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Le sang russe véhicule la mort

jeudi 17 juin 2004
par  Amessi, Grainede Ble

Du sang contaminé par la syphilis, l’hépatite B et C, voire le sida a été utilisé pour des transfusions et la fabrication de produits médicaux dans la région de Moscou au cours des huit dernières années, affirme une collaboratrice du parquet régional dans un rapport adressé à ses supérieurs.

Le sang russe véhicule la mort

Du sang sale serait utilisé pour les transfusions en Russie. Et encore plus

Les accusations de Elena Ptchelenkova, mathématicienne et informaticienne qui travaillait il y a quelques années sur le recensement des donneurs de sang souffrant de maladies contagieuses, avant d’être embauchée au service informatique du parquet de la région de Moscou, sont fondées sur de longues recherches, a-t-elle indiqué.

Selon elle, jusqu’à aujourd’hui, il existe un risque que du sang contaminé soit utilisé par des compagnies pharmaceutiques, y compris étrangères implantées en Russie, pour fabriquer de l’interféron (médicament contre l’hépatite C) et des immunoglobulines, destinées aux vaccins contre la rougeole administrés aux enfants.

Le laisser-aller des autorités

Mme Ptchelenkova dénonce le laisser-aller des autorités qui permettent notamment aux donneurs de sang de venir de loin à Moscou, ce qui rend impossible une enquête préalable et un suivi médical. Par ailleurs, on laisse des personnes qui en font leur principale source de revenu donner leur sang vingt fois par an, alors que la norme est de quatre ou cinq prises en douze mois.

« Actuellement, les services de transfusion russes n’ont pas de technologies qui permettraient de garantir la destruction des agents pathogènes du sida et de l’hépatite B et C. C’est pour cela qu’il est si important de bien savoir qui sont les donneurs de sang et d’où ils viennent », dit-elle.

Un don de sang est payé environ 500 roubles (17 dollars), mais surtout un « donneur émérite » ne paie que la moitié de son loyer et voyage gratuitement, ce qui représente un stimulant matériel significatif, a rapporté le quotidien Gazeta, qui a été le premier à publier des extraits du rapport.

50 donneurs syphilitiques

Il n’existe pas de renseignements permettant de recenser les personnes effectivement contaminées à la suite de leur transfusion, indique l’informaticienne. Le plus souvent, dit-elle, elles ne savent pas d’où vient leur maladie.

Mais elle cite les notifications du dispensaire moscovite spécialisé dans les maladies vénériennes, qui a signalé 50 donneurs syphilitiques entre 1997 et 1999. Certains ont fait plusieurs dons de sang avant que leur maladie ne soit découverte.

Elena Ptchelenkova avait commencé à réunir son dossier lorsqu’il faisait partie de son travail. Elle l’a pris à cœur. « Je ne peux pas l’abandonner. Dans le cadre de mes obligations professionnelles je n’ai rien obtenu. Je continue, parce que c’est d’une grande importance pour la société », a-t-elle dit. Dans son rapport, elle met en garde contre « un accroissement de la mortalité de la nation » russe, qui perd, déjà, près d’un million de personnes par an.



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