Médecine orthomoléculaire

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

Le terme « orthomoléculaire » signifie « molécule correcte » au sens « qui n’est pas étrangère au corps humain, qui est biologiquement correcte », les autres molécules (les principes actifs de la plupart des médicaments) étant vues comme biologiquement incorrectes — leur ressemblance chimique à des substances légitimes leur permet d’interagir avec les molécules du corps, mais comme elles ne sont pas identiques aux molécules qu’elles imitent, elles provoquent des dysfonctionnements (les effets secondaires) et leur effets recherchés relèvent plus de la tricherie chimique que de la suppression des causes de la maladie.

 Médecine orthomoléculaire

La médecine orthomoléculaire se propose de soigner les personnes par l’apport optimal de substances naturellement connues de l’organisme, par opposition à l’approche dite allopathique qui s’oriente plutôt vers les effets thérapeutiques de molécules créées par l’homme.

Le terme « orthomoléculaire » signifie « molécule correcte » au sens « qui n’est pas étrangère au corps humain, qui est biologiquement correcte », les autres molécules (les principes actifs de la plupart des médicaments) étant vues comme biologiquement incorrectes — leur ressemblance chimique à des substances légitimes leur permet d’interagir avec les molécules du corps, mais comme elles ne sont pas identiques aux molécules qu’elles imitent, elles provoquent des dysfonctionnements (les effets secondaires) et leur effets recherchés relèvent plus de la tricherie chimique que de la suppression des causes de la maladie.

La médecine orthomoléculaire se propose de traiter par la modification des concentrations des substances naturellement connues du corps humain, par opposition à la médecine « toximoléculaire » utilisant des substances crées de novo et inconnues du corps humain, et donc potentiellement toxiques (et profitables jusqu’à l’expiration de leurs brevets).

Les différences génétiques peuvent faire en sorte que certaines substances (enzymes, protéines) soient produites en quantités inadéquates par le corps, créant par là des déséquilibres chimiques, qui pourront éventuellement être palliées par l’apport supplémentaire d’un des termes du déséquilibre.

Le développement de la chasse, de l’agriculture et de la civilisation moderne a eu lieu en moins de 30,000 ans et a complètement changé notre mode de vie et de nutrition. Cette durée est très courte au niveau de l’évolution. Ainsi sommes probablement génétiquement maladaptés à notre régime moderne.

L’étude du régime alimentaire des primates génétiquement les plus proches de l’espèce humaine (gorilles et singes) conduit à constater que ceux-ci ont une nutrition fort différente de la notre et qu’ils ingèrent, en particulier, certains macronutriments en quantités beaucoup plus importantes que nous ne le faisons.

La vitamine C comme illustration de l’approche orthomoléculaire

Par exemple, le gorille sauvage de montagne (pesant de 120 à 160kg) ingère quotidiennement entre 2,000 et 4,000 mg d’ascorbates (vitamine C) et parfois bien plus. L’homme occidental moyen ne prenant pas de suppléments en consomme quelques dizaines de milligrammes, et les apports journaliers recommandés de vitamine C sont de 60mg.

À noter que la majorité des mammifères synthétisent leur propre vitamine C dans des quantités variables en fonction des stress subis qui équivaudraient, en tenant compte de la masse corporelle, à 10,000-20,000 mg par jour.

Tous les animaux anthropomorphes, y compris les humains, souffrent d’une erreur génétique les empêchant de synthétiser l’enzyme L-gulonolactone oxidase. Cette enzyme intervient dans la dernière étape d’une chaîne de réactions permettant de convertir le glucose en acide ascorbique. Cette mutation génétique serait intervenue il y a environ 25 millions d’années.

Parmi les autres mammifères ne pouvant synthétiser la vitamine C se trouvent les cochons d’Inde et une espèce indienne de chauve-souris fructivore (Pteropus medius).

La médecine orthomoléculaire propose de corriger ce déficit par l’apport de quantités comparables à celles synthétisées par les autres mammifères, à savoir plusieurs grammes par jour (quantité normalisée suivant la masse corporelle). L’extraction d’acide ascorbique dans de telles quantités à partir de sources naturelles serait fort coûteuse. L’adoption d’un mode de nutrition similaire aux celle de ces primates ne semble pas compatible avec la civilisation. Il convient donc d’utiliser de l’acide ascorbique de synthèse.

À noter que certaines personnes pensent que la vitamine C de synthèse est nocive ou inefficace. On trouve dans le commerce des tablettes de vitamine C obtenues à partir de cerises acerola. Celles-ci coûtent beaucoup plus cher, au kilo, que l’acide ascorbique sous forme de poudre cristalline que l’on peut obtenir d’autres sources. À titre indicatif, il est possible pour les particuliers de se procurer de l’acide L-ascorbique pharmaceutique pour un prix variant entre 15 et 60 euros le kilo.

L’acide ascorbique de synthèse est identique en composition et chiralité à l’acide ascorbique naturelle. Sa production nécessite toujours une étape de fermentation à l’aide de microorganismes. Les essais cliniques n’ont mis en évidence aucune différence d’efficacité entre la vitamine C de synthèse et la vitamine C naturelle. Les tablettes de vitamine C extraite à partir de sources naturelles peuvent cependant contenir d’autres substances bénéfiques, notamment des flavonoïdes. Néanmoins, le facteur le plus important dans l’efficacité thérapeutique de la vitamine C est la dose. À condition qu’elle soit prise aux mêmes doses, la vitamine C d’extraction est donc aussi efficace que la vitamine C de synthèse, mais dix fois plus chère : de l’ordre de 500 euros le kilo. Ainsi 1 an en vitamine C « Acerola » à 6 grammes par jour coutera plus de mille euros. En vitamine C de synthèse cela revient à 100 euros par an.

Bénéfices cliniques et seuil d’efficacité

Le bénéfice de doses variables et suffisantes d’acide ascorbique dans de nombreuses situations médicales peut être spectaculaire et très rapide, tout particulièrement lors d’infections (les phagocytes utilisent de l’acide ascorbique prélevée dans le sang comme anti-oxydant pour se protéger alors qu’ils attaquent les intrus à l’aide d’oxydants comme le peroxyde d’hydrogène) ou lors de convalescence suite à des brûlures (l’acide ascorbique est aussi nécessaire à la production de collagène).

La rigueur scientifique exige toutefois des essais cliniques en double-aveugle. La dose nécessaire à l’amélioration peut être très variable. Si quelques dizaines de milligrammes empêchent le scorbut aigu, la guérison d’une infection virale peut demander plusieurs dizaines de grammes par jour. Malheureusement certains articles étudiant le bénéfice de la vitamine C et concluant à des bénéfices faibles ou statistiquement insignifiantes utilisent des doses que l’on pourrait qualifier de nutritionnelles, c’est-à-dire inférieures à un gramme par jour.

Pour l’homme, la vitamine C n’étant pas synthétisée, on peut penser que le corps l’alloue en priorité aux tâches les plus importantes. Supposons schématiquement que le maintien de l’intégrité des vaisseaux sanguins passe avant le contrôle d’une infection. Si 5,000mg sont nécessaires à leur maintien, l’administration de 5,000mg de vitamine C pourrait n’avoir qu’un effet négligeable sur une infection, tandis que l’administration de 20,000mg pourrait avoir un effet nettement plus bénéfique.

Est-ce la panacée ?

Le lecteur sceptique peut se demander comment l’existence d’une telle panacée pourrait être aussi méconnue. La dynamique de la vitamine C dans le corps n’est pas totalement élucidée. Longtemps considérée comme un micronutriment, sa consommation à des doses supérieures de plusieurs ordres de grandeur aux autres vitamines et à la quantité minimale prévenant le scorbut aigu peut paraître absurde. Les essais cliniques inconcluants menées avec des doses insuffisantes ont sans doute semé la confusion. On ne peut pas non plus nier que, n’étant pas brevetée et peu profitable, elle ait pu être volontairement négligée.

La vitamine C est une panacée de la même manière que l’insuline de synthèse est une panacée pour les diabétiques. Comme on l’a dit plus haut, les humains (et autres primates) souffrent d’une maladie génétique qu’on pourrait appeler anascorbémie qui font qu’ils ne synthétisent pas cette substance. Comme celle-ci est absorbable par voie orale (ou intraveineuse sous forme d’ascorbate de sodium exclusivement) il s’ensuit que l’ingestion régulière et massive de cette substance permet de pallier à ce défaut génétique.

La vitamine C a été popularisée par le double prix Nobel Linus Pauling .

La vitamine C serait-elle toxique ?

Depuis sa synthèse dans les années 30, la vitamine C est utilisée à toutes doses à travers le monde. Les seul effets secondaires associés à son utilisation et qui soient établis sont la diarrhée bénigne et une action diurétique. Celles-ci surviennent lorsqu’elle est consommée trop rapidement et en trop grande quantité. L’organisme ne pouvant la stocker, elle élimine ainsi l’excès.

Les études cliniques montrent :

que la consommation de vitamine C n’augmente pas (réf. 5, 6, 7) et même réduit (réf. 8) l’incidence de calculs rénaux.

Les études in vitro montrent que la vitamine C, même en présence de métaux de transition n’a pas d’effet mutagène et qu’au contraire elle protège les cellules de l’action mutagène du peroxyde d’hydrogène (réf. 7).

 En conclusion, la vitamine C n’est absolument pas toxique.

Autres vitamines et minéraux ayant un effet thérapeutique

Si une alimentation équilibrée au sens conventionnel du terme est une condition nécessaire mais non suffisante pour une bonne santé, l’apport de certains minéraux, vitamines, huiles ou autres nutriments en quantités bien supérieures à celles que l’on ingère habituellement est efficace pour traiter de nombreuses affections.

La combinaison de magnésium (plusieurs centaines de mg par jour) et de vitamine B6 (de cent à deux mille mg par jour) est souvent prescrite pour traiter le syndrome du tunnel carpien, le syndrome prémenstruel. Son efficacité en double aveugle contre placebo a été démontrée dans le traitement de l’autisme infantile.

La niacine (vitamine PP ou vitamine B3) a un effet hypocholestérolémiant.

La nicotinamide est une autre forme de cette vitamine qui peut soulager l’ostéoarthrite, la dépression et les troubles schizophréniques ou s’y rapportant (elle libère un précurseur de la sérotonine, le tryptophane).

Le zinc est efficace contre les infections.

Avertissement

Si la vitamine C est atoxique à toutes doses, il n’en est pas ainsi de toutes les vitamines, ni des minéraux. Il y a toujours un risque d’interaction avec d’autres traitements médicamenteux.

Un certain nombre de médecins semblent ignorer ou méprisent la valeur thérapeutique de ces micronutriments. Si ces derniers sont disponibles sans prescription, il convient de demander conseil à son médecin ou à son pharmacien pour éviter la toxicité de certaines vitamines.

Références

1. Vitamin C and the Common Cold. Linus Carl Pauling. Buccaneer Books, 1995 (réédition).

2. How to Live Longer and Feel Better. Linus Carl Pauling. W.H. Freeman & Co, 1986.

3. The Healing Factor. Irwin Stone. 1972. ISBN 0-448-11693-6

4. Ascorbate, the science of vitamin C. Steve Hickley, Hilary Roberts. ISBN 1-4116-0724-4

5. Intake of vitamins B6 and C and the risk of kidney stones in women. Curhan GC, Willett WC, Speizer FE, Stampfer MJ. J Am Soc Nephrol. 1999 Apr ;10(4):840-5.

6. No contribution of ascorbic acid to renal calcium oxalate stones. Gerster H. Ann Nutr Metab. 1997 ;41(5):269-82.

7. A prospective study of the intake of vitamins C and B6, and the risk of kidney stones in men. Curhan GC, Willett WC, Rimm EB, Stampfer MJ. J Urol. 1996 Jun ;155(6):1847-51.

8. Ascorbic acid and kidney stones. Hoffer A. Can Med Assoc J. 1985 Feb 15 ;132(4):320.

9. New evidence for antioxidant properties of vitamin C. Vojdani A, Bazargan M, Vojdani E, Wright J. Cancer Detect Prev. 2000 ;24(6):508-23.

10. The effects of iron and vitamin C co-supplementation on oxidative damage to DNA in healthy volunteers. Biochem Biophys Res Commun. 1998 May 8 ;246(1):293-8. Pubmed ID 9600109

11. Vitamin C prevents DNA mutation induced by oxidative stress. J Biol Chem. 2002 May 10 ;277(19):16895-9. Pubmed ID 11884413


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