je répondrai : n’existe-t-il pas des conflits collectifs générés par l’incertitude sociale, l’exclusion, les guerres, et aggravés par les famines ici, la surmédicalisation ailleurs ? Les virus, d’apparition relativement récente, sont en relation avec les tissus dérivés de l’ectoderme, lesquels réagissent à ces multiples conflits de territoire qui ont engendré et engendrent tant de rancoeur et tant de haine. Nous sommes les créateurs de notre réalité, de nos maladies comme de nos guérisons. Il suffirait aujourd’hui d’en prendre conscience pour qu’une planète entière entre en phase de guérison 1.

La cinquième loi est la "Ioi de compréhension" Elle résume l’ensemble : "Ce que nous avons appelé jusqu’à ce jour, à tort, ’maladie’ est en vérité le bon sens biologique, un programme spécial de la nature" (Hamer).

Cette présentation succincte reflète bien mal l’ampleur d’une telle vision, dont beaucoup d’aspects restent encore à éclaircir. Je peux témoigner personnellement du bien-fondé de cette approche, chez l’homme comme chez l’animal. Il est courant de voir un animal de compagnie prendre à son compte les conflits de ses propriétaires, ou un jeune enfant ceux de ses parents, et les manifester sous forme de "maladies" plus ou moins graves. Entre autres les allergies, l’eczéma et l’asthme, les troubles intestinaux, les troubles du comportement, relèvent le plus souvent de l’insécurité affective, avec bien sûr de multiples facteurs favorisants ou aggravants comme les vaccinations, l’alimentation industrielle, les pollutions électromagnétiques et audiovisuelles.

Les constellations schizophréniques Les travaux de Hamer portent actuellement sur ce qu’il appelle les "constellations schizophréniques". Il faut savoir que nous avons tous un cerveau bisexué, avec un hémisphère féminin et un hémisphère masculin. La femme et l’homme ont le même cerveau, mais un équilibre hormonal différent. Les droitiers, hommes et femmes, fonctionnent préférentiellement sur l’hémisphère droit, masculin en ce qui concerne les relais nerveux (mais féminin pour le psychisme). Par contre, en cas de choc majeur l’homme droitier va avoir un foyer de Hamer dans l’hémisphère droit, tandis que la femme droitière ciblera son hémisphère gauche, féminin en ce qui concerne les relais nerveux. Pour les gauchers ce sera l’inverse. Les relais nerveux n’étant pas identiques à droite et à gauche, ni d’ailleurs le vécu subjectif, un homme et une femme confrontés à la même situation conflictuelle ne développeront pas des pathologies organiques identiques. A noter le rôle catastrophique des hormones de synthèse (contraceptives notamment) qui détruisent l’équilibre hormonal des femmes (équivalent d’une castration chimique), susceptibles dès lors de développer des pathologies masculines comme l’infarctus du coeur gauche ou l’ulcère d’estomac.

Que se passe-t-il lorsque survient un second conflit avant que le premier ne soit résolu ? Le nouvel impact se produira alors sur l’autre hémisphère, et la personne, homme ou femme, aura donc un foyer de Hamer actif sur chaque hémisphère. La conséquence est ce que nous nommons très généralement "folie", terme qui englobe les excentriques, les dépressifs et les maniaques, ceux dont on dit qu’ils ont "un grain" ou qui "pètent les plombs". Les psychiatres cherchent l’origine des troubles mentaux dans les chromosomes, ce qui les rend difficile à éradiquer autrement que par l’eugénisme avec tous les dérapages que cela implique. En attendant, les "malades" sont enfermés, gavés de neuroleptiques qui en font des infirmes à vie. Or, selon Hamer, il s’agit ici aussi d’un programme biologique destiné à protéger l’individu en question, et à lui permettre de supporter des situations émotionnelles dramatiques en le décalant par rapport à une réalité qui, dès lors, ne peut plus l’atteindre. Ce programme spécial est nommé "constellation schizophrénique".

A titre d’exemple, les enfants autistes ne manifestent aucune maladie organique, en particulier aucune de ces maladies infantiles par lesquelles le jeune individu élabore sa relation au monde. Ce ne sont donc pas ces individus, les "fous", qui sont anormaux, mais bien la société dans laquelle ils essaient de survivre !

Le nombre de relais organiques dans chaque hémisphère est très important, et donc le nombre de combinaisons possibles de deux, trois, quatre... conflits est tout simplement infini, ce qui explique la multitude de façons d’être "fou" et de manifester peu ou prou son originalité par rapport aux conventions sociales.

La relation d’aide ne devrait plus consister à abrutir ces personnes, mais à interroger leur passé pour saisir l’origine du dérapage, et trouver si possible une solution pratique à des traumatismes souvent très anciens qui nécessitent une approche psychogénéalogique (influence de la famille, de la culture ou de la religion d’origine). Hamer n’a pas saisi cette résonance entre l’événement récent et un événement analogue survenu dans la petite enfance.

Ce lien fait actuellement l’objet de recherches approfondies de la part du Dr Michel Odent, préoccupé de fonder objectivement grâce aux statistiques la pratique de très nombreux thérapeutes et analystes : la santé, et donc l’immunité au sens large, se construit durant la période primale, de la conception aux alentours de sept ans.

Concernant l’abord médical des "constellations", notons qu’il peut être dangereux de résoudre un seul conflit, car cela peut créer une déstabilisation préjudiciable avec apparition de maladies organiques.

Nous remettre en route

Cet ensemble de données constitue à n’en pas douter une voie royale pour la médecine de demain. Les praticiens qui utilisent cette approche humaine et responsabilisante ont d’ores et déjà d’excellents résultats. Reste à savoir de quelle manière nous pouvons individuellement et collectivement intégrer ces notions à notre vie quotidienne, sociale, économique, politique, comment nous pouvons concevoir l’évolution humaine à la lumière d’une médecine entièrement rénovée, ou encore d’une "médecine retrouvée" (Dr Jean Elmiger). Hamer nous dit : il s’agit ici de lois biologiques et nous n’avons d’autre choix que de leur obéir, comme le font tous les êtres vivants sur cette planète. Pourtant, "désobéir’ à la nature ne signifie pas forcément dominer, détruire ou avilir. Dominer sa nature, ou la nature en soi, peut constituer une transcendance qui n’est pas antinomique avec le respect et la compassion pour l’autre, pour tout ce qui vit. Cette transcendance n’a pas forcément à voir avec la religion, il peut s’agir d’une "spiritualité laïque" qui consiste à trouver au fond de soi ce qui fut jusqu’ici imposé de l’extérieur par les multiples commandements et lois sociales qui canalisent les puisions et permettent la vie ensemble. Je parle ici de conscience intérieure, en dehors de tout argument d’autorité. Or Hamer nie radicalement toute transcendance, comme il nie les pouvoirs curatifs des médecines non conventionnelles. Pour lui, il n’y a qu’une solution : accepter d’obéir aveuglément à "mère Nature", selon ses propres termes : "devenir aussi intelligent qu’une bête" ! Le grand romantisme allemand est l’une des manifestations de cette philosophie ou religion naturelle qui prône un retour à la simplicité et à la "pureté" de l’animal considéré comme plus sage que l’homme puisqu’il ne cherche jamais à échapper ou à dépasser les règles immuables imposées par la nature. C’est ici que je m’écarte définitivement de la philosophie qui sous-tend les propos de Hamer. Si ces théories méritent d’être connues et mises en pratique par tous les médecins soucieux de comprendre ce que recouvrent les mots santé, maladie et guérison, il est difficile pour un humaniste de déifier la nature au point de nier en bloc tout ce qui dans l’homme s’écarte de la pure animalité. Le respect dû aux animaux ne doit pas nous entraîner sur cette pente du mépris de l’homme et de la sacralisation systématique des règnes non humains. La dérive idéologique possible doit éveiller toute notre vigilance. Face à l’effondrement actuel des valeurs les plus affirmées de la société, et tout particulièrement d’une médecine scientifique égarée dans ses fantasmes, il y a deux voies possibles : soit la régression, le choix réactionnaire du retour aux traditions, à un passé perçu comme "idyllique", avec le risque de voir apparaître ou réapparaître des régimes durs et intolérants fondés sur un certain "darwinisme social" (la loi du plus fort, le recours à l’exclusion voire au génocide scientifiquement fondé), soit l’évolution, le choix progressiste qui consiste à aller de l’avant en prenant conscience des erreurs qui ont émaillé et émailleront sans doute encore notre difficile chemin vers la maturité. L’homme est perfectible, et c’est en cela qu’il n’est plus, qu’il n’est pas un animal comme les autres. Nous devons certes accepter d’être des êtres "de nature", dotés d’un corps physique et de programmes biologiques susceptibles de générer des maladies si besoin est, mais nous devons accepter aussi la possibilité d’aller au delà de ces déterminismes stricts grâce à cette conscience intérieure qui est nôtre et qui peut nous permettre l’évitement des conflits individuels et collectifs. Et qu’importe le temps que nous mettrons à réaliser un idéal aujourd’hui facile à dénoncer comme une utopie. Qu’importe, si nous acceptons seulement d’aller de l’avant, de nous remettre en route, de remettre en question nos certitudes. Ce qui compte n’est pas l’étape accomplie, ni même le but pressenti au-delà des obstacles, mais le chemin lui-même. Mon sentiment, au sortir de cette rencontre [1], est qu’il nous faut penser un au- delà de Hamer, un avenir qui intègre la pensée d’autres chercheurs et l’immense domaine des thérapies alternatives dans une approche non dogmatique, tolérante et sans préjugés de tous les aspects de l’humanité en devenir. Au risque de fermer et de rigidifier le système, d’échapper à Charybde pour tomber entre les griffes de Scylla.

Dr Eric Ancelet

[1] Séminaire animé par le Dr R. G. Hamer fin octobre 1998, en Suisse.


Bibliographie

Georg Groddeck (1866-1934) : ce médecin allemand devint psychanalyste après avoir découvert les travaux de Freud. Toutefois il va très vite se démarquer du "maître", en premier lieu par son humour très rabelaisien, mais surtout par sa conviction que toutes les maladies organiques sans exception ont une origine psycho-émotionnelle et peuvent être guéries par l’approche analytique. Le Livre du ça, Gallimard, 1996 ; La Maladie, l’Art et le Symbole, Gallimard, 1993 ; Conférences psychanalytiques, tomes 1, 2 et 3, collection 10-18.

Michel Moirot : médecin français décédé en mars 1997, il fut le précurseur ignoré de Hamer. Son remarquable ouvrage "Origine des cancers" est introuvable après avoir fait l’objet d’une censure draconienne. Quelques exemplaires sont disponibles auprès de l’association Cheval Libre, Mas de Laval, 12260 Salvagnac-Cajarc (90 F + 18 F de port).

R.G. Hamer : les ouvrages du Dr Hamer traduits en français sont disponibles auprès de l’association ASAC, BP 134, 73001 Chambéry Cedex. La revue belge Infor Vie Saine a publié un excellent "digest" des travaux de Hamer, sous la plume du Dr Ch. Randier. Michel Odent, médecin et obstétricien français, fut à l’origine d’une prise de conscience et d’un renouveau dans l’accueil des nouveau-nés, expérience menée plusieurs années à la maternité de Pithiviers. Ses ouvrages et ses recherches actuelles en "santé primale" mériteraient une très large diffusion car les remarquables observations de Moirot et de Hamer concernant la genèse du cancer sont la conséquence directe du traumatisme périnatal.

Primal Health Research Center, 59, Roderick Road, London NW3 2NP. Tél. : 00 44 171485 00 95. Fax : 00 44 171 267 51 23. Eric Ancelet : Pour en finir avec Pasteur. Un siècle de mystification scientifique, ouvrage de synthèse destiné au grand public, qui propose quelques pistes au sortir de l’ère pasteurienne. Disponible auprès de l’association Cheval Libre.




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