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Origine et évolution de l’Homme

jeudi 28 octobre 2004
par  Grainede Ble

Origine et évolution de l’Homme

Henry de LUMLEY

L’évolution de l’homme a commencé il y a 7 millions d’années par l’acquisition de la station érigée bipède.

Les Australopithèques, les premiers primates qui marchaient debout et étaient occasionnellement arboricoles, ont occupé une grande partie de l’Afrique entre 5 et 2 millions d’années. Dès 2,5 millions d’années, les Homo habilis, issus des Australopithèques, acquièrent le langage articulé et inventent l’outil. Avec eux débutent la fabuleuse aventure culturelle des hommes de la Préhistoire.

Ce sont les Homo erectus, issus des Homo habilis, vers 1,8 millions d’années, qui vers 1,7 millions d’années quittent le berceau africain de l’humanité et qui acquirent vers 1,5 millions d’années le sens de l’harmonie et de l’esthétique lorsqu’ils sont capables de fabriquer de magnifiques bifaces qui présentent une symétrie bilatérale et bifaciale.

Vers 400 000 ans, à la limite nord des zones tempérées-chaudes de l’Eurasie, ils domestiquent le feu, formidable moteur d’hominisation, et ils peuvent alors pénétrer dans les zones tempérées-froides.

" Développement du crâne et du cerveau chez l’homme fossile " Anne DAMBRICOURT MALASSÉ

L’évocation du développement chez les hommes fossiles suggère que l’on se réfère à des restes osseux représentatifs des différentes phases de la croissance. Cela suppose par ailleurs qu’il est impossible d’accéder aux périodes de l’ontogenèse qui ne se fossilisent pas, à savoir le développement intra-utérin, de l’embryogenèse jusqu’au terme de la période foetale. Il convient donc de distinguer deux approches :

1) la première étudie des vestiges fragmentés d’enfants et les compare morphologiquement aux différents stades de la croissance de l’homme actuel,

2) la seconde tente de comprendre la morphogenèse des hominidés disparus, non pas au sens anatomique mais au sens des trajectoires de croissance à la lumière de ce que l’on observe chez les espèces actuelles de grands anthropoïdes (gorille, chimpanzé, orang outan, Homo sapiens).

Il apparaît une chronologie dans la formation du crâne. Les os ne se forment pas en même temps et ils changent de forme et de position. La genèse des tissus osseux est inséparable de celle du système nerveux central. Le crâne osseux se construit progressivement dès la période embryonnaire en commençant par la base qui est cartilagineuse et plane, alors qu’elle est coudée à la naissance.

Des changements sont acquis lors de cette déformation de la base, donc lors de l’embryogenèse et ils sont observables chez l’adulte.

C’est ainsi que d’importantes différences morphologiques sont visibles entre un grand singe et un homme, tandis qu’il n’apparaît pas de différences entre les espèces de grands singes pour ces structures d’origine embryonnaire.

C’est vers 100 000 ans que les Néandertaliens ou les Proto-Cro-Magnon précurseurs de l’Homme moderne, enterrent leurs morts, pratiquent des rites funéraires, témoignages de l’émergence de la pensée religieuse.

A partir de 35 000 ans, les hommes modernes, Homo sapiens sapiens ou homme de Cro-Magnon, au front haut, inventent l’art, art mobilier et art pariétal, fabriquent des éléments de parure, témoignages du développement de la pensée symbolique.

Vers le 8e et 7e millénaire avant notre ère, dans différentes régions de la planète (Anatolie, Afrique sud-saharienne, sud-est asiatique et chine du Sud, Amérique centrale), les hommes rompent l’équilibre avec la nature. Ils ne vivent plus simplement de cueillette, de chasse et de pêche, mais deviennent producteurs de nourriture, agriculteurs et pasteurs.

Aujourd’hui, l’évolution culturelle a rattrapé l’évolution morphologique. L’Homme sait contrôler les facteurs de l’évolution : environnement, sélection naturelle, modifications génétiques. Il doit être assez sage pour savoir qu’il doit vivre en harmonie avec la nature et créer une nouvelle éthique planétaire capable de gérer son avenir.

Embryon humain de 8 semaines, partie céphalique vue de profil au moment de la coudure de la base.Embryon humain de 8 semaines, partie céphalique vue de profil au moment de la coudure de la base. Leurs trajectoires de croissance sont donc communes depuis une population ancestrale, laquelle montrera les mêmes valeurs, tandis que ces mêmes trajectoires ont évolué à partir d’autres populations de grands singes.

Au cours de la période foetale, le cerveau se développe également différemment entre un grand singe et Homo sapiens. La voûte le montre chez les foetus et le nouveau-né, aussi bien à hauteur de l’os frontal qu’au niveau de l’écaille occipitale.

Le développement post-natal se traduit par l’accentuation des divergences. Les grands singes cessent rapidement le développement cérébral au profit du développement facial, tandis que la coudure de la base du crâne, déjà moindre que chez l’homme, se réduit aussi.

Au sol, l’équilibre locomoteur tend vers la quadrupédie alors que l’homme reste en flexion et est un bipède permanent. Les modalités du développement psychomoteur sont différentes, et les conformations de la base du crâne continuent d’accentuer les divergences.

L’homme voit se mettre en place chez le jeune enfant un tractus vocal innervé d’une façon qui autorise l’émergence de la parole, le langage articulé.

L’étude des fossiles jeunes comme adultes permet donc d’identifier les trajectoires embryonnaires et foetales du cerveau et du crâne, de regrouper des populations et d’établir des liens de filiation sur le principe d’un changement des trajectoires de croissance.

Ainsi est-il possible d’accéder à une certaine connaissance des modalités du développement intra-utérin et de tirer des conclusions sur certaines modalités des mécanismes de l’évolution.

Résumé de H.de Lumley http://chercheurs_toujours.vjf.cnrs.fr/conf_2701.htm#a


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