Maladies des gencives : gingivite, parodontite et récession gingivale

, par  Amessi , popularité : 12%

Dans la cavité buccale, il existe deux grandes catégories de microbes : ceux responsables de la formation de la carie dentaire et ceux responsables des maladies de la gencive et du parodonte.

Ces microbes sont présents dans la plaque bactérienne. Ils fabriquent des toxines et des enzymes qui agressent la gencive et le parodonte de la dent.
Ils engendrent des maladies infectieuses appelées gingivite bactérienne et parodontite qui, à plus ou moins long terme, entraînent le déchaussement des dents, voire leur chute

 La gingivite bactérienne

C’est l’inflammation de la gencive par la plaque bactérienne.

 Cette inflammation est une réponse de l’organisme à une agression par la mise en place d’un système de défense : le système immunitaire.

Elle se traduit par un gonflement souvent douloureux de la gencive qui apparaît alors rouge, lisse et qui parfois saigne au moindre contact (lors de la mastication ou du brossage).

Cette gingivite peut être localisée à une ou plusieurs dents mais peut aussi s’étendre à l’ensemble de l’arcade dentaire.

Cette maladie est la première étape des maladies qui peuvent atteindre le parodonte.

De plus, des études récentes suggèrent que la bactérie Bacteriodes “gingivalis”, qui est impliquée dans la gingivite, pourrait être reliée avec l’athérosclérose.«  »

Elle est réversible à condition d’éliminer la plaque bactérienne qui en est la cause et ce par la mise en place d’un brossage efficace, d’un détartrage si nécessaire et de l’utilisation en complément d’un bain de bouche antiseptique prescrit par le chirurgien dentiste.

 

Les facteurs de risque de développement de la gingivite

 Ce sont des facteurs soit locaux, soit généraux.

 1. Les facteurs locaux

 La plupart du temps les gingivites sont dues à une cause locale :

Une mauvaise hygiène bucco-dentaire, la présence de tartre, des dents en malposition, des obturations (amalgame et/ou composite) anciennes, des couronnes dentaires mal adaptées et/ou la présence d’appareils orthodontiques fixes, qui retiennent plus facilement la plaque, rendent le brossage moins efficace et favorisent ainsi l’accumulation de la plaque bactérienne.

Avec l’accumulation de plaque, on observe une augmentation graduelle du contenu en bactéries de plus en plus destructrices, qui ensemble produisent des toxines. Ces toxines finissent par s’accumuler et causer la formation de sacs de pus, des « poches » ; il y a alors attaque des tissus buccaux et déclenchement de la réponse inflammatoire du corps.

 2. Les facteurs généraux

C’est l’ensemble des facteurs qui vont altérer la réponse de défense de l’organisme (inflammatoire/immunitaire). Ils rendent ainsi la gencive plus sensible aux agressions du tartre ou de la plaque bactérienne. A la moindre irritation, la gencive s’enflamme.

 Ce sont par exemple :

les facteurs hormonaux (lors de la puberté, des règles, de la grossesse, de la ménopause...), le tabagisme, le stress ou encore certaines maladies du système immunitaire (virus du sida, hépatites...).

En outre, lors de maladies métaboliques comme le diabète, il existe un déséquilibre de la flore buccale, des composants de la salive, qui entraîne le développement d’une gingivite.

 Enfin, elles peuvent être dues aussi à une carence en vitamines.

Il est donc nécessaire, en présence de ces facteurs, de ne pas laisser les éléments irritants s’installer, c’est-à-dire d’éliminer la plaque bactérienne de manière encore plus drastique et d’augmenter la fréquence des détartrages.

 La parodontite

Lorsque la gingivite n’est pas traitée, à plus ou moins long terme, elle va évoluer en maladie du parodonte : la parodontite.

La plaque bactérienne qui s’est accumulée va migrer via le sillon gingivodentaire vers le ligament parodontal et l’os alvéolaire.

Les microbes de cette plaque bactérienne, appelée sous gingivale, vont, d’une part, détruire les tissus de soutien de la dent (ligament et os) sous l’action des toxines et enzymes qu’ils fabriquent, et d’autre part, se transformer en tartre sous gingival dur qui augmentera de manière mécanique le phénomène de destruction.

Il faut noter que le tabagisme est considéré comme un facteur de risque majeur pour le développement des parodontites.

 Les conséquences de la parodontite

 1. Mobilité dentaire et déchaussement

Le système d’ancrage de la dent (os alvéolaire et ligament parodontal) est détruit peu à peu, rendant les dents mobiles : celles-ci se déplacent et peuvent s’écarter les unes des autres.

La “fuite” de l’os vers l’extrémité de la racine est suivie par la gencive : la racine apparaît peu à peu, c’est le déchaussement des dents. Si aucun traitement n’est entrepris, la destruction continue jusqu’à la chute spontanée de la dent.

 2. Abcès parodontal

La destruction des tissus de soutien de la dent provoque la formation de poches parodontales, véritables nids à bactéries à l’origine d’un phénomène infectieux localisé : l’abcès parodontal qui se traduit par le suintement de pus.

 La récession gingivale

 Avec l’âge, les gencives ont tendance à descendre, laissant la racine sans protection. Ce phénomène se nomme récession gingivale. La racine est ainsi exposée au milieu buccal.

Celle-ci est plus susceptible à la carie, la sensibilité dentaire augmente, car elle n’est pas recouverte d’émail.

Docteur Sophie Emmanuelli

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