Nous sommes conditionnés à la passivité ! par Philippe BRAUN

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

Lorsque je me trouve confronté à des positions, opinions, goûts me dérangeant dans ’ce qui me semble normal’, j’essaye de chercher, là où ça coince, quelle est la valeur qui, chez moi, se sent agressée, et au mieux parvenir à percevoir chez l’autre une optique ou une construction différente de la mienne, comment elle s’articule avec l’environnement.

Nous sommes conditionnés à la passivité !

Depuis des années, je me trouve en face d’une interrogation latente :

« Comment peut-il se faire que dans une civilisation comme la nôtre, des faits patents puissent être travestis, sans réaction... des mensonges flagrants puissent être répétés sur plusieurs générations, sans réaction... des arrangements politico-financiers meurtriers puissent se dérouler sous nos yeux, sans réaction... des scientifiques réputés, même ’Nobélisés’, puissent interdire une découverte parce qu’elle les dérange, sans réaction... ? »

Lorsque je dis ’sans réaction’, ce n’est pas tout à fait exact. Il y a des gens qui s’insurgent, apportent des preuves, expliquent à qui le mensonge profite, démontent les mécanismes de désinformation... Mais ces gens là sont des apôtres, leur démarche les assure des pires avanies, de menaces sur leur emploi, leur famille, leurs biens, de procès, d’assassinat médiatique certain et d’assassinat tout court parfois.

Docteur Jacques Benveniste

Par exemple, le cas du Docteur Jacques BENVENISTE. Médecin et Biologiste de génie, ce chercheur a constaté par de nombreuses expériences que des molécules diluées dans de l’eau distillée maintenaient une trace effective même lorsque le nombre de dilutions rendait leur présence impossible (nombre d’Avogadro).

Ce chercheur à la tête de l’Unité 200 de l’INSERM, qui fût conseiller scientifique d’un Ministre de notre République, fût, à partir de la publication de sa découverte, proprement excommunié du monde scientifique, brocardé par la presse, ridiculisé par le Professeur CHARPAK (Prix Nobel de Physique), interdit de publication dans les revues scientifiques, perdit ses contrats avec l’industrie, son Unité 200 dissoute, son budget de recherche non reconduit... il est mort à l’automne dernier dans la plus grande indifférence... sauf de ses amis.

Il aura donc fallu 20 ans de mépris, d’exclusion, et la mort du fauteur de troubles pour qu’une revue très ’bien pensante’, « Valeurs Actuelles » dans son N° 3585 du 12 au 18 août 2005, ose publier un article de vulgarisation bienveillante.

Même mort, Jacques BENVENISTE fait toujours trembler les gros Laboratoires Pharmaceutiques.

Et la panique qu’il engendre est tout à fait justifiée, parce que, s’il a apporté une crédibilité supplémentaire à l’homéopathie, il a aussi découvert qu’une molécule avait une ’fréquence’ (puisque tout ce qui existe est vibratoire), qu’il était possible de numériser cette fréquence et de la transmettre par Internet. Ceux qui ont un peu d’imagination comprendront le séisme que cela représente.

Il est donc l’inventeur de la ’Biologie Numérique’... et peut-être le fossoyeur des Laboratoires Pharmaceutiques dans leur forme actuelle.

Cet exemple est loin d’être unique, et la Recherche n’est pas le seul champ de discorde et de coups tordus. je pense, entre autres, à un Médecin Expert auprès des Tribunaux qui lui aussi fait trembler les Laboratoires et également les Membres de l’Académie de Médecine, puisqu’ils sont les principaux agents commerciaux de ces mêmes Laboratoires.

Il s’agit du Docteur Marc GIRARD.

Si vous voulez avoir un aperçu du travail colossal qu’il soutient devant les Laboratoires, les Organismes de Santé (AFFSAP), les Ministres de la Santé (en particulier Ph. DOUSTE-BLAZY), la Justice... allez sur son site :

http://pagesperso.aol.fr/agosgirard, vous y trouverez des informations que ne donne jamais le Journal de 20 heures, c’est édifiant !

Dans une autre optique, je citerai sans hésitation l’incompétence coupable des Professeurs Jean-Claude BINET et Maurice GUENIOT qui à l’automne dernier ont promu soit à la télévision soit dans la presse, un Manifeste signé par la majorité des membres de notre Académie de Médecine signifiant leur opposition au remboursement par la Sécurité Sociale des prescription homéopathiques et la justifiant par :

« L’homéopathie est une méthode imaginée il y a deux siècles à partir d’apriori conceptuels dénués de fondements scientifiques... elle a vécu jusqu’à maintenant comme une doctrine à l’écart de tout progrès, complètement en dehors du remarquable mouvement scientifique qui a bouleversé la médecine depuis deux siècles... cette méthode obsolète continue à avoir de nombreux partisans... »

Incompétence coupable parce que ni l’un ni l’autre (ni les autres qui ont signé le Manifeste) ne sont homéopathes donc ils parlent de ce qu’ils ne connaissent pas (et qui les dérange). Ils ne tiennent aucun compte des réussites de cette médecine, et traitent par ce fait même, les 30.000 médecins pratiquants l’homéopathie en France, d’arriérés malhonnêtes.

Ils ridiculisent au passage tous les vétérinaires homéopathes qui ne font pas de bruit mais soignent les animaux en dehors de toutes les histoires d’"effet placebo" ou de ’vérification en double aveugle’.

Et soyez assuré qu’un vétérinaire homéopathe dans une région d’élevage cela n’a pas le droit à l’erreur !

Je citerai de la même manière les affirmations irrévocables et criminelles du Professeur Bruno HOAEN qui s’accroche avec ténacité et suffisance à la vaccination systématique des nouveau-nés contre l’hépatite B (voir pour ce cas des nourrissons la position catégorique du Dr GIRARD). Cela malgré toutes les études, soient françaises (rares), soient étrangères (beaucoup plus nombreuses), qui lancent un cri d’alarme sur les conséquences désastreuses de cette vaccination de masse - en France, plus de 20 millions de vaccinés contre l’hépatite B ! Avec un rapport bénéfice/risque qui alimente les discours, tant des Laboratoires que des Autorités Médicales, laissant s’accumuler les victimes de cette vaccination hystérique.

De plus un grand nombre de scientifiques internationaux désavouent énergiquement toute vaccination du nourrisson puisque leur système immunitaire n’est pas encore formé et que ces ’informations chimiques exogènes’ vont perturber la formation et la mise en place de leur organisation immunitaire ultérieure.

Il y aurait beaucoup à dire sur la vaccination en général.

La littérature sur ce sujet est impressionnante par son importance, la qualité indéniable et parfois exceptionnelle de ses auteurs, l’objectivité de leurs arguments, l’irréfutabilité de certaines preuves avancées, la protection illusoire de la majorité des vaccins, les dangers reconnus des adjuvants (hydroxyde d’aluminium et mercure) présents dans tous les vaccins... et des effets secondaires savamment occultés par la presque totalité des ’médias’.

Tous ces ouvrages sont en vente libre (sauf éditions épuisées) et n’ont donné lieu à aucun procès ou contestation officielle.

Un ensemble international de médecins et Professeurs de médecine, contestataires, réclament de stopper ces vaccinations dont l’efficacité n’a toujours pas été scientifiquement prouvée, et ce depuis les années 1880. Ce qui n’a pas fait bouger d’un cheveu l’attitude des Pouvoirs en Place... sinon pour en augmenter le nombre, en rendre certains obligatoires, et ne tenir aucun compte des mises en garde annuelles de médecins confrontés à des catastrophes vaccinales, depuis... 125 ans !

Nous sommes loin apparemment de l’objet de mon interrogation : « Comment peut-il se faire que... ? »

Et pourtant, la question est bien là.

Il y a deux camps, ceux qui sont censés savoir (par leur diplômes ou leur situation) et ceux qui ne peuvent pas savoir puisqu’ils n’ont pas de diplôme, et seulement un emploi, mais parfois une expérimentation personnelle incontournable.
Pourquoi l’arrogance, l’intolérance et l’agressivité sont-elles presque également réparties ?

Comment une telle scission a-t-elle pu s’établir ?

J’ai deux pistes de recherche sur ce qui pourrait être à l’origine de l’établissement des structures mentales qui génèrent cette situation.
Deux pistes qui en fait n’en font qu’une : la dictature, qui ne peut exister sans l’esclavage.

La 1re piste est l’emprise judéo-chrétienne représentée particulièrement en France par l’Eglise Catholique : « Hors de l’Eglise point de Salut ! ».

Chef d’Œuvre d’Orgueil et d’Intolérance.

Nous savons qu’actuellement l’Église de Rome essaye par tous les moyens (y compris toutes les techniques de communication, de publicité, de procédés de marketing, utilisés communément par les commerciaux...1 et 2) essaye de changer son ’look’ pour rameuter les fidèles, pourtant les éléments d’une dictature sont toujours présents, soigneusement rhabillés.

Quels sont ces éléments ?

* la modélisation
* la culpabilité
* l’ignorance

Ces trois ingrédients sont étroitement tricotés entre eux, il m’en sera donc difficile d’en remonter exactement les filières.

Comme modèle : JESUS !

Dès le départ je suis plombé... comme modèle : la perfection du Divin fait Homme ! C’est l’échec assuré !

Avant c’était JEHOVA... , guère mieux, parce qu’en plus il paraît qu’il était coléreux !
Alors, que me reste-t-il ?

J’ai été au catéchisme où il m’a été appris tout ce que je devais faire et ne pas faire, mais on ne m’a pas dit comment faire ou ne pas faire, ni avec quoi.

Demandez à un cul de jatte de faire un pas en avant, il ne peut pas, parce qu’il est sourd !

Comme on ne m’a pas dit comment, ni avec quoi, je n’ai pas su faire, donc : coupable d’incapacité !

Incapacité, donc, apprendre à se réformer.
C’est là que ça commence à se gâter vraiment. Et je crois que tout le reste en découle.

ABSENCE QUASI TOTALE D’ÉDUCATION

Pour exécuter - je ne dis pas réussir -, une recette de cuisine il faut impérativement connaître les ingrédients qui seront nécessaires, leur quantité, leur préparation préliminaire s’il y a lieu, les ustensiles, l’eau, le feu, l’ordre de mise en œuvre, les temps (trempage, cuisson... à manger tout de suite, dans trois semaines, chaud, froid...) .

En catéchisme, ça donne à peu près cela : « Voilà, tu vas faire une bonne soupe de poireaux-pommes de terre, ça va faire plaisir au Petit Jésus ! »

Le GROS ennui, c’est que je ne sais pas ce que c’est qu’un poireau, ni une pomme de terre, ni qu’il faut les éplucher, encore moins comment et avec quoi, ni une casserole, ni où trouver tout cela, ni faire du feu...

Le résultat... à chacun de se l’imaginer !

Mon résultat ça a été du n’importe quoi, j’ai mis 3 litres de feu dans une épluchure de casserole et j’ai mis le Petit Jésus à tremper...

Les impressions que je garde de cette époque (entre 7 et 14 ans ) sont un mélange de stupeur, d’incompréhension, d’isolement, d’extrême bonne volonté n’aboutissant pas à grand chose, d’interrogations devant l’assurance des Grands à affirmer dans le vide, pour progressivement parvenir à une sensation de ne pas avoir la capacité d’accéder à la même longueur d’ondes que ces Grands qui avaient tout pouvoir sur moi, j’étais donc coupable d’incapacité à répondre à leur normes.

Ne pouvant ressembler au modèle puisque non instruit de ce que j’étais, de quoi j’étais fait, la culpabilité et la soumission étaient parmi les seules issues pour subsister dans l’environnement social. En bref, coupable et soumis pour survivre tout court.

Et c’est à cela que je voulais parvenir, notre société est normative, chaque individu doit répondre aux normes et il n’est nulle part question de lui donner les moyens de se découvrir, de découvrir de quoi il est constitué, comment fonctionnent ses différentes manifestations corporelles, intellectuelles, émotionnelles, leurs différents niveaux et quelles sont leurs inter-actions qui le manipulent.

Au contraire tout est en place pour le casser dès qu’il amorce la moindre velléité d’autonomie.

La religion catholique en est une parfaite représentation avec ses dogmes sans explication, ses mystères tout aussi hermétiques, son réseau inextricable de ’péchés’ véniels ou mortels qui, s’ils ont été répertoriés, n’a jamais permis à quiconque de pouvoir s’y reconnaître dans son quotidien.

La psychologie a permis d’apporter un peu de lumière dans ces réseaux de pulsions ’vénielles ou mortelles’, mais la notion de ’péché’ n’a pas encore pu y trouver sa place...

Alors on crée des normes et ce qui n’est pas conforme détermine un coupable.

Avec ces normes il n’est plus question en vérité de religion mais bien plutôt d’ordre public.

La culpabilité est un instrument de pouvoir diaboliquement efficace : le pouvoir de l’Eglise catholique est en grande partie assuré par les fidèles eux-mêmes. La culpabilité entraîne dans son sillage la soumission.
Plus les dogmes sont obscurs, plus les péchés sont inévitables, plus l’opposition subjective du Bien est adossée au Mal, plus se rétrécit l’espace de liberté des individus. Un espace de liberté exigu ne peut donner qu’un esclave !

Quelle est la liberté d’un individu à qui on inculque sans aucune explication vérifiable que telle chose est Bien et telle autre est Mal.
« Tu ne tueras point »

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps : Dieu bénisse les Armées Françaises !

Et sur la boucle de ceinturon des soldats Allemands : « Gott mit uns » Dieu avec nous !

Et combien de millions de morts ?

J’ai pris cet exemple brutal parce que pour le reste c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Docteur Hamer

La Normativité est devenue institutionnelle, la Pensée Unique : une preuve d’insertion sociale réussie, l’Expérimentation Personnelle : dangereuse si elle se fait au grand jour, le Refus d’être embrigadé pour ou contre une idée quelconque : individualisme asocial, à surveiller.
Si je veux exister socialement il est indispensable que je sois positionné en ’pour’ ou en ’contre’ dans tous les domaines.

Et si je veux exister socialement et paisiblement, je dois être ’pour’ ce que la société a décrété conforme et ’contre’ ce que la société a décrété nuisible... ou ’troublant l’ordre public’.

Le procès du Dr HAMER en est une illustration. Il est la représentation ’in vivo’ de la structure mentale mise en place par le dogme : « Hors de l’Eglise point de Salut ! »

Hors de la Médecine Officielle, la prison !

Je ne cherche pas à mettre la religion catholique « à genoux », elle est déjà bien malade, mais si elle a eu son utilité à une certaine époque et si encore maintenant elle représente une aide pour certains, elle a utilisé un matériel génétique humain à des fins temporelles de Pouvoir qui n’avaient rien à voir avec la spiritualité et dont les empreintes ne sont pas près de s’effacer.

Pouvait-elle faire autrement ? La réponse n’a pas grande importance.

Nous arrivons maintenant à un nouveau paradoxe de taille européenne, celui de l’ignorance.

Dans le haut moyen-âge, avant que le christianisme n’apparaisse, la Connaissance était détenue par les religieux de l’époque, souvent des Druides ou des sortes de Chamans ayant des perceptions corporelles et spirituelles avec le monde des énergies telluriques et cosmiques.

Les alignements de Carnac en Bretagne ou l’ensemble de mégalithes de Stonehenge en Angleterre, ne sont pas le produit d’ahuris incultes dressant des cailloux pour faire s’incliner les foules, mais d’êtres ayant vraisemblablement une conscience très étendue des réalités planétaire et cosmiques3.

Cette tradition s’est pérennisée à travers les siècles et les Druides, puis les Moines se sont trouvés les gardiens de cette Conscience/Connaissance un peu en marge de la société.

La Connaissance est la perception d’une chose dans ses rapports avec un Ensemble.

Le Savoir est isolé. C’est le savoir d’une chose et l’ignorance d’une autre.

Dans les Universités du Moyen-Age, jusqu’à la Renaissance, il était courant de trouver des étudiants suivant en même temps des enseignements de mathématiques, de langue hébraïque, de la Kabbale, d’astrologie, d’herboristerie, de médecine, d’auteurs arabes, grecs, latins... pour tenter de pénétrer la Connaissance, c’est-à-dire les relations entre les différentes manifestations de la Vie.

Le latin est devenu progressivement, à partir de l’Empereur CONSTANTIN (IV°siècle), la langue vernaculaire des Universités dans toute l’Europe ce qui facilitait grandement les échanges, avec en corollaire, l’établissement d’une ’caste de gens instruits’ pouvant facilement se reconnaître entre eux et induisant la recherche et la conservation du pouvoir par Rome.

Jusqu’à la moité du XXe siècle, le latin était obligatoire dans tous les collèges de Jésuites (en France tout au moins), et à certaines occasions, chaque élève était tenu de ne s’exprimer qu’en latin.

Pendant toute la période moyenâgeuse, et les suivantes, jusqu’au XVIIIe siècle et même jusqu’à Jules FERRY, ce fût principalement le clergé catholique et les Moines qui transmirent les savoirs permettant l’accès aux Universités ou aux Monastères. Parmi ces derniers quelques uns étaient réputés soit pour leur bibliothèque soit pour un personnage dont le rayonnement particulier provoquait l’intérêt impérieux de certains étudiants.

Ce raccourci approximatif et très incomplet, pour rappeler le rôle prépondérant de l’Eglise catholique dans l’éducation, l’instruction des peuples européens. Même si ses intentions n’étaient pas toujours très limpides, elle assurait cependant ce rôle, tout en cherchant à augmenter le nombre de ses ’fidèles’.

L’Eglise a donc représenté un des éléments prépondérant de lutte contre l’ignorance, avec une particularité très ambigüe dans son attitude vis-à-vis du corps physique.

Lorsque l’on parle d’ignorance, elle est habituellement perçue comme une ignorance intellectuelle. La civilisation occidentale est à dominante résolument intellectuelle.
Le corps n’est qu’une sorte d’appendice nécessaire et encombrant dont l’utilité essentielle est de ’fonctionner’. Quant à son individualité éventuelle, elle n’est même pas envisagée... sauf, dans son éclairage chrétien particulier, où son existence n’est reconnue que comme un instrument de ’péché’ qu’il est nécessaire de dompter : « la chair est faible ! »

De quelle chair s’agit-il ? Quel est son fonctionnement ? Quels sont ses rapports avec ce fameux ’esprit’ qui ne peut être que ’supérieur’ ? ... Le silence est assourdissant !
Je ne parlerai pas de sexe pour ne pas faire exploser la zizanie.

L’ignorance, j’irai jusqu’à dire institutionnelle, du corps est une caractéristique difficilement contournable de notre civilisation. Même les professions médicales ou para-médicales, sensées être des spécialistes du corps, ont une approche tout à fait ’chosifiée’ de celui-ci.

De même que dans la religion catholique, la notion de Dieu est ’extérieure’, l’étude scientifique du corps se fait de l’extérieur. On apprend l’anatomie à partir de planches descriptives, quelques fois même de photos de cadavres ’écorchés’, tout à fait remarquables, permettant une visualisation et une mémorisation intellectuelle précise, mais je n’ai jamais entendu dire qu’en Faculté de Médecine on demande ou suggère aux étudiants de ’sentir de l’intérieur’ ce qu’ils sont entrain d’apprendre. Ils intègrent donc un savoir qui devient chaque jour de plus en plus pointu dans l’observation de l’anatomie, mais sans bénéficier de l’équilibre et de la richesse que pourraient induire leur perceptions internes.

En même temps, ce savoir extérieur aboutit à une ’dictature médicale’ suscitant une sorte de rapport de maître à esclave entre médecins et patients. (cf./ l’assignation récente en Justice par un médecin, de parents refusant un certain traitement chimiothérapique pour leur enfant).

L’ignorance corporelle, le coma corporel, communément répandu en occident a des résultantes impossibles à imaginer puisque n’ayant pas d’existence reconnue.
Surtout, si par miracle, vous avez conservé une conscience et un ressenti corporel important, évitez d’aller dire à un médecin qu’il n’a aucune notion de son corps... les internements psychiatriques d’office, ça existe réellement !

Avant d’en terminer avec cette 1re piste de réflexions, je voudrais indiquer que, depuis plusieurs années, un certain nombre de livres sont parus sur le corps, ses perceptions, ses mémoires, les localisations anatomiques de ces mémoires, l’origine de certains de ses dysfonctionnements, ses programmations... souvent écrits par des médecins plus ou moins réfractaires à la Médecine Officielle.

Et si j’ai cité quelques exemples de mon vécu, ce n’est pas pour me raconter mais pour donner un vague aperçu de la façon dont s’installent les empreintes dans des individus ou des groupes sociaux et comment, rapidement, peut s’effacer le souvenir de leurs causes.

Après, les empreintes fonctionnent toutes seules à travers les générations, cela devient une ’expression naturelle’. Sans qu’on s’en rende compte, c’est du style : « tu vas voir ta gueule à la récré », avec une parfaite tranquillité d’esprit, sans la moindre trace perceptible d’agressivité.

La 2e piste va faire grincer beaucoup de dents. Il s’agit de l’Éducation Nationale.

L’école primaire obligatoire, gratuite, laïque, accessible à tous, promu par Jules FERRY, fût une avancée considérable de l’alphabétisation, en particulier pour les plus défavorisés, socialement parlant.

La mise en place d’une telle révolution prit plusieurs années tant pour la formation des instituteurs que pour l’adhésion des populations.

Pour nombre de parents analphabètes, que leur fils ou leur fille aille à l’École pour apprendre à lire et écrire, relevait du conte de fées. Pour d’autres, agriculteurs surtout, l’École était plutôt un fléau qui retirait une ou plusieurs paires de bras au travail de la ferme, et pour certains ce n’était pas de savoir lire qui permettrait de pouvoir manger !

Par cette création de l’École obligatoire,l’Instituteur devint partenaire des Notables, au même titre que le Médecin, le Notaire ou le Curé. Généralement le statut d’Instituteur représentait pour celui-ci, l’accès à un rang social, hors des probabilités du système de l’époque. Conscient de cette extraordinaire promotion, il générait de ce fait un respect dont nous avons de la peine à nous souvenir.

Marcel PAGNOL, dans ses livres « A la gloire de mon Père » et « Le Château de ma Mère » restitue un peu l’ambiance de probité scrupuleuse et de dévouement qui régnait dans ce qui s’appelait alors l’Instruction Publique. Dans nombre de cas on pouvait même parler de ’sacerdoce’.

Ce ne fût certainement pas toujours rose, mais cela a fonctionné - et plutôt bien - durant des décennies grâce à cette probité et ce dévouement des Maîtres tant du Primaire que du Secondaire.

Et puis tout doucement le système a commencé à se détraquer, parce que si l’enseignement se perpétuait, la vie, elle, changeait.
Les éléments qui nous importent dans le sujet que nous cherchons à traiter peuvent se résumer schématiquement à :

* la Normalisation
* la Réussite
* l’Immobilisme

Là encore, les trois éléments se trouvent tricotés très serrés.

La Normalisation.

Comme par hasard l’École des futurs enseignants s’appelle l’École Normale. C’est dans cette école que sont dispensées les ’normes’, des savoirs qui formeront la colonne vertébrale de l’enseignement.

Tout d’abord, pour que quelque chose soit vivant, il est indispensable qu’elle intéresse nos trois modes de communication et d’expression : intellectuelle, émotionnelle et corporelle.

Si l’une manque et qu’elle n’est pas compensée par une sorte d’exagération mesurée des deux autres, la Vie a de la peine à passer - si elle y parvient encore ...

Il s’agissait, pour les Maîtres de transmettre à des enfants explosant de Vie, un savoir le plus souvent théorique, donc intellectuel. Ou en m’exprimant différemment, transmettre un savoir ’figé’ à des élèves pénétrés par la Vie qui n’est que mouvement.
Et si l’enthousiasme de la découverte des temps héroïques des Instituteurs était passé, demeurait la transmission fonctionnarisée de tranches d’intellectualismes très souvent orphelins de toute pratique, mais qui avaient semblé rigoureusement indispensables à l’épanouissement supposé des jeunes générations !

Et ces tranches intellectuelles étaient - de par la nature de leur enseignement - compartimentées de telle façon qu’une étanchéité remarquable s’est établie entre chaque matière. Le théorème de Pythagore ne peut évoquer que les mathématiques, pourtant Pythagore était mathématicien, mais aussi astrologue, philosophe, certains disent ’mystique’, en fait un personnage qui reliait les phénomènes entre eux, dans une démarche de compréhension de soi et de l’univers. Cet aspect primordial de Pythagore est passé à la trappe, n’est resté que son ’théorème’.

Cependant, il n’était pas possible d’envisager une formation complète sans inclure une partie difficile à dissimuler : « le corps ». Cela a donné lieu à la création d’une spécialité d’ « Éducation Physique », qui a été savamment « pensée ».

Les spécialistes chargés de la formation des professeurs d’Éducation Physique ont travaillé d’arrache pied pour décortiquer tous les groupes musculaires à développer, définir avec précision les mouvements permettant l’activation de ces muscles, établir les activités propres à chacun de ces groupes musculaires ainsi que les temps optimum d’exercices pour parvenir à ce que tout ceci puisse se lire facilement sur des diagrammes définissants les performances jugées nécessaires pour un développement normal de l’enfant... (ouf !)

L’Éducation Nationale a ainsi réussi à créer de toutes pièces une science à spécificité sportive réservée à une toute petite élite et dont le jargon nécessite une formation particulière. Ainsi, le mot « ballon » que tout le monde comprend, se transforme en :
« référentiel bondissant » ! ...

Et ce n’est qu’un exemple, mais il met en relief l’intellectualisme délirant de l’Institution chargée de la formation des enfants. De plus il n’est nulle part question de découverte du corps par perception individuelle, la notion de conscience corporelle n’est même pas envisagée pour la raison très simple que cette conscience ne pouvant s’expliquer intellectuellement, mais uniquement se ressentir... elle n’existe pas.

Je n’ose pas imaginer les réunions austères, houleuses de prérogatives individuelles, de rivalités personnelles, de coups tordus en coulisses, qui ont dû présider à l’établissement des programmes ! ... Avec pour objectif officiel l’enseignement des réalités d’une Création normalisée, destinés à des élèves devant répondre à un autre système de normes.

L’idée d’un enseignement unique pour tous, sachant que chaque individu est différent, relève de la quadrature du cercle, (mais je ne suis pas certain que la diversité individuelle ait réellement été prise en compte).

Alors, dans cette infinie diversité comment trouver des dénominateurs communs pour que chacun puisse recevoir, soit ce qui lui convient en propre, soit ce qui convient à la société. Puisqu’il s’agit d’Éducation Nationale, il est bien évident que ce sont les intérêts nationaux qui ont été, en principe, déterminants.

Dans la logique de ce choix - s’il y en eût - les déchets sont inévitables. Pendant des décennies, l’incapacité des élèves à suivre le ’programme’ de transmission intellectuelle des savoirs les orientait automatiquement vers l’enseignement des métiers manuels.

Ce procédé avait l’avantage de laisser croire que chacun recevait selon ses capacités. Donc tout le monde y trouvait théoriquement son compte, les élèves, l’Éducation Nationale, la société.

Mais ce système avait sournoisement des effets pervers :

* la supériorité des métiers à prédominance ’tête’
* l’infériorité des métiers à prédominance ’corps’ dits ’manuels’
* la coupure entre ’tête’ et ’corps’
* l’importance de la réussite scolaire pour ’réussir dans la vie’

Dans ce système entièrement fabriqué par l’homme, et dans le cas particulier, par l’Éducation Nationale, la réussite est un élément essentiel de l’épanouissement prédéterminé de l’individu.

C’est-à-dire que, dans ce système hyper normatif, celui qui ne peut répondre aux normes est exclu, ou marginalisé de telle façon que sa vie sera une galère. Celui qui n’a pas réussi n’a pas de place.

Il génère en plus un esprit de compétition, d’intolérance, de non acceptation de la différence de l’autre qui participe aux caractéristiques d’une société pratiquant un esclavage aseptisé ou la hiérarchie et la ’réussite sociale’ ne représentent que la partie ’fonctionnelle’ de cet asservissement.

Dans la catégorie des métiers à dominance ’tête’, plus l’échelon est élevé dans la hiérarchie, moins subsiste le contact avec les réalités quotidiennes. Lorsque ce contact est perdu, toutes les dérives sont possibles, les délires aussi.

Une conceptualisation bien menée doit pouvoir descendre étage après étage jusqu’aux détails de la réalisation matérielle, manuelle, avec à la remontée la prise en compte de l’impact social de chaque niveau de réalisation et son aménagement éventuel pour que l’humain puisse en être grandi.

Un Ministre des Finances qui ignore le prix d’une baguette de pain ou d’un ticket de métro, ne devrait pas avoir le droit de parler de SMIC, puisqu’il a perdu le contact avec le ’corps social’.

Les discours politiques le dissimulent très bien, mais les utilisateurs du métro et ceux qui vont acheter leur baguette ne sont, pour le Ministre, que des esclaves qu’il faut endormir pour qu’ils votent dans le ’bon sens’ à la prochaine consultation, pour que puisse s’exprimer les trois mots fondateurs de notre République :

* Liberté : d’appliquer les normes
* Égalité : on est tous égaux, surtout moi
* Fraternité : « tu vas voir ta gueule à la récré »

Ensuite vient : l’Immobilisme, pour verrouiller ce qui précède.

L’immobilisme de l’Éducation Nationale, qui normalise, compartimente et modélise toutes les autres activités humaines.

Tout détenteur de pouvoir non conscient de lui-même et de sa place dans le monde, ne peut -sauf dispositions exceptionnelles - que tout mettre en œuvre pour que rien ne bouge dans les systèmes qu’il dirige et que tout soit mis en œuvre pour que ses Pouvoirs personnels augmentent.

Celui qui a réussi son bac, fait Polytechnique, Sciences-Po, l’École Nationale d’Administration, est assuré d’une réussite sociale, établie sur l’échec des autres, leur inexistence. Il a une vue d’ensemble de toutes les modalités de l’exercice des Pouvoirs.

Mais en général il y a « un grand blanc » (avec ou sans jeu de mot), l’absence de la place de sa réalité corporelle support incontournable de sa réussite sociale. Et c’est cette absence qui rend nécessaires les normes.

Un individu ayant des capacité intellectuelles et émotionnelles moyennes, pénétré de sa conscience corporelle, est pénétré de sa valeur intrinsèque. Il n’a pas besoin de normes, il est à lui-même sa propre norme.

Le survol rapide de ces deux pistes de réflexions n’a aucunement la prétention de résoudre quoique ce soit.

Mais devant un questionnement important, il me semble indispensable - d’abord - de savoir à peu près de quoi il s’agit.

Ensuite, suivre les pistes qui se présentent et tenter de voir d’où elles viennent, leurs directions, voir là où elles se recoupent, divergent, convergent, les points où elles peuvent être modifiées, dans quel sens... et surtout DANS QUEL BUT ?

1 - Actuellement les J.M.J. de Cologne sont l’application des procédés des « Foires,Expositions ou Salons » commerciaux, agrémentées par les techniques éprouvées du show-biz.
2 - Transmission par SMS de textes religieux, en cours de mise en place.
3 - Ceux que le sujet intéresse peuvent se reporter au très beau livre de Georges PRAT : « L’ARCHITECTURE INVISIBLE » Editions : ARKHANA VOX

Auteur : Philippe BRAUN

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